Nous sommes dans notre deuxième vidéo sur le leg administratif de la Rome à l'égard de la Gaule. Nous avons vu cette conquête de la Gaule par Rome. La Gaule conquise doit désormais être administrée. Dans les différents territoires intégrés à Rome se met en place une politique de romanisation. Alors, qu'est-ce que la romanisation ? Cette romanisation correspond tout simplement à un processus d'assimilation de la culture romaine par les populations, en l'occurrence gauloises. Elle donne naissance à une culture originale, la culture gallo-romaine.
On assiste ainsi à la diffusion des éléments caractéristiques de la civilisation romaine. Parmi les éléments caractéristiques de la civilisation romaine, bien évidemment la langue, mais aussi et surtout, si j'ose dire, le droit. Ce processus passe également par la mise en place d'une organisation administrative Il faut distinguer à ce sujet entre avant le Bas-Empire, pour la faire au plus simple, et au moment du Bas-Empire Nous avons traité dans cette vidéo de la première phase Celle qui suit directement cette phase de conquête et quelques années plus tard donc avant le bas-empire une autre vidéo sera consacrée au bas-empire en lui-même qu'en est-il donc avant le bas-empire ? privés de leur souveraineté les peuples gaulois ne sont pas immédiatement réorganisés après la conquête César, rappelons-le a eu la prudence de conserver les structures tribales existantes et d'éviter des représailles.
Il essaye ainsi d'éviter ce qui s'était passé au moment de la grande coalition gauloise. Il s'agit ainsi dans un premier temps d'administrer dans la paix. Progressivement, et tout en maintenant cet objectif d'administrer dans la paix, les Romains vont d'une part implanter le modèle de la cité tout en respectant l'organisation indigène. Le territoire des peuples gaulois est constitué par une soixantaine, on va dire classiquement, de clans qui deviennent alors, avec les Romains, autant de cités. D'autre part, ils vont également regrouper ces cités en province et il y en aura trois.
Enfin, ils vont tenter de fédérer les diverses provinces gauloises à travers une institution, le Conseil des Trois Gaules. Voyons ces trois éléments. Cité, province et cette fameuse institution particulière à la Gaule, le Conseil des Trois Gaules. Premier point, les cités. A chacune de ces cités, un chef lieu et ses propres institutions. Alors, au passage, ces institutions sont calquées sur ce que connaît le monde romain, sur le monde civique romain, et utilisent aussi une partie du vocabulaire de cette cité romaine.
On trouvera ainsi, oui, on vient de le dire, des cités, mais aussi donc un Sénat, un Sénat municipal qui correspond ici à une assemblée de notables locaux. Le Sénat à Rome et le Sénat municipal au sein des cités. Celui-ci correspond souvent à un ancien lieu de rassemblement gaulois, un site religieux ou encore à un marché, où se tenait un marché. Voilà où se trouve le chef-lieu. Une cité, un chef-lieu et des institutions. Parmi ces institutions, encore une fois, ce que la Rome connaît, elle essaye de dupliquer ce qu'elle connaît, tout du moins en utilisant des termes proches.
Et notamment ce fameux mu-sénat municipal. L'objectif, à travers ce chef-lieu, est d'établir au sein de celui-ci une administration stable sur laquelle le pouvoir central peut tout simplement s'appuyer. Mais cette organisation en cit n pas seulement administrative elle permet aussi d les peuples gaulois dans la fameuse res publica romaine Qu que la res publica La « res publica » au sens romain désigne l'ensemble de la communauté civique et de ses institutions. En transformant les anciens clans en cités dotées d'institutions municipales, Rome fait des Gaulois des participants.
Alors, à des degrés divers bien évidemment, mais des participants à la vie politique de l'Empire. Ils font partie de la res publica. Alors cette res publica, elle apparaît aux environs du Vème siècle avant notre ère, avec notamment la naissance de la République romaine. Elle désigne donc la communauté politique romaine, une communauté que Rome cherche à étendre et organiser dans les territoires conquis. nous y reviendrons. Au-dessus, si j'ose dire, de ces cités, les provinces. À la province narbonnaise que nous avons vue lors de notre première vidéo au sujet de ce leg administratif, s'ajoutent donc trois nouvelles provinces.
Lesquelles ? La Belgique, au nord de la Seine et de la Marne, la Lyonnaise, entre la Loire et la Seine, et enfin l'Aquitaine des Pyrénées à la Loire. Ces trois dernières provinces sont donc les trois Gaules, les Tresses Galiae. Ces trois nouvelles provinces correspondent à l'ancienne Gaule chevelue. À la tête de chacune de ces provinces, un homme, le gouverneur. À partir de 27 avant notre ère, une distinction doit être réalisée. Il existe en effet de sorte, on va dire, de province.
