Cours 37 - La diversité de l'école libérale

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 8 : Le renouveau de la théorie libérale
Raccourcis : espace = play/pause · ←/→ = -/+ 5 sec

Nous en arrivons au chapitre deuxième, les prolongements théoriques du canésianisme. Sans prétendre l'exhaustivité et outre celle de la monnaie et de la répartition, trois domaines de recherche postérieures ont été retenues par moi. La régulation, le déséquilibre, la croissance, donc trois sections. Sections premières, la thématique de la régulation. Dans la théorie générale, l'inflation et le chômage résultent de déséquilibres exclusifs. Je vous l'explique dans le chapitre en décédant. C'est-à-dire que l'inflation surgit aux abords du plein emploi, alors que le chômage apparaît lorsque la déflation se répand.

L'économiste Néo Zélandais-Philippes a creusé cette question en mettant à jour la possibilité d'arbitrer entre ces deux fléaux que sont l'inflation et le chômage. Et donc dans un paragraphe premier, j'aimerais évoquer devant vous cette relation inflation-chômage. A l'origine, cette relation établit une relation inverse entre l'augmentation des salaires nominaux et le chômage en longue période. Si vous voulez, c'était l'étude faite par Mene, conduite par Philippe. Et il a trouvé un trend qui retracait une relation inverse entre l'évolution des salaires nominaux et l'excédent net de la demande de travail sur le marché de la main d'œuvre.

Grâce à un ajustement économétrique donc séculaire sur la période 1851-1957, notre économiste a relié la variation des salaires nominaux à l'excédent net de demande de travail et ceci lui a permis de trouver une formule qui n'est pas à apprendre par coeur mais qui retrace donc mathématiquement cette relation inverse. En fait, avait-il fait une découverte fondamentale ? Non, parce que cet ajustement statistique qu'il a produit, non en fait rien de surprenant. Quand la demande de travail est forte, c'est à dire lorsque la croissance raréfie la main d'œuvre disponible.

Les entrepreneurs augmentent les salaires pour attirer les travailleurs résiduels et ou débaucher les employés des firmes concurrentes. En même temps, les syndicats pèsent de tout leur poids pour faire aboutir leur revendication. A l'opposé, une faible demande symptomatique de détente sur le marché du travail rabat les prétentions salariales et rend les employeurs arsimonieux. Raisonné en termes de demande excédentaire plutôt que de chômage, ne signifie pas que Philips réifiait le travail, c'est-à-dire assimilait le travail à une chose.

Non, en vérité, il ambitionnait d'en décrire les flux en se gardant bien de tout jugement moral. Il affirmait tout simplement une conviction que l'état du marché du travail fixe les salaires et émettait un postulat le chômage mesure l'écart entre quantités offertes et quantités demandées de travail. C'est l'économiste américain Lipset, vous le verrez dans mes notes puisqu'il y a des analyses graphiques qui a approfondi les assertions de Philips et finalement montrait que une des originalités majeures de la thèse de Philips tient en ce que les salaires sont déterminés par la situation du marché du travail.

Donc le rôle des prix yamineurs, sauf en cas bien entendu d'inflation importée, subit et violente. Ce sont les salaires qui agissent sur les prix et non l'inverse. Cette relation mise à jour par Philips et retravaillée par Lipset a donné lieu à ce que l'on a appelé, c'est mon paragraphe deuxième, l'arbitrage en anglais le trade-off, donc l'arbitrage entre l'inflation et le chômage. En fait les gouvernements se trouveraient face à un dilemme. Soit ils réduisent le chômage, ils réduisent le chômage au prix de tensions inflationnistes de plus en plus vives, soit ils assurent la stabilité monétaire moyennant un sous-emploi qui enfle continuement.

Les gouvernements sont donc confrontés à un choix délicat et contraint à une sorte de dosage plus ou moins subtil pour réaliser un réglage fin fine tuning de la conjoncture. Donc cet arbitrage constitue une sorte de nœud de la politique économique. Bien évidemment, ce dilemme qui a fait couler beaucoup d'encre a débouché sur une contestation. Les vérifications empiriques n'ont pas livré de résultats particulièrement concluants. A certaines époques, je pense aux années 70, la relation de Philippe, ça a été contredite par les faits puisque inflation et chômage ont dérivé de concert et non pas en opposition.

À d'autres époques, et je pense aux années 80, elle a retrouvé du crédit parce que le tassement de l'inflation et dérive du chômage à l'aide de paire. Et s'il est probable que le sous-emploi a freiné les salaires et les prix, il est juste de se souvenir que la baisse des cours des matières premières et les politiques de désinflation n'y ont pas compté pour peu. Ces constats ont fait ressortir le caractère incomplet de la relation de Philippe.

