Cours 17 - La Société-Monde, l'Humanité comme référent

RELATIONS INTERNATIONALES · Semaine 7 : La scène de la société-Monde (I)
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Nous avons vu lors de la dernière séance la première structuration de la société mondes autour de l'homme, un homme qui n'existe pas dans le monde des États et qui tout à coup devient non seulement un acteur mais une finalité de l'action politique, on voit ça en matière de sécurité globale, désormais la finalité des politiques de sécurité c'est l'homme et là c'est une évolution inimaginable. Je n'ai pas le temps de faire devant vous la démonstration relative à l'évolution des minorités, une situation qui est intéressante puisque les minorités n'étaient pas prises en tant que minorité mais on parlait pendant la guerre froide de personnes appartements aux minorités puisque elles ont craigné de définir ce qui était une minorité, ce qui reviendrait à définir les conditions de l'appartee.

Or cette situation a considérablement évolué principalement en Europe sous l'influence de la Conférence de sécurité et la coopération en Europe qui va devenir l'organisation de sécurité et de coopération en Europe, l'OSCE, sous l'influence du Conseil de l'Europe et également de l'Union européenne, nous voyons les minorités qui précédemment n'existaient pas et qui désormais ont le droit à une existence, ont le droit d'être protégés avec des systèmes d'alerte avancée dans le cadre de l'OSCE avec un droit de faire usage de leur langue nationale et avec cette idée selon laquelle les minorités en tant que telles doivent être protégées puisqu'elles font partie de la diversité culturelle de l'Europe.

Donc je vous invite à regarder plus attentivement cette partie du cours, nous allons à présent regarder la deuxième dimension de la structuration de la société mondes autour de la notion d'humanité. Alors là aussi c'est une notion très difficile à manier et comme disait Carl Smith qui dit « humanité veut tromper ». Dans quelque part quand on invoque des grands principes ce sont jamais que le déguisement transparent d'intérêt plus individuel. Il est clair que lorsque vous devez défendre votre intérêt particulier il est beaucoup plus la ville d'invoquer des principes généraux plutôt que d'invoquer votre intérêt égoïste à promouvoir tel ou tel type d'action.

Donc l'humanité est une notion difficile à manier mais le droit peut nous servir à mieux comprendre ce qui est devenu cette notion puisque vous l'avez tous entendu parler de la notion de patrimoine commun de l'humanité. À partir de 1967 la Lune et les corps célèges sont devenus patrimoines communs de l'humanité et puis nous avons les cultures du monde et un ensemble de pratiques là je vous renvoie aux pratiques de l'UNESCO qui vont mettre telles fromages, telles sites géographiques aux patrimoines de l'humanité.

Et comme le dit Pierre Jean Dupuis on a utilisé d'une logique patrimoniale, d'une logique notariale pour donner corps à cette notion aussi abstraite. Si l'humanité possède quelque chose c'est donc qu'elle existe, j'ai donc je suis. Cette logique patrimoniale a permis de donner une consistance à cette humanité qui est devenue, nous dit Norbert Elias, l'unité suprême de survie. C'est pas dire que lorsqu'une minorité par exemple se trouve en situation de danger, son premier réflexe des Vermeys c'est de faire appel à la communauté internationale.

Le projet est bien évidemment ambitieux, le propos peut être outrancier mais c'est une tendance que nous offre Norbert Elias. Précédemment il y avait une défense individuelle là tout à coup, conformément à l'évolution du droit humanitaire, il y a une obligation de la communauté internationale de défendre cette minorité en situation de danger. Et c'est donc derrière l'idée d'humanité, l'idée d'une solidarité active qui doit être mise en œuvre aussi bien en matière d'économie, en matière de droit de l'homme, en matière de développement.

C'est principalement dans ce domaine du développement que cette notion d'humanité va prendre corps avec cette idée très forte qui apparaît en fait dès 1960, le cadre de la première décennie du développement, l'idée selon laquelle il y a une responsabilité des pays développés à l'égard des pays qui ne le sont pas encore, avec l'obligation de consacrer 0,7% du PIB au développement. Bien peu de nations nous le verrons plus tard parviennent à ce taux de 0,7% d'être public au développement mais on doit y ajouter 0,3% d'être privé au développement c'est à dire d'investissement direct à l'étranger et en fait on voit en matière de développement cette idée de solidarité apparaître, une solidarité qui transparaît également dans les négociations en matière économique, en matière d'accès pour les produits des pays du tiers monde au marché des pays développés, qu'il s'agisse des produits manufacturés ou qu'il s'agisse des matières premières.

