Dans cette section, j'examinerai trois paragraphs. D'abord, je voudrais, pour que vous compreniez par rapport à ce que l'on vient de dire chez les libéraux, je voudrais signifier dans un paragraph premier que l'épure conceptuelle kénésienne est une épure complètement revisité par rapport à celle des classiques. Nous avions vu que les classiques avaient une vision micro-économique et bien les kénéziens vont avoir une vision macro-économique. En d'autres termes, on aborde la chose économique de façon globale en traitant des quantités et des prix au travers de confrontations d'agrégats.
Nous avions vu que, deuxièmement, les classiques raisonnés en statique avec les kénéziens, nous serons surtout en statique comparative. En d'autres termes, on partira d'une situation, laquelle en général sera jugé insatisfaisante, on prendra donc des mesures et on jugera le résultat. Donc on comparera la période d'arrivée avec la période de départ. C'est de la statique comparative en économie. Alors que, troisièmement, les libéraux s'inscrivaient dans une logique de raisonnement de longue période. Les kénéziens vont s'inscrire dans une logique de raisonnement de courte période, fasciner qu'ils étaient, mais surtout John Menard Keynes, par la rupture qui avait provoqué la crise de 1929-1931.
Donc il fallait agir vite. Quatrièmement, tandis que les classiques répute les agents rationnels, Keynes émettra des doutes et dira que les agents sont parfois rationnels, parfois irrationnels. Enfin et surtout, si les libéraux voyaient des équilibres durables, les kénéziens vont examiner des équilibres durables et parfois de conséquences, les équilibres dans la théorie kénézienne deviennent rares et quand on les obtient très rarement, ils sont éphémères. Donc on a bien compris que les points que je viens de relever, vision macroéconomique, statique comparative, courte période, rationalité, décomportement, des équilibres durables, équilibre et fémère, constituent une véritable scission méthodologique avec le modèle libéral antérieur.
Mais ce n'est pas tout. Il y a une deuxième scission qui est une scission à caractère fonctionnel. En effet, la théorie kénézienne fonde son raisonnement sur le concept de demande globale. En vérité, nous allons avoir donc une production potentielle, c'est-à-dire celle que l'économie est capable de réaliser et en sorte qu'un tout le monde a du travail et que toutes les machines sont employées. Ça, c'est l'offre potentielle. Mais constater avec kénézi, que en général la demande effective n'est pas à la hauteur de cette offre potentielle.
Elle est la plupart du temps en-deux-ça. Et par voie de conséquence, c'est ça qui va expliquer l'existence de travailleurs sans travail, c'est-à-dire des chômeurs. Pour être très précis, revenons sur les points que nous avons examinés avec les libéraux pour regarder les différences qui naissent dans la théorie kénézienne. Marcher du travail, marcher des biens et des services, marcher la monnaie, marcher du travail d'abord. On a dit tout à l'heure que l'offre et la demande étaient respectivement croissantes et décroissantes du salaire réel.
La demande dans le schéma kénéziens est décroissante du salaire réel. Donc, pas de changement. Par contre, l'offre de travail n'est plus croissante du salaire réel mais du seul salaire nominal. Le salaire réel, c'est ce que l'on gagne, je le répète par rapport au niveau général des prix. Le salaire nominal, c'est ce que l'on gagne. Et donc, si donc les salariés voient qu'ils sont mieux payés, ils ont tendance à débloquer leur aptitude à travailler intellectuel et manuel.
Voilà le pré-supposé kénéziens. Ce qui veut dire que si les salaires montent de 10%, mais que les prix montent de 20%, vous voyez bien que le salarié se trouve blousé puisque les prix ont monté plus vite que son salaire. Mais lui, nous regardons que son salaire est donc, comme on dit en économie, victime de l'illusion monétaire. Parce qu'il ne regarde que son augmentation de 10%. Mais en réalité, avec son nouveau salaire, il est moins riche qu'avant puisque les prix ont monté plus vite que son salaire.
Donc, oui, dans le schéma kénéziens, et il y a eu des gars au fait qu'ils se raconchent à la courte période, les salariés sont réputés être victimes de l'illusion monétaire. Toujours est-il que vous l'avez bien compris, puisque l'offre et la demande ne dépendent pas de la même variable. L'offre du salaire nominal, la demande du salaire réel, elle peut pas s'intersecter. Donc il n'y a pas la magie des prix, n'opère pas comme elle opérait Naguerre chez les classiques.
Par voie de conséquence, s'il y a des gens qui sont sans emploi, c'est pas parce qu'ils le désirent, c'est parce que la situation macroéconomique est mauvaise. Et donc la demande globale est insuffisante pour fournir du travail à tout le monde. En d'autres termes, au chômage volontaire des classiques répond le chômage involontaire des kénéziens. Deuxièmement, sur le marché des biens et des services. Vous vous rappelez que l'épreuve n'était croissante du taux d'intérêt et que l'investissement était décroissant du taux d'intérêt.