Certains auteurs ont insisté sur le fait que les salaires ne dépendaient pas seulement de la situation sur le marché du travail, mais aussi d'autres facteurs, comme entre autres, les anticipations de prix. Alors, j'ai montré dans mes notes comment on intègre ces anticipations de prix, ce qui fait que finalement, l'insertion des anticipations de prix dans le raisonnement a enrichi la relation prix-chômage et la relation de Philippe s'est appelée la relation de Philippe augmentée, sous-entendue augmentée de l'intégration de l'anticipation des prix.

Deuxième thématique que je désirais évoquer avec vous dans le cadre de ces prolongements théoriques à l'approche canésienne, c'est la thématique donc du déséquipe. Adam Smith au libéraux contemporain, en passant par Jean-Baptiste Cé et Léon Valras, auteurs connus de nous désormais, les économistes orthodoxes prétendent que la flexibilité des prix assure instantanément l'équilibre. C'est la thèse fondamentalement libérale. À l'image d'un marché à l'enquamp, les transactions interviennent qu'une fois la crier des prix achevée. Les marchés alors s'apurent. C'est ce que l'on appelle en anglais des clearing markets.

Au nom d'une réalisme, l'école du déséquilibre conteste ce point de vue soutenant que de nombreux marchés, à commencer par celui du travail, ce clôture n'ont pas à l'équilibre, mais en déséquilibre, non clearing markets. D'inspiration canésienne, elle prétend que les ajustements procèdent plus par les quantités que par les prix. C'est pourquoi d'aucun n'hésite pas à la considérer comme une réinterprétation de la pensée du maître de Cambridge. L'infectibilité des prix n'y est défendue qu'en courte période, de sorte qu'à cet horizon les équilibres sont temporaires ou encore non-valoraciens.

L'exposé de la théorie des équilibres temporaires à prefix, qui est le nom alternatif de la théorie du déséquilibre, infère que les ajustements macroéconomiques procèdent donc plus par les quantités que par les prix. En cela réside une de ses principales originalités qui n'est pas sans retentissement en matière de politique économique. Voilà qui réclame une réflexion approfondie donc tant sur le plan conceptuel qu'empirique. Donc deux paragraphes, fondements analytiques et prolongements empiriques. Les fondements analytiques. La théorie des équilibres temporaires à prefix innovent à deux égards.

Elle considère l'analyse traditionnelle des comportements de façon neuve et apporte un éclairage tout aussi neuf de la dynamique démarchée. Je m'explique. Les écrits d'Alex Leijenufoud, économiste norvégien, font figure de pionniers. Ils développent et colportent l'idée selon laquelle les vulgarisateurs de la pensée de Keynes se fourvoient dans trois domaines. La définition de l'équilibre généraire, l'analyse de la substitution entre actifs et le mode de propagation de l'information. J'expose. La première bée vue aux yeux de Leijenufoud, des prétendus, descendants de Keynes, ou disciples de Keynes, la première bée vue provient d'une appréciation inexacte de l'incidence des structures oligopolistiques.

Leur importance dans les économies modernes, affirme notre auteur, n'est pas telle qu'elle puisse motiver le rejet d'une approche en termes d'équilibre général, partant d'auteurs néokénéziens. Selon lui, il n'y a pas d'incompatibilité majeure entre la théorie de l'équilibre général et celle de l'équilibre global, c'est-à-dire en gros, la théorie libérale et la théorie canésienne. Parce qu'au fond, on ne voit pas en quoi l'ajustement par les prix, donc l'idée libérale, formerait une condition rédhibitoire à l'édification d'un modèle concurrentiel, en quoi en effet, un ajustement aussi bon, mais cette fois des quantités, s'opposeraient-ils à la formation d'un équilibre général, en vérité, en rien.

Et c'est le premier argument. Deuxième argument, les disciples de Keynes circonscrivent le processus de substitution aux avoirs, aux seuls avoirs monétaires et financiers. Le rendement de ceci servant de coups d'opportunités à la détention de cela. Vous vous rappelez que, à la section précédente, il a été question d'un demande spéculatif de monnaie. Et je vous avais expliqué que nous autres, nous nous trouvons face à un arbitrage entre doigts à geplacer ou doigts conservés, la monnaie sous forme liquide.

Et cet arbitrage entre actifs monétaires et actifs financiers, c'est-à-dire, placement, la variable sensible qui permet cet arbitrage est évidemment le taux d'intérêt. C'est la demande spéculative de monnaie. Mais vous voyez que la substitution ne joue que sur ces deux types d'actifs. Or, les genoux-fous de prétend que les kénéziens se trompent, que Keynes résonnait différemment. Pour eux, en effet, pour les kénéziens, le taux d'intérêt unit le marché monétaire, niant au passage l'existence de tout effet de richesse.

