Bonjour pour cette nouvelle séance. Nous allons donc continuer l'étude de la gouvernance internationale. Je vous l'ai dit, l'étude de l'impact de la société civile sur les relations internationales peut être caractérisée par ce thème de gouvernance internationale, un terme qui doit être explicité. Alors qu'est-ce que recouvre la gouvernance ? Nous l'avons vu lors de la dernière séance. Ce sont déjà de nouvelles problématiques, qui tournent bien évidemment autour de la fragilité de la Terre comme habitat commun, ce qui inclut bien sûr les questions environnementales, mais également des questions relatives à la croissance démographique et aux migrations internationales.
Et puis deuxième thématique, phare de cette nouvelle approche des relations internationales, c'est la centralité de la dimension culturelle dans les relations internationales post-guerre froide. Le deuxième élément de cette gouvernance internationale peut être qualifié par la montée en puissance des nouvelles solidarités internationales. Comme le rapport Brandt le disait en 1995, l'une des caractéristiques de notre époque, c'est justement la montée en puissance de ces solidarités. Nous sommes beaucoup plus conscients de ce qui se passe à côté de nous, voire très loin de nous, puisque l'information circule toujours plus vite, et nous-mêmes, nous avons la possibilité d'entrer plus aisément en contact avec des populations qui se trouvent à des distances plus loin, grandes de chez nous.
J'aimerais, malgré tout, faire ici un parallèle. Il s'agit bien sûr de ne pas exagérer cette dimension nouvelle des relations internationales, puisqu'elle est loin d'être aussi nouvelle. L'idée selon laquelle le monde se rétrécine n'est pas une idée neuve. Dans les milles rousseaux constataient déjà qu'il y avait, à son époque, au 18e siècle, 300 fois plus de relations avec la Chine, qui n'y en avait dans les siècles passés entre la France et l'Espagne. Donc, l'idée d'un monde qui se replie sur lui-même du fait de l'accélération des communications, ce n'est pas récent.
Le thème du village planétaire date de 1968 avec McLoan. Donc, il faut faire attention à ne pas considérer que nous vivons une époque extraordinaire avec des phénomènes qui sont totalement neuves. L'idée d'une rupture de la légende citoyenne exclusive, c'est-à-dire que les hommes ne se définissent plus simplement par rapport à leur nationalité, mais qu'il y ait la possibilité de s'identifier à des espaces plus vastes, est apparue avec l'école du pluralisme juridique de Gene Ehrlich ou d'Arnold Lasky au début du 20e siècle.
Donc, n'exagérons pas l'idée selon laquelle nous vivons une époque extraordinairement nouvelle. Ceci étant, il est clair que les solidarités planétaires qui sont apparues par l'intensification et la densification du réseau des ONG, et également du fait de la redécouverte du sacré impact considérablement le cours des relations internationales d'aujourd'hui. Alors, voyons tout d'abord le rôle des ONG. Ces ONG ne sont pas neuves. Dates la création de ces organisations non gouvernementales en 1815 quand apparaît la London Peace Society, puis en 1830 avec la création de l'Association internationale pour la paix.
Mais en fait, la première ONG strictement parlait, apparaît en 1863, quand Henri Dunand, qui a vu le sort des blessés, laissé avec leur blessure, avec leur souffrance après la bataille de Solferino, Henri Dunand décide de s'occuper des blessés d'une manière plus générale. C'est l'apparition de la Croix-Rouge, va s'occuper des populations abandonnées par leurs états. Bien évidemment, ce support est supplétif à celui des états. C'est-à-dire quand il y a une carance des états que l'organisation apparaît. Donc il y a à l'origine une coopération forte entre la Croix-Rouge et les états.
Ce lien va se distendre ultérieurement dans ce que l'on appelle le deuxième âge des ONG, c'est dans les années 60. Et là, nous avons des ONG qui sont essentiellement axés sur l'aide au développement. Nous avons des ONG qui sont des ONG missionnaires, religieuses, catholiques, CCFD ou protestantes. Nous avons des ONG laïques comme Oxfam ou des ONG anti-capitalistes et anti-impérialistes comme peuple solidaire. Alors là, on est dans l'époque où on part voyager avec des combis Volkswagen ornés de fleurs hippies.
