Cours 43 - Les banques

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 10 : L'économie politique et la crise économique de 2008 (1)
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Bonjour à tous et bienvenue à ce cours sur les banques. Afin de mieux comprendre la crise de 2008, je vous propose d'examiner de plus près le rôle des banques. En première partie, nous allons explorer en profondeur le fonctionnement interne des banques en nous intéressant à la diversité de leurs métiers, les différents types de banques ainsi que les les risques inhérents à leur activité. Ensuite, dans une deuxième partie, nous développerons les principaux aspects de leur rôle dans l'économie en examinant plus précisément leur implication dans la création monétaire et leur contribution au financement des agents économiques. 1.

Le fonctionnement des banques. 1. Les métiers des banques. Les banques ont une activité assez diversifiée. On peut en général résumer à trois grands types de métiers leur activité. Tout d'abord la prestation de services pour le compte de tiers. Cela consiste dans la gestion et la mise à disposition des moyens de paiement, activités dont les banques conservent encore le monopole. Elles peuvent aussi gérer des actifs pour le compte de tiers ou prodiguer des conseils, notamment aider les entreprises qui veulent émettre des titres ou procéder à des fusions acquisitions.

Deuxième métier, l'intermédiation financière. Elle consiste pour une banque à servir d'intermédiaire entre les agents qui ont des capacités de financement et ceux qui ont des besoins de financement. Les banques collectent ainsi des fonds sur le court terme, le moyen terme et le long terme et prête à d'autres à travers des crédits qu'elles octroient. Et puis, on a comme troisième métier l'intermédiation de marché. Cela consiste pour une banque à aller sur les différents compartiments des marchés de capitaux, soit pour son propre compte, soit pour sa clientèle.

A côté de ces trois métiers bien déterminés, de plus en plus de banques diversifient leur activité en se tournant vers des activités non bancaires qui n'ont plus rien à voir avec leur métier initiaux. C'est par exemple les produits d'assurance ou même la téléphonie. Petit don, examinons maintenant les différents types de banques. Les banques peuvent être classées en différents types selon leur activité, leur clientèle ou leur structure. Il y a d'abord la banque de détails, qui s'adresse principalement à une clientèle de ménage ou de PME.

Elle gère leur compte, propose des produits d'épargne adaptés. Et puis à côté, on a des banques à plus large échelle, comme les banques d'investissement et les banques d'affaires. Elles ont pour clientèle principalement des grandes entreprises et l'envergure de leurs opérations est beaucoup plus importante Les banques d'affaires ne peuvent pas prendre de dépôts ou proposer des crédits Elles sont spécialisées en conseils stratégiques et financiers auprès des entreprises Cela va de la fusion acquisition à l'introduction en bourse et les missions d'obligation Exemple de banque d'affaires, c'est par exemple la banque JP Morgan et Stanley Morgan Et puis on a les banques d'investissement qui sont plus spécialisées dans l'achat et la revente de titres sur les marchés de capitaux C'est par exemple Barclays, Goldman Sachs et puis bien sûr on a la célèbre Lehman Brothers On a des banques que l va dire coop et mutualistes Ces banques sont d par leurs membres ce qu appelle des soci et qui fonctionnent donc dans l'intérêt de ces derniers.

Elles offrent des services financiers tout en impliquant activement leurs membres dans la prise de décision. Exemple, par exemple, c'est le crédit mutuel ou le crédit agricole. Et puis on a également des banques dites spécialisées. Elles se concentrent sur des secteurs spécifiques tels que l'immobilier, l'agriculture ou le financement d'entreprises. Elles offrent des produits et des services adaptés aux besoins de ces secteurs. Par exemple, les banques qui sont spécialisées dans le financement agricole ou les banques spécialisées dans le crédit immobilier.

Et puis on a également des banques dites en ligne. Elles opèrent principalement sur internet offrant des services bancaires sans agence physique. Elles proposent souvent des frais réduits et une accessibilité 24 heures sur 24. C'est par exemple ING Direct. Ces dernières années, les banques ont été conduites à se regrouper et à fusionner pour constituer des groupes de plus en plus grands. Ces banques sont alors présentes sur l'ensemble des compartiments du marché bancaire et proposent tout type de prestations.

