Abordon à présent, si vous le voulez bien, la deuxième section de ce chapitre à savoir la démocratie de marché. Cette démocratie de marché qui me sert de fil directeur pour finalement essayer de comprendre comment fonctionne l'économie mondialisée aujourd'hui et quelles sont ses implications en termes politiques et sociales, c'est-à-dire quelles sont l'acceptabilité. Et pour définir l'économie de marché, je prendrai l'expression de démocratie de marché que j'emprunterai à Zaki l'a dit, définissant cette démocratie de marché comme la fonction de la combinaison de la sanction démocratique par l'élection et du marché par la compétition qui offre le moyen de corriger un intervalle régulier par la démocratie, voire instantanément par le marché, erreur et déviance.
Donc on a véritablement en face de nous un bloc qui est un bloc libéral puisque la démocratie politique va de pair avec la démocratie économique puisque des auteurs comme Benjamin Constant, comme Tocqueville, comme Pein ont leur équivalent en matière économique avec Ricardo, avec Adam Smith, avec un copden, les deux libéralismes se rejoignent pour former le cadre conceptuel dominant de la mondialisation qui est ce cadre de la démocratie de marché, lequel bien évidemment, tant il est d'hiver, tant il est riche, implique des perceptions et craie des perceptions différentes.
Alors pour les premiers, cette démocratie de marché est un bien fait pour l'humanité et je ne serais pas loin de le penser puisque entre 1990 et aujourd'hui, on a divisé par quatre le taux de très grande pauvreté dans le monde et là je me réfère aux chiffres donnés par l'observatoire des inégalités, lequel reprend les chiffres de la banque mondiale et un auteur comme Steven Pinker constate que dans les 40, dans les 30 dernières années 500 millions de personnes sont sorties de la misère, 200 millions de personnes ont eu accès à l'eau potable que la mortalité infantile a régressé de 30% et le paludisme de 20%.
Donc la mondialisation produirait plus des faits bénéfiques que des faits négatifs. Alors à l'inverse, on a les auteurs qui vont s'intéresser avec un auteur comme Paul Collier, au dernier milliard bottom billion, bien sûr constat de Collier, sur 6 milliards d'habitants, plus de 6 milliards d'habitants sont sortis de la très grande pauvreté. Mais il y a toujours ce bottom billion qui lui ne pourra pas s'en sortir, pourquoi ? Bien parce qu'il est prisonnier des zones de conflit dans lesquelles il se trouve, c'est ce qu'il appelle the conflict trap, c'est à dire qu'on est dans des zones où l'État est le plus souvent failli, où les antagonismes sont amplifiés par des groupes de prédation et donc la lutte pour la possession des ressources, des rares ressources, va se traduire par une insécurité, par la création d'une zone grise où l'ordre et donc le développement ne sont pas au rendez-vous.
Et puis le deuxième problème, c'est ce que Collier appelle resource trap, c'est à dire que ces nations sont trop tributaires des ressources d'exportation essentiellement des matières premières, c'est à dire des matières qui sont mis sur le marché avec peu ou pas de transformation, que ce soit des matières premières minérales, les minerelles et les phosphates, minéretes fer ou hautes ou alors des produits agricoles mais l'agriculture intensive d'exportation, le café, le cacao, le thé, des cultures qui ont détruit les économies vivrières en imposant finalement un exode rural massif en dégoçant sur la création de mégalopoles ingouvernables ou la corruption rentemètre.
Donc deux visions de cette démocratie de marché entre lesquelles il me sera difficile de ne pas vous faire passer mes préférences à savoir, je vous l'ai dit, d'anglais de jeu, il me semble que la mondialisation crée plus de points positifs que de points négatifs et même lorsqu'on s'intéresse aux inégalités globalement piquetillées à raison de dire les inégalités ont augmenté puisque une infime partie de la population mondiale détient plus de richesse que 60% de cette même population mondiale mais d'un autre côté, quand on se réfère à l'indice génique et à l'indice qui va de 0 à 1 et qui s'intéresse aux inégalités, on s'aperçoit qu'un pays comme la France, le sentiment d'inégalité est extrêmement fort et en fait un pays où les inégalités ont fortement régressé et paradoxalement on a un plus fort sentiment d'inégalité dans un pays où ces inégalités ont régressé que dans un pays où les inégalités restent fortes comme aux Etats-Unis.
Donc la perception va l'emporter et à travers ce chapitre devait m'efforcer malgré tout d'être relativement neutre en vous présentant déjà les instruments de la gouvernance économique et financière donc ces grandes institutions qui diffusent, c'est vrai, la doxa libérale. Dans un deuxième temps je m'intéresserai aux doctrine qui depuis l'impérialisme au début du 20e siècle critiquent cette économie mondialisée et enfin je m'intéresserai dans une troisième partie, un cas d'espèce je prendrai la question du développement pour voir dans quelle mesure la démocratie de marché participe ou non au développement améliore les conditions d'accès aux ressources des pays du sud.