Enfin cette solidarité transparaît également dans le fait que le principe d'équité l'emporte sur le principe de réciprocité dans ces négociations avec sous-entendu l'idée sur laquelle on ne va pas imposer à ces pays des contraintes trop fortes en matière environnementale ou en matière sociale puisque ce serait l'initée, leur avantage comparatif et leur capacité à se développer. Donc l'idée d'humanité est une idée très ambitieuse, une idée qui peut rendre encore plus flou ce concept de sécurité de société mondes mais j'aime bien cette logique patrimoniale à laquelle faire référence mon ancien collègue de Paris II, Fierre-Jean-du-Puits, selon laquelle on a donné un patrimoine à l'humanité pour qu'elle existe.

Là on a véritablement avec l'homme d'un côté et l'humanité de l'autre des Etats des politiques nationales qui sont véritablement pris en tenaille et l'état dans cette conception de la société mondes, l'état n'est plus l'acteur idéal et le seul acteur pour penser l'international. Donc voyons à présent quel va être l'impact de cette société telle que nous venons de la décrire sur la vie internationale et comme j'ai utilisé pour qualifier l'impact des organisations internationales, le terme de multilatéralisme, si je dois qualifier l'action de la société mondes, je parlerai de gouvernance globale.

Alors le concept de gouvernance est un concept qui montre que les anciens, les anciennes méthodes de gouvernements ne sont plus adaptés. Dans l'ouvrage de références de John Koh-Human, on a les quatre raisons qui peuvent expliquer pourquoi il faut inventer de nouvelles pratiques. Tout d'abord c'est l'incapacité des Etats à appliquer les règles existantes, d'autre part c'est le fait que les ressources publiques qui avec la loi Reiner, avec tendance à croître, bien tout à coup on découvre que ces ressources publiques ne sont pas illimitées et qu'ils conviennent de limiter les déficits.

Dans le même temps il y a une mauvaise infectation ou une infectation qui est jugée inadaptée de ses moyens publics, devenu rare au but défini par des administrations qui sont considérées comme étant éloignées des populations et d'alors il y a quatrième raison, un procès en légitimité des bureaucracies accusées de ne pas être capable de créer les instruments d'intervention jugées nécessaires pour le bien commun. Donc la notion de gouvernance est utile à la fois pour penser le redouveau de l'action publique à l'intérieur des Etats, à l'intérieur de structures régionales comme l'Union européenne, mais également pour repenser les pratiques à l'international.

Et en 1980, en 1995, le rapport Brandt sur notre voisinage global va définir justement cette gouvernance. D'après le rapport Brandt, la gouvernance globale c'est la somme des différentes façons dont les individus et les institutions publiques ou privées gèrent leurs affaires communes. Elles incluent les institutions officielles et les régimes dotées de pouvoir exécutoir, tout aussi bien que les arrangements informels sur lesquels les peuples et les institutions sont tombés d'accord ou qu'ils perçoivent être de leurs intérêts. Donc nous avons à la fois des institutions officielles, mais nous avons également des régimes plus informels et là on fait référence au terme de régimes ou d'institutions que nous avons pu voir dans le premier chapitre, et puis également les arrangements informels, le bidouage institutionnel sur lequel les peuples et les nations sont capables de s'entendre pour trouver un problème, une solution à un problème qui vient de surgir.

Or comme le discours sur le multilatéralisme, le discours sur la gouvernance rassemble quatre pratiques, tout d'abord c'est quatre discours, tout d'abord c'est l'idée d'un espace qui est clos sur lui-même, c'est une idée sur laquelle le monde s'est refermé, alors c'est un thème récurrent, déjà Rousseau, il écrivait dans les milles qu'il y a aujourd'hui 300 fois plus de relations entre la France et la Chine qu'il y en avait au siècle dernier, donc au XVIIe, entre la France et l'Espagne.

