Cours 27 - Les résistances

RELATIONS INTERNATIONALES · Semaine 10 : La scène de l'économie-monde (III)
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Nous l'avons vu en introduction à cette section consacrée à la démocratie de marché. La mondialisation suscite des réactions très différentes. Cette démocratie de marché peut être bénéfique pour l'humanité, pour les chantres de la mondialisation heureuse et inversement pour les alters mondialistes, celle-ci est à l'origine de tous les mots de la planète. Ceci étant, nous observons que si la question sociale, entre guillemets, était un grand débat de la fin du 19e siècle, les problématiques aujourd'hui de développement et de relation entre le nord et le sud ne se posent absolument pas en ces termes.

Donc pour essayer de faire le point sur cette démocratie de marché, nous avons dans un premier temps envisagé les institutions qui diffusent cette doxa et puis dans un deuxième temps nous nous sommes intéressés aux différentes approches qui contestent cette dimension libérale de l'économie de marché. Enfin aujourd'hui, pour vous permettre de faire le point, nous allons envisager la question des rapports nord-sud, voir comment aujourd'hui la question se pose. Alors à l'origine du diable nord-sud, nous avons cette invention par Alfred Sovi du tiers mond interne qui est en référence bien évidemment aux tiers états et qui apparaît en 1952.

Alors ce tiers mond va monter en puissance à la faveur de la décononisation et le premier acte peut-être même son acte de naissance officielle, c'est la conférence de Bandung qui se tient en 1955, donc en Indonésie et qui est la première conférence sans homme blanc, Senghor a parlé à l'époque d'événements le plus important depuis la redescence, c'était sans doute exagéré mais c'était incontestablement le acte de naissance de ce tiers mond. Lequel va accéder aux nations unies, il faut se rappeler qu'à l'origine entre 1945 et 1955 l'Union soviétique voit d'un mauvais œil l'accession de ces anciennes colonies aux nations unies puisqu'elles considèrent que ces colonies vont voter avec les anciennes métropoles du fait des liens établis entre les élites de ces différents pays, mais à partir de 1954 à partir du package deal l'Union soviétique change de position et l'Union soviétique va lever son veto et dès lors les pays du tiers mond vont accéder en masse aux nations unies, ça sera un phénomène automatique accession à l'indépendance signifie y facto accès aux nations unies et en 1960 les pays du tiers mond sont majoritaires aux nations unies et c'est à cette époque que les nations unies abandonnent la question du désarmement aux grandes puissances pendant toutes les années 50 obsédées par le nucléaire les nations unies s'étaient chargées des négociations sur le désarmement lesquelles n'ont pas du tout avancé dans les années 50 à partir du début des années 60 les états unies et l'Union soviétique prennent en charge ces négociations et dès lors les nations unies vont s'intéresser à la question du développement avec le lancement en 1961 de la première décennie du développement laquelle débouchera en 1964 sur la création de la NUSED la conférence des nations unies sur le commerce et le développement dans le même temps d'un point de vue plus politique le tiers monde se structure autour du mouvement des non alignés lequel apparaît officiellement au septembre 1961 à belgrade et en 1964 lors de la conférence du Caire le président de nasser déclarera que ce non-aliment c'est le syndicat des pauvres un syndicat des pauvres qui va monter en puissance à la faveur du réchauffement lié à la détente et en 1973 ça sera l'apothéose avec un sommet qui réunira les chefs d'état et de gouvernement représentant plus de 2 milliards d'hommes et pour préparer c'est intéressant pour préparer l'ensemble de ces discussions à fois politique et économique le tiers monde crée une organisation spécifique c'est le groupe des 77 qui apparaît à algé et qui va être le moteur de la revendication économique des pays du tiers monde alors cette revendication structure en trois demandes tout d'abord c'est l'augmentation du prix des matières premières puisque ces matières premières qui sont des produits vendus avec peu voire pas de transformation des produits miniers ou des produits liés à l'agriculture le café le thé le cacao or on constate depuis la fin du 19e siècle une baisse tendentielle de ces matières premières du bénéfice que l'on peut tirer d'exploitation de ces matières premières les termes de l'échange comme disent les économistes sont défavorables à ces produits et donc logiquement les pays du tiers monde demandent une stabilisation de ces cours stabilisation qui évite des mouvements cycliques avec en période de pénurie une tendance à une augmentation des prix mais suivi aussitôt d'une rechute la solution c'est essentiellement de constituer des stocks régulateurs mais ces stocks il faut pouvoir les financer et donc cette stabilisation du cours des matières premières et la première demande des pays du tiers monde la deuxième demande c'est l'accès au marché ce que l'on