Avec Keynes, l'investissement restera décroissant du taux d'intérêt, donc pas de changement. Par contre, l'épargne n'est d'aucune manière lié au taux d'intérêt. Elle est liée au revenu de l'agent ou au revenu des agents. Parce que lorsque, suivant la loi psychologique fondamentale, elle est le terme consacré de John Medard Keynes, lorsque les personnes perçoivent un revenu, elles en dépensent une fraction et lorsqu'elles perçoivent un supplément de revenu, elles en dépensent une fraction mais moindre que le supplément de revenu.
Donc si vous voulez, ceci veut dire, à contrario que l'épargne est bien le complément de la consommation dans le revenu, de même que le supplément d'épargne est le complément du supplément de consommation dans le supplément de revenu. En foi de quoi ? Puisque l'investissement est décroissant du taux d'intérêt et l'épargne est croissante du revenu disponible, ce n'est pas la même variable pertinente. Vous ne pouvez pas concevoir un graphique là encore et les deux cours ne s'intersectent pas.
Donc il n'y a pas d'automatisme de marché, bien évidemment, et là il faut le comprendre, l'analyse est fondamentalement différente. Et puis il en va également sur le marché monétaire, parce que sur le marché de la monnaie, autant comme chez les classiques, qu'à une spritant que la masse monétaire offerte est constante, autant il avance que la demande de monnaie, qu'il reprend au classique, c'est-à-dire le fameux kpY que l'on a vu il y a quelques instants, mais il y ajoute aussi une composante que les libéraux ne reconnaissent pas, qui est la composante spéculative de demande de monnaie.
En d'autres termes, on a besoin de monnaie, tant taux pour effectuer des transactions, c'est la composante dite transactionnelle, c'est celle que reconnaissent les libéraux et les canésiens. Mais parfois, on a également de la monnaie que l'on est tenté de placer ou non. Suivez-moi bien. Si le taux d'intérêt est très bas, ce qui est le cas aujourd'hui, qu'elle est au sens propre, mon intérêt à me placer, il est très maigre. Donc je vais probablement garder l'argent que j'avais en disposition pour faire ceci et bien je vais le garder à la maison par exemple.
Donc vous voyez bien que si je le garde, j'ai des encaisses comme on dit spéculatives fortes puisque j'ai de la monnaie chez moi mais que je la place pas. Mais en revanche, si le taux d'intérêt s'élève, alors je vais dégonfler le montant de ces encaisses au fur et à mesure pour me, en vue de me placer. Et vous voyez bien que à monter du taux d'intérêt, il y a dégonflement de la demande spéculative. Et bien entendu, réciproquement, lorsque le taux d'intérêt baisse, il y a une montée des encaisses spéculatives.
Toujours est-il que la demande de monnaie chez Keynes est la reprise de la demande monnaie classique mais augmentée d'une composante donc spéculative. Je résume en disant que l'offre de travail est chez les Keynesiens liés au salaire nominal et non au salaire réel. Deuxièmement, l'offre d'épargne dépend du revenu et non plus du taux d'intérêt. Enfin, troisièmement, la demande d'enquête inclut une composante spéculative en sus de la composante transactionnelle. Ces distinctions au reste fondamentale attestent que pour Keynes, contrairement au libéraux, pour Keynes, les marchés sont interdépendants et non pas indépendants.
Par suite évidemment, l'explication que Keynes va nous fournir et du chômage et de l'inflation sont différentes. En matière de chômage, vous l'avez vu ou vous l'avez compris, il y a peu de chance pour que l'équilibre soit de plein emploi. Des anticipations, des rigidités, les structures, le temps lui-même rend le système assez visqueux au point que la coïncidence entre l'équilibre effectif et l'équilibre optimal se trouve tout à fait chimérique. Le chômage est donc des sens involontaires. Je n'aurais de cesse de le répéter dans la théorie canésienne.
Et sa cause première est l'insuffisance de la demande globale effective. Et s'agissant de l'inflation, les tensions inflationnistes et Keynes viennent du fait que la demande globale est cette fois trop forte par rapport à l'offre globale, même s'il a été un peu plus précis, comme j'aurai l'occasion de le signifier dans quelques instants. Donc nous n'avons plus une inflation d'essence monétaire, trop de monnaie en circulation, mais nous avons une inflation d'essence économique, une surpression de la demande globale par rapport à l'offre.
