Les Mérovingiens le royaume mérovingien. 486. En 486, Clovis entre en conflit contre Siagrius. Qui est Siagrius ? Selon certains auteurs, notamment le chroniqueur Grégoire de Tours, évêque de Tours et historien, 539-594, Siagrius est présenté comme le dernier roi des Romains. Comme le roi des Romains. Il est à tout le moins considéré comme le dernier symbole vivant de cinq siècles de domination romaine en Gaule. Quel est l'enjeu du conflit ? L'enjeu du conflit est le contrôle de la région située au nord de la Seine.
Clovis remporte la bataille. Il remporte cette bataille lors de la célèbre bataille de Soissons. Nous sommes en 486. Clouvis règne alors jusqu'à la Loire. Il se trouve désormais face à d'autres peuples germaniques qui ont constitué des royaumes indépendants. Au sud, d'un côté les Visigoths, de l'autre les Burgondes. Il va progressivement les éliminer. C'est d'abord le cas des Visigoths. Il semble que la domination de ces germains soit alors de plus en plus mal supportée par les sujets gallo-romains, ou pour de simples raisons de religion.
Il faut revenir sur cette question de religion. Elle est extrêmement importante pour nos groupes. En effet, les peuples germains, en entrant dans l'Empire romain d'Occident, étaient animés par un désir d'assimilation. A leurs yeux, la civilisation romaine était la civilisation par excellence. Pour y accéder, il fallait en adopter ainsi les traits caractéristiques, au premier rang desquels la religion la religion chr devenue religion officielle de feu depuis notre fameux de Thessalonique Or les Visigoths ont fait exactement la m chose que les autres germains.
Ils ont essayé de rentrer dans cette civilisation. Ils se sont convertis au christianisme. Mais si ces Visigoths se sont bien convertis au christianisme, ils ont adopté une variante que l'Église, depuis le concile de Nice, 325, condamne l'arianisme. Et la population gallo-romaine, elle, a suivi ce qui avait été décidé lors du concile de Nice. Donc on est face à ces visigots qui suivent l'arianisme et cette population gallo-romaine qui, elle, rejette l'arianisme puisque condamnée par le concile de Nice.
Faisons un bref rappel sur cet arianisme. Le concile de Nicée avait été en effet dicté par le fait que l'arianisme s'était développé rapidement, entraînant des discordes importantes dans l'Église. L'Église était divisée. Vous allez dire, mais qu'est-ce que l'arianisme ? L'arianisme, c'est une doctrine notamment professée par Arius. Et cette doctrine nie la divinité du Christ. Concrètement, il refuse la consubstantialité, c'est-à-dire l'égalité de substance du Fils avec le Père, et considère le Fils, le Christ, comme d'une nature inférieure subordonnée au Père.
Constantin, qui s'était, je vous rappelle, lui-même converti au christianisme, avait ordonné la tenue de ce concile. Concile qui s'était donc tenu dans la ville impériale de Nusée. C'est montrer l'importance que l'on donne à ce concile. Et pour clore tout débat, un texte, un symbole de foi avait été composé, le credo. Dans ce credo, il était souligné que le Christ était de même nature que le Père. L'arianisme était ainsi officiellement condamné. Condamnés, oui, mais certains donc continuaient cependant à le suivre.
Et parmi les partisans de l'arianisme, donc nos fameux Visigoths, qui sont sur ce point donc en opposition avec les populations gallo-romaines. Gallo-romaines qui, elles, ont suivi les dogmes du concile de Nicée. Les rois Visigoths allèrent même jusqu'à déclencher des persécutions contre leur sujet catholique au nom de leur propre interprétation de la foi. Maintenant il faut voir comment va intervenir Chlorise en tout cela Un geste politique majeur c la conversion de Clovis Clovis va en effet faire preuve d'un réel génie politique.
Il adopte le christianisme et le christianisme nicéen, subit la majorité des galoromains. Il se présente ainsi comme le défenseur de l'orthodoxie chrétienne. Après avoir épousé une princesse catholique, Clotilde, princesse burgonde, il reçoit le baptême. Nous sommes à la toute fin du Vème siècle ou au début du VIème siècle. La date exacte est encore incertaine, mais on l'estime entre 496 et 508, avec une forte probabilité pour 497. Clovis est baptisé par Saint Rémy, évêque de Reims. et il l'est avec 3000 de ses guerriers, 3000 de ses guerriers qui, comme Clovis, déposent tous les signes de leurs anciennes croyances.
Il a désormais le soutien de cette population, la population gallo-romaine, mais aussi donc de l'épiscopat catholique. Les évêques vivant dans les royaumes ariens favorisent alors la progression de Clovis. lorsque celui-ci attaque Alaric roi Visigot hérétique il est accueilli au sud de la Loire comme un libérateur et Clovis remporte la victoire sur les Visigots avoués nous sommes en 507 ceux-ci sont alors refoulés en Espagne quant au royaume Burgonde déjà en partie soumis à Clovis par son mariage ce sont ses vices qui l'annexeront au royaume franc dans les années 530.
Quel est le bilan à la mort de Clovis ? À la mort de Clovis, presque toute l'ancienne Gaule romaine est passée sous domination franque. Clovis a créé, d'une part, le Regnum Francorum, le Royaume des Francs. Un royaume des Francs qui correspond grosso modo au territoire français actuel augmenté de la Belgique, le territoire d'origine des peuples francs. De même qu'il a fondé d'autre part une dynastie, celle des Mérovingiens. Clovis porte porté le titre de Rex. Il transmet sa couronne ses fils qui eux porteront alors le titre de Rex Francorum au roi des Francs Un titre qui sera port jusqu c du Moyen Rex ancorum mais pas Rex galiae Le roi se trouve ainsi désigné non par le nom du pays qu'il a conquis, mais par le nom de son peuple.
Il y a là une ambiguïté. Le roi des Francs ne règne plus seulement sur ses francs. Il gouverne un territoire, un territoire où coexistent plusieurs ethnies. Les barbares, à vrai dire, ne représentent même qu'une minorité. Les Romains sont largement majoritaires, les Gallo-Romains sont largement majoritaires. Entre 15 à 20 millions de personnes, alors que les Germains, Burgondes, Visigoths et autres francs ne dépassent pas quelques centaines de milliers. De même, les Mérovagiens semblaient disposer de moyens permettant de faire survivre la notion de res publica.
Pourquoi ? Tout simplement parce que d'une part, les Francs ont longtemps été des agents de l'État romain. clovis se considérait lui-même comme un rouage administratif de l'empire romain ces fonctions lui permettaient de cerner la distinction entre le titulaire du pouvoir l'empereur et l'exercice effectif du pouvoir les fonctions administratives mais aussi d'autre part ces mérovingiens étaient entourés de nombreux dignitaires de l'église dignitaires de l'église non seulement emprunt d'une très grande culture romaine, mais qui avait également un droit, le fameux droit canonique, qui distinguait lui-même soigneusement entre la fonction et le titulaire de la fonction, la res publica.
Pourtant, si l'on se place au temps de Clovis et de ses successeurs, on peut voir que va dominer une conception germanique de pouvoir. Cet emprunt se trouve aussi dans le contenu même du pouvoir. Alors le tout sera, comme nous verrons dans une prochaine vidéo, atténué par des emprunts à la société romaine, mais aussi à l'Église. des emprunts tout de même modernes.