Elles sont dites universelles et s'opposent au concept de banques spécialisées dans une activité précise. Une banque universelle peut diversifier ses activités, ce qui permet une meilleure répartition des risques, une baisse des coûts et un développement à l'étranger. Cependant, elles peuvent utiliser l'épargne des imposants pour financer la spéculation et elles font alors peser des risques plus grands sur les épargnants. Au fil des décennies, les fusions acquisitions ont conduit certaines banques à atteindre une taille considérable, de sorte qu'elles sont devenues des « too big to fail », littéralement trop grosses pour faire faillite.

Et elles sont devenues des piliers de l'économie. De sorte, elles sont considérées comme trop importantes pour faire faillite sans risquer de causer des dommages systémiques importants à l'ensemble de l'économie. Pour éviter cela, elles disposent de la garantie publique, c'est-à-dire qu'elles seront aidées quoi qu'il arrive par les institutions en cas de problème. Mais, sachant cela, cela les encourage malheureusement à prendre encore plus de risques en spéculant sur les marchés. Elles se détournent alors de leur rôle premier qui est le financement de l'économie et préfèrent souvent spéculer.

En France, en 2022, il y a quatre groupes bancaires systémiques BNP Paribas, le groupe Crédit Agricole, agricoles, la Société Générale et le groupe BPCE, Banque Populaire Caisse d'Épargne. Étudions à présent en petit 3 les risques des banques. Les risques occupent une place centrale dans le domaine bancaire. On distingue quatre grands types de risques. Le risque de contrepartie, on parle également de risque de signature ou de crédit. C'est le risque de défaillance de l'emprunteur qui ne peut rembourser.

Deuxième risque, c'est le risque de transformation ou d'illiquidité. Il provient du comportement des banques qui immobilisent des ressources courtes et les utilisent pour des emplois longs. Elles peuvent ne pas pouvoir faire face à leurs engagements en cas de retrait massif des déposants. Une banque peut ainsi se retrouver accul la faillite alors m qu se porte bien partir du moment o les d n plus confiance et demandent massivement retirer leurs avoirs Cela a le cas notamment pour la Northern Rock en 2007 qui a fait faillite en trois jours Les risques de marché constituent le troisième risque pour une banque et ils sont relatifs aux opérations effectuées par les établissements de crédit sur les marchés de capitaux.

Et puis, en quatrième risque, on a ce qu'on appelle les risques opérationnels, qui englobent toutes les pertes que les banques peuvent subir suite à une défaillance des procédures de l'établissement, de son personnel, des systèmes internes, comme par exemple une panne en informatique, ou des risques externes, comme par exemple une inondation. Les risques bancaires sont omniprésents et leur gestion efficace est cruciale pour assurer la stabilité financière et la confiance dans le système financier. Une importante réglementation a été mise progressivement en place pour réduire ces risques.

Étudions à présent en grand deux les deux principaux rôles des banques dans l'économie. Et en petit 1, on va s'intéresser à la création monétaire. La plus grande partie de la masse monétaire en circulation est créée par les banques et non par la banque centrale. Dès qu'une banque accorde un crédit à un client, elle crée de la monnaie, dès lors qu'elle ne prête pas à partir de ses ressources. L'opération est très simple pour la banque puisqu'elle consiste en une double inscription du prêt qu'elle accorde à l'actif et au passif de son bilan.

Par un simple jeu d'écriture au niveau de son bilan, la banque alors crée de la monnaie à partir de rien. On dira ex nihilo. L'opération paraît simple et on pourrait se dire qu'une banque pourrait créer de la monnaie de façon illimitée. Il n'en est rien. Une banque est sujette à de nombreuses contraintes. En effet, lorsque la banque A crée de la monnaie en créditant le compte de M. X, M. X ne laisse pas son argent sur ce compte, mais en général le donne à M.