Alors que l'économiste norvégiens soutient que Keynes résonnait différemment, en voyant en ce taux d'intérêt un indice représentatif du rendement des biens en capital, incluant donc les actifs réels à la substitution. En clair, le spectre de substitution ne va pas seulement ou ne porte pas seulement entre actifs monétaires et actifs financiers, mais entre actifs monétaires, actifs financiers, actifs réels et actifs humains. L'actif humain, c'est par exemple l'apprentissage de l'angle ou la formation professionnelle. Ce point de vue est central, parce qu'il touche au mécanisme de transmission de la politique monétaire à la conjoncture.

En effet, pour les néokénéziens, une injection de monnaie provoque la baisse du taux d'intérêt et conséquemment une restructuration des portefeuilles en faveur des avoirs monétaires et au détriment des titres. Alors que, pour Keynes, selon les Jeunes Food, elle s'achève par une hausse de la valeur des enquêtes, certes, mais aussi de tous les biens capitaux. Il leur effecienne donc sur ce point l'argumentation libérale qui, en globe, je viens de le dire dans le spectre de substitution, les avoirs monétaires et financiers bien sûr, mais aussi les avoirs réels que sont les biens ou les immeubles et les actifs humains, que représentent les potentielités individuelles.

Enfin, la troisième critique et la plus radicale porte sur le mode de diffusion de l'information. Le mode libéral, on le sait, postule la fluidité de l'information. En son nom, il prétend qu'à l'instar de ce qui se passe sur un marché aux enchères, un commissaire-priseur, physiquement fictif, crie les prix. N'importe qui est informé de leur variation est ce, dans l'instant. Pour les Jeunes Food, les néokénéziens trahissent la pensée de Keynes parce que dans la théorie générale, l'imparfait diffusion de l'information est la cause de la viscosité des prix.

Sur le marché du travail par exemple, la rigidité du salaire nominal n'a pas d'autre origine et elle ne cesse tombe qu'à mesure que le travailleur prend connaissance des rémunérations en vigueur, ce qui limite le sous-emploi à cette phase d'apprentissage. Les Jeunes Food restent catégoriques. Il n'existe sur aucun marché de vecteur prix d'équilibre dans l'univers canésien. L'allégorie Smith et Haine de la main invisible n'y trouvent donc pas sa place. Par ailleurs, et sur le clan théorique, la théorie du déséquilibre à son propre vocable et a mis sur pied un ensemble de notions qu'il vous faudra connaître.

La notion de prix tronqué, la notion de côté court du marché, la notion d'offre et de demande notionnelle. La notion encore d'offre et de demande effective. Le concept également de report de marché parce que dans la théorie des déséquilibres, il y a une hiérarchisation des marchés. Vous voyez-vous, avec Léon Valras, nous l'avions évoqué, dans la théorie de l'équilibre général, il y a un ensemble d'équilibres partiels qui s'effectuent, si je sais, sur le même plan de chaque marché étant indépendant les uns des autres.

Avec les théoriciens du déséquilibre, nous allons avoir une hiérarchisation des marchés, donc pas sur le même plan. Et lorsqu'un déséquilibre existe sur un marché, il va rétroagir ce reporté, donc un phénomène de report sur un autre marché. C'est ce qu'on appellera des déséquilibres en cascade. Je vous prends simplement un exemple. Si sur le marché du travail, évidemment, nous nous trouvons dans une situation où il y a du chômage, donc un déséquilibre, puisque ça veut dire que l'offre de travail est supérieur à la demande de travail des entreprises.

Donc, les travailleurs sont sur le carreau. Il y a un déséquilibre. Ceci veut dire que sur le marché des biens, la demande sera plus faible qu'elle aurait été, si tout le monde avait travaillé. Donc vous allez avoir une demande effective de biens et de services qui sera inférieure à la demande notionnelle de biens et de services, celle qui aurait existé, si tout le monde avait travaillé. Bref, le déséquilibre sur le marché du travail s'est reporté sur le marché des biens, puisque sur le marché des biens, la demande sera insuffisante.

Donc il y aura bien encore des équipes. En paragraphe deuxième, quelques mots si vous voulez bien sur les prolongements empiriques de cette théorie. Le message essentiel véhiculé par la théorie du déséquilibre est l'impide. La grande variété des situations conjoncturelles plaide en faveur d'une sélectivité des politiques de l'emploi. Vu qu'elle dépend du type de déséquilibre en présence, il convient donc de révéler la diversité des diagnostics avant que d'esquisser une présentation unifiée, apte à saisir les recommandations. Voyez-vous, les théoriciens du déséquilibre disent qu'il peut y avoir des situations par exemple où le chômage est des sens kénéziennes.

