Cours 44 - Les modèles explicatifs permettant la participation

SCIENCE POLITIQUE · Semaine 10 : Comportements politiques 4, la participation politique (engagements et mobilisations)
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Alors comment les électeurs organisent leurs votes, leurs choix, c'est la question des conditionnements de l'orientation du vote. Alors je commencerai à titre introductif par cité des travaux pionnés et on peut dire que les premières grandes enquêtes électorales ont été menées à la sortie de la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis. On peut dire qu'il y a à peu près trois approches qui dominent depuis l'or. Historiquement, la première grande enquête est menée à New York à l'université de Columbia, ce qui a donc conduit à évoquer les résultats comme relevant du modèle explicatif de Columbia.

Ces travaux émanent des spécialistes à l'origine de la communication. J'y trèges juste un auteur, c'est Paul Lazarthfeld et il travaille avec une équipe qui cherche à mesurer l'effet des campagnes électorales. Donc travaux assez pionniers, on est à la sortie de la Seconde Guerre mondiale et ils vont étudier les élections de 1940. La présidentielle oppose alors Wiki à Roosevelt et ils vont donc publier leur travaux dans les années 1945, juste à la sortie de la guerre. On voit alors qu'ils vont constituer un panel, un méchantillon représentatif des habitants d'un comté de l'O.I.O. et qu'ils vont, dès lors, interroger à plusieurs reprises au cours de la campagne.

Or les résultats s'avèrent surprenants, ce sont des spécialistes de la communication et ces résultats vont à l'encombre de ce qu'ils attendaient. L'enquête révèle en effet une influence limitée de la campagne électorale, donc influence limitée des effets de communication au regard d'autres facteurs. D'abord on voit que les plus politisés sont les plus informés, mais donc ce sont aussi ceux qui ne vont pas changer leur vote, leur conception politique est relativement stable. Mais surtout, loin d'un modèle idéaliste de la démocratie américaine, l'électeur type c'est plutôt un électeur qui est faiblement informé.

Il est peu attentif au message des médias et des hommes politiques et donc en bref on constate un effet limité des médias de la communication de campagne. Dès lors l'apport central de l'étude est tout autre, c'est la découverte d'un lien primordial entre les propriétés sociales des individus et les orientations politiques. Donc on peut le dire simplement, c'est le groupe social d'appartenance qui est le plus prédictif du vote. Trois agrégats clés sont mis à jour à travers ces enquêtes.

Être doté d'un statut socio-économique élevé, appartenir à la religion protestante et habiter en zone rurale, eh bien prédispose fortement à vote républicain. Et donc les conditions opposées vont prédisposer à l'inverse à un vote démocrate. Et donc Paul Lazarsfeld va résumer cette découverte par une formule qui résume très bien cette logique. Les caractéristiques sociales déterminent les caractéristiques politiques. Les caractéristiques sociales déterminent les caractéristiques politiques. Second temps, dans les années 50 et les années 60, les modèles explicatifs du vote se sont tournés, définis par rapport à des choix partisans.

L'orientation du vote s'établirait en réalité aussi en termes d'identification partisane et donc en termes d'héritage d'affiliation politique. Pour le dire simplement, on est républicain ou démocrate et on va voter pour un parti, donc on a la transmission filiale, c'est le poids de l'héritage familial qui est alors présenté comme déterminant. On a assisté à un attachement affectif, durable à un parti. Ce paradigme fut longtemps dominant aux États-Unis et donc qualifié là encore par le lieu où il a été élaboré, cette mesure d'affiliation de l'héritage a définit un modèle explicatif de Michigan, du fait là aussi le lieu de l'enquête où ils ont été menés, qui sont cette fois-ci des enquêtes quantitatives par questionnaires menés dans les années 50.

Enfin, je citerai un troisième type de modèle explicatif qui est apparu beaucoup plus récemment, qui est fondé sur l'importance des relations et des interactions entre les personnes. On peut parler ici du poids du relationnel dans le vote et donc qui a pu être relevé l'influence de leaders d'opinion qui vont influencer leur entourage. Et donc on s'est aperçu ainsi de l'effet du couple, l'idée selon laquelle on va voter en groupe. On ne vote pas de manière individuelle mais on se déplace de ce point de vue là avec son compagnon ou sa compagne, qui est un enjeu sans doute important des modalités du vote.

Alors ces modèles d'analyse du vote, ils ont ensuite été traduits dans la logique propre aux conditions ou aux enjeux spécifiquement européens. On tient compte du poids de l'histoire, de la culture européenne et donc si vous réfléchissez on voit très bien que la tradition par héritage partisan strict au sensu a toujours été faible. C'est lié à la multitude de partis des courants politiques et dans le cas français on peut citer à notre logique infrabloc, au sein des gauches, des droites, une multiplicité de formation.

Donc le modèle d'analyse qui a prévalu en France insiste beaucoup plus sur les déterminants sociaux. On va s'intéresser aux caractéristiques sociales pour expliquer le sens du vote. Je vais donc essayer de vous présenter des grandes caractéristiques de l'analyse traditionnelle du vote en Europe. C'est ce qui va nous intéresser en premier. Et puis ensuite, au revoir, un ensemble de transformations notables de remises en cause de ces analyses classiques.