Continuons notre tour d'horizon au sujet du fief et voyons quels sont les services positifs ou nobles du fassal. Ce service positif ou donc noble du fassal est souvent organisé autour du fief. Deux problèmes se posent au sujet de ce fief. Le premier est relatif à la concession et aux obligations qui s'y rattachent. Le second est lié à la patrimonialité du fief. Nous diviserons ainsi nos propos en traitant dans un premier temps de la concession du fief et des obligations qui en découlent.
On borsuit ainsi la vidéo précédente au sujet des obligations liées au lien féodovassalique entre le Seigneur et le Fassal. Puis on verra dans d'autres vidéos les sujets de patrimonialité du fief. Voyons tout d'abord la concession et les obligations liées au fief. Le fief peut en effet être de différentes natures. Le plus souvent, il a une nature foncière. Il s'agit d'une terre ou encore d'un château. Mais le fief peut également porter sur des objets qu'on qualifierait aujourd'hui d'incorporal.
Cela peut être un droit, droit de péage ou encore droit de marché. Il peut également concerner des versements réguliers d'une somme d'argent. On parle alors de fief horde. Le fief peut avoir différentes origines. On distingue souvent entre le fief d'attribution et le fief de reprise. Le fief d'attribution provient directement du patrimoine du Seigneur. Le fief de reprise est issu là du patrimoine du Fassal. Dans cette hypothèse, le Fassal est à la recherche d'une protection. Et pour obtenir cette protection, il cède une terre à un Seigneur.
Ce dernier va lui est restitué sous la forme d'un fief. On dit que le Fassal le reprend en fief. La remise du fief fait l'objet d'une cérémonie. L'investiture du fief. Cette investiture du fief est comme soudée à l'hommage et à la fidélité que nous avons vu précédemment. Cette investiture suit en effet cet hommage et fidélité de peu de temps. En général, dès que le Fassal a prêté servant de fidélité, le Seigneur investit ce dernier dans son fief.
Cette investiture consiste au transfert de la chose qu'on s'est déant fief. Comme tous les actes de transfert à cette époque, le transfert du fief consiste en un rituel. Si la chose qu'on s'est détenue est une terre, le rituel consiste en un geste symbolique de transfert de cette terre. Par exemple, on la remise de l'âma à l'âma d'une baguette ou encore d'un fêtu de paille. Puis, lorsque la terre n'est pas trop éloignée, on procède à ce qu'on appelle la montrée du fief.
Le Seigneur montre ce qu'il vient de concéder en fief à son Fassal. À partir du milieu du XIIe siècle, on prend l'habitude de joindre à la montrer, voire de l'ussif situer, la rédaction d'un écrit féodal. Cet écrit féodal permet de constater le contenu du fief. Alors, cet écrit constitue en quelque sorte une sorte d'inventaire du fief. On parlera plus tard d'aveux et de dénombrements. Avœux et dénombrements. Matérialement, cet avantaire est dressé par le Vassal, qui doit l'envoyer au Seigneur selon des modalités et délais fixés par la Coutume.
Maintenant que le Vassal a été investi dans son fief, quelles sont les obligations liées à la remise de ce fief ? Alors, on les a déjà indiquées précédemment. Les obligations, c'est ce qu'on appelle ici l'auxilium et le concilium. Fulbert de Chartres, toujours dans sa fameuse lettre à Guillaume d'Aquitaine, rattache ses obligations positives des vassaux à la concession de fief. Il faut préciser que pour l'époque, cette vision de Fulbert de Chartres est alors quelque chose de neuf, si j'ose dire même doser.
Retenons tout du moins que Fulbert contribue à expliciter et à encadrer ses obligations. La présence de telles obligations positives va en effet à l'encontre de la notion de dévouement que le Vassal doit normalement complètement à son Seigneur. On sent à la lecture de la lettre de Fulbert que ce dernier a même hésité à établir cette sorte de marché. On a ici la pression un peu d'une règle de donnant donant, parce que le Seigneur donne le fief, le Vassal doit donner quelque chose en échange.
Fulbert écrit ainsi que pour mériter son fief, le fief doit donner quelque chose en échange. Fulbert explique que pour mériter son fief, le Vassal doit fournir finalement à son Seigneur aide, auxilium et conseil, conciliome. Ces notions d'adéconsseils ne nous sont pas complètement inconnues à l'époque de Fulbert. Ces deux mots étaient déjà utilisés à l'époque carolingienne afin de désigner la participation des plus grands au gouvernement royal. Ces grands devaient aider et conseil au roi. Avec la féodalité, on est donc passé à des obligations qui se diffusent désormais dans les relations scénariales.