On sait ce que ça veut dire. Ça veut dire que dans ces secteurs, la demande globale est insuffisante. Par contre, dans d'autres secteurs, le chômage peut être des sens classiques, des sens libérales, ce qui veut dire que dans ces secteurs, le prix du travail est trop élevé. Donc il va y avoir, si vous voulez, des différenciations de situations qui vont évidemment apporter des thérapeutiques sélectives différenciées. La dénonciation des politiques globales, on mène, on monnaie depuis la seconde guerre mondiale des politiques économiques globales, donc allant dans un sens pour l'économie tout entière.

Et bien c'est ce que dénonce la théorie du déséquilibre qui a vu le jour à la fin, l'extrême fin des années 60 pour connaître ces heures de gloire dans les années 70 et peut-être encore un peu début des années 80. Donc la dénonciation des politiques globales constitue un des messages forts que délivrent les théoriciens du déséquilibre. C'est parce qu'elles décrètent des mesures uniformes pour corriger des désajustements différenciés, elles échouent. Puis que cela, elles accentuent les déséquilibres existants, voire en creuse de nouveau, ce qui défergure la conjoncture par le jeu des rapports en cascades, dès qu'il y était question il y a un instant.

C'est pourquoi des actions sélectives sont plus judicieuses. Venir à bout du chômage canaisien nécessite une stimulation de la demande effective au moyen d'une hausse de salaire nomineau ou bien d'une baisse de prix, voire de deux. Les radications du chômage classique reposent sur des propositions strictement inverses, savoir une diminution des salaires et ou une augmentation des prix, dans le but de comprimer le coût réel du travail. En marge de ces stratégies sectorielles, il incombre au pouvoir public de rendre l'information transparente.

Cette politique de fluidification de l'information poursuit un but, l'élargissement du corridor. Inventé par les genoux-foods, cette notion de corridor délimite la zone au sein de laquelle les forces de marché garantissent le retour à l'équilibre. L'économie est dans ce corridor relativement stable. L'intérêt d'y évoluer est manifeste. Cette bande de pleine emploi n'ont plus ce point de pleine emploi, une zone si vous voulez, une bande. Bon, cette bande de pleine emploi, comme son nom l'indique, est élace étroite.

Mais dans cette bande, les choses fonctionnent à la libérale. Par contre, le risque de sortir de cette bande est grand et la probabilité de s'y trouver faible. Et on voit bien la tirance de la théorie des équilibres vers les présupposés canésiens. Les autorités ne doivent pas l'oublier. Sous réserve d'accorder le statut de bien économique à l'information, chaque acteur aura à cœur à la gérer de son mieux. La théorie de la recherche d'emploi, qui s'inscrit dans le courant de la refondation de la politique économique sur les micro-comportements, le démontre avec force.

Quelques mots donc pour finir sur cette théorie, que l'on appelle aussi la job search theory, dit aussi théorie de recherche d'emploi. Cette théorie soutient que sur le marché du travail, le mécanisme d'ajustement est quantitatif en vertu de l'information imparfaite qui règne. Donc là encore éloignement des présupposés libéraux, puisque ce n'est pas le prix du travail, mais quantité qui provoque l'ajustement. Et cette théorie prouve l'existence d'un chômage temporaire par le temps que mettent les individus à trouver la situation qu'ils convoitent.

Je voudrais être simplement très clair et vous l'exposer ainsi. Le recours au calcul rationnel redevient utile dans cette théorie du fait que l'activité de recherche prend du temps. Il est logique de supposer qu'elle découle de la confrontation de coûts en durée par ce temps et du bénéfice escompté du fait de la quête d'information durant ce temps. Au titre des coûts, figurent les débours monétaires, confection de documents, photocopie, frais de postage, déplacement, appel téléphonique, achat de revue spécialisé, j'en passe, mais aussi de coûts d'opportunités qui évaluent le meilleur salaire qui aurait pu être accepté pendant ce temps, mais qui ne l'a pas été parce qu'on a préféré affiner sa recherche d'emploi.

On admettra sans difficulté que ces coûts, qu'ils soient réels ou d'opportunités, croissent avec le temps. Par ailleurs, et partons du principe que les chances d'obtenir de meilleures conditions s'amenuisent au fil des jours, le bénéfice attend du se présente comme une fonction décroissante du temps. La durée optimale de recherche qui diffère d'un individu à l'autre, chacun ayant ses préférences propres, s'obtient donc par égalisation de deux éléments de la dépense de temps que sont le coût marginal qu'on peut en attendre et le bénéfice marginal également espéré.

Les prescriptions de politiques économiques en dérivent, intensifient la concurrence, supprimez les rigidités, indemnisez le chômage sans excès, infléchir la désutilité du travail en allégeant la fiscalité. On voit bien là que même au travers d'une analyse des sciences canésiennes, le fondement micro-économique est attend.