Nous voici dans notre seconde partie sur l'époque mérovingienne. Nous allons donc parler désormais du fameux syncrétisme de la royauté mérovingienne. Alors rappelons rapidement ce qu'on appelle justement le syncrétisme. Il s'agit du mélange d'une fusion d'éléments provenant de plusieurs cultures ou de différents systèmes sociaux. La royauté de Clovis et celle de ses successeurs, les successeurs mérovingiens, peut être placée justement sous le signe du saint-chrétisme. Elle porte en effet cette royauté la marque d'une triple ascendance. Ascendance romaine, ascendance germanique ascendance chrétienne voyons ce que la royauté mérovingienne a emprunté à chacune de ces trois sources alors on ira on va dire un peu plus vite sur l'emprunt aux droits romains et l'emprunt au christianisme la première partie est un peu plus dense car comme nous allons le voir la la royauté mérovingienne a beaucoup emprunté au germanique.
Premier point, l'héritage germanique. Deux éléments permettent d'illustrer cet héritage germanique. D'une part, la conception même du pouvoir. D'autre part, le contenu de ce pouvoir. C'est le premier point. Premier point, la conception germanique du pouvoir mérovingien. La dynastie mérovingienne a une conception du pouvoir profondément marquée par la tradition germanique. A titre d'anecdote, cette tradition germanique se ressent même dans les symboles. Suivant ainsi un héritage barbare, le roi est dit Rex Crinitus, c'est-à-dire roi chevelu. Le roi mérovingien porte barbe et cheveux longs.
Ce sont des signes visibles d'une royauté charismatique. Dès Clovis, la royauté mérovingienne repose en grande partie sur la capacité du roi à mener des campagnes militaires victorieuses. Par ses conquêtes, le roi manifeste sa valeur et sa force. A l'origine, les familles libres germaniques forment des clans. Pour les besoins de la guerre, plusieurs clans peuvent décider de se rassembler et celui qui commande est celui qui sait mener ses clans à la victoire. Pourquoi ? Il en a les qualités lui, il exerce une autorité naturelle, il a un pouvoir charismatique.
C'est à ce chef que les guerriers prêtent le serment de fidélité, ce qu'on appelle le desanium. Alors, nous ignorons malheureusement la formule exacte de ce serment de fidélité. Mais on peut penser qu'il oblige chaque fidèle à obéir au chef, au roi, notamment à le suivre à la guerre. Ce serment de fidélité, il est personnel. le décès d'un chef du roi anéantit le lien avec ses leudes et oblige son successeur à rétablir de tels liens les leudes sont ainsi au service du chef non d'un groupe abstrait ils lui doivent c'est l'eude un dévouement complet une illustration parfaite intervient lors du fameux baptême de clovis il se fait baptiser clovis avec ses soldats surtout cette relation repose sur le système germanique du don et du contre don conformément à la tradition germanique la fidélité jurée au roi est rémunérée Ce serment donne lieu à rémunération.
En contrepartie, le roi protège ces leutes et leur offre des récompenses, des récompenses sous la forme notamment de partage du butin de guerre. Le royaume est également, et c'est encore ici une conception germanique, le royaume est considéré comme un bien patrimonial. Le territoire, le royaume, tend en effet à être appréhendé comme un bien patrimonial du roi Même si certains éléments ne sont pas librement aliénables comme de simples biens privés Mais dans la globalité, il s'agit d'un bien patrimonial Par ses conquêtes, le roi se constitue en effet un patrimoine Les terres conquises deviennent sa chose Le royaume est appréhendé comme la propriété du roi Il n'existe ainsi plus de séparation nette entre le domaine privé et le domaine public Le roi dispose ainsi des mêmes droits sur le royaume que sur son patrimoine privé Cette patrimonialité du royaume entraîne deux conséquences Des conséquences par analogie avec le droit privé possibilité d'aliénation et transmission à cause de mort.
Voyons ces deux points. Commençons par l'aliénation. Le roi peut en effet disposer librement à sa guise des terres. Il peut donner par exemple des terres à qui il veut. En ce qui concerne la transmission à cause de mort, la succession du roi est réglée comme une succession ordinaire. On va appliquer ici les mêmes règles qui réagissent les successions privées. Et dans ce domaine, dans le domaine des successions privées, on va se référer aux règles de la loi salique, la loi nationale des francs.
