Regardons alors à présent les mutations des effets de nos variables sociologiques. Toutes les analyses s'accordent pour indiquer qu'on a assisté à une transformation de l'effet de ces variables. Alors ça ne signifie pas qu'elles ne produisent plus d'effets, simplement ce ne sont plus les mêmes effets. Regardons alors simplement nos variables classiques que l'autre que je vous ai présenté. D'abord, s'agissant de la variable religieuse, c'est d'abord ce qu'on pourrait évoquer comme un changement numérique quantitatif, pour étendir, qui va se jouer.
Cela signifie que la chute du nombre de croyants et des pratiquants conduit à un effet affaiblissement de l'effet religieux sur le vote. En effet, on a assisté à une sécularisation de la société occidentale, vous le savez. Et donc, pour donner là à nouveau quelques chiffres qui permettent bien sûr de clarifier les choses, jusqu'au milieu des années 90, fin du 20e siècle, eh bien les catholiques pratiquants en France étaient plus nombreux que les 100 religions. Actuellement, ce n'est plus le cas.
Un tournant s'est opéré, tournant majeur, et donc en France dorénavant, à peu près, un français sur deux se déclare catholique. Mais les catholiques pratiquants et domanaire, eh bien, ne sont passés en dessous des 2%. Et donc, ça pose des difficultés aussi pour les enquêtes électorales, de sociologie politique. Et donc, pour parler des pratiquants, on en est venu à retenir celles et ceux qui vont à la messe au moins une fois par mois. On peut, cependant, nuancer ce constat.
Et une étude récente montre que les catholiques engagés auraient un rapport multiple à leur religion. Et ce rapport ne passe pas nécessairement par la pratique régulière des rites collectives. Et donc, c'est aussi une nouveauté, ces catholiques vivent différemment leur foi, en pratique individuelle, par des rencontres festives ou des pratiques intermittentes. Et donc, ils contrèrent à peu près ces populations pour un quart de la population française. Quoi qu'il en soit, il s'agit bien d'un déclin majeur. On peut noter que cette chute de l'impact du facteur religieux a pu aussi être mesurée, s'agissant des transformations qui concernent le vote des protestants et notamment l'affiliation avec le parti de la TCDU de CSU en Allemagne.
Même chose dans les pays bas pour le vote protestant. Donc, phénomène assez global. Donc, si on retient ce qui nous avons vu plus avant, cela signifie que l'effet de la variabe religieuse joue toujours aussi fortement, mais désormais, elle s'applique sur un électorat qui est plus réduit. Un fait toutefois notable, eh bien le catholicisme n'est plus un remport au vote d'extrême droite. Il faut ainsi relever deux évolutions significatives des tendances lourdes. D'abord, c'est la progression du rassemblement national chez les catholiques déclarés.
Au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen a fait un score plus élevé parmi la catégorie des catholiques que son score national moyen. C'était le cas progressivement en 2022 et cette tendance est confirmée lors des élections européennes de 2024. Le score des catholiques pratiquants est même plus élevé que son score national. C'est à peu près 40% chez les pratiquants occasionnels. Et donc, on mesure que c'est le seul pôle des personnes les plus pratiquantes qui reste véritablement un rempart au vote rassemblement national.
Cette évolution, captation des catholiques déclarés et d'une partie même des catholiques pratiquants en tout cas les pratiquants occasionnels, c'est tout à fait inédit. Ça ajoute également une autre mutation relative cette fois-ci aux effets du vote de classe. Là aussi, c'est un phénomène que l'on remarque dans la plupart de nos démocraties consolidées. Premier constat, constat numérique, eh bien on voit que le nom d'ouvrier a également chuté. Il représentait à peu près 30% de la population active il y a 40 ans et donc ce chiffre s'est été divisé par deux.
C'est autour de 20% actuellement. On peut tout de fois noter que si on additionne avec les employés, eh bien ces catégories populaires représentent quand même à peu près 45% en 2022 de la population active. Alors que mesurons, eh bien on assise surtout du point de vue de notre variable sociale ou sociologique, un véritable éclatement du vote au sein même des différentes catégories sociales. Éclatement du vote au sein des différentes catégories sociales. On peut dire que le sentiment d'appartenance de classe, eh bien il a été remplacé par un sentiment de déclassement ou de peur du déclassement.
Et donc le vote des catégories sociales est désormais diffus, éparpillé, fractionné. On peut le relever donc à partir de plusieurs catégories sociales. Les ouvriers bien sûr, mais aussi les employés, les indépendants. Première dynamique, eh bien c'est la dynamique de l'abstentionnisme des ouvriers. On peut dire que le milieu ouvrier est bien divisé entre ceux qui votent et ceux qui ne votent pas ou plus. Et donc une part importante, majoritaire des ouvriers, conserve une opinion et des attitudes de gauche, mais ne se traduit plus par un vote à gauche.