Alors intéressons-nous tout d'abord à la gouvernance économique et financière à travers l'étude de trois institutions internationales, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement ainsi que l'accord général sur le commerce et les tarifs, le GATT qui s'est transformé en 1994 en ONC. Alors ces grandes institutions ont un triple rôle, le premier rôle c'est de coordonner les pratiques des nations en harmonisant les législations notamment sur les droits de douane.
La deuxième mission de ces institutions c'est de favoriser la convergence des économies, d'avoir des critères qui permettent à ces économies de mieux coopérer et de se rapprocher et enfin la dernière mission est une rôle de surveillance multilatéral pour essayer d'anticiper les décrochales et d'intervenir pour éviter que des crises qui ont éclaté ici ou là ne s'amplifient et aillent des répercussions mondiales. Alors intéressons-nous tout d'abord au Fonds monétaire international qui est un organisme de crédit mutuel qui a été créé en juillet 1944 donc la guerre n'est pas encore terminée pour intervenir en cas de crise monétaire.
Alors ce Fonds monétaire international est lié au système d'échange fixe toutes les devises sont indirectement convertibles en or à travers le dollar puisque l'on a décidé qu'avec un dollar on pouvait acheter 42 dollars et donc on a un système qui permet de convertir les devises sans avoir à assurer des transferts massifs d'or c'est une facilitation comparée au gold action standard du début du 20e siècle. La deuxième mission du Fonds monétaire international c'est d'intervenir en cas de crise comme c'est un organisme de crédit mutuel en adhérant les états ont pris un certain nombre de codes par et en fonction de leur code par en période de crise elles vont avoir droit à un soutien du Fonds monétaire international soutien qui se fait en échange d'une lettre d'intention c'est à dire que dès l'origine il est prévu que le soutien du Fonds monétaire international a en contrepartie une plus grande rigueur économique c'est à dire dans priorité un retour à l'équilibre des comptes publics.
Alors la mission du Fonds monétaire international va bien évidemment évoluer depuis 1945. Dans un premier temps entre 1945 et 1960 à une période où les échanges ne sont pas multilatéralisés ou les échanges n'ont pas repris puisqu'il faut assurer la reconstruction de l'Europe et du Japon. Le rôle du Fonds monétaire international associé au GATT va être de favoriser l'ouverture progressive des économies. Le GATT étant l'origine de négociations de grandes négociations et le FMI accompagnant ces négociations sur le plan financier.
Dans les années 70 à partir de la décision du président Nixon de rendre le dollar inconvertible décision prise le 15 août 1971 on passe dans un régime de change flottant qui va imposer plus grande surveillance des taux de change puisque bien évidemment des variations trop massives des taux de change ont des répercussions immédiates sur l'économie et donc le rôle du Fonds monétaire international va consister à gérer ces fluctuations à donner à fournir des soutiens aux économies attaquées par ces fluctuations et en même temps à imaginer des substituts alors comme les droits de tirage spéciaux les fameux DTS.
Enfin la crise de la dette au début des années 80, la crise de la dette qui va trouver son origine dans l'élévation des taux à une période où un politique monétaire des États-Unis devient plus restrictif alors même que les pays du sud se sont complètement insensés. Je souviens de cette phrase fameuse de Galbreff d'après laquelle des gouvernements insensés ont emprunté des sommes insensés pour des projets tout aussi insensés à des banquiers insensés et bien cela débouche sur la situation que nous connaissons en 1982 quand le Mexique, le Brésil et le Venezuela sont dans l'impossibilité de rembourser leur crédit et à partir de ce moment là le Fonds monétaire international va devenir une passerelle pour aider les pays qui ne trouvent plus de financement à retrouver des financements en échange bien évidemment d'une rigueur certaine, ce sont ce que l'on a appelé les plans d'ajustement structurel.
Alors depuis cette période le Fonds monétaire international a essentiellement deux missions. Sa mission c'est tout d'abord une mission financière qui consiste bien sûr à fournir des liquidités à l'économie tout en freinant l'inflation qui consiste à déclencher des signaux d'alerte s'il y a une divergence constatée des économies et enfin à donner des repères d'anticipation au marché en matière de taux de change. Et puis la deuxième mission c'est un rôle d'intermédiaire entre les créanciers et les pays emprunteurs des pays emprunteurs qui par ce qu'ils étaient en faillite ne peuvent plus ne pouvaient plus rembourser donc ce sont vus privés d'autres crédits et le Fonds monétaire international jouent dès lors cet intermédiaire entre banquiers et pays emprunteurs.