Ces obligations sont qualifiées de services nobles. Les modalités de ces services se sont précisées au fil du temps. Commençons par l'aide. L'aide se décompose en deux éléments. Aide militaire et aide financière. L'aide militaire est essentielle dans un monde guerrier comme l'époque féodale. En raison de ce devoir, certains devront s'engager à la garde du château, on parle des stages, les vassaux du Seigneur encadrant alors les fameux hommes de poesté eux-mêmes tenus à cette garde du château. Les vassaux, comme pour les autres aides, ont cherché à limiter ce service dû au Seigneur.
Au départ, cette occupation des châteaux n'avait d'autre limite que l'exigence du Seigneur. C'est au final le terme de 40 jours annuels qui s'est imposé. Alors bon, attention, nous ne sommes pas face à une règle universelle. Ce terme peut varier selon les régions et les périodes. Il s'agit d'une imitation coutumière fréquente plutôt qu'une norme fixe. Mais le service majeur de cette aide militaire prend l'étret d'une participation à des expéditions bien évidemment guerrières. Ces expéditions guerrières prennent l'étret de deux événements.
La chevauchée est lost. Là encore, les usages vont limiter ces deux institutions. Commençons par la chevauchée. Alors cette chevauchée peut avoir un but punitif ou défensif. Elle correspond à une expédition relativement brève en durée, une semaine en général, dix jours au plus. Mais elle correspond également à une expédition brève en distance, pas plus de 24 heures de marche. Le service d'Ost est lui beaucoup plus lourd. Il s'agit là d'une véritable opération de guerre. Les usages ont établi d'une part que ce service n'était dû qu'une fois par an, mais aussi d'autre part que l'incorporation ne pouvait durer plus de 40 jours.
Au-delà de ces 40 jours, ce service n'est plus dû par les vasseaux. Alors ils peuvent y consentir, mais le seigneur doit alors les indéniser. Ces limitations ont eu pour conséquence directe de limiter les conflits. Enfin, il faut préciser que le service est proportionné à l'importance du chef. Certains vasseaux ne doivent qu'un service personnel. D'autres doivent venir accompagner. On parle de services d'hommes. Ceux-là, ce sont là encore les coutumes qui fixent pour chaque lieu ce qui doit être suivi.
Ceux qui doivent être suivis. À côté de cette aide militaire, l'aide financière. Le Vassa Loidé, son seigneur, l'a encore selon l'importance de son fief. Et une aide qui sera encore différente selon les coutumes. Certaines coutumes établissent que cette aide financière ne doit pas ainsi dépasser une année de revenus du fief. De même, cette aide intervient dans certaines circonstances de la vie du seigneur. Les événements qui peuvent donner lieu au versement de telles aides financières sont assez imprécises au XIe-XIIe siècle.
L'assistance pécunière du Vassal finira souvent par se fixer sur quatre types d'obligations. D'où le nom d'aide aux quatre cas. Aide aux quatre cas pour l'aide financière. Quelles sont ces quatre cas ? Le paiement de la renseau pour obtenir la libération du seigneur qui a pu être capturée. Le financement des frais occasionnés par une croisade. Subvenir aux dépenses que le seigneur doit faire face quand son fils est né et adoubé, lorsqu'il est armé et chevalier. Devant les vassaux participent au paiement de l'armure.
Paiement des frais de constitution de la dot de la fille est né du seigneur. Voilà l'aide aux quatre cas. À côté de l'aide, aide donc financière, aide militaire, le conseil concilium. Alors, ce devoir du Vassal envers son seigneur répond à un autre besoin. On ne conçoit pas qu'un puissant vive seul, mais surtout qu'il puisse prendre une décision importante sans prendre le conseil des siens. Un Vassal doit conseigner son seigneur. Cette obligation consiste alors essentiellement à siéger à la cour du seigneur.
On dit également à lui faire sa cour. La cour, fiordale, est formée de l'ensemble des vassaux du seigneur. Si le seigneur convoque un de ses Vassals, celui-ci est tenu de se rendre à la cour. Et le seigneur est libre de convoquer qui, bon, lui semble. La composition de la cour du seigneur varie ainsi d'une convoquation à l'autre. En général, le seigneur convoque en fonction des questions qui peuvent être traitées au cours d'une session. Mais aussi, selon les Vassals, qu'il veut y voir siéger.