Faute d'aller voter. Et donc au premier tour des législatives de 2017, seuls 40%, un peu plus de 40% des ouvriers ont été votés. Deuxième dynamique, on constate un phénomène de désalignement électoral. Il n'y a plus de vote automatique d'une majorité du milieu ouvrier pour les partis de gauche. Le vote ouvrier n'est plus capté, ça n'est plus un véritable vote de classe. Attention, ça ne s'y fût pas que les ouvriers ne votent plus à gauche. Conjoncturellement, eh bien ils l'ont fait à différents moments.
On peut citer 2012, l'élection présidentielle, eh bien François Hollande, au second tour de l'élection présidentielle, capte une majorité des ouvriers qui se sont portés sur sa candidature. Mais donc désormais, le vote se ventile et évolue au cours des différents cycles électoraux. En 2024, là aussi un chiffre, c'est pour vous étayer ce que je vous présente, eh bien lors des élections repennes, environ 25% seulement des ouvriers votant ont voté pour des candidats de gauche. Ça joint donc une troisième dynamique, ce fractionnement de vote des classes sociales.
On a assisté ainsi en premier lieu à l'avènement d'un vote ouvrier à l'extrême droite. Et donc là encore, la dimension générationnelle est cruciale. Cette dimension générationnelle est centrale. Ce sont donc les nouvelles générations, des jeunes ouvriers isolés, emplois précaires ou au chômage qui votent le plus Assemblement national. Ce phénomène, il est apparu dès 1995. Des politistes évoquent alors ce phénomène d'ouvrier au le pénisme. Ce processus, ce qui n'est pas propre à la France, on l'a retrouvé également en autriche avec des votes du parti libéral autrichien qui, sur cette période, captaient à peu près un tiers des suffrages ouvriers et qui vont donc dépasser le vote social-démocrase sur cette période.
On constate ainsi que Jean-Luc Mélenchon capte un peu plus d'un quart du vote ouvrier, la présidentielle, mais Marine Le Pen obtient des scores qui sont supérieurs à 30 ou 40%. C'est le cas en 2022. Et surtout, au second tour de la présidentielle de 2000 val 2, Marine Le Pen est majoritaire au sein du vote ouvrier. Donc si on essaye de le dire d'une manière marquante, eh bien si seuls les ouvriers votants avaient voté, elle aurait été élu.
Même chose pour les élections législatives de 2024, si seuls les ouvriers votants avaient voté, le rassemblement national aurait eu la majorité absolue aux élections législatives. Ce phénomène, donc déclatement du vote des groupes sociaux, il vaut aussi pour les indépendants, les commerçants et les artisans. C'est là aussi une transformation structurelle tout à fait significative déterminante de nos dernières années. Et donc ça veut dire que là, véritablement, on a une répartition plutôt à equidistance. On le voit très bien dès 2022 où le vote des commerçants et artisans va se répartir entre pour simplifier 3 tiers, ça ajoute aussi d'autres candidatures, mais entre eux Emmanuel Macron, Marine Le Pen et également Jean-Luc Mélenchon.
On est en dessous des 30% pour chacun de ces candidats, mais ça s'inscrit bien dans cet éparpignement. Enfin, je citerai le fait depuis 2024 de manière notable qu'une partie des cadres également, désormais, votent aussi pour le rassemblement national. C'est une tendance tout à fait nouvelle, significative, puisque 20% des cadres auraient voté pour le Front national en 2024. Alors d'où proviennent ces mutations des déterminants sociologiques du vote ? On notera notamment pour le milieu ouvrier d'abord un changement de génération.
C'est la chute de l'effet des variables lourdes qui est largement due aux nouvelles générations. Ils sont moins influencés par la loyauté au groupe socio. C'est bien un abaissement de notre logique de vote de classe. Le déclin d'appartenance à la classe ouvrière. C'est également dû au changement de la condition ouvrière. Elle n'est plus du tout celle d'hier. Il n'y a plus de communautés ouvrières soudées et les ouvriers n'ont plus du tout les mêmes fonctions. En France, deux ouvriers sur cinq travaillent dans le secteur tertiaire.
Donc des petits boulots, livreurs, chauffeurs, manutentionnaires, magasiniers. Et donc c'est le déclin du modèle de l'ouvrier d'usine fortement marqué par ce vote de classe. Je citerai alors les travaux récents de deux économistes, Julia Kage et Thomas Piketty. Julia Kage et Thomas Piketty ont théorisé une nouvelle grille de lecture sociologique dans l'abannement de ce qu'il appelle un vote géosocial. Cela signifie que le clivage social est doublé d'un clivage spatial entre les territoires ruraux et urbains. On aurait ainsi un éclatement du vote populaire.
Des classes populaires rurales plutôt orientées vers l'extrême droite et des classes populaires urbaines qui quant à elles sont divisées. On a également évoqué l'apparition de nouvelles variables ou de nouveaux clivages électoraux qui expliqueraient ces transformations de l'orientation du vote.