appelle les préférents généralisés dans la mesure où ces pays ont la possibilité de produire à faible coût des du textile par exemple alors même que l'industrie textile ne demande pas un savoir faire extraordinaire il est normal dans la logique des échanges internationaux dans la logique du gâte de l'époque que les pays du tiers monde revendiquent la possibilité de se spécialiser dans ces domaines et donc de pouvoir vendre dans les sur les marchés du nord mais bien évidemment comme nous l'avons déjà vu il y a un problème social extrêmement grave pour les pays développés puisque dès lors c'est frappé de plein fouet des entreprises qui sont déjà fragilisés par la concurrence entrevenant du sud et donc ces marchés ne sont pas toujours ouverts les marchés du nord ne sont pas toujours ouverts et les pays du sud demandent un accès privilégié avec des droits de douane relativement bas pour pouvoir écouler leurs marchandises et développer leur secteur industriel sur la base de ces entreprises qui étaient à l'origine de la première révolution industrielle enfin la dernière demande c'est une augmentation de l'aide publique au développement puisque en 1964 il avait été décidé que les pays développés devraient consacrer un pour cent de leur PIB à l'aide au développement or ce 1% ce des 1% n'a quasiment jamais été atteint aujourd'hui nous le verrons ultérieurement seul 5 pays parviennent à ce taux de 1% alors la situation a changé incontestablement à la faveur du premier choc pétrolier premier choc pétrolier qui se déroule en 1973 à l'issue de la guerre du kippur et un choc pétrolier qui survient dans une période de surchauffe des économies à une période où il y avait des tensions sur le cours des matières premières et cette double situation va permettre au pays du tiers monde de faire avancer leur revendication et à la suite de la 6e session extraordinaire des nations unies qui sera consacrée au développement en 1974 nous aurons à la fin de cette année 1964 la charte sur le nouvel ordre économique international charte qui va accéder à nombre de demandes des pays du sud l'année suivante une structure originale va voir le jour c'est la cce la conférence sur la coopération et le commerce international une conférence originale puisqu'elle combine à la fois des pays du nord des pays exportateurs de pétrole et des pays du sud et dès lors on sent bien dans les années 70 à la faveur de ce premier choc pétrolier qui va être amplifié par le deuxième choc en 1979 on sent bien que la situation évolue mais en 1976 on aura un fond de stabilisation des matières premières qui va correspondre là justement à la demande des pays du tiers monde un fond de stabilisation des matières premières qui aura pour but de financer les stocks mais c'est incontestablement dans le cadre de la construction européenne que les négociations ont été le plus loin on avance le plus rapidement avec d'une part dans un premier temps les conventions de l'OME les quatre conventions de l'OME qui seront transformées en partir de 2000 en accord de cotonoux un accord de cotonoux qui sera révisé en 2005 et en 2010 des accords qui sont conclus entre l'union européenne et les pays dix acp afrique carréb pacifique nous avons 48 pays africains sur un total de 79 pays acp qui bénéficient de ces accords alors ces accords sont basés à la fois sur un double système de stabilisation des matières premières le stavex avec une dimension particulière pour les produits miniers c'est le six mines et puis la deuxième demande l'accès les préférants généralisés l'accès privilégié au marché européen avec des droits de douane relativement bas mais également une clause de garantie pour éviter qu'un pays en début d'année n'investisse complètement le créneau et empêche ensuite les autres pays d'exporter sur le marché européen donc là il a été très difficile de négocier ces seuils et de façon à combiner les demandes à satisfaire les demandes de tous les partenaires d'un acp de l'union européenne et le problème qu'il y a malgré tout c'est que depuis l'OMECA et les accords de cotonoux la conditionnalité est beaucoup plus forte et cette conditionnalité qui conditionne les l'accès au marché européen à des progrès en matière de démocratisation de droits de l'homme de protection des minorités d'indépendance de la presse et de la justice sont souvent vécu comme des ingérences difficilement acceptables par les pays du sud et c'est d'ailleurs nous le remarquons l'une des grandes différences avec les initiatives chinoises nouvelle banque asiatique de développement où aucune condition n'est posée pour les relations entre la chine et les pays du sud alors voici très rapidement l'historique de cette de cette relation nord-sud alors comment se pose-t-elle aujourd'hui et bien nous constatons tout d'abord infractionnement du sud les données de la terre le tiers mondisme et résolument derrière nous désormais il y a trois catégories de pays qui composent ce sud il y a déjà les n pays les nouveaux pays industrialisés des pays où l'industrie représente plus de 25 % de du PIB et où les produits manufacturés représentent plus