Cette loi nationale des francs, cette fameuse loi salique, prépare les successions dans le domaine privé. Elle ne dit rien des successions, on va dire, royales. La royauté applique tout simplement ce qu'elle connaît en matière de succession privée qui se trouve dans cette fameuse loi Saléki. Selon cette loi, le père, donc pas le roi, le père, doit partager le patrimoine familial à part égale entre ses fils. On n'applique pas le principe de primogéniture, c'est-à-dire le droit d'aînesse.
De m les filles pour leur part sont exclues du partage car la terre salique terra salica l est une terre militaire confi exclusivement des soldats Une fille ne pourrait pas défendre cette terre. Le régneum est ainsi assimilé, dans son mode de dévolution, à un bien patrimonial. Et on va donc assister à un partage du royaume à chaque décès d'un roi. Un exemple célèbre, la succession Clovis. Clovis décède en 511. Il a alors quatre fils, Thierry, Clotaire, Clodomir, Gilles de Berre.
On procède au partage du royaume entre les quatre héritiers mâles de Clovis. A chacun de ces héritiers, le titre de roi, chacun sera qualifié de Rex Francorum. La présence de ce titre implique une participation de tous, de tous les descendants à un privilège dynastique. De même, on divise les terres. Le premier partage à la mort de Clovis est même extrême. L'Orenium Francorum n'est pas divisé en quatre, mais en huit. On partage en quatre les territoires du Nord, mais on partage également en quatre l'Aquitaine.
Chacun de ses héritiers ne veut pas abandonner, en effet, l'Aquitaine. L'Aquitaine, récemment conquise, est vue comme un territoire plein de richesses. L'histoire va faire qu'un de ses fils, Clotaire, va survivre aux trois autres, et donc reconstituer l'unité à son profit. Alors survivre ou plutôt on va assister à une sorte d'élimination des rivaux et donc des frères par Clotaire. A la mort de Clotaire, en 561, il y aura un nouveau partage. A la suite de ces partages, l'unité du Rénium est compromise.
Cependant, si l'on y regarde de plus près, on revient encore à la mort de Clovis. S'il y a donc bien plusieurs rois, comme je l'annonçais tout à l'heure, chacun porte le titre de Rex Francorum, il n'y a pas plusieurs royaumes, mais un seul royaume divisé. Chaque héritier ne reçoit qu'une part du royaume. C'est ce qu'on appellera la théorie du Tel-Resh. Ce sont des sortes de lots, différentes parts, dont la Constitution ne devrait pas, en théorie, porter atteinte à l'unité politique du Réunion franco-rouge.
Pour les lots instaurés justement en 511, on va choisir quatre capitales. C'est important. Reims, Paris, Orléans, Soissons. faisons un peu de géographie rapidement, ce sont quatre villes proches, proches les unes des autres ce qui suppose qu'elles ont été choisies afin de permettre aux différents rois de se rencontrer et de mettre en place une politique commune au royaume à ce réunion franco-rouge ce souci d'avoir une politique commune tempère ainsi la conception germanique du pouvoir et ses conséquences conséquence la division du patéboine.
Cependant, cette possible politique commune ne peut fonctionner que si chacun met de côté ses ambitions personnelles au profit du royaume. Or, ceci ne sera jamais le cas. On va assister, entre le VIe et le VIIe siècle, à des guerres quasi permanentes entre les différents rois. Une fois chaque part attribuée, chacun se sent en droit de considérer ses frères comme des rivaux et saisit toute occasion de les éliminer pour récupérer la part. La tradition germanique se trouve également en ce qui concerne les rapports du roi avec ses sujets, c'est-à-dire dans le contenu même du pouvoir.
Le contenu du pouvoir se traduit par deux termes, banum et mundium. C'est notre autre point. Le banum et le mundium. Les pouvoirs du roi sont exprimés donc par ces deux termes, deux termes germaniques grossièrement latinisés. Ils vont servir ces deux termes pendant des siècles à désigner les prérogatives des rois, des rois francs. Ces deux notions, banum et mundium, issues à l'origine des relations de droit privé, sont ainsi transposées au plan politique. Décrivons chacune de ces notions, en commençant par le mundium.
