Cours 29 - Les rapports nord-sud

RELATIONS INTERNATIONALES · Semaine 11 : La scène de l'économie-monde (IV)
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Bonjour à toutes et à tous. Nous arrivons aujourd'hui à la conclusion de ce cours, une conclusion qui bien évidemment ne peut pas être définitive. L'objet que nous avons étudié est tellement vaste qu'il ne peut y avoir une seule interprétation possible. Les mêmes événements donnent lieu à des interprétations différentes et vous pouvez avoir des approches de type transnationaliste, des approches de type constructiviste qui exposeront les données du problème totalement de manière totalement différente. L'approche transnationaliste privilégiera l'autonomie des acteurs privés, le rôle des réseaux transnationaux, l'importance des problématiques qui dépasse le cadre national pour considérer que l'État ne joue plus un rôle central.

Les approches constructivistes considéreront que les identités sont désormais centrales et qu'il faut partir de l'intersubjectivité, c'est-à-dire du croisement des identités pour comprendre comment les problèmes internationaux sont posés. Et puis vous avez des approches culturelles différentes. Ce développe aujourd'hui une approche chinoise des relations internationales, une approche ambivalente puisque la Chine reste un pays extrêmement oesthalien, extrêmement réaliste, qui reste dans un rapport de force avec le reste de la communauté internationale, mais elle propose également une interprétation du monde différente avec le Tiang Xia.

Le Tiang Xia c'est tout sous le même ciel, cela part d'une forme d'hégémonie exercée par le royaume Tzu au deuxième siècle avant Jésus-Christ. Le royaume qui était sous, qui était un tout petit royaume et qui a mis en place le Tiang Xia pour justement étendre son hégémonie sur des royaumes beaucoup plus puissants, non pas par la force, mais en se fondant sur l'idée de l'harmonie des relations qui partent des relations familiales qui irriguent vers les royaumes et qui doivent être reconnues au sein de l'Empire.

Donc c'est une approche intéressante pour les Chinois puisque on ne parle pas de l'homme, de l'individu, mais on parle de la relation entre deux individus au niveau de la famille qui doit être aussi harmonieuse dans la famille qu'au niveau de l'Empire. Donc des approches extrêmement variées, l'approche que j'ai choisi et que je n'ai jamais caché durant tout ce cours était une approche délibérément réaliste, un réalisme que l'on peut qualifier de libéral à savoir que ce réalisme n'est pas le réalisme classique de Raymond Aron ou de Morgan Tau qui considérait que la guerre était au centre des relations internationales puisque j'ai eu l'occasion de vous le dire.

A partir de moments où on remplace la puissance par la sécurité comme pierre angulaire de la construction des relations internationales, nous avons une approche totalement différente puisque la puissance est un bien... La lutte pour la puissance, la balance of power est une lutte d'influence permanente, c'est un jeu à somme nulle alors que la sécurité est un bien commun et quand je renforce ma sécurité, je renforce en même temps la sécurité de mes partenaires. Dès lors, la représentation des structures internationales n'est plus fatalement anarchique et nous avons une approche réaliste libérale où la coopération d'après l'expression célèbre de Charles Glazer, la coopération devient l'instrument par lequel les États satisfont leurs besoins égoïstes.

Donc mon approche est résolument réaliste et encore une fois si vous n'adérez pas à cette approche, je ne peux que vous inviter sur la base de secours à les découvrir d'autres auteurs. Alors en conclusion de cette approche réaliste avant de recomposer la scène internationale qui a été je vous le rappelle destructurée d'une manière artificielle en scène des organisations internationales, scène intérétatique, scène de l'économie mondiale, scène de la société mondiale avant de recomposer cette scène, il faut s'interroger sur la notion de système international et ma définition du système international est celle que j'emprunte à Marcel Merle pour qui un système international c'est à la fois un système de force et en même temps un système diplomatique.

Le système de force c'est quoi ? Ce sont les valeurs dominantes, la manière dont on pose les problèmes à un moment ou à un autre. Prenez l'exemple de la surpopulation dans le monde, dans les années 60 le problème est posé prioritairement sous l'angle de l'alimentation, aujourd'hui le problème est posé sous l'angle des migrations internationales. Donc comprendre le système international nécessite non seulement de voir comment fonctionne le système diplomatique mais également de comprendre aussi comment les problèmes sont posés à un moment donné.

Alors comprendre le système de force nécessite de s'interroger brièvement bien évidemment sur les grandes évolutions internes et les grandes évolutions externes du moins au niveau des perceptions. Alors à l'intérieur il y a me semble-t-il deux évolutions majeures. Tout d'abord précédemment l'égalité prévalait sur la liberté, non pas que nous ayons été dans des régimes liberticides mais sous l'influence du totalitarisme communisme il y avait véritablement une pression pour plus d'égalité et quand il y avait une tension entre l'égalité et la liberté précédemment on tranchait plus volontiers en faveur de l'égalité.

