Bonjour à toutes et à tous, je vous souhaite la bienvenue dans le cadre de ce cursus de sciences politiques. Nous allons nous retrouver pour un cours d'introduction à la science politique au sein de votre cursus de première année de licence en droit. Alors cet enseignement, il est proposé sous la forme d'une succession de leçons, des leçons thématiques qui vont vous vous êtes proposé chaque semaine. Ce cours, je l'ai subdivisé historiquement en deux grandes parties, de tailles relativement différentes.
Une première partie porte plutôt sur les processus de construction, de fonctionnement de la démocratie occidentale, disons du XIXe au XXIe siècle, des leçons sur le temps long. L'approche vise à étudier essentiellement la construction de la démocratie et de notre champ politique. La seconde partie permet alors d'observer les principales caractéristiques des comportements et de la vie politique dans le cadre essentiellement de l'Europe occidentale. Dès lors, nous allons commencer par une toute première leçon qui est une leçon introductive.
On va s'intéresser à la définition de la discipline. Qu'est-ce que l'approche scientifique du fait politique ? Donc il s'agit d'essayer de préciser d'abord ce qu'est la science politique, même si bon nombre d'entre vous ont pu bénéficier d'un aperçu au cours de certains enseignements qui sont dispensés au lycée. Alors cette approche scientifique du fait politique, d'abord nous interpelle et nous oblige à nous interroger sur la conception particulière de la science politique par rapport à d'autres domaines. On peut concevoir la science politique comme un savoir savant qui vise à étudier le phénomène politique.
Donc chose assez simple, et pour que ce savoir s'élève au rang de véritable discipline, il faut qu'il remplisse plusieurs conditions. J'en retiendrai deux principales. D'abord, ce savoir se définit par sa nature scientifique. La discipline va produire des résultats qui sont mesurables et valuables. Nature scientifique. Ce savoir accède aussi d'autre part à un rang ou un statut académique, donc avec des enseignements, c'est ce que l'on va faire ensemble, des laboratoires de recherche, des colloques. Et donc parler de science politique pourtant ne va pas véritablement de soi.
Et donc on va essayer de préciser cela, ce que signifie véritablement cette discipline. L'expression science politique a en fait longtemps fait sourire les tenants des sciences exactes, sciences mathématiques, sciences physiques, et on peut dire que souvent nos collègues juristes associent la science politique au journalisme ou à une présentation du droit en pratique. On peut concevoir l'existence d'une sorte de savoir mondain, des généralités que parfois vous pouvez entendre par des politologues mondains dans certains médias. Or, de fait, on ne cherche pas à participer au débat public, mais la science politique vise avant tout à éclairer ce débat à l'aune de certaines clés de lecture.
Et donc dans le cadre de cette approche, tout au long de ce semestre, nous aborderons des faits, des connaissances concrètes, mais aussi des auteurs et des théories et des modèles analytiques. Dès lors, notre discipline peut être observée, il me semble, à partir de trois constructions que nous allons aborder successivement. La science politique est définie par son objet, elle s'établit par sa prétention scientifique et elle se différencie aussi par une autonomisation disciplinaire. Donc vous l'aurez compris, trois axes qui vont structurer notre leçon d'aujourd'hui.
L'abord, discipline construite par son objet. La science politique vise à étudier, analyser les enjeux et les faits politiques. De fait, à contrario, on peut dire que la science juridique, en tant que véritable dogmatique, quant à elle, elle interprète et surtout elle systématise les règles de droit. Donc la distinction, le distinguo, paraît assez simple à comprendre. En réalité, il se pose un problème de véritable délimitation de cet objet. Et de fait, le terme français est polysémique. On a un seul mot, mais qui revêt plusieurs sens.
Et de fait, dans d'autres pays, en Allemagne, mais surtout les pays anglo-saxons, on recourt à trois termes différents pour un même objet. Donc on peut regarder ensemble les différentes dimensions du politique et la manière dont notre discipline s'y intéresse. Trois exceptions montrent d'abord l'étendue du phénomène politique. Le terme politique renvoie en effet tout d'abord à la politique au féminin. C'est ce que tout le monde connaît. Le terme équivalent en anglais est « politics ». Le terme fait référence aux activités en relation avec le combat politique.