Nous sommes dans une période qui chérie les micro-réalisations. On est dans une phase d'ébullition mais d'initiatives individuelles qui ont du mal à prendre forme. Et finalement, cette phase va disparaître avec la fin de la guerre froide. Et nous avons aujourd'hui une nouvelle époque, un troisième âge des ONG, avec des ONG qui sont beaucoup plus professionnels, ces médecins sans frontières, c'est des architectes sans frontières, ce sont les abrenomes sans frontières. Donc on a une spécialisation avec un discours beaucoup moins anti-capitaliste et une capacité de ces ONG à utiliser les instruments financiers que les bourses internationales ou les fonds de développement peuvent mettre à leur disposition et des ONG qui sont beaucoup plus capables d'agir avec et en complément du politique.
Malgré tout, la typologie des ONG reste très difficile puisque nous sommes face à des associations ou des fondations qui sont régie par des lois nationales très différentes. Ne serait-ce qu'en France, on peut avoir le statut de fondation, le statut d'association où on parle encore d'organisations de solidarité internationale. La mesure, la prise de mesure et définir le nombre des ONG est quasiment impossible. On a en fait des chiffres qui sont extrêmement variables en fonction de la source que l'on peut avoir et de la période de référence.
On peut avoir des ONG qui sont éphémères, qui apparaissent face à une catastrophe, un tremblement de terre, un tsunami, et qui vont être là pour aller aux secours de population où nous pouvons avoir des ONG pérennes. En fait, le critère de distinction va être le critère de relations et de dépendance financière vis-à-vis des États. Une dépendance qui varie. Les ONG de Standina, par exemple, travaillent en étroite coopération avec leurs États qui leur délèquent des attributions et les moyens pour remplir ces missions.
Les ONG Standina dépendent à hauteur de 70% moyenne de leur état d'origine. Les ONG britanniques plus libérales, là, on est dans l'ordre de 40%. Et en France, on vous souvenait peut-être de ces compagnies médecins sans frontières contre l'humanitaire casquée. Et on voyait un casque qui débordait avec du riz qui s'écoulait de ce casque. Il y a une sorte de défiance, difficulté des ONG à travailler avec le SSA, le service de santé des armées, même si dans la réalité cela se produit.
On est dans l'ordre des 15%. La dépendance du budget des ONG françaises vis-à-vis du gouvernement est de l'ordre de 15%. Or, quelles sont les évolutions que l'on constate aujourd'hui outre la professionnalisation ? Il y a une tendance certaine à avoir la création de collectifs, c'est-à-dire des ONG qui se mettent ensemble de façon à remplir une mission qui est commune. Dans le même temps, avec la création de ces collectifs, il y a une volonté des ONG de séparer le bon grain de livresse.
Il est clair que les détournements en provenance de ces ONG sont extrêmement nombreux. Et l'un des moyens pour s'enrichir rapidement consiste justement à actionner la charité business et à détourner l'argent. Donc il y a une charte qui a été élaborée par un collectif d'ONG. C'est le comité de la charte et à l'intérieur de ces collectifs, il y a véritablement des engagements des ONG à respecter les règles déontologiques de cette charte qui doit limiter les abus, qui doit limiter l'utilisation des ressources pour le fonctionnement des ONG, de façon à ce que l'essentiel des ressources soit mis pour une action sur le terrain.
La deuxième évolution, notable, c'est une participation et un partenariat accru avec les organisations internationales. Ce partenariat remonte aux origines de la charte des Nations Unies, puisque l'article 71 de la charte permet à ces ONG d'avoir un statut représentatif auprès du Conseil économique et social et de participer au travail de ce Conseil économique et social. On voit également au niveau européen l'agence européenne d'aide humanitaire, l'agence ECO, travaille bien évidemment en étroite collaboration avec les ONG, et a un impact extrêmement fort à l'échelle internationale.
C'est l'impact de l'Union européenne grâce au relais que représentent les ONG. Quant à la coopération avec les États, celle-ci reste problématique, celle-ci reste tributaire bien évidemment des traditions d'origine. En France, on est passé d'une simple coopération, la Commission pour la coopération pour le développement, le COCODF, à la création d'un bureau de liaison au ministère des Affaires européennes et des Affaires internationales, le BLONG, le bureau de liaison ONG, qui améliore cette relation mais qui dépend encore une fois des traditions.
