Nous allons nous consacrer pour nos prochaines leçons à l'analyse du vote. Il existe deux principaux enjeux qui sont étudiés en sciences politiques, la participation électorale d'une part et l'orientation du vote d'autre part. En réalité ces deux enjeux se résument à deux questions clés. Qui se mobilise ou se démobilise et quels sont les déterminants du vote ? On peut dire que ces questions elles sont au coeur des recherches de l'analyse électorale. C'est l'une des sous-branches qui est particulièrement développée de la sociologie politique et dans le cadre de ce cours de première année je retracerai simplement les principaux axes de ces analyses.
Alors commençons par le fait d'aller voter. Ensuite, on s'intéressera aux transformations de ce qu'on appelle l'orientation du vote. D'abord, cette question centrale peut être résumée autour de la notion de participation électorale. Cette participation électorale est mesurée à travers un taux de participation, il se définit assez simplement comme le rapport entre le nombre de votants par rapport au nombre des inscrits sur les listes électorales. Et donc il est mesuré en pourcentage. L'envers naturellement de cette mesure, ça ne vous aura pas échappé, c le taux d Donc cette fois on mesure la proportion de celles et ceux qui sont inscrits sur des listes mais qui ne se d pas pour aller voter On note donc d'abord préalable, c'est assez logique, la nécessité d'être inscrit sur des listes pour pouvoir organiser le vote et lutter contre la fraude.
Mais ça signifie aussi que les abstentionnistes qui sont répertoriés par la statistique officielle, que vous entendez parfois le soir des résultats électoraux, il ne représente qu'une partie de ceux qui ne vont pas voter. Et donc pour saisir l'ensemble du phénomène de l'abstention, il faut additionner les abstentionnistes aux personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes. Or dans certains pays, le chiffre des non inscrits a pu et il peut être encore assez élevé. On peut citer bien sûr le cas des Etats-Unis, historiquement.
En France, ce taux des non inscrits s'est longtemps établi à 10-12%. C'était le cas en 2017. Cependant, bien des nouvelles règles sont entrées en vigueur d'inscription automatique. J'y reviendrai sur des listes électorales. Il y a une conjoncture de forte polarisation politique et donc ça a renforcé l'inscription. Et donc en 2022, le chiffre a ainsi été historiquement bas. désormais quasiment l'ensemble de la population en âge de voter est inscrit sur les listes électorales autour de 95% et donc simplement pour vous ayez un ordre d'idée on a à peu près 48 millions plus de 48 millions presque 49 millions d sur les listes en France Cette participation premier peut d pr elle est vue comme donc centrale en d Elle permet de relever le niveau d au syst politique mais on a en réalité deux lectures différentes qui s'opposent, d'un point de vue un peu théorique, sur la question de la participation électorale.
Première thèse avancée, la passivité, le fait de ne pas participer, est plutôt vue comme un risque pour la démocratie. et donc on l'évoque parfois sous l'expression de l'apathie citoyenne, une apathie citoyenne. Donc cette apathie serait le signe d'un désaveu du système politique, une crise du politique, beaucoup de choses auxquelles vous pouvez penser, la défiance vis-à-vis des représentants. Alexis de Tocqueville l'évoque dès le milieu du 19e siècle, ce risque d'anomie, d'apathie citoyenne, c'est l'idée assez simple d'un désengagement social, politique des citoyens, Il laisserait libre cours à l'activité de l'État, une sorte d'État léviathan.
C'est le risque d'un État omnipotent. L'État déciderait sans que les populations s'en préoccupent. Ce désintéressement n'est donc pas le fait que des régimes autoritaires. Il concerne donc aussi la démocratie. Étoqueville, Desley, dès le milieu du XIXe siècle, se risquent particulièrement aux États-Unis. Afin de contrer ce risque, dans certains pays, le vote est obligatoire. La Belgique l'a instauré dès 1893, par la suite ça a été adopté dans quelques pays d'Europe, on peut citer le Luxembourg d les ann 20 la Gr D pays l instaur puis l abandonn on peut citer le cas autrichien Ce proc ne se limite pas d l puisqu existe également dans certains pays d'Amérique latine.
Autre lecture opposée à celle-ci toutefois, eh bien le déclin de la participation peut être vu non pas comme la manifestation d'une désaffection des citoyens au régime démocratique, cette absence de participation sera le signe au contraire d'une consolidation de la démocratie dans les sociétés développées. On constate que lorsque la démocratie est instaurée, il y a un engouement progressif pour les élections lors des premiers cycles électoraux, après une phase qui est plutôt une phase d'apprentissage du vote, on l'avait vu dans le processus de démocratisation.
Par la suite, le taux de participation est généralement élevé, mais ensuite s'opère un déclin de l'attrait pour l'élection. Et donc il mesure un stade, on pourrait dire, du mécontentement, des aveux de la démocratie, mais en réalité cette phase ne serait pas si négative, elle manifesterait l'enracinement démocratique. C'est la vision qui a pu être portée par certains courants théoriques conservateurs, notamment aux États-Unis. finalement la démocratie est consolidée et donc il y a un retrait des populations pour s'intéresser à la vie sociale et économique.
Dès lors on peut essayer d'établir un panorama des grandes tendances de la participation électorale en Europe et ensuite nous verrons ensemble les tentatives pour essayer d'expliquer ce phénomène.