Bonjour, nous allons terminer d'étudier ce que la mondialisation recouvre aujourd'hui, une mondialisation qui, j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, existait déjà au début du 20e siècle, mais la mondialisation que nous connaissons aujourd'hui est radicalement différente. Les cadres de la mondialisation, c'est-à-dire les vecteurs de cette internationalisation des économies, plus le cadre géographique est complètement différent. L'acteur central, à savoir l'entreprise, n'est plus la même, l'entreprise 4.0 d'aujourd'hui n'a rien à voir avec les grands holdings de l'époque de l'impérialisme.
Donc l'acteur central a changé et enfin dernier point, nous voyons une uniformisation des domaines et des cadres économiques. Cette universalisation débouche sur ce que l'on appelle la doxa économique. Il n'y aurait pas d'alternative au mode capitaliste et libéral de développement des économies. Et en ce sens, la fin de l'Union soviétique et les quatre modernisations sont tout à tout à l'heure totalement emblématiques du poids de cette doxa économique puisque j'ai eu l'occasion d'en parler déjà. C'est parce que l'Union soviétique de Gorbachev a refusé l'abandon du système centralisé des prix, alors même que la Chine avait accepté un modèle économique fondé sur le capitalisme le plus sauvage que même si ce capitalisme sauvage est intitulé socialisme de marché, c'est parce que la Chine avait accepté le modèle de développement fondé sur l'économie de marché que la Chine a pu conserver son régime politique.
Donc il s'agit de voir le poids maintenant de ces modèles économiques et avant toute chose il est nécessaire de revenir sur une notion théorique, la notion d'hégémonie. Cette notion d'hégémonie est une notion très ambivalente puisque l'on attribue l'hégémonie à Sparte alors que Athènes représenterait l'Empire. En fait c'est une approximation puisque jamais les lacédémoniens, les spartiates, n'avaient envisagé de diffuser leurs modèles en dehors de leur cité d'origine, ce modèle ne pouvant fonctionner qu'à Sparte. Alors même que la notion d'hégémonie correspond à l'idée d'une diffusion de valeur qui se substitue au hard power à la présence par la force des valeurs qui diffusent les représentations dominantes de la nation la plus puissante.
Alors cette idée apparaît dans la pensée internationaliste moderne au début des années 70, lorsque la détente est à son apogée et que Aron va publier les 18 leçons sur la société industrielle, 18 leçons dans lequel il démontre les théories dites de la convergence c'est à dire malgré les différences entre économie socialiste et économie capitaliste, les contraintes des économies développées étant identiques, ces deux types de régimes avaient naturellement dans la pensée de l'époque vocation à converger. Alors ces théories ont failli le retour de la guerre froide à partir de 1979 et la compétition qui va se dérouler dans le domaine des droits de l'homme va affirmer ces théories de la convergence mais il y a déjà cette idée selon lesquelles les valeurs, sauf les valeurs qui organisent l'économie dominent le politique.
Robert Cox est le deuxième auteur qui au tout début des années 80 va insister sur cette notion des gémonies puisque Cox qui est si vous voulez l'équivalent de Bourdieu pour l'international va transposer les thèses grand chiennes à l'approche des relations internationales. Pour Robert Cox il y a pour comprendre l'international il faut prendre en compte à la fois les forces matérielles mais il y a également les forces immatérielles c'est-à-dire les idées et les institutions dominantes des intellectuels organiques de Gramsci qui poussent les idées de la nation la plus puissante et donc comprendre les relations internationales nécessite non seulement de prendre en compte les forces matérielles la puissance militaire ou la puissance économique mais nécessite de prendre en compte les idées ainsi que les grandes institutions qui véhiculent ces idées et sur cette base va apparaître au milieu des années 80 1987 du précédéément avec Robert Gilpin et son ouvrage célèbre politique à l'économie en Ford politics le réalisme dit hegemonie.