Ce conseil a une double nature. Il s'agit à la fois d'un service de nature politique. Mais aussi, cette cour juge en matière fiordale. D'un point de vue politique. Commençons par quid de ce conseil d'un point de vue politique. La cour fiordale sert d'une part d'Organ d'Aparat. Ainsi, entouré, le seigneur montre sa puissance. La cour témoigne de l'ampleur des réseaux vassaliques d'un seigneur. Elle est ainsi, en général, cette cour convoquer chaque fois que le seigneur reçoit des personnalités de Oran.
Ou encore, lorsqu'un Vassal rend hommage au seigneur. Cette cour est appelée également, d'autre part, à donner son avis chaque fois que le seigneur doit prendre une décision gouvernementale pour sa seigneurée. C'est donc un organe de gouvernement. Cela est toutefois surtout vrai pour la Cour du Roi ou la Cour de Grand Prince territoriaux. À côté de ce pouvoir politique de la cour, la Cour fiordale rend également la justice. Sa cour composait donc des vassaux sièges sous la présidence du seigneur.
Et elle est appelée à juger en matière féodale. Cette justice fiordale s'oppose à la justice seigneuriale. La justice seigneuriale est la justice que le seigneur banale est censée avoir hérité du roi et qui s'exerce sur les hommes de Poesté. Cette justice banale est, elle, descente donc public. La justice fiordale est, elle, descente contractuelle. Notre fameux contrat signalagmatique entre le Vassal et le Seigneur. Elle n'est du contrat vassalique. Elle ne s'applique en conséquence qu'à ceux qui ont fait ce contrat.
De même, cette justice fiordale est différente de la justice foncière qui, elle, provient de la Seigneurie foncière. Cette justice fiordale est compétente, et donc la Cour fiordale est compétente, pour juger tout ce qui touche aux affaires relatives aux relations féodaux vassaliques. Elle traitera ainsi tout ce qui touche aux obligations à réciproques du Seigneur et du Vassal. Ainsi qu'au manquement à ses obligations. Et en effet, à la liste des obligations qui ont été lentement établies par les usages, et que nous avons grâce à Fulbert de Chartres, fait comme écho une autre liste.
La liste des sanctions qui peuvent être prononcées contre chacune des parcties en cas de manquement à ses obligations. A l'ordre des parts, aucune sanction n'est organisée. Il n'existe ainsi que des mécanismes informels. Il n'y a pas de liste, on veut dire, établie d'eux. Il y aura telle sanction en cas de tel manquement. Ce sont des mécanismes purement informels. Ce que l'on appelle une chanson de geste, la chanson de Raoul de Cambrai, illustre parfaitement cette situation. La chanson de Raoul de Cambrai date du Xe siècle.
Elle sera remaniée au XIIe siècle. Que nous racontent dès lors cette chanson de geste ? Un certain Bernier est le vassal d'un seigneur Raoul de Cambrai. Or Raoul entre en conflit avec la famille de Bernier. Alors il rentre en conflit avec la famille de Bernier pour les terres de verre mondois. Raoul a obtenu du roi des terres qui normalement auraient dû revenir à la famille de Bernier. La forche du lien vassalique est telle que Bernier va rester fidèle à Raoul et combattre les siens.
Le problème c'est que Raoul va provoquer l'incendie d'un couvent, le couvent d'Orini. Dans cet incendie, la mère de Bernier trouve la mort. Chois cornelien pour Bernier. Doit-il suivre son seigneur ? Doit-il venger sa mère ? Bernier continue à se ranger du côté de Raoul. Il se permet tout de même de lui adresser des reproches pour ce qu'il a fait. Alors ce qui n'est en rien soit dit en passant, contraire à la fidélité qu'il doit à son seigneur.
Voilà ce qu'il dit. Pourquoi avoir brûlé le couvent ? « Sire, je suis votre vassal. Mais vous m'avez rendu mauvais loyer de mon service. Vous avez brûlé ma mère en ce moustier, je l'ai vu morte, et son psauteau flambait encore sur les mamelles qui m'ont nourré. » Eh bien ces reproches vont provoquer une réaction de Raoul. Face à ces reproches, Raoul s'emporte. Il s'en prend un Barnier à Bernier. Par ce geste, Bernier considère que Raoul a ampu le lien qui les unissait.