Donc c'est le champ de compétition pour la conquête et l'exercice du pouvoir. Donc cette « politics », cette politique, est menée par des professionnels, individus, hommes et femmes politiques. ils sont détenteurs de positions de pouvoir, les gouvernants, mais il existe aussi des groupements qui participent à ce combat, les partis politiques. Donc très simplement la politique désigne les activités spécifiques des activités liées à l'engagement politique à l'exercice de la profession politique. Donc très simplement on pourra dire qu'elle est quasi synonyme de vie politique.
Mais l'on peut aussi avoir une autre acception, le politique au masculin, qui renvoie cette fois-ci une toute autre dimension. Et de fait les anglais parlent de «polity». Cette acception induit une dimension qui est moins contingente. Le politique est un espace spécifique de la société. Donc le politique c'est le domaine où s'opère la régulation des conflits et des intérêts dans une société. Régulation des conflits et des intérêts dans une société. Il comprend sous une acception plutôt dynamique et les processus qui vise justement la r de conflits Et donc en premier lieu on voit tr bien comment le politique renvoie cette fois ci des fonctions de type qu appelle parfois r On l d dans le langage courant par une simple formule cette question doit trait par le politique Dès lors, on voit très bien comment ce politique, ce domaine, diffère d'autres espaces ou champs sociétaux.
On peut citer bien sûr l'économie, le social et bien sûr la dimension sociétale. Cette fois-ci, les enjeux qui relèvent plutôt de l'éthique, on peut parler aussi de l'écologie, qui relèverait de ces dimensions sociétales. Enfin, si on s'intéresse aux décisions concrètes, qui vont émaner des pouvoirs publics, on emploiera souvent le terme de politique au pluriel, là aussi l'acception anglo-saxonne est différente par le « policies » des politiques. Ce sont cette fois-ci des formes d'actions et des moyens qui visent à satisfaire les demandes au sein d'une société.
Et donc, selon cette acception, un champ important d'étude s'est développé, c'est celui de l'analyse des politiques publiques. Vous entendez souvent le terme de ces politiques publiques. Parmi les idées clés, on voit très bien que l'État n'est plus perçu par cette analyse comme un acteur homogène, et de fait le concept de gouvernance a remplacé l'idée de simple gouvernement. Ce sont des mesures et des décisions publiques qui désormais, on constate de plus en plus qu'elles émanent d'une pluralité d'acteurs, d'ailleurs qui ont des profils relativement variés, privés et publics.
La décision est moins unilatérale que par le passé, et on s'interroge sur la force d'imposition de ces décisions qui est beaucoup plus limitée. on a désormais des véritables politiques évaluatives pour voir l'effectivité de ces décisions. Ces politiques passent généralement par des normes juridiques. A ce stade, bien sûr, il n'est pas venu de préciser plus avant. On peut alors dire simplement que la décision publique fait l'objet de politiques publiques si elles sont considérées en termes de programmes d'action.
C'est donc véritablement cette fois-ci la politique ou le politique vu à travers la production des autorités publiques. Alors ce domaine du politique est ainsi délimité. Mais en fait, le politique entendu au masculin, en réalité, est quand même un aspect ou une dimension assez fuyante. La délimitation n'est pas aussi claire qu'il y paraît. De ce fait, la réalité politique est bien, on dit, multidimensionnelle, et surtout, on constate qu'elle n'est pas donnée une fois pour toutes, parce qu'elle évolue.
Et donc on constate un deuxième enjeu important de cette définition de l'objet, c'est qu'un débat est né en sciences politiques sur la corrélation à établir entre l'étude de l'État et la question véritablement de l'objet politique. On pourrait dire qu'on peut le résumer en un clivage simple La science politique est-elle alors la science de l'État ou la science du pouvoir ? Science de l'État ou science du pouvoir ? On peut dire que le rôle de régulation rempli par le politique en société a longtemps été associé à l'État moderne Et donc des travaux ont porté de ce fait sur la construction de l'État Son fonctionnement avec notamment l'étude du développement de la bureaucratie qu'on a retrouvée chez le sociologue allemand Max Weber.
La science politique a aussi proposé des théories de l'État. Cependant, relevons bien que le politique existe en dehors de l'État. S'intéresser à l'État signifie se focaliser sur la dimension organique institutionnelle du politique dont vous avez pu relever des dimensions au sein du droit constitutionnel. Or, il existe bien des relations politiques en dehors des seules institutions politiques. On peut citer les mobilisations collectives, comme le mouvement des Gilets jaunes, qui revêt bien une dimension politique. Autre critique ou aspect de relativisation, il a pu être relevé que l'État s'apparentait à un modèle occidental.