Le mundium désigne l'autorité qui s'exprime par la bouche, bouche, monde. Matériellement, ce terme exprime la puissance protectrice que le roi exerce. Ce droit doit en effet une protection générale à ces sujets et en plus une protection particulière à certains d'entre eux, qu'on considère comme devant justement relever d'une protection particulière. Tel est le cas par exemple des veuves. Les veuves sont ainsi sous la protection, sous une protection spécifique du roi. Concrètement, comment cette protection s'exerce-t-elle ? Ou le plus simplement du monde, en rendant la justice.
Contrevenir à la protection du roi sans prendre à un de ses sujets porte atteinte à la paix du roi Et c'est en application du mundium que le roi rend alors la justice Le coupable, en cours des sanctions pécuniaires à l'égard de sa victime, mais doit aussi payer une sorte d'argent, une somme d'argent au roi Ce qu'on appelle le frais douce, le prix de la paix Il a rompu la paix. Le roi est obligé d'intervenir à travers sa justice.
Il doit indemniser la victime pour le comportement qu'il a eu, mais il doit également indemniser le roi à travers ce frais douce pour son intervention à travers la justice. On a donc le mundium à côté de ce que l'on appelle le banon. On parle encore de ban. Alors ce terme renvoie bien évidemment au pouvoir de commandement du chef, c'est-à-dire pouvoir d'ordonner ou d'interdire. Nous pouvons rapprocher cette notion de l'imperium romain. C'est en application de cette prérogative que le roi exige des services ou des prestations à ces sujets, en vocation à l'armée ou au tribunal.
Mais c'est aussi en application de cette prérogative que le roi est législateur et qu peut ainsi des prescriptions d g La d oublie sens au banc du roi est punie d amende 60 sous somme extr importante pour l Mais la peine peut être plus grave, comme ce que l'on appelle le forbanissement. Ce forbanissement entraîne l'exclusion du royaume et fait du forbani un être désormais sans protection que n'importe qui peut tuer impunément. Le forbanier est désormais hors de la parole du roi.
Un forbanissement qui n'est prononcé que lorsque la personne a désobéi, bien évidemment, plusieurs fois au commandement du roi. Ça, c'était notre premier point. Voyons quels étaient justement les emprunts au monde germanique. Deuxième point. Le roi mérovingien et les traditions de l'Empire chrétien. Deuxième point, le roi mérovingien et les traditions de l'Empire chrétien. On observe également des emprunts à la tradition romaine et au christianisme. Premier point, en ce qui concerne l'héritage romain. Nous pourrions utiliser comme annonce « titre et fascination pour Rome ». titre et fascination pour rome les rois nérolvagiens manifestent une véritable fascination pour rome ils reprennent à leurs titres certains justement titres romains un titre étant une dignité c'est-à-dire une fonction publique donnons quelques exemples pour illustrer nos propos avant la bataille de soissons l'évêque rémy de reims qualifie ainsi clovis de gouverneur romain la notion de gouverneur doit vous rappeler quelque chose Cet évêque considère Clovis comme celui qui a pris en charge l'administration de la Belgique II.
Ce qui intéresse ainsi Rémy, ce n'est pas le chef de clan franc, mais le fonctionnaire romain. Il considère Clovis comme un fonctionnaire romain. Il l'invite à se comporter en bon gouverneur et en ami des évêques. Alors ça, ce sont des titres qui sont ainsi attribués aux rois nérovingiens. Mais ils prennent ces titres, les rois nérovingiens. Après sa victoire contre Alaric, Clovis reçoit en 508 à Tours, d'après Grégoire de Tours, la qualité de consul honoraire conférée par l'empereur Anastase.
Dans le récit de Grégoire de Tours, il est expliqué que Clovis, à Tours donc, pour ce titre, a revêtu la tenue de pourpre et sur le trajet que le mena de la porte de la vie jusqu'à l'église de Tours, sema de sa main or et argent pour l'assistance du peuple. À l'image des empereurs romains ! Le récit de Grégoire précise que Clovis est acclamé depuis ce jour à l'instar d'un consul et d'un auguste. Il s'est donné l'image lui-même.