Désormais les choses ont changé et lorsqu'il y a une tension entre liberté et égalité on a plutôt tendance à considérer que la liberté doit l'emporter. Ça c'est le premier grand changement qui influence sur l'ensemble de notre perception du monde. Le deuxième grand changement est lié au fait que précédemment l'État avait à sa disposition un budget absolument illimité. C'était la fameuse loi de Wagner qui voulait que les finances publiques suivent une courbe ascendante en permanence. Or désormais et sous l'influence des évolutions réganiennes et satériennes des années 80 on subit, on voit une inversion de cette courbe puisque désormais les finances publiques ne sont plus illimitées, le rôle des déficits publiques a été réduit et on voit notamment avec les critères financiers de l'Union européenne les critères de Maastricht que l'arme budgétaire a été réduite et là c'est vraiment une évolution majeure puisque précédemment lorsqu'il y avait un problème on avait plutôt tendance à se tourner vers l'État pour qu'il apporte des solutions au dit problème et désormais l'État n'est plus qu'un acteur parmi d'autres pour apporter des solutions au problème et cela se traduit par le fait non pas que l'économique par exemple que la sphère économique l'emporte désormais sur la sphère politique mais face à une situation particulière précédemment on savait que le politique apporterait la réponse désormais et bien il y a une concurrence entre les logiques politiques les logiques économiques les logiques culturelles sociales voire religieux c me semble-t-il les points importants à voir concernant les évolutions interne concernant les grandes évolutions extérieures il y a la trois ou quatre points à prendre en considération tout d'abord le premier point c'est considérer que les identités qui étaient qui n'étaient pas considérées précédemment les identités les valeurs deviennent désormais centrales elles sont centrales pour les relations internationales avec une majuscule c'est à dire pour la discipline relation international et là on le voit très clairement avec le rôle et la place prise par les approches dites constructivistes des relations internationales mais le rôle des identités est tout aussi central dans les relations internationales avec une minuscule c'est à dire dans l'analyse des rapports internationaux les questions la dimension culturelle des relations internationales est beaucoup plus centrale désormais que par le passé deuxième évolution c'est à transformation du rôle et de la place de la violence précédemment les grandes guerres étaient des guerres inter-étatiques désormais la violence a est contrôlé entre les états mais a diffusé à l'intérieur des états avec une internationalisation de certains nombres de conflits or face à cette violence la violence organisée le monopole de la violence légitime dont bénéficiaient les états est beaucoup moins apte à apporter des réponses et nous voyons que les armées occidentales sont le plus souvent en situation de retrait dans ces conflits à la marge du système stratégique central dans ces conflits périphériques de la guerre froide où les conflits asymétriques d'aujourd'hui des conflits que ces armées régulières sont incapables de remporter d'où cette notion de faiblesse de la puissance chère à Bertrand Badie pour qui nous serions désormais dans un monde apolaire je n'adhère pas totalement à cette idée d'un monde apolaire mais très clairement la bipolarité nette de la guerre froide a été remplacée par un système unipolaire jusqu'en 1990 mais depuis la fin des années 90 nous sommes dans un monde qui cherche sa polarisation qui cherche sa structure et il est bien difficile aujourd'hui de dire si nous sommes dans un monde de nouveau bipolar par confrontation potentielle entre les états unis et la chine si nous sommes dans un monde apolaire aussi nous sommes dans un monde multipolaire la troisième caractéristique à prendre en considération à avoir à l'esprit c'est la diffusion et la transformation des normes internationales précédemment le droit international s'imposait le droit international qui était un droit par lequel les états acceptaient les contraintes qui allaient peser sur eux puisque nous l'avons vu la souveraineté c'est à la fois un pouvoir de commandement suprême à l'intérieur mais un pouvoir de consentement à l'extérieur or aujourd'hui nous voyons des normes diffusées en dehors de l'acceptation formelle des états on le voit en matière politique avec la responsabilité de protéger mais on le voit également en matière économique avec cette doxa financière que nous avons étudié une doxa financière qui s'impose finalement aux états sans même qu'ils aillent adhérer à toutes les conséquences de ces normes enfin dernier point à prendre en considération c'est un début de désoccidentalisation du monde le monde qui précédemment était organisé selon les valeurs des nations civilisées reconnues par l'article 12 par l'article 36 du statut de la cour internationale de justice qui est intégrée à la charte des nations unies or désormais cette ce droit des nations civilisées est remise en cause par la montée en puissance d'acteurs qui aient et je vous parlais tout à l'heure du chiang siya chinois nous voyons là véritablement une nouvelle manière de penser le monde qui n'est pas encore qui n'a pas encore diffusé mais il existe désormais une alternative pour penser l'ordre du monde l'ordre occidental du monde alors que par le passé cet ordre occidental n'existent n'était pas mis en en complétition je vous remercie de votre