Les provinces sénatoriales, elles dépendent du Sénat de Rome et les provinces qui seront ensuite rattachées à l'empereur. Elles relèvent, elles, directement de l'empereur. Alors, pourquoi cette distinction ? Eh bien, tout simplement parce que pour les provinces impériales, ces dernières sont situées à proximité des barbares. Leur pacification est encore incomplète et exige ainsi la présence de troupes. Les provinces sénatoriales sont elles considérées comme pacifiées. La Narbonnèse est une province dite sénatoriale. Elle dépend du Sénat romain. C'est donc le Sénat romain qui décide, par tirage au sort, la personne qui l'administrera sur son contrôle pendant une année.
Donc c'est ce Sénat qui va décider, le Sénat de Rome qui va décider, qui administrera la province sénatoriale sous son contrôle pendant une année. Alors qui peut-il être ? Alors il appartient à l'ordre sénatorial. C'est un ancien prêteur ou un ancien consul. Alors très rapidement, ces deux titres correspondent à des magistratures élevées à Rome. Il est sorti de cette charge depuis au moins cinq ans. Le Sénat procède seul au tirage au sort, sauf intervention de l'empereur qui peut écarter tel sénateur qu'il ne souhaite pas voir prendre le rôle de gouverneur.
Ce gouverneur prend alors le nom de proconsul Il est rémunéré, ce proconsul, par le Sénat Et il dispose de la potestas et de l'imperium Alors l'imperium est ici purement civil Ce qui limite ainsi son pouvoir à la juridiction, civile et criminelle Mais il dirige aussi l'administration civile. Alors pourquoi a-t-il simplement l'imperium civil ? Tout simplement parce que ces provinces sont considérées comme pacifiées et ne disposent pas d'armée. Les pouvoirs du proconsul sont quand même, même s'il n'a que l'imperium civil, importants. puisque cela va du maintien de l'ordre de manière générale, de la juridiction civile ou criminelle, jusqu'à la construction d'édifices publics, comme par exemple des termes, ou encore la construction d'édifices religieux.
Ce proconsul est en général assisté d'un légat, qui lui aussi est un ancien prêteur. D pour un an par les proconsuls ce l supplie notamment le proconsul dans ses activit judiciaires L type de province est dit donc imp C'est l'empereur qui, cette fois-ci, désigne le gouverneur qui sera à la tête de ces provinces. Les trois provinces coloises que nous venons de voir sont des provinces impériales. Ici, le gouverneur est choisi par l'empereur. Et l'empereur le choisit, choisit ce gouverneur librement parmi les sénateurs de rang prétorien ou encore consulaire.
En général, il désignera un ancien consul pour les grandes provinces où il y a plusieurs garnisons, un ancien prêteur pour les provinces où il n'y a qu'une seule garnison. eux, ils sont désignés sans aucun terme fixé. Aucun terme fixé à leur gouvernement. Ils restent en général en fonction de 3 à 5 ans. Mais attention, d'une part, la mort de l'empereur met fin automatiquement à leur gouvernement, à ses empereurs. Le nouvel empereur doit renouveler en effet toutes les hautes nominations.
D'autre part, l'empereur peut mettre un terme à leur tâche à tout moment. On parle pour cet empereur d'un pouvoir de révocation « annutum », c'est-à-dire que l'empereur peut retirer à un gouverneur ses pouvoirs qu'il lui avait confiés sans justifier d'un quelconque motif. En poste, le gouverneur est alors le « léga d'Auguste ». exerçant, lui, un imperium plein par délégation de l'empereur. Il commande la légion stationnée sur son territoire. Il exerce l'ensemble des attributions civiles et militaires.
Donc, ses pouvoirs sont plus importants que celui qui dirige une province sénatoriale. On avait les cités, nous avions les provinces. Le Conseil des Trois Gaules. Là, il faut partir de l'an XII avant notre ère. En l'an XII avant notre ère, au moment où on retient que les derniers légionnaires quittent les Gaules, les troupes demeurent quand même stationnées sur le Rhin, une nouvelle assemblée fait à ce moment, l'an XII avant notre ère, fait à ce moment son apparition.
Drusus, général romain et beau-fils d'Auguste, est en effet chargé de mettre en place ce conseil qui rassemble chaque année les cités des trois Gaules. Chaque année, le 1er août, mois consacré à Auguste et à Rome, et qui au passage coïncide avec une grande fête du Gaël-André Saïtique. À partir de l'an X, cette fois-ci, se tiennent des cérémonies réunissant des délégués des cités des Trois-Gaules. Ces délégués sont choisis par le Sénat de leur cité, celui que nous avions vu tout à l'heure qui regroupait les fameux représentants de la population.