Donc l'idée de la clôture de l'espace est un thème récurrent qui va revenir avec Paul Valérie, le temps du monde fini commande, mais aujourd'hui cette clôture de l'espace est devenue encore plus présente dans la mesure où les moyens de communication, l'instantanéité de l'information fait qu'on voyage ou on sait ce qui se passe à l'autre extrémité du monde, en l'espace de quelques minutes, aucune nouvelle peut être cachée. La deuxième raison d'être de ce concept de gouvernance globale, c'est donc la mondialisation et l'existence d'un marché global.

La troisième dimension du discours sur la gouvernance globale, c'est les atteintes à l'environnement, c'est un habitat qui est menacé par les activités humaines et enfin le dernier point qui recouvre dans ses discours sur la gouvernance globale, c'est l'idée sans laquelle il y a une obligation ou un devoir d'intervention humanitaire. Donc clôture de l'espace, mondialisation et marché global menacent à l'environnement et devoir d'intervention, c'est à peu près les quatre matrices du discours sur la gouvernance globale. En étudiant la gouvernance globale, c'est prendre la mesure des nouvelles problématiques internationales, c'est prendre la mesure des nouvelles solidarités, les ONG ou la redécouverte des sacrés et c'est prendre la mesure d'une nouvelle géographie de réseau.

Alors voyons tout d'abord les nouvelles problématiques internationales et là, il y a deux problématiques centrales, nous avons les problématiques liées à la fragilité de l'habitat, fragilité de la planète et dans le même temps le discours sur la culture. Alors fragilité de la planète est assez caractéristique de constater qu'en 1989, la guerre froide n'est pas encore terminée, la personne de l'année pour le magazine Time, c'est la planète en danger et donc il est très clair que la période qui va succéder à la guerre froide va se concentrer sur cette question des atteintes à l'environnement, atteintes qui doivent être prises au sens large.

Alors il y a bien sûr la question du dérèglement climatique, mais il faut prendre également en considération les pluies acides ou la question des déchets. Alors les atteintes à l'environnement, c'est quoi aujourd'hui essentiellement, et ce n'est pas la peine de revenir sur ce point, c'est le rôle des gaz à effet de serre dans le dérèglement climatique. Alors le trou dans la couche de zone qui était jugé potentiellement très dangereux, il y a une vingtaine d'années aujourd'hui n'est plus à l'ordre du jour comme les pluies acides dont on entend moins parler, mais la question du dérèglement climatique prend de l'ampleur avec un évidence une accélération de ce dérèglement qui se traduit par des inondations, par la destruction de tous les instruments qui permettaient de limiter les ravages causés par ces inondations, par des phénomènes cataclysmiques beaucoup plus importants, par des tempêtes plus récurrentes, donc un dérèglement climatique est imputé en grande partie à ces gaz à effet de serre, donc à l'activité humaine.

Mais les atteintes à l'environnement, ce n'est pas simplement ces questions environnementales, c'est également la propagation accélérée d'épidémies et d'épisocies, les épisocies étant les épidémies qui atteignent le bétail, pensées à la vache folle, pensées également à ces épidémies qui peuvent atteindre les végétaux, notamment la vie, or la mondialisation accélère le passage de ces virus et on l'a vu avec la question du Sida mais également avec Ebola ou avec le Sraze, avec une remise en cause forte de la croyance dans laquelle l'homme avait pris la mesure de la nature et les politiques publiques avaient véritablement réussi à endiguer ces grandes épidémies, en fait le Sida a montré qu'il n'en était rien.

Autre phénomène à prendre en considération, c'est la montée du terrorisme et de la mafiaisation des relations internationales dans les menaces à cet environnement commun. Le Knud en 1994 dans son rapport annuel considère que les principales questions de sécurité pour l'avenir concernent bien évidemment l'environnement mais concernent également les questions de terrorisme et la montée en puissance de mafia qui sont désormais capables, non seulement de concurrencer des petits états mais qui arrivent à prendre pied dans l'entourage même des grandes puissances.

