Nous voici à la fin de la seconde partie consacrée à la féodalité. Nous venons de voir un roi qui recommence à légiférer et à se poser comme garant de la paix. Mais pour réaffirmer pleinement son autorité, deux conditions lui manquent encore. Disposer d'un socle territorial plus vaste où il exercera un pouvoir direct et ne dépendra plus exclusivement de la médiation féodale, c'est-à-dire ne plus devoir agir seulement comme susurain au sein de la pyramide féodale, mais aussi disposer d'un de pouvoir plus ample.
Les vidéos qui suivent montrent un moment charnière. L'autorité royale d'abord surtout effectif sur le domaine royale, tend progressivement à s'étendre à l'échelle du royaume et dans une certaine mesure a pesé aussi dans les rapports extérieurs. Nous sommes donc face à un temps décisif dans la construction de l'État. Comment la royauté est-elle parvenue à s'affirmer ? Nous étiguerons cette question à travers trois axes. L'agrandissement du domaine royale et la fixation de son statut, le passage d'une suzentée féodale à une souveraineté publique, l'affirmation de l'indépendance du roi de France à l'égard des autorités extérieures, en particulier l'Empereur, mais aussi la papauté.
Voyons donc tout d'abord l'agrandissement du domaine royale et son inalienabilité. Ce sujet fera l'objet de deux vidéos. Alors je vous précise tout de suite que nous allons déborder notre quatrième, le fait de comprendre quelle évolution vous connaître les notions que nous allons traiter. Commençons par à l'époque féodale. A l'époque féodale, la puissance d'un seigneur se mesure d'abord à l'étendue et à la cohérence de son domaine. La royauté va chercher de manière constante à accroître son domaine.
Ce qui, par conséquence, aura pour effet de faire augmenter l'épence. En effet, au fur et à mesure que le roi étend son autorité, les dépenses liées au gouvernement augmentent. Le domaine doit se venir non seulement au besoin de la maison royale, mais aussi et de plus en plus à des charges qui prennent une dimension publique. La paix, la justice ou encore l'administration. Très tôt, va donc se poser une question. Comment éviter le domaine ? Que ce domaine soit traité comme un bien privé, soumis aux aléas d'une gestion personnelle, parfois dispensieuse ?
C'est ici que se met progressivement en place la notion de couronne, qui contribue à faire émerger un ensemble de règles donnant au domaine royale un statut particulier, statut distinct des biens personnels du roi. Voilà ce que nous allons voir à travers les vidéos qui vont suivre. Mais voyons donc tout d'abord comment s'est agrandi le domaine au royaal. L'inaliénabilité sera traité dans une seconde vidéo. L'agrandissement du domaine royale. Le premier roi a mené une politique d'expansion systématique du domaine est Philippe Auguste.
Sous son règne, la superficie du domaine royale est considérablement accrue. La nambandie, l'anjou, le mène et une partie du poitou passent sous contrôle capétien. Cette progression s'opère en partie par la guerre, mais aussi est très souvent pas le droit. La royauté va en effet s'appuyer sur le droit pour agrandir son domaine royale, et plus particulièrement sur les règles issues du droit féodal. C'est assez singulier. Ce qui contraignait la royauté, le système féodal, ce système féodal va également permettre à la royauté de retrouver la place qu'elle avait.
La royauté s'appuie en effet sur le droit féodal de deux manières. Par l'utilisation des mécanismes ordinaires du droit féodal, mariage, dot, hache, succession, etc., mais aussi par l'usage de la fameuse sanction majeure à l'époque féodale, la commise, c'est-à-dire la confiscation du fief prononcé contravassale fautif. Voyons ces deux éléments en commençant par les mécanismes patrimoniales, mariage, dot, hache, succession. Le principe de patrimonialité des fiefs, tel qu'il s'affirme surtout à partir des XIIe et XIIIe siècles, offre à la royauté de multiples occasions d'acquisition.
Un fief peut être transmis, vendu, apporté en dot, recueilli par succession. Et les mariages royaux ont souvent été ainsi profitables au domaine. Donnons quelques exemples. Isabelle de Hainot apporte à Philippe Auguste l'artois en dot. En 1284-1285, Jeanne de Navarre et Ritière apporte la champagne et la Navarre dans la sphère capétienne par son mariage avec Philippe Le Biel. Le roi peut aussi acheter des fiefs, lorsque les circonstances s'y prennent bien évidemment, mais ça lui permet d'agrandir son domaine.
On sent un, Eud, Eud-Arepin, vent sa vie comptée de bourges à Philippe Ier avant de partir en Sters-Sainte. Enfin, la royauté peut, en quelque sorte, tirer profit de situations diplomatiques complexes. Ainsi, la session du Dauphiné au 14e siècle est négociée de façon à éviter que le roi de France ne se trouve placé dans une position féodale délicate à l'égard de l'empereur. Le dauphiné est alors lié à l'héritier de la couronne, d'où le titre de dauphin qui se rapportait par le fils aîné du roi.
Le domaine s'accroît aussi par des succession dynastique. Ainsi, l'unique héritière de Botteragne, Anne, épouse successivement Charles VIII puis Louis XII. La transmission du duché puis son relâchement s'opérant par étape au fil des unions et des héritages. Voilà pour, on va dire, les pratiques féodales, d'hôtes, mariages, acquisitions et autres. Mais l'agrandissement du domaine passe également par le biais de ce qu'on appelle donc la comise. La fameuse sanction féodale. Une sanction féodale qui est donc là prononcée au profit du roi.
Le roi peut également en effet tirer partie de la comise. Lorsque le vassal manque gravement assez de voie, le Seigneur peut prononcer, selon les formes féodales, la confiscation du fief. Encore faut-il que le roi ait la capacité politique et militaire de faire respecter une telle décision. Alors cette capacité, on ne va pas se mentir, est limitée au Xe et XIe siècle. Et cette capacité, elle se renforce à partir du XIIe siècle. L'exemple plus célèbre est celui de la communiste prononcée contre Jean Santère, roi d'Angleterre et vassal du roi de France, posséfef continentaux.
Le conflit entre Jean Santère et le roi de France s'ouvre notamment autour d'un différent avec les luisignants. Cela fait suite à l'enlèvement et au mariage d'Isabelle d'Angoulême par Jean Santère en 1200. Les luisignants, les égards de la Jéridiction féodale compétente, se refusent et analysent comme un adhénie de justice. L'affaire remonte alors au suzerain, Philippe Auguste, qui cite Jean devant cette cour. Jean ne se présente pas. Il est condamné par défaut et en 1202, la commise est prononcée à l'égard de ses fièfes continentaux.
Philippe Auguste engage ensuite la reconquête et reprend notamment la Normandie, l'Anjou et le Mènes. Alors le conflit rebondit avec l'Oignes, une collaïsion formée contre le roi, le roi capétien. Et cette coalition est vaincue à Bouvine. Nous sommes le 27 juillet de l'année 2014. Cette victoire a une portée politique majeure. Elle marque un recul décisif des grandes puissances véodales opposées au roi et consolide les acquisitions capétielles. Dès lors, Jean ne conserve plus qu'un ensemble réduit de possessions en France, notamment autour de Bordeaux.
Ce que la tradition résume par le surnom désormais attribué à Jean de Jean Santère. Même s'il faut l'entendre comme un symbole politique plus que comme une formule strictement exacte. Cette politique d'expansion est d'autant plus efficace qu'elle s'accompagne progressivement d'une règle essentielle. Le principe d'inaliennabilité du domaine royal.