De ce fait, des travaux ont interrogé l'existence alors de sociétés sans état, où le phénomène politique serait pourtant présent. Une définition alors large, de manière synthétique, pourrait nous permettre de saisir cette réalité du politique comme ce qui se rapporte au gouvernement d'une société dans son ensemble. Le politique, c'est ce qui se rapporte au gouvernement d'une société dans son ensemble, ce qui permet d'écarter l'enjeu de la place de l'État au sein de cette définition. À partir de cette interrogation, l'objet s'est donc déplacé.
La science politique a pu être considérée dans les années 50 comme centrée, non pas sur la question étatique, mais sur l'analyse des relations de pouvoir, et donc pas seulement sur l'État. Il s'agit alors désormais de déterminer ou de qualifier le pouvoir. Un politiste américain, Robert Dahl, au milieu des années 50, dans un article qui restait célèbre, s'est interrogé et a essayé de définir ce concept de pouvoir. Il le définit avant tout comme une véritable relation. Le pouvoir, dit-il, est avant tout la capacité d'agir sur l'autre.
Il énonce ainsi « A exerce un pouvoir sur B dans la mesure où il obtient de B une action que ce dernier n'aurait pas effectuée autrement ». On voit très bien que ce pouvoir est omniprésent dans l'ensemble des relations sociales. La définition que je viens de vous citer, proposée par Dalle, est d'ailleurs générale, c'est une logique de pression. Cette capacité de contrainte se retrouve dans l'ensemble des champs sociaux qu'on a vu, ou champs sociétaux. Tout pouvoir n'est donc pas politique.
On retrouve cette logique de pouvoir à l'école, dans la famille et les entreprises. Différents travaux existent alors pour observer ces processus. Et donc là on voit qu'ils relèvent non pas des analyses de sciences politiques, mais plutôt de la sociologie générale ou de certaines branches spécifiques, donc on peut citer notamment la sociologie des organisations. Un premier enjeu si l essaye d plus avant porte alors sur la sp du pouvoir politique par rapport d types de pouvoirs Je vais vite sur cette idée, mais disons qu'on peut résumer la question sur la nature du pouvoir politique.
Ici, on s'est intéressé aux ressources spécifiques qui sont détenues par ce pouvoir politique, à son objet, donc la régulation de la société, mais j'ai déjà dit, signifiée, ou la manière dont ce pouvoir va s'exercer. Le deuxième enjeu central sur le questionnement autour du pouvoir politique a porté bien plus sur la qualité des détenteurs de ce pouvoir politique. Question centrale posée dans la période contemporaine et qui a beaucoup occupé la littérature, qui détient le pouvoir politique en démocratie ?
C'est devenu un objet central de la discipline. Il existe une lecture, disons élitiste, qu'on pourrait dire marxiste ou néo-marxiste, qui a posé l'existence d'une élite économique homogène qui dominerait la régulation des sociétés. Des travaux ont alors cherché à vérifier la véracité de cette affirmation posée ou intuitive. et à nouveau parmi nos travaux précurseurs figurent les travaux de Robert Dalle. Il publie un ouvrage central, important, qui s'appelle Qui gouverne ? L'analyse porte sur la méthode pour mesurer scientifiquement la qualité même des détenteurs du pouvoir politique en démocratie.
Certains disent qu'il suffit de mesurer la réputation au sein de la société des élites ou des leaders locaux à travers des enquêtes, pour définir finalement cette réputation. Dalle affirme pour sa part que le pouvoir en politique est déterminé par la capacité à agir sur une décision. C'est central. Capacité à agir sur une décision qui détermine ce pouvoir politique. Et donc cela le conduit notamment à contester des analyses du pouvoir établies en termes de mains visibles. l'idée qu'il y aurait un pouvoir occulte qui résulterait d'une minorité qui est tapie dans l'ombre.
Il critique également l'idée d'une élite homogène, qui domine la société. Les marxistes ont alors avancé l'idée qu'il y aurait une classe dirigeante, cette classe dans l'ombre, et une simple classe gouvernante, qui serait finalement son émanation directe. Dalle, pour sa part, va réintroduire alors le pluralisme au sein de cette minorité dirigeante de cette élite. Il n'existerait pas une élite ou une catégorie dirigeante, mais bien des élites spécialisées et rivales. Et donc il va appliquer sa méthode décisionnelle.