de 50% des exportations ensuite nous avons des pays à revenus intermédiaires des pays dont les habitants ou les habitants ont à leur disposition entre 2 et 25 dollars par jour et donc ce sont des pays à revenus intermédiaires ce sont les pays qui peuvent poser le plus de problèmes car ce sont les pays en général les plus fragiles et les plus endettés et puis il y a les 48 pma les 48 pays les moins avancés et les pays où les populations disposent d'un revenu journalier inférieur à 1,90 dollars où le taux d'alphabetisation est inférieur à 20 % et où le secteur secondaire où l'industrie représente moins de 10 % du PIB donc l'unité du sud a totalement volé en éclat deuxième constat c'est que les pays du sud ont été confrontés à l'éruption des pays de l'est vers lesquels finalement les occidentaux se sont tournés de maintenir privilégié et il y a eu cette impression d'être déclassé en étant à la périphérie lointaine des grands courants d'échange et c'est là la deuxième caractéristique de la relation nord-sud aujourd'hui c'est une accentuation de ce fossé entre le centre et la périphérie des infossés qui existent bien sûr au niveau planétaire entre les grands centres urbains développés des pays occidentaux et la périphérie lointaine les pays qui sont à la marge des grands échanges mais également à l'intérieur de ces pays nous retrouvons la même dynamique entre des métropoles qui grossissent parfois beaucoup trop vite et des périphéries agricoles où les conditions de vie ne bougent absolument pas la troisième remarque c'est que les pays du sud s'ouvre autant de l'excès de libéralisme que de l'absence de libéralisme alors l'excès de libéralisme est bien évidemment dénoncé par toute la littérature altermondialiste mais ce qu'il faut voir également c'est que l'une des revendications du pays du sud c'est d'avoir plus facilement accès au marché des pays développés c'est à dire qu'ils sont dans une logique totalement libérale c'est la spécialisation classique il faut se spécialiser dans les domaines où l'on est le plus éfficient et dans le même temps les pays du sud souffrent des distorsions au marché qui apporte les subventions publiques c'est très clair en matière agricole quand on regarde quand on compare l'aide publique au développement en Europe et les subventions agricoles on voit que les subventions agricoles représentent 1,3% du PIB européen alors même que l'aide publique au développement cumulé de tous les états européens représente 0,51% du revenu du revenu brut des pays européens donc le problème c'est autant l'excès libéraliste que le manque de libéralisme enfin le dernier problème c'est une aide publique au développement irrégulière et qui n'atteint pas les niveaux qui avaient été promis à savoir que l'on s'était engagé je vous l'ai dit à la première knussel de consacrer 1% du PIB des états développés à l'aide au développement à raison de 0,7% pour l'aide publique et 0,3% pour l'aide privée et là on s'aperçoit de deux choses tout d'abord très peu d'états ont atteint ce seuil aujourd'hui nous n'en avons que cinq avec en tête les émirats arabes unis et la la suède qui dépasse les 1% nous suivi immédiatement par la norvège et le luxembourg qui sont à 0,99% et la turquie à 0,95% ici l'on regarde la france nous savons consacrer en 2016 8,6 milliards à l'aide publique au développement soit 0,38% de notre rnb de notre PIB nous sommes très loin des engagements pris antérieurement en 2016 l'ensemble de l'aide publique au développement des 15 états européens qui sont membres du comité de l'aide au développement le cadre de l'ocde qui est vraiment l'organisation dans laquelle on gère l'aide publique au développement et bien l'aide publique au développement de ces 15 états représentait 83 milliards de dollars soit ces 0,51% dont je vous parlais à l'instant alors bien sûr il y a eu des évolutions à la suite du sommet du millénaire en 2000 et du sommet sur l'aide au développement de monterait en 2002 les états développés ont pris des engagements qui ont été à peu près respectés puisque en 2013 le total de l'aide publique au développement atteignait 213 milliards de dollars ceci étant ce que l'on constate aujourd'hui c'est que l'aide publique au développement est quatre fois inférieur aux investissements directs à l'étranger c'est à dire que l'aide privée qui devait représenter 0,3% alors que l'aide publique qui devait représenter 0,7% les rapports se sont totalement inversés désormais les investissements directs à l'étranger particient plus activement à la redistribution de la richesse à l'échelle internationale que l'aide publique au développement donc voici pour vous permettre de vous faire votre idée les éléments qui permettent d'analyser la démocratie de marché avec cette synthèse sur la situation du tiers monde un tiers monde qui a profité en partie de la croissance liée à la mondialisation mais il y a toujours ce bottom billions de colliers bottom billions qui ne profitent pas de la mondialisation et un bottom billions qui voient les inégalités c'est vrai se creuser à l'échelle de la mondialisation merci pour votre attention