Gilpin constate que dans les années 80 les Etats-Unis sont toujours marqués par le syndrome vietnamien et vont hésiter à s'engager de par le monde et donc comment l'ordre international peut-il être stabilisé alors même que la nation dominante refuse désormais de s'engager or constate Gilpin malgré les crises et les crises économiques très graves de l'époque en 1982 on a la première crise de la dette quand à la suite du du brésil le mexique et le vénézuelat vont décider de ne plus payer les dettes qu'ils ont contractées à l'égard de leur de leur créancier et donc face à cette première crise de la dette le système aurait pu exploser or il n'a pas explosé pourquoi et bien constate vers Gilpin parce que finalement les Etats-Unis ont réussi à persuader les nations tiers de la nécessité de s'adapter au modèle américain si ces mêmes nations voulaient pouvoir partager la prospérité américaine si ces nations voulaient atteindre le niveau de vie que les Etats-Unis offraient à leur population et bien le meilleur moyen c'était d'imiter les Etats-Unis et constate Robert Gilpin finalement la domination américaine s'est appuyée sur trois régimes déjà le régime de la dollarisation des économistes c'est à dire le recours au dollars comme monnaie de réserve et comme monnaie d'échange le deuxième régime c'est le régime de la dérégulation c'est à dire moins il y a d'état et mieux c'est les nations tiers sont été invitées finalement à prendre à embrayer sur la révolution réganienne et la révolution satchérienne et le troisième régime c'est la régime de la libéralisation des échanges à savoir qu'il peut y avoir des économies capitalistes qui ne sont pas des économies ouvertes qui sont des économies protectionnistes or le modèle américain du moins depuis 1945 préconise un modèle d'économie de marché ouvert et d'alors les Etats-Unis ont persuadé les nations tiers de baisser les droits de droits et de s'insérer dans l'échange international d'alors on a une approche extrêmement intéressante qui s'intéresse à la domination de la nation la plus puissante à savoir les Etats-Unis mais une domination qui n'est pas fondée sur la puissance militaire mais au contraire sur les valeurs économies dans le même ordre d'idée quelques années plus tard en 1990 joseph nai va publier bound to lead the new meaning of american power un ouvrage dans lequel il constate que le coup de l'usage de la force devient exorbitant les nations qui accueillent entre guillemets les forces étrangères ne sont pas obligatoirement bienveillantes à l'égard de ce qui est très vite considéré comme une occupation et quant à la population américaine elle voit d'un très mauvais œil ces budgets considérable pensée la guerre dira qui est d'Afghanistan représente une facture supérieure à 7000 milliards de dollars pour les Etats-Unis donc un coup exorbitant sans compter la perte des vis humaines donc l'art power de bien très dur à utiliser d'où la notion les deux notions qui sont au coeur de la stratégie du président obama leading from behind c'est à dire on on conseille mais on ne se met pas en avant et l'ind food print faible emprunte sur le terrain si on a besoin d'être sur le terrain on va envoyer plutôt des contractors des sociétés militaires privées mais on sait force de réduire l'empreinte des forces américaines sur le terrain tout ça parce que utiliser la force devient contre productif alors même qu'il est plus efficace de convaincre par avance les nations qui aient se d'adopter le modèle américain d'adopter les valeurs américaines c'est ce que joseph nai appelle le pouvoir de cooption un pouvoir qui consiste à diffuser ses normes ses références politiques puisque écrit joseph nai en période de tension il sera plus facile de convaincre une nation qui partage les mêmes valeurs que vous que de notion qui n'utilise pas les mêmes qui n'a pas les mêmes significations placées derrière les mêmes termes donc on voit cette notion des gémonies qui correspond à la diffusion des valeurs de la nation dominante et dans le cas qui nous intéresse bien très clairement on voit que les modèles d'économie de marché qui sont très différents les uns des autres ont eu tendance à converger alors en reprenant la nomenclature de l'historien de l'économie robert voyer on peut considérer qu'il y a quatre modèles économiques le modèle libéral d'inspiration modèle anglo-saxon d'inspiration libérale le modèle dans lequel l'état a probablement le moins d'influence ceci étant ce modèle libéral ne signifie absolument pas abstention totale de l'état l'état doit être présent pour organiser le marché pour éviter les les monopoles l'état doit être présent également pour se substituer à l'initiative privée dans des domaines où celle-ci étant en carence alors même qu'il y a besoin l'exemple caractéristique c'était la construction des chemins de fer aux états unis à la fin du 19e siècle quand les compagnies privées n'étaient pas suffisamment présentes sur le terrain les comptées et les villes avaient l'obligation de suppler cette carence de l'initiative privée donc aussi bien avec le sherman acte la lutte contre les cartels les codes de bonne conduite de roussevelt au moment où il arrive au pouvoir après la crise de 1929 ou encore ce nécessaire investissement dans l'économie pour se substituer au l'investissement privé des faillants voire pour relancer l'économie on se souvient de la relance de l'économie par le budget militaire initié par renaul regan en 1983 avec son initiative de défense stratégique le modèle libéral est certainement le modèle où l'état est le moins présent mais où l'état a quand même un rôle à jouer ensuite nous avons toujours d'après robert boyer le modèle japonais alors un modèle que l'on retrouve aussi bien en corée du sud ou au japon avec une très grande délire très fort entre le privé et le public puisque l'initiative privée est partie