Et donc au sein de sa méthode, il va regarder les processus de décision. Il le fait à travers une étude empirique, celle de la ville où il réside, c'est la ville de New Haven aux Etats-Unis, siège de l'université où il travaille, l'université de Yale. Dale va alors choisir trois décisions importantes de la communauté politique pour observer ce pouvoir politique. Il s'intéresse à la nomination des candidats des partis politiques, il s'intéresse aux politiques publiques, et donc il va s'intéresser aux politiques publiques de rénovation urbaine.
Et enfin, autre politique souvent extrêmement importante au niveau local et national, ce sont les politiques d'enseignement. Trois types de décisions, et il regarde finalement qui y gouverne, qui a la main sur ces différentes décisions. Ce qu'on constate, c'est que ces conclusions sont sans appel. Il révèle d'abord que sous le couvert d'un rituel démocratique, pour chacune d'entre elles, on s'aperçoit qu'un très petit nombre de leaders intervient. Donc il existe bien en démocratie un accaparement, on pourrait dire, du pouvoir par une minorité.
Mais, dans un même temps, il découvre une très grande spécialisation de ses leaders sur les décisions. Et donc, je pense que vous avez saisi, cela signifie que ce ne sont pas les mêmes groupes sociaux, les mêmes élites qui vont intervenir sur toutes ces décisions. Donc on voit bien que la réalité du pouvoir politique en démocratie, c'est que le peuple est comme dépossédé d'une influence directe dans un système d'élite qui sont multiples, spécialisés mais ce peuple bénéficie d'une véritable influence qui serait une influence indirecte, décisive par le suffrage universel.
Et donc si on résume le pouvoir politique dans une ville américaine des années 50, c'est le New Haven c'est le maire qui gouverne aidé ou appuyé par des leaders spécialisés qui l'influence et sous le contrôle indirect des citoyens. Néanmoins, la question du pouvoir politique induit de s'intéresser à la capacité des gouvernants à maintenir cette relation inégale entre gouvernants et gouvernés. Cette fois-ci, nouvel enjeu, c'est la question de faire durer le pouvoir. Dernière question centrale sur le pouvoir politique, c'est la question de s'intéresser au maintien du pouvoir, faire durer ce pouvoir.
L'analyse du pouvoir politique est fondée, on l'a dit, sur l'examen des ressources disponibles. Et donc ces travaux se sont alors appuyés sur une distinction classique qui est à opérer cette fois-ci entre pouvoir et domination. Et donc le sociologue allemand Max Weber est l'un des tout premiers à avoir clairement spécifié les ressources disponibles pour maintenir durablement ce pouvoir. Autre enjeu, autre objet de notre questionnement du politique. Il théorise alors l'autorité politique dans un ouvrage qui est paru de manière posthume, Économie et Société, qui va paraître au début des années 20.
Weber va distinguer clairement la puissance, marthe, à la domination, herrschaft. Et donc la puissance ou le pouvoir est défini comme une capacité de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté et donc même s'il ya des résistances et quelle que soit d'ailleurs cette capacité cette affirmation cette lecture du pouvoir vous voyez mutatis mutandis elle est assez proche de la définition de Robert Dalle on voit alors que la ressource centrale du pouvoir comme puissance c donc la La contrainte elle est au c du politique de notre objet N si on souhaite consolider cette puissance la faire durer il faut ajouter une autre ressource.
Pour qu'une relation de puissance dure, il faut qu'elle soit acceptée. On dit alors qu'elle soit légitimée. Donc, on voit très bien comment la puissance suppose la coercition, la contrainte, cette pression exercée, la domination quant à elle, elle induit une forme de soumission, une soumission par le dominé à ce pouvoir, c'est une logique d'obéissance. Et donc on voit très bien qu'il y a une véritable logique d'autocontrainte, une volonté d'obéir propre à la domination. Et donc on voit que la croyance en la dimension disons naturelle du pouvoir et donc centrale.
Plus un pouvoir est perçu comme normal, naturel, et plus il est accepté et durable, et plus s'opère cette domination. Manweber va alors distinguer trois types de légitimité qui fondent la relation de domination d'autorité politique. Cette typologie est demeurée tout à fait centrale dans l'analyse du pouvoir politique. Pourquoi la cité ? Parce qu'elle permet d'abord de distinguer des formes de pouvoir politique dans le temps, donc une logique plutôt évolutive. Ensuite, parce qu'elle permet de bien voir la spécificité des dualités, des dimensions du pouvoir politique.