Alors quelles sont les apports des ONG ? On peut dire que les ONG tout d'abord renouvellent les méthodes de l'action internationale. On fasse à ce que l'on appelle les éléphants blancs de la coopération, c'est-à-dire de très grands projets initiés d'État à État et qui souvent perdent de vue la dimension humaine. Les ONG ont diffusé leur culture du micro. On pense bien évidemment à la diffusion des microcrédits initiés par la Grammanband et qui a été reprise comme une mesure phare par les Nations unies.
Donc c'est un renouvellement des méthodes et en même temps il faut voir que ces ONG renouvellent considérablement l'agenda international. Il est clair que c'est l'action des ONG qu'on focalise, nous le verrons ultérieurement, l'attention des États sur les problématiques environnementales. Il est clair que les ONG ont joué un rôle central dans la diffusion de conventions interdisant certains types d'armes, je pense, au mine terrestre de contact, la Convention d'Ottawa de 97 ou plus près de nous, l'interdiction des armes à submission.
Donc dans les domaines des droits de l'homme, du droit humanitaire ou de l'environnement, incontestablement les ONG renouvellent pèse sur l'agenda diplomatique. La deuxième caractéristique de ces solidarités planétaires, c'est la redécouverte du sacré. En fait, le sacré n'a jamais disparu des relations internationales, mais pendant la guerre froide, il n'était pas considéré comme un facteur explicatif majeur, comme une force profonde. Il y avait une convergence en fait de la sécularisation des régimes démocratiques et l'athéisme du marxisme. Les deux convergaient pour déboucher sur l'interrogation le pape combien de diffusion.
Les choses ont changé à partir du tournant des années 70-80, avec trois événements quasiment concomitants. Déjà, l'élection en Israël qui amène Medhaime Begin au pouvoir, mais sans majorité claire, d'où la nécessité pour Begin de s'appuyer sur les groupes politiques, en 1978, en octobre 1978, l'élection à la papauté de Jean-Paul II, et enfin en février 1979, c'est la révolution communiste. Tout à coup, la religion redevient un facteur influençant le politique. Nous le verrons très clairement à la fin des années 80, lorsqu'un régime até comme le régime bassiste de Saddam Hussein en Irak va inscrire qu'à là est la référence religieuse de l'Irak sur le drapeau même irakien qui avant n'avait pas ce genre de référence.
Alors quelle est l'influence de la religion ? Elle est double. Cette influence vérifie déjà dans l'ordre interne des Etats. On a une possibilité de dénonciation, des dysfonctionnements d'un ordre politique. On connaît l'opposition de la religion catholique au libéralisme avec Santisémus Anus, dans Cyclic qui revient sur la condamnation traditionnelle du libéralisme par le catholiciste. Cette dénonciation est plus veillement, et nous l'avons vu avec les travaux d'Olivier Roi dans les pays arabes, puisque face à l'attitude d'État souvent corrompu qui ne s'occupe pas des populations, les mosquées deviennent les lieux dans lesquels ces populations abandonnées vont trouver un soutien de la part de groupes qui ensuite se serviront.
L'exemple de l'Algérie est tout à fait caractéristique puisque ces mosquées vont devenir le lieu de la contestation politique du gouvernement en place, du FLN, ce qui aboutira à la victoire du GIA, partie politique et ma nation des Issaamistes aux élections des années 90, et donc à une représentation autoritaire du régime comme cela s'est faite avec Mohammed Sisi en Égypte. Donc à l'intérieur, il y a une facteur de contestation fort, à l'extérieur, c'est une forme de contestation des hegemonides, d'après un schéma traditionnel.
On se souvient qu'à la fin du XIXe siècle, le Madi souhaitait faire flotter le drape ouvert de Khartoum jusqu'à Jérusalem. Dans la même zone, on retrouve l'Islam comme facteur de contestation, de l'ordre dominant, de contestation d'énormes établies par des régimes libéraux et par les Nations unies. Or, quelle est la capacité ? Très clairement, la Huntington s'est trompée et on ne voit pas de coalition des États musulmans et confusés, contre les États occidentaux, mais incontestablement, on voit que la religion est devenue aujourd'hui une force profonde qui influent considérablement sur le cours des relations internationales, même si cette influence n'est pas une influence ascense-unie et unique.
Merci pour votre attention.