Nous voilons donc avec Constantin. Le christianisme va devenir, alors pas avec Constantin, mais il va devenir à l'issue de cette évolution une religion d'État. Voyons tout d'abord le rôle de Constantin. Nous sommes en 312. L'Empire est alors divisé entre quatre co-empereurs censés gouverner fraternellement. Deux d'entre eux se partagent l'Orient, tandis que l'Occident est partagé entre un certain Licinus et Constantin, qui gouverne la Gaule, l'Angleterre et l'Espagne. Alors, Constantin n'était pas destiné à gouverner l'Italie Mais un cinquième larron du nom de Maxence avait usurpé le gouvernement de l'Italie alors qu'il ne faisait pas, lui, partie du système tétarchique Constantin entre en guerre contre Maxence et c'est au cours de cette campagne militaire que tout va basculer pour le christianisme Alors, j'entends, bien évidemment, là je suis en train de raconter peut-être la petite histoire, c'est sur du plus long terme, mais c'est important de connaître ces événements. « Par ce signe, tu vaincras ! » Ces paroles, Constantin les entend dans un rêve alors que le lendemain, il doit combattre Maxence pour obtenir la domination de Rome.
Le Dieu des chrétiens lui promet la victoire s'il affiche publiquement sa nouvelle religion. Afficher publiquement sa nouvelle religion, cela veut dire quoi ? Utiliser le signe, le signe qui rappelle justement le christianisme. Former des lettres grecques X et P, initiales du mot Christos, Jésus-Christ. Le lendemain de ce rêve, le 28 octobre 312, Constantin sort victorieux de la célèbre bataille du pont Nilvius. Bataille dans les faubourgs de Rome, le long du Tibre. Maxence est écrasé. Il est tué par les soldats de Constantin. soldats de Constantin qui arborent sur leur bouclier le signe de la nouvelle religion de leur chef.
Ce signe sur le bouclier n nullement que ces soldats soient eux devenus d des chr Au contraire l restera m longtemps un foyer du paganisme Mais il l'arbore parce que c'est le signe du chef. Alors la question que l'on doit se poser à l'issue de cette petite histoire, est-on face à une conversion sincère ou un calcul politique ? La question demeure ouverte. Mais l'empereur Constantin adopte le christianisme et devient même le protecteur de l'Église. En 313, c'est ce qu'on appelle l'édit de Vinan.
En 313, lors de conférences tenues à Milan entre Constantin et Licinus, un texte célèbre, l'édit de Vinan, accorde aux chrétiens le libre exercice de leur culte. Texte qui prévoit aussi, au passage, la restitution des biens confisqués aux chrétiens. Très vite, à la suite de ce texte de 313, ce régime de simple tolérance évolue en un régime de faveur envers l'Église chrétienne. On passe donc à nouveau de la tolérance à un régime, cette fois-ci, de faveur. L'État impérial concède à l'Église chrétienne divers privilèges aussi bien sur le plan patrimonial que sur le plan juridique.
L'État reconnaît à l'Église la capacité patrimoniale, c'est-à-dire la possibilité de posséder des biens. Une capacité que l'empereur s'empresse d'alimenter par diverses généralicités des donations Il offre notamment des terres ou encore son palais du latran Ces largesses permettent à l'église de constituer rapidement un patrimoine considérable De même, on accorde des exemptions fiscales L'État accorde aux clercs des franchises de taxes personnelles ou de corvées. Pourquoi ? Bien tout simplement parce que ces corvées sont jugées comme incompatibles avec la dignité cléricale.
Autre privilège, on trouve parmi les privilèges fiscaux, on trouve, pardonnez-moi, je reviens, À côté de ces privilèges fiscaux, on trouve également des privilèges judiciaires. En ce qui concerne ce point une disposition importante de Constantin date de 318 On reconna officiellement la juridiction l audientia c la juridiction et donc le pouvoir juridictionnel de l Les évêques avaient en effet depuis longtemps pris l'habitude de juger deux sortes d'affaires à travers cette juridiction. D'une part, en qualité de juridiction disciplinaire, il punissait les manquements à la foi et à la morale chrétienne.
Il pouvait, dans ce cadre, prononcer notamment les communications. D'autre part, ces évêques pouvaient également intervenir comme juridiction arbitrale entre chrétiens. Le recours des chrétiens à l'évêque pour arbitrer leurs différents s'était développé dans les derniers siècles sur les conseils de Saint Paul. Ce dernier avait en effet recommandé aux chrétiens de soumettre leurs différents à l'arbitrage d'un frère plutôt que de saisir la juridiction civile. Et ce conseil de saint Paul avait été suivi et souvent les chrétiens prenaient l'évêque pour arbitre.
Mais il ne s'agissait que d'un arbitrage alors privé, inspiré par le désir de ne pas mêler des païens au conflit entre fraternités chrétiennes. En conséquence de cette caractéristique, il fallait que cet arbitrage soit accepté par les deux parties On assistait à une exécution volontaire de la sentence de l'évêque L'inexécution n'entraînait par un compte que des peines religieuses Et c'est avec donc Constantin que les choses évoluent Cette juridiction prend une valeur nouvelle Et surtout, ses compétences sont largement élargies.
Au niveau disciplinaire, l'évêque demeure juge des atteintes au dôme. Mais sous Constantin, l'État commence à prêter son concours à l'exécution des décisions disciplinaires de l'autorité ecclésiastique, notamment par des mesures d'exil ou encore de confiscation des biens. En ce qui concerne l de cette juridiction entre la d si une seule partie veut soumettre son litige à cette juridiction, elle peut le faire. La juridiction de l'évêque est compétente sur la demande d'une seule partie. De plus, le recours à la juridiction de l'évêque suspend la compétence de la juridiction laïque, même si elle était d'ailleurs déjà saisie.
Et ceci tant qu'elle n'a pas rendu de jugement définitif. Tant que la juridiction ecclésiastique n'a pas rendu de jugement définitif, la juridiction laïque est suspendue. Enfin, dernier point qu'il faut souligner, les usages chrétiens s'imposent. Ils s'imposent à la vie sociale. Tel est le cas du repos dominical. L'ultime étape à cette reconnaissance a lieu après Constantin. Nous sommes cette fois-ci en 380, à l'époque de l'empereur Théodose. Théodose, à travers un édit, l'édit de Thessalonique, impose la foi chrétienne à tout l'Empire.
Le christianisme devient une religion d'État. Dans le corps même de son édit, Théodose donne un nouveau nom aux chrétiens. Ce sont des catholiques, catholicos, ce qui en grec signifie cette universalité. Les autres religions vont être désormais condamnées. condamnés. L'édit de Thessalonique marque une date essentielle dans l'histoire de l'Église. Mais en effet, que se passe-t-il pour les autres religions ? La situation, donc, est renversée. Le paganisme est attaqué. On supprime, par exemple, en 382, les prêtres romains.
Certains temples sont fermés ou détruits. Les fêtes païennes interdites. Par exemple, les Jeux Olympiques, considérés comme une fête païenne, sont interdits en 393. En 391, on punit pénalement ceux qui pratiquent le culte traditionnel. C'est au tour du culte païen d'être victime du pouvoir. Sous-titrage Société Radio-Canada