Il est, selon lui, délié de ses obligations, et il se range désormais du côté de sa famille. Lors d'une bataille, il trouve Raoul et le tue. Que fait-on conclure ? Eh bien que tout simplement, dans un premier temps, c'est la force, c'est-à-dire la violence, qui est la première réponse aux conflits pouvant être entre vassales et seigneurs. Il y a évidemment, afin d'éviter que de telles situations se multiplient, on a fini par codifier les sanctions pouvant intervenir en cas de manquement aux obligations.
En effet, aux obligations lentement codifiées, qui naissent du contrat vassalique, et de fait de la concession du FIF, du FIF, fait comme écho une liste de sanctions, dans les cas où l'une des parties ne respecte pas le contrat vassalique et les obligations qui en découlent. Quelles sont les sanctions du côté du vassal ? C'est-à-dire quelles sont les sanctions si le vassal vient à manquer à ses obligations ? Il y a le vassal, peut être privé de son FIF, pour l'avoir dit-on, forfait.
C'est-à-dire, pour ne pas avoir respecté les obligations qui étaient attachées à ce FIF. L'été s'est en effet dégagé que le FIF est en la compte de reparties des obligations du vassal, si ce dernier n'exécute pas ses obligations, tant positif que négative, il doit être privé de son FIF. Une procédure a été mise en place et peut aboutir, soit à la saisine temporaire du FIF, ou parlera donc de saisine, saisie temporaire du FIF, la saisine, soit la confiscation définitive du FIF, la commise.
Les coutumes vont progressivement préciser les cas dans lesquels la confiscation est temporaire et les hypothèses où cette confiscation doit être définitive. Le félon, c'est-à-dire le vassal qui n'a pas respecté ses obligations en maltraitant son seigneur, ou en déshonorant par exemple la femme de son seigneur, peut être condamnée à la commise. Commise, qui est prononcée par la Cour féodale du seigneur. C'est ainsi une sanction féodale qui sera d'ailleurs qualifiée par certains auteurs de pénales qui se met en place.
Elle est cette sanction un recours extrême, et n'intervient la plupart du temps qu'après une mise en demeure adressée au vassal de s'exécuter et donc de respecter ses obligations. En général, il y a même une tentative de conciliation entre le vassal et le seigneur. Mais même, la commise apparaît toujours comme une sanction difficile à mettre en œuvre. Surtout si le seigneur n'a pas le soutien suffisant de la part de ses autres vassaux. Quid aux bénéfices du vassal, c'est-à-dire si celui-ci estime que le seigneur n'a pas respecté ses obligations.
Pour cela, il doit saisir le seigneur de son. Seigneur le suzera. Nous sommes en effet face à un système où chaque vassal est engagé vis-à-vis d'un seigneur qui est lui-même engagé à l'égard d'un autre seigneur plus puissant. Ce seigneur plus puissant est le suzerain du premier vassal. Dans ce système, chacun est seigneur de quelqu'un et vassal d'un autre. Si le suzerain estime que la plainte de l'huvasal est fondée, il convoque le seigneur mis en cause par son vassal devant sa propre cour.
Tout seigneur est ainsi lui aussi jugé par ses propres terres. La cour féodale, en cas de faute constatée, donne l'autorisation au vassal de désavouer son seigneur. Quelle est la conséquence de cette procédure de désavouer ? Tout lien est rompu entre le vassal et le seigneur. On dit aussi que le vassal m'arise sa foi. Matériellement, le vassal à l'issue de cette procédure peut devenir le vassal désormais direct de celui qui n'était jusqu'alors que son suzerain. Mais il concerne son fief.
Il n'est pas faute, il n'a pas commis de faute. Celui qu'on considère comme faute, c'est le seigneur des aigurs désavoués. La sanction est ainsi avant tout pour but de réduire le réseau vassalique d'un seigneur négligent, défaillant. Donc de le rendre moins puissant. Si par contre, le défendeur, le seigneur, est victorieux. C'est-à-dire qu'on estime qu'il n'a pas commis de faute à l'égard du vassal, ce seigneur est abso. Et il peut d'élore se retourner contre le demandeur, c'est-à-dire contre ce vassal, celui qui l'a accusé à tort, et en l'accusant qui a ainsi rompu son hommage et sa fidélité.
Quoi qu'il en soit, cette procédure implique des structures hiérarchisées. Elle suppose une autorité forte au niveau du suzerat. Il en résulte que les applications sont quand même assez rares.