Y, par exemple, parce qu'il achète la maison de M. Y. Or, M. Y a de fortes chances d'avoir un compte dans une autre banque. Et son compte, en général, on va dire qu'il se situe dans la banque B. Et lorsque M. X paie M. Y, au final, ça va être la banque A qui va devoir de l'argent à la banque B. Tous les jours, les banques font le bilan de l'ensemble des opérations effectuées entre elles, de ce qu'elles se doivent les unes les autres.

C'est ce qu'on appelle une opération de compensation. A l'issue de cette opération, certaines banques se retrouvent avec plus d'argent reçu que d'argent ayant fui, alors que d'autres établissements se retrouvent avec moins. En cas d'excédent, les banques excédentaires peuvent continuer à prêter. Elles vont alors sur le marché monétaire et plus particulièrement sur le marché interbancaire ou sur le marché des titres de créances négociables pour prêter de l'argent. En cas de besoin, les banques déficitaires doivent de l'argent à d'autres banques et elles vont essayer de se les procurer sur le marché monétaire, soit auprès d'autres banques, soit auprès de la banque centrale.

On dit dans ce cas là que les banques se refinancent. La monnaie que les banques se procurent auprès d'autres banques ou auprès de la banque centrale s'appelle la monnaie banque centrale. On parle également de base monétaire. C'est de la monnaie qui est émise par la banque centrale Elle ne sert pas aux transactions avec le public mais permet d les relations entre les diff circuits mon internes Elle n donc pas la masse mon En somme, les banques ne peuvent créer de la monnaie que si elles sont sûres de pouvoir se procurer de la monnaie centrale.

On appelle liquidité bancaire la somme des avoirs d'une banque en monnaie centrale. Plus la liquidité bancaire d'une banque est faible, moins elle peut créer de monnaie. Petit 2, étudions à présent le rôle des banques dans le financement de l'économie. La principale fonction des banques est de permettre le financement de l'économie. Elles donnent un financement externe aux agents économiques qui en ont besoin. Ce financement externe est possible car il y a deux types d'agents dans l'économie, ceux qui disposent d'une épargne, et au contraire, ceux qui disposent d'une épargne, ce sont des agents qui ont une capacité de financement, au contraire, d'autres agents qui ont un besoin de financement.

Les agents qui, en général, ont une épargne, ce sont les ménages, ceux qui sont souvent en besoin de financement, ce sont souvent les administrations publiques ou les entreprises. Les banques jouent alors un rôle d'intermédiaire en mettant en correspondance ces deux types d'agents On dit qu'elles permettent un financement indirect de l'économie soit en octroyant des crédits à ceux qui en ont besoin soit en allant elles-mêmes sur les marchés de capitaux pour acheter des titres Par opposition, on dit que les marchés de capitaux permettent un financement direct de l'économie car il met directement en relation les agents à capacité de financement avec les agents à besoin de financement.

Le rôle des banques dans le financement de l'économie a évolué au fil du temps. Jusque dans les années 80, le financement de l'économie se fait principalement via un financement indirect à travers le crédit bancaire. On parle alors d'une économie d'endettement. A partir des années 80, l'essor du financement direct via les marchés des capitaux se développe suite au processus des 3D, des comme déréglementation, décloisonnement, désintermédiation, qui touche l'ensemble des pays industrialisés. On passe alors à une économie de marché de capitaux.

Ces réformes modifient profondément le comportement des banques. Elles distribuent moins de crédit que par le passé mais développent leurs interventions sur les marchés de capitaux en achetant ou en vendant des titres ce qui leur permet de rester des acteurs majeurs de l'économie Cependant, elles sont tentées de spéculer davantage ce qui les détourne de leur rôle premier, le financement de l'économie En conclusion, les banques ne sont pas simplement des entités financières, mais des acteurs centraux du tissu économique mondial.

Leur diversité, leur métier et leur fonctionnement complexe sont au cœur de la dynamique financière moderne. Leur rôle est crucial via la création monétaire et le soutien qu'elles apportent à l'économie en finançant entreprises et projets. Néanmoins, les banques prennent des risques croissants, ce qui représente une menace grandissante pour l'économie mondiale.