Cours 19 - De nouveaux modèles de partis

SCIENCE POLITIQUE · Semaine 4 : Genèse et transformations des partis politiques
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Pour achever notre leçon, on va alors s'intéresser à la période toute contemporaine. Une nouvelle typologie a en effet été créée parmi les spécialistes des partis. Les appellations varient, on parle de parti plateforme, de parti digital. L'expression correspond ici à la société du numérique. L'appellation en réalité « parti mouvement » me semble la plus générique et la mieux qualifiante. De nouvelles formations ont en effet eu tendance à s'implanter dans la vie politique dans différents pays. Or, plusieurs spécificités ressortent de ces nouveaux partis.

Ces formations se construisent contre les bureaucraties partisanes, et souvent ils abandonnent le terme même de « parti politique ». C'est le cas bien sûr de la France Insoumise et à l'origine de la République En Marche. Cela signifie qu'ils ne veulent pas développer une organisation. Ils craignent la trop grande influence à la fois des cadres du parti, des élus, des notables locaux d'une organisation. Ils vont alors développer une forme originale de relation avec les membres du mouvement.

On retrouve notre fonction de médiation. Elle est fondée sur l'absence de cotisations. C'est le cas de ces premières créations de parties plateforme. Parties n en ligne on peut adh en un clic Adh en ligne autonomie tr grande aussi des groupes locaux qui peuvent constitu qui sont appel des groupes de base des groupes d C donc une nouvelle forme d fond sur un principe d Certains mouvements ont utilisé des méthodes d'action issues même des grandes entreprises. On peut penser bien sûr aux logiques de benchmarking tirées d'une nouvelle technique de management portée notamment par la République En Marche.

Mais il ne faut pas s'y tromper, la rhétorique mouvementiste recouvre en réalité une forme de démocratie quasi plébiscitaire. Le pouvoir est dans les faits extrêmement centralisé dans ces nouvelles organisations. Les troupes vont acquiescer, mais toute la ligne politique est définie avant tout par l'appareil, par la direction. On voit d'ailleurs que les espaces d'action sont très sectorisés. Les groupes locaux vont travailler par thème d'action. Ils ne sont donc pas véritablement localisés puisque l'action est fractionnée, le pouvoir est dilué entre une multitude de comités.

L'absence de règles formelles d'organisation, de direction, parfois même sans statut, va favoriser le poids des relations interpersonnelles. Les postes sont donc liés à un lien direct que certaines et certains ont pu établir avec le leader. On le voit très bien dans le cadre des organigrammes des formations d'Emmanuel Macron ou de Jean-Luc Mélenchon. Donc on voit bien qu existe une rh participative mais en fait le principe de verticalit va dominer Le dernier point voir d lors est que l assiste un retour des invariants des organisations La période actuelle se caractérise par un processus double, je citerai un processus de normalisation des pratiques et on peut dire d'institutionnalisation de ces mouvements.

L'absence de démocratie interne a pu en effet conduire dans ses formations un départ des adhérents. Ça a été le cas en Espagne de Podemos, on peut le voir aussi dans le cadre de la République en marche. D'importants comités locaux se sont vidés lors du premier mandat d'Emmanuel Macron. Ces partis mouvements sont devenus aussi de nouveau des partis de cartel. puisque ces parties ne sont pas financées par des cotisations, on constate qu'ils dépendent très fortement des résultats électoraux.

C'est de là que découle l'essentiel de leur financement. Il vient de l'État. Également, juridiquement, ces mouvements ont pris la forme juridique d'organisations partisanes pour pouvoir de fait bénéficier des aides publiques dans le cadre des règles de droit de financement de la vie politique. Ces partis mouvements vont enfin pâtir de l'absence d'un ancrage local sur le territoire, faute de soutien d'élus locaux, de notables contre lesquels ils se sont développés, et donc le mouvement reste un mouvement d et donc des dissidents peuvent faire perdre les ces mouvements ce fut le cas pour la R en marche lors des municipales de 2020 Quelles conséquences alors à cette transformation et cet avènement de partis à la fois, partis mouvements et partis personnels ?

Eh bien, par une sorte de ruse de l'histoire, c'est la tendance au retour à notre structure classique. La définition de la Palombara et Weiner, parfois présentée comme dépassée, et peut-être à nouveau d'actualité. L'exemple le plus symptomatique étant la refondation de la République en marche en un parti-renaissance. L'appellation parti est revenue dans le titre même du mouvement et c'est aussi le retour des cotisations classiques. Que conclure alors à l'issue de cette leçon ? Trois idées forces, il me semble.

D'abord, on a pu voir que les partis politiques naissent de la nécessité d'organiser l'exercice du droit de suffrage. Ça intervient en Europe occidentale dans le dernier tiers du XIXe siècle. La pérennisation de la forme partisane est fondée sur sa capacité de résilience, adaptation de ses fonctions, de son rapport à la société et à l'État, avec ses évolutions significatives. Enfin, la crise partisane ne remet pas en cause le caractère encore indépassable de l'organisation pour structurer la vie politique.