On lui a attribué ce qualificatif, mais c'est lui-même donné l'image. Là, on vient de le voir en se promenant dans la ville de Tours et avec la robe de peau, en jetant des pièces ainsi comme l'aurait fait un autre homme. Alors bon, ce texte de Grégoire Dutour est sujet à controverse. Il a été écrit plus de 70 ans après les événements. Il y a bien quand même quelque chose. De même, si ces qualificatifs ont été donnés à Clovis, quelles étaient leurs valeurs pour Clovis ?
Clovis avait-il seulement compris ce qu'était un consul, ce qu'était un Auguste ? Mais le titre d'Auguste implique une nature impériale. Clovis a pu chercher à donner un contenu plus grand à sa fonction. Celui qui a le titre d'Auguste déclare l'auctoritas. Clovis s'assurait ainsi un pouvoir supérieur à celui d'un simple roi germanique. Autre point reflétant cette empreinte à Rome, la royauté mérovingienne va reproduire des services de l'administration romaine. Les rois mérovingiens vont ainsi mettre en place un organe de gouvernement, le palais, comme à Rome.
Le palais ne désigne pas bien évidemment seulement un bâtiment, mais l'entourage du roi. Les membres de la truste royale, celles qui ont la confiance du roi, sont composés de guerriers. Des guerriers qui se sont recommandés au roi. Ils se sont recommandés au roi par la cérémonie de l'accommodation. Ils lui ont prêté un serment de fidélité particulier, le serment des entrustions. Ils sont ainsi liés, eux, de façon plus étroite que les leudes. Il doit suivre constamment le roi et son astreint à dévouement complet.
Il se voit en général confier les missions les plus délicates. De même, on trouve toujours dans le palais les grands officiers du royaume. Certains vont remplir à l'origine des tâches purement domestiques. Cependant, comme auprès de l'empereur romain, leur fonction domestique va vite se doubler d'un contenu politique. De même, ce roi mérovingien emprunte également à la société romaine l'organisation du territoire, l'organisation territoriale du royaume. L'avènement des royaumes germaniques avait eu en effet pour effet de faire disparaître certaines circonscriptions administratives de l'ancien empire romain d'Occident, comme par exemple les provinces ou encore les diocèses. avait quand même subsisté les cités.
C'est à partir de ces cités que les rois Burgonde, Visigoths ou encore donc Francs vont organiser l'administration du territoire de leur royaume. Avec les Nerovingiens, le royaume est divisé en circonscriptions qui portent le nom de Pagée. Le Pagus correspond à l'ancienne cité romaine. Ces paquis sont administrés par des comtes Un titre, là encore, emprunté à la hiérarchie impériale romaine Le comès, c'est le compagnon Le compagnon du roi Pour administrer son pagus, le comte est assisté d'agents subordonnés Selon les régions, cet agent prend le nom de centenier ou encore de villier C'est le roi, quoi qu'il en soit, qui nomme le comte or si on le nom de ces contes on s qu sud o l barbare est relativement faible les contes dont on conna le nom sont majoritairement gallo d gallo proportion de 3 contre 2 Au contraire dans les r du nord de la loi où les implantations barbares sont plus fortes, les comtes sont majoritairement francs, ou tout du moins à non-germaniques.
On est à une proportion de 3 contre 1. Cela témoigne du sens politique des rois mérovingiens. Ils ont su ménager là où il le fallait les sociétés galo-romaines. Le comte doit être considéré comme le délégué du roi. Ses attributions sont la déclinaison au plan local des prérogatives royales. Ses attributions sont donc extrêmement larges. Le comte dispose notamment du pouvoir de banc. Ce qui lui permet d'édicter des règlements, notamment pour maintenir l'ordre au sein de son tabus.
Il perçoit d'ailleurs des amendes pour les effractions au banc comptal, 15 sous. Mais il perçoit également les amendes au banc du roi. Qu'il doit reverser à un moment dans l'année. Il préside également ce comte, le tribunal royal, ce qu'on appelle le malus Il le préside dans son pagus et il promulgue les décisions de ce tribunal Il organise toujours ce comte la levée des hommes libres de son pagus lorsque le roi convoque l'hoste C'est lui également qui perçoit les impôts dus par les épidans du pagus ou ceux qui y passent, les fameux théâges Il le fait en qualité de représentant du roi.