Or face aux critiques ces fameux plans d'ajustement structurel ont suscité, les plans qui étaient souvent très rigoureux qui consistaient à revenir à l'équilibre en supprimant les subventions au produit de base ou à la médecine primaire ou à l'éducation et bien face à ces critiques le Fonds monétaire international s'est transformé de trois manières tout d'abord le Fonds monétaire international a remplacé les plans d'ajustement structurel par des plans d'ajustement structurel renforcés ou justement les domaines de première nécessité l'éducation primaire la médecine primaire ne sont plus affectés dans deuxième innovation le Fonds monétaire international qui se refusait jusqu'au début des années 2000 à annuler les dettes à commencer d'annuler les dettes pour les pays les moins avancés et enfin le Fonds monétaire international a une fonction d'anticipation supérieure pour s'efforcer de fournir des signaux d'alerte aux économies à côté du Fonds monétaire international les accords de breton wouls avec créer la banque internationale pour la reconstruction et le développement alors ne dites pas la beurre c'est la birbe et comme le terme n'est pas joli privilégié le terme de banque mondiale banque mondiale qui aujourd'hui compte 189 membres le même nombre de membres que au nation unie alors aujourd'hui je parle en 2019 peut-être que si cet enregistrement dure 2 ou 3 ans il faudra actualiser ce chiffre mais on a en général le même nombre de membres à la banque mondiale et au fond monétaire international alors à l'origine on a une institution fortement libérale une institution qui va financer la reconstruction mais non pas la reconstruction publique c'est la reconstruction privée elle finance des projets d'origine privée dégagant une rentabilité économique face à cette situation les nécessités du développement quand les pays du tiers mons sont devenus majoritaires au sein de l'assemblée générale des nations unies c'est à dire partir de 1960 et bien ces pays du tiers monde ont fait pression pour que la banque mondiale n'intervienne plus simplement dans les pays développés et puissent également participer à des projets publics et cela a été à l'origine de la création de ce que l'on appelle le deuxième dîchet l'agence internationale pour le développement mais la dimension libérale est toujours très présente comme le montre la création en 1988 de l'agence multilatérale de garantie des investissements internationaux une agence multilatérale qui est là pour favoriser l'entrée de capitaux dans un pays en garantissant les investisseurs contre le tourisme de spoliation ou de nationalisation donc on a un organisme qui reste traditionnellement très libéral et on a historiquement un partage qui a duré très longtemps le fonds monétaire international est plutôt dirigé par un européen la banque mondiale étant dirigée par un américain.
Or dernière organisation intéressante c'est le GATT et l'OMC. L'idée de créer une organisation mondiale du commerce va de père accompagner les accords de Bretton Wolves mais on avait reporté à la fin de la guerre cette conférence pour créer une organisation mondiale du commerce cette conférence va se réunir de novembre 1947 à mars 1948 à la Havane mais finalement le Sénat américain va refuser la création de l'organisation mondiale du commerce qui avait été mis sur pied et on va se contenter de conserver le secrétariat de cette organisation le fameux GATT qui va gérer l'accord mondial sur le commerce et les tarifs et la base du GATT de travail du GATT c'est la clause de la nation favorisée qui prévoit que tous avantages faveurs privilèges ou immunités accordées par une partie contractante un produit originaire ou à destination de tout autre pays seront immédiatement et sans condition étendues à tout produit similaire originaire ou à destination du territoire de toutes les parties contractantes comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire ce texte est extrêmement habile puisque sur la base d'une négociation bilatérale on multilatéralise les avantages qui ont été passés entre deux partenaires alors cette le GATT à l'origine est plutôt hostile au développement des accords commerciaux régionaux mais en fait aujourd'hui on voit que le GATT et l'OMC s'accommodent fort bien du développement des accords commerciaux régionaux puisque ces accords augmentent mais le nombre de pays qui participent au GATT et à l'OMC augmente puisqu'on avait 23 membres à l'origine et on en comptait 109 en 1994 alors qu'aujourd'hui en 2019 nous avons 164 membres qui ont adhéré à l'OMC laquelle 164 membres qui représentent plus de 90% du commerce mondial.
Or pourquoi l'OMC pourquoi avoir abandonné ce qui marche bien et bien parce que c'était une demande des pays européens qui souhaitaient avoir une organisation plus structurée et notamment pour gérer les contencieux et les laitiges commerciaux internationaux et la grande originalité de l'organisation mondiale du commerce par rapport au GATT c'est la création de l'organisme de règlements des différents un organisme judiciaire qui ne peut pas être saisie par les entreprises mais qui doit être saisie par les États et ça c'est quand même intéressant puisqu'on a un instrument qui participe à la mondialisation économique et un instrument qui donne plus de pouvoir à la puissance publique elle seule pouvant saisir cet organisme.
Or cet organisme a pour but de mener de grandes négociations celle-ci aujourd'hui piétine on est dans le cadre du cycle de DOA avec depuis le début des années 2000 des progrès qui se font toujours attendre des progrès qui se font attendre pour essentiellement deux raisons parce que la concurrence économique est telle que les pays développés aujourd'hui utilisent les clauses les clauses sociales les clauses environnementales pour faire pression sur les pays du sud et dans le même temps il y a ces fameux salons verts des salons dans lesquels l'influence des grandes puissances des pays les plus développés reste déterminant ce qui constitue malgré tout un frein au développement de l'organisation mondiale du commerce donc trois institutions le fond monétaire international l'abanc mondial et l'onc aujourd'hui qui organise qui structure cette gouvernance économique internationale merci pour votre attention