Donc des phénomènes qui étaient considérés par le passé comme étant marginaux et qui désormais doivent être traités à l'échelle de la planète, puisqu'on ne résoudra pas les questions liées à la mafia ou au terrorisme simplement sur une base nationale. Et puis le Knud le dit très clairement, la croissance démographique, on est passé de 1,6 milliards d'habitants au début du 19e siècle, au début du 20e siècle, à 7,3 milliards au début du 21e siècle, la croissance démographique et les migrations qui en découlent sont une autre source d'insécurité et d'instabilité.

Et c'est assez étonnant puisque le Knud n'est pas un organisme libéral des Nations Unies et abordait les questions des migrations et de la croissance démographique sous l'angle sécuritaire et absolument extraordinaire de la part d'un organisme tel que le Knud. Donc les nouvelles priorités de la sécurité globale ce ne sont plus des priorités diplomatiques ou stratégiques, mais ce sont des priorités qui concernent l'économie et la finance, les droits de l'homme, les valeurs, les questions sanitaires et environnementales.

Voici les nouvelles problématiques liées à la fragilité de notre habitat commun. Et puis dans les nouvelles problématiques il faut voir les questions culturelles, des questions culturelles qui précédemment n'étaient pas prises en considération, puisque derrière les questions culturelles c'est bien évidemment la question des identités qui est en cause. Pendant la période de la guerre froide, l'identité n'était pas centrale, il y avait des lectures plus, enfin des lectures alternatives, on considérait par exemple que la lutte des classes était un phénomène plus explicatif pour comprendre la violence internationale, que l'identité de peuple qui était méprisée par l'analyse marxiste, marx parlait de peuple tronion et le déclin des questions nationalisme, le déclin du nationalisme et du patriotisme dans les pays occidentaux participait finalement au même mouvement.

Là on voit avec la fin de la guerre froide la question de l'identité, revenir centrale, et elle redevient centrale comme phénomène d'explication des relations internationales. Et là j'en veux pour preuve le fait que l'approche du constructiviste est devenue en l'espace de quelques années le troisième grand débat de la discipline des relations internationales et que cette approche constructiviste considère que le monde n'est pas une donnée positive qui s'impose à nous mais le monde est socialement construit et il est socialement construit par nos identités lesquelles définissent nos intérêts.

Donc la centralité de l'approche constructiviste est bien la première démonstration sur laquelle la culture est devenue centrale, mais la culture est également devenue un phénomène central pour expliquer l'antagonisme des nations et là on a bien évidemment le grand débat, ici en 1983 par Samuel Huntington qui considère que les questions civilisationnelles et entre autres les questions religieuses vont devenir le principal facteur de tension dans la prévière froide, le fait que les deux premiers conflits du XXIe siècle que ce soit l'intervention américaine en Irak qui se justifie au nom d'après les conservateurs du principe démocratique de la Pax Democratica et bien évidemment les attentats du World Trade Center de septembre 2001, le fait que ces deux premiers conflits soient justifiés par des raisons culturelles semble donner raison à l'intuition d'une Tincac qui en tout état de cause a tort dans les modalités du conflit qu'il va décrire car très clairement il n'y a pas aujourd'hui un conflit civilisationnel entre des Etats confuséaux musulmans opposés à l'Occident, les Etats ne se font plus les guerres mais les opinions publiques, les jeunes hommes qui allaient mettre des bombes au nom de l'internationalisme prolétarien et de la lutte des classes vont le faire aujourd'hui davantage pour des raisons civilisationnelles donc là l'intuition est juste mais les modalités d'une opposition entre Etats d'une Tincac et ses aires civilisationnelles sont beaucoup plus problématiques malgré tout on a cette première approche du rôle central de la culture comme facteur de tension internationale opposé à l'approche civilisationnelle, la civilisation de l'universal, de la mixité du pluralisme, là je vous laisse le soin de déterminer votre grille de lecture ce qu'il importe de voir ici c'est que les questions de culture et de civilisation qui étaient accessoires comme facteur d'interprétation dans le monde de la guerre froide ces facteurs sont désormais devenus centraux donc voici la première dimension de la société mondes, on présente compte de nouvelles problématiques qui sont à la fois des problématiques jugées à la fragilité de notre habitat mais en même temps des problématiques de type culturel.

Merci pour votre attention.