Cours 37 - Dimension spatiale ou géographique

SCIENCE POLITIQUE · Semaine 9 : Comportements politiques 3, l'orientation du vote (II)
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Alors dernier nouveau clivage enfin qui a été observé, on a mesuré l'effet sur le vote de la dimension spatiale ou géographique. Là aussi si on essaye de le formuler à travers une question, est-ce qu'il existe un clivage entre le vote du centre urbain et de la périphérie des métropoles ? Alors ces analyses sont également plus récentes. Des travaux ont d'abord été menés par des géographes. Ce sont des géographes qui ont investi les questions électorales. Donc il y avait une grande tradition de la géographie électorale en sciences politiques.

Mais là, ce sont véritablement des géographes qui se font politistes. Désormais, on a constaté une progression forte du vote Rassemblement National dans les villes moyennes, les bourgs et en territoires ruraux plutôt dans les villages. Ce qu'on appelait parfois historiquement les bourgs, mais sont plutôt des villes moyennes, deux régions rurales, une circonscription rurale et bien sûr nos villages. On a constaté un vote Rassemblement National relativement élevé dans des zones à 30, 50 km des agglomérations et donc on a évoqué, et ces géographes ont parlé alors d'un vote périurbain, vous l'entendez parfois évoqué dans les médias, d'autres études évoquent le grand périurbain et l'expression a parfois été employée également de France périphérique donc qui est identifiée parfois jusqu'à 100 km autour de nos grosses métropoles.

On peut dire également que le mouvement des gilets jaunes a donné une sorte de caisse de résonance à ces enjeux territoriaux donc au delà même des études électorales. Alors ce vote aux extrêmes il correspondrait à des zones, disons laissées pour compte, mal desservies en service public et donc ce serait finalement un nouveau critère de vote qui sera apparu. On a évoqué un effet de la distance kilom au centre culturel et politique Effet de la distance kilom au centre culturel et politique Alors ce ph il a relev depuis une dizaine d et donc étudié à nouveau lors des échéances électorales de 2022 et de 2024.

En valeur absolue, il apparaît une implantation spécifique du vote RN dans des territoires situés entre 20 et 60 km des zones d'implantation électorale. Cependant, à nouveau, il faut essayer d'analyser, de montrer au-delà simplement de ces constats, on pourrait dire numériques, ces résultats méritent d'être grandement nuancés ou précisés. Je ferai donc un certain nombre de remarques autour de ce clivage spatial ou territorial. Première remarque, à ce critère kilométrique, souvent, il ne fait traduire que de manière spatiale des données typiquement sociologiques.

Donc l'analyse du périurbain propose en réalité une simple géographie des critères sociaux. et donc si vous réfléchissez ça correspond à une logique assez compréhensible les catégories sociales plus favorables au rassemblement national des ouvriers qui vivent en territoire urbain, des employés, commerçants et artisans ils sont de fait surreprésentés dans ces territoires donc en réalité on ne fait que relever une répartition inégale des catégories sociales sur le territoire donc on pourrait dire familièrement tout cela pour ça les géographes ne mesurent pas une nouvelle donnée, j'ai envie de dire ils territorialisent une donnée.

Deuxième remarque que l'on peut faire, le critère kilométrique au vote néglige les différenciations entre types de périurbains. Et donc il y a une pluralité de situations. Et cette fois on dispose d enqu int d politiste qui a diff judicieusement le p choisi du p subi Deux notions qu a ainsi d p choisi contre le p subi. Et donc on constate que le rapport au territoire n'est pas du tout le même selon qu'il s'agit d'un choix de résidence ou bien sûr d'une contrainte.

Et donc ça va conduire à des très différents. On l'évoque parfois aussi désormais en termes de capital résidentiel qui correspond aussi à cette logique du rapport au logement. Et donc il correspond à la valeur, la désirabilité du lieu dans lequel va résider un individu. Valeur et désirabilité du lieu de résidence des populations. Alors quelques mots pour peut-être le signifier, l'incarner, je citerai à titre illustratif une comparaison. On peut citer le territoire du Vexin, territoire situé au nord-ouest de Paris.

Il caractérise plutôt un cadre de vie paysager avec un niveau socio-économique élevé de ses habitants. On peut prendre comme exemple la ville de Lille-Adam, premier tour de la présidentielle en 2022. Marine Le Pen est à 18% en deçà de son score électoral et Emmanuel Macron est à plus de 33% donc premier tour. A l'opposé, on peut citer une commune comme celle de Villers-Cotterêts, commune située dans notre périmètre ainsi établi, qui est cette fois-ci au sud du département de l'Aisne, donc plutôt au sud-est ou à l'est de Paris.

Marine Le Pen, cette fois-ci, est quasiment à 40%, elle a 37% en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 2022. On voit bien que les habitants électeurs n'ont pas du tout le même profil de population. On peut également observer ces résultats en Nouvelle-Aquitaine. On a eu quelques qui ont port en 2024 sur ces questions et on voit tr bien que les communes les plus en territoire rural de Bordeaux l du d voient des scores du Rassemblement national qui ont pu avoisonner les 60 au second tour à comparer avec la ville d'Arcachon, où le candidat ensemble va être élu député à 60% des voix.

Dernière remarque, les analyses ont alors fait intervenir un nouveau critère, qui serait le critère du rapport aux infrastructures de transport. Donc un enjeu central, c'est l'enjeu de la mobilité. Et les populations qui votent RN ont développé un fort degré de déclassement, avec un sentiment d'être relégué, loin des pôles d'attractivité et de dynamisme. Et donc des études ont porté sur des zones d'élection. On peut alors s'intéresser à nouveau à un département, des circonscriptions en Seine-et-Marne. le vote RN n'est pas du tout identique sur l'ensemble d'une même circonscription électorale.

Toujours ma remarque d'un vote éclaté selon ce vote périurbain qui est différencié ou différenciable. Et on constate, c'est assez intéressant si on le voit d'un point de vue de carte, une corrélation entre les communes non desservies par le RER et le Transilien, donc par les transports publics, et le vote Rassemblement National. Donc se conjuguent une difficulté à se déplacer, la relégation de catégories de populations plus modestes et ça joue bien sûr sur le prix du foncier qui n'est pas le même selon les communes.

Et donc ce qui est notable c'est que les communes à une même distance de l'agglomération centre n'auront pas le même vote. On voit alors ici que le rapport aux mobilités est bien central. Que conclure alors ? Eh bien on voit que le vote territorial, il mérite d'être pris en compte indéniablement, mais il ne correspond pas à un seul critère qui serait une sorte de critère magique du critère kilométrique. Et donc, immanquablement, c'est bien la morphologie sociale du lieu du vote qui compte.