Le Conseil est présidé par un prêtre grelois. Il est élu, lui, chaque année. il est élu parmi les représentants des quelques 60 cités gauloises. Est-ce que c'est une institution, on va dire, originale, ce Conseil des Trois Gaules ? À vrai dire, cette assemblée rappelle les anciennes pratiques fédératives gauloises. Les glands, les clans, pardonnez-moi, se réunissaient déjà en concile pour prendre des décisions communes. la Nabonaise de son côté dispose de son propre concilium qui siège, lui, à Narbonne la première réunion en l'an X avant notre ère porte sur une question fiscale il s'agit de connaître la position des Gaulois sur cette question et bien ce conseil va rapidement devenir le centre politique et religieux des Gaules Sur le plan politique, ils discutent de l'administration de nos fameux gouverneurs.
En effet, ce Conseil peut porter des appréciations sur l'administration de ceux-ci. L'administration au sein de chaque province. Concr cette possibilit de porter une appr se traduit par un pouvoir d et de bl Pouvoir des loges et bl dans le premier cas le conseil peut faire une statue la gloire d gouverneur dont l'administration est saluée par ce geste. Blâme. Lorsque ce conseil estime que l'administration du gouverneur n'est pas satisfaisante, il en fait part à l'égard de l'empereur.
Il en fait part à l'empereur. Ce pouvoir d'éloge et de blâme montre que l'empereur est conscient que des abus peuvent avoir lieu au sein des provinces et qu'il entend surtout les connaître. Ce pouvoir fera l'objet de l'opposition du Sénat romain. Et malgré cette opposition du Sénat romain, ce pouvoir se maintiendra. Pourquoi cette opposition du Sénat ? Parce qu'on en vient à critiquer l'administration de celui qui représente l'État romain. sur le plan, cette fois-ci, religieux nous avons dit que ce conseil des trois Gaules allait prendre une grande autorité sur le plan politique, on vient de le voir mais également sur le plan religieux alors pourquoi est-ce que ce conseil est important ? tout simplement parce que ce conseil a été utilisé afin de détourner les Gaulois du doridisme qui au passage était déjà affaibli par la conquête et pour lequel Auguste notamment avait déjà pris des mesures répressives.
Mais quoi qu'il en soit, c'est un moyen justement de détourner les Gaulois du druitisme. Ce conseil des Trois-Gaules est en effet le lieu privilégié au sein de ces provinces du culte impérial. Toute assemblée commence par un sacrifice en l'honneur de l'empereur Dieu et de la déesse Rome Ce sacrifice a lieu au sein d'un sanctuaire Sanctuaire qui a été justement construit pour accueillir ces assemblées Sanctuaire où fut affichée la fameuse table claudienne table claudienne qui date de l'époque de l'empereur Claude le conseil des trois gaules avait demandé à l'empereur Claude d'ouvrir le sénat romain au notable de la Gaule chevelue tout à l'heure je vous indiquais que il y avait un pouvoir politique et un pouvoir religieux qui allait sortir de ce conseil des trois gaules et bien là on y est Le pouvoir politique, on l'a concrètement à travers cet exemple.
On a ces notables qui demandent, justement ce Conseil des droits gaules, qui demande à Claude d'ouvrir le Sénat romain au notable de la Gaule chevelue. Ouvrir le Sénat romain de Rome au notable de la Gaule chevelue. Claude justifie lors d'un discours devant le Sénat que nous rapporte cette table qu'il doit y avoir ouverture. Cette ouverture ferait suite à l'histoire de Rome, à son enracinement étrusque. N'oublions pas que les premiers rois auraient été d'origine étrusque, donc des étrangers à la cité romaine. et aussi donc à l'apport des migrations anciennes.
Voilà pourquoi le Sénat doit s'ouvrir. L'histoire de Rome explique cette ouverture aux notables gaulois. Les notables romanisés doivent désormais avoir accès à cette institution. Moins d'un siècle après la conquête de César, les premiers gaulois de la gauche chevelue font ainsi leur entrée. C'est une illustration parfaite de ce pouvoir politique de ce Conseil des Trois Gaules. Le Conseil des Trois Gaules entre tout de même en déclin à la fin du IIIe siècle. Pourquoi ? Il vient tout simplement parce qu'il y a une évolution majeure.
L'empereur Caracalla, par un édit de 212, a accordé la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'Empire. Cette généralisation de la citoyenneté accentue encore la place de la Gaule au sein de la res publica romaine.