Il est également chargé de contrôler la gestion des domaines fiscaux situés dans son ressort. Et donc, chaque année, comme je l'indiquais, le comte doit porter au trésor royal les sommes qu'il a perçues au nom du roi. après avoir déduit la part qui lui revient à titre de rémunération. Le comte se voit attribué de fait des revenus importants. Il conserve ainsi une partie du frégus et des amendes au bord royal. La charge comptale fournit ainsi des revenus considérables à son titulaire, titulaire qui jouit en outre d'exemption fiscale attachée à sa nobilitas.
En effet, comme sous l'Empire romain, l'aristocratie et exercice de haute fonction publique sont liés. Le comte est titulaire d'une fonction publique, on parle d'un honneur, qu'il remplit au nom du roi. La question que l'on doit se poser, c'est comment le comte est-il nommé ? encore le plus simple bon du monde le comte est librement choisi par le roi compagnon du roi et il pourra au moins en théorie le révoquer comme bon lui semble cela c'est ce qui ressort des actes officiels dans la réalité les choses sont un tout petit peu plus compliquées et là on ressent par contre une conception germanique du pouvoir en effet le roi ne peut exercer une autorité effective sur l'ensemble des territoires qui forment son royaume sans le concours de l'aristocratie de ceux qui appartiennent justement à cette catégorie de comte notamment cette aristocratie détient la richesse foncière mais c'est elle qui est également à la tête de vastes clientèles locales il constitue ainsi un relais indispensable au pouvoir royal le roi ne peut s'imposer face à cette aristocratie il doit composer avec elle il doit ainsi les associer à l'exercice de pouvoir L'attribution des fonctions publiques apparaît dès lors comme la rémunération de la fidélité que le roi exige d'eux.
Dès lors, le roi voit son pouvoir grandement limité, notamment lors de la révocation éventuelle d'un comte. Comme je l'indiquais, normalement le roi peut révoquer le comte comme bon lui semble. La charge est regardée comme la contrepartie de cette fidélité. Celui qui est privé de sa charge, alors même qu'il a parfaitement servi le roi, peut être dès lors porté à considérer qu'il est sanctionné injustement. Il peut s'estimer enclin à rejeter désormais l'autorité du roi. Sa fidélité ne reçoit plus de contrepartie, ce qui veut dire qu'il peut également inciter la population à se détourner du roi.
Le poids des structures sociales et des mentalités conduit ainsi à l'instauration d'une certaine stabilité dans l'attribution des charges comptables. Voilà la réalité. C'est surtout à partir de la seconde moitié du VIe siècle que les limites de l'autorité royale se font sentir sur les comptes, notamment à cause des guerres que se livrent les descendants de Clovis. Le pouvoir de chaque roi dépend plus que jamais de sa capacité à récompenser ses leudes afin de conserver leur fidélité. En effet, les nobles sont tentés de profiter des rivalités entre rois pour monnayer leur soutien, quitte à trahir leur premier serment de fidélité, afin de servir un autre roi qui, lui, se montrera plus généreux.
Ce phénomène est d'ailleurs évoqué dans ce que l'on appelle le pacte d'Andelot. Pacte d'Andolo conclut entre le roi de Bourgogne, Montrand, et son neveu, Childebert II, roi d'Austrasie, en novembre 587. Chacun promet à l'autre de ne pas conserver à son service les leudes qui auraient manqué à leur serment de fidélité. Enfin, et c'est notre dernier point, le roi mérovingien emprunte aussi à l'Église. Clovis se fait chrétien, il est baptisé. Il se concilie ainsi les sujets gallo-romains.
Alors, cela ne change pas profondément la nature de son pouvoir. Il est simplement baptisé à Reims. Il n'est pas encore sacré. Il n'est pas sacré. Mais ce baptême a pour aurait fait de lier l'Église et le Réunion Francorum. Il devient roi chrétien et gagne l'appui des évêques.