le plus souvent d'une impulsion politique on se souvient de l'air magie vaincu le genre plutôt dans la capacité d'appliquer le traité de shimonoseki en 1895 qui correspondait à une victoire des forces japonaises sur la chine le japon comprend que la seule manière pour résister aux pressions de l'occident consiste à avoir un modèle calqué sur un modèle occidental et dès lors l'empereur qui vient de prendre la place du chogun l'empereur sur sa propre cassette va créer ces grandes entreprises que ça se voit mitzouichi yama hau que l'on va retrouver ultérieurement puisque lorsque ces entreprises auront été lancées l'empereur va laisser des à des grandes familles c'est le même principe que l'on retrouve avec les chevoles en corée du sud des chevoles ou des grandes entreprises japonaises qui sont en étroite coopération avec les pouvoirs publics vous connaissez tous le rôle du fameux miti le ministère de commerce extérieur du japon dans lequel finalement les fonctionnaires sont mises au service la diplomatie économique est mise au service des de l'intérêt des entreprises en troisième modèle c'est le modèle rénant l'économie sociale de marché une économie dans laquelle finalement l'état n'a pas le rôle central où la co-gestion joue à une place centrale c'est à dire que à l'intérieur même de l'entreprise la direction et les syndicats apprennent à travailler ensemble le rôle de l'état étant relativement subsidiaires dans dans ce domaine enfin vous avez le modèle latin qui est quasiment à l'opposé du modèle rénant avec une très forte implication de la puissance publique qui considère finalement que les intérêts privés sont des intérêts marchands mercantiles et des intérêts qui ne parviendront jamais à satisfaire l'intérêt général et donc il faut il faut qu'une catégorie sociale consciente de ses responsabilités vis-à-vis de la nation entendait les fonctionnaires et la haute fonction publique prennent en charge cet intérêt général alors même que les acteurs privés sont ne sont pas en capacité d'avoir l'autonomie que leurs homologalement peuvent avoir et d'alors il sent la conséquence et l'existence en France d'un courant syndical qui est beaucoup plus éraqué de l'anarchisme révolutionnaire de la fin du 19e siècle avec la négation même de l'idée de co-gestion qui prévaut dans le modèle rénant donc on voit finalement qu'il y a autant de modèles économiques qu'il y a de modèles que d'expériences historiques or sous l'impulsion de légémonie américaine de la puissance américaine on constate que ces modèles ont plutôt tendance à converger c'est ce que soudain strange appelle son non territorial empire un empire décentralisé un empire déterritorialisé un empire dans lequel on voit les normes américaines les normes anglo-saxon diffuser et prendre l'ascendant sur les normes historiques locales on le voit très clairement avec la question de l'inflation et du chômage dans les années 70 quand on découvre que l'inflation et le chômage peuvent aller de pair alors qu'avant les théories de l'équilibre économique niènt cette possibilité face à ces deux contraintes les états unis et l'europe ont des imaginaires historiques complètement différentes leurs références sont distinctes puisque en europe on a suivi avec une inflation à deux chiffres mais le chômage derrière lui porte l'idée des cordes de sas derrière hitler alors qu'en aux états unis on a su gérer le chômage de masse mais l'inflation est insupportable à cause des fonds de pension une inflation trop majeure détruirait les retraites de la population américaine ce qui politiquement serait absolument désastreux donc les états unis face au problème du chômage et l'inflation privilégie la lutte contre l'inflation alors qu'en europe on privilégierait plutôt la lutte contre la contre le chômage le résultat c'est qu'avec la création du g7 en 1974 le g7 va déboucher sur une convergence des économies qui est fondée sur la lutte prioritaire contre l'inflation le chômage étant considéré comme étant moins important on voit en même temps la diffusion du modèle américain à travers le fait que les états sont conduits à privilégier l'emprunt sur l'impôt on voit également l'influence du modèle américain à travers le développement de l'alex mercatorial développement des normes internationales qui sont poussées par des agences privées de notation aussi bien en matière assurantiel comme matière de banque pour avoir des fameux 3 a ou comme matière d'aviation pensée au rôle de yatta l'univers l'uniformisation du modèle par cette convention enfin il ya et ce n'est pas négligeable le rôle des grandes entreprises de conseils qui forment les jeunes diplômés lesquels à défaut de devenir partenaire vont quitter une fois leur expérience initiale acquise ces entreprises et vont être vont être recrutés par les entreprises nationales mais finalement pour diffuser le modèle américain donc la troisième caractéristique de la mondialisation que nous vivons aujourd'hui correspond bien dans la diffusion des normes et des valeurs du modèle américain à travers cette hégémonie d'un empire qui n'est pas toujours un empire bienveillant bienveillant qui n'est pas toujours le bénévolat empire dont nous avons l'écho en matière politique j'en veux pour preuve la diffusion des lois impériales de ces normes américaines est très clairement la compétition des états aujourd'hui alors même que la guerre entre les états est sous contrôle la compétition la plus grave se déroule dans le domaine des normes un seul exemple il me semble que la bnp pourra résister à une bombe terroriste un attentat terroriste dans l'une de ses agences la bnp aura beaucoup plus de difficultés à faire face à une nouvelle amende de plusieurs milliards de dollars à mand que la justice américaine lui imposera du fait de son absence de respect d'une norme d'inspiration américaine merci pour votre attention