On voit très bien comment le pouvoir politique associe cette légitimité à des logiques de coercition, pour pouvoir durer et s'imposer. Max Weber va alors évoquer d'abord la domination traditionnelle. L'autorité est fondée sur une obéissance à des coutumes qui sont sanctionnées par une validité qui est acquise au cours du temps. Il dit qu'elle est immémoriale cette validité. Et donc ce qui est en jeu, vous le voyez à travers cette logique de coutume, c'est une acceptabilité du pouvoir politique qui est donc liée au poids du temps, aux valeurs transmises.
Et donc on voit très bien que la coutume rend naturel ce pouvoir imposé. Cette domination traditionnelle, elle induit une véritable naturalisation du pouvoir. On voit très bien comment cette forme de domination la retrouve dans les régimes féodaux et bien sûr dans la monarchie à l'époque contemporaine. Le roi, avant tout, incarne ce pouvoir. Donc il doit juste se conformer aux us et coutumes. L'adage « Le roi est mort, vive le droit » traduit très bien cette continuité de l'autorité en dehors même du corps du roi.
Deuxième type de domination, la domination légale rationnelle proposée par Weber, quant à elle, va correspondre à des sociétés plus contemporaines. Ici on assiste à une véritable dépersonnalisation du pouvoir. Donc l'obéissance n'est pas due à un leader ou alors du fait de la tradition, mais cette fois-ci elle repose sur des règles ou des normes qui sont relativement impersonnelles. Donc on voit là l'importance du droit. Le corpus juridique est tout à fait crucial. et donc cette légitimité du pouvoir politique légal-rationnel caractérise bien sûr l'état moderne et donc on voit très bien que la rationalité est au cœur de cette relation on voit cette fois-ci le lien entre la question de l'état qui revient et celle du pouvoir pour le fait politique et donc l'état moderne se caractérise bien sûr par l'édification d'un corps de règles mais aussi parce que cet état va se soumettre un ordre juridique qui va s'imposer à lui-même.
Dernière enfin logique de domination, c'est la domination charismatique proposée dans la typologie de Weber qui repose sur cette fois-ci la détention de ressources extraordinaires de la part d'un chef. Max Weber va utiliser d'ailleurs le terme même de Führer qui est bien sûr désormais connoté, le guide. Et donc cette fois-ci ce sont des croyances dans ce que dit Weber des qualités prodigieuses du dirigeant qui vont cette fois-ci ces qualités imposer l'obéissance. Il parle du chef de bande, du chef de guerre élu et donc cette domination charismatique on constate qu'elle ne peut être que temporaire, elle correspond avant tout à des temps de crise.
Donc des qualités on peut dire extraordinaires sont reconnues comme au dessus du commun et donc le leader va être suivi par des compagnons qui vont fonder alors de véritables groupements de domination. Cet enjeu collectif est extrêmement important et donc il y a des liens qui vont les lier de manière importante. Ce qu'on constate naturellement, je pense que vous l'aurez à l'esprit, c'est que ces trois modes de domination bien sûr ne sont que des modèles, des idéotypes, des faits marquants, des traits saillants pour essayer de comprendre la réalité de l'objet politique.
Mais il n'existe pas dans la réalité, le pouvoir politique combine le plus souvent ces trois types de domination. Weber le dit d'ailleurs très clairement dès les années 1920. Lui-même va évoquer la routinisation du charisme. Routinisation du charisme, et bien cette expression vise à montrer que pour durer, l'autorité politique charismatique, elle devient traditionnelle. En quelque sorte elle se légalise. Donc à ce stade disons intermédiaire, on a bien vu que la dimension politique correspondait à peu près à trois exceptions, trois dimensions et que la science politique a eu pour objet le pouvoir politique plus que la simple analyse de l'état à travers donc différents volets de cette nature du pouvoir politique.
Pourtant on peut aller encore plus loin et voir qu'il pourrait exister une une régulation politique mais sans pouvoir ? Cette question, c'est l'épineuse interrogation sur la nature du pouvoir politique, particulièrement par rapport à d'autres types de pouvoir. Ce développement introductif sur l'objet de la science politique permet alors de vous faire connaître un autre auteur important autour d'autres enquêtes qui ont été menées dans le cadre de travaux. cette fois-ci, qu'on pourrait qualifier de travaux ethnologiques ou ethnographiques.