Donc vous avez vu, l'épure a été profondément revisité. En paragraphe deuxième, j'aimerais vous dire que le processus d'ajustement hénéziens a été repensidé et de façon profonde. Le niveau d'emploi dans la théorie générale découle donc de la comparaison entre la demande effective et l'offre disponible. Lors, égalisation se produit en un point qui, la plupart du temps, dénote un écart avec l'offre potentielle, c'est-à-dire celle qui procure un enclo à chacun. On l'a compris, des équilibres non optimaux apparaissent en conséquence et parce qu'ils perdurent, l'interventionnisme trouve sa justification.
Alors dans mes notes, vous verrez l'explication graphique des choses, bien évidemment. Mais je voudrais dire que, au risque de me répéter, c'est le niveau d'activité et non pas le salaire réel qui détermine le volume de l'emploi. C'est réaffirmé que la condition d'équilibre réside indifféramment dans l'égalité de l'offre et de la demande globale ou dans celle de l'épargne et de l'investissement. On pourra objecter au passage que je n'ai pas fait mention de l'état et que je n'ai pas fait mention des relations extérieures.
C'est tout à fait faisable. Ceci complique la présentation formelle mais n'en change absolument pas le sens. Croyez-moi. Alors dans cette vision chénésienne, on regarde d'un côté le revenu de plein emploi, c'est-à-dire le montant du revenu qui assure de l'emploi à tout le monde, avec la demande effective et là de deux choses l'une. Soit la demande effective est insuffisante soit elle est trop forte. Si elle est insuffisante, on appellera, on réputera la situation d'une situation déflationniste ou encore on dira que apparaît un écart déflationniste.
C'est-à-dire la demande étant relativement insuffisante par rapport à l'offre et donc vous le verrez sur le plan graphique. En revanche, il se peut que nous ayons un écart inflationniste, c'est-à-dire qu'on ait une surpression de la demande cette fois par rapport à l'offre et donc là vous verrez apparaître un écart de nature inflationniste. C'est l'occasion pour moi de préciser la pensée de Keynes en matière inflationniste même si cette pensée a été globalement insuffisante. Keynes pensait que l'inflation n'apparaissait pas juste au point où la demande effective commençait à dépasser l'offre effective mais l'offre globale mais légèrement avant déjà et ce pour plusieurs raisons.
La première est que les branches d'activité ne croissent pas à un rythme identique. Donc certaines tournent déjà à pleine capacité, d'autres se développent lentement, d'autres encore affrontent le marasme. Ne pouvant répondre à la demande, les premières montent donc leur prix puisqu'elles sont dans l'incapacité de produire plus qu'elles ne le font. Ce qui par le biais des relations inter-industriels propage l'inflation à toute l'économie. Donc voilà la première raison. La deuxième, qu'en face de haute conjoncture les entrepreneurs ont tendance à augmenter leur marge, inquiets du fait que le plein emploi ne sera peut-être pas durable.
Et puis la troisième raison c'est que le marché du travail est très tendu par définition puisqu'on fleurte avec le plein emploi et donc les salariés et ou leurs représentants en profitent pour pousser à la haut les coûts salariés. J'en viens maintenant dans un dernier, dans un troisième et dernier paragraphe si j'ose dire à la thérapeutique kénésienne, ce que j'ai appelé un arsenal de mesures repensées. La révolution kénésienne a suscité réflexion et action. Mieux encore, c'est un appel à la réflexion, c'est un appel à l'action.
Elle a substitué les fonctions macroéconomiques au mécanisme et elle a substitué les comportements aux automatismes. La pensée libérale jusqu'à la dominante en fut littéralement bouleversée. Dans l'effet, la pensée kénésienne a souligné le rôle de l'investissement dont le soutient de la demande, de même que celui de l'État en cas de défaillance des acteurs privés. Alors même s'il vous reviendra de développer un peu les choses à la lumière de mes écrits, je voudrais que vous reteniez trois idées majeures dans la politique kénéselle.
La première idée est que voyez-vous les recettes et les dépenses de l'État participent à la formation de l'équilibre économique. En d'autres termes, nous avons et peut-être pour la première fois dans l'histoire des doctrines une approche fonctionnelle du budget de l'État et que sans cette action, il n'est pas un équilibre macroéconomique pensable. Le plein emploi est ce qui fascine kénés parce que encore une fois, il a constaté les dégâts de la crise de 1921-1931 et bandait ses efforts pour essayer de trouver des solutions et ces solutions sont toutes incluses donc dans cette théorie générale de l'emploi de l'intérêt et de la monnaie de 1936.
Donc pour lui, l'emploi est en effet une priorité. Il est vrai qu'à son époque, deux états, l'État américain, le New Deal et l'État allemand nazi ont promu des politiques budgétaires expansives par la dépense publique même si elle a pris un tour militaire après en Allemagne. Et dans les deux pays, États-Unis d'Amérique et Allemagne, eh bien, ce fut un succès. C'est-à-dire que les pays se sont désembourbés de l'ornière dans laquelle elles avaient versé durant la grande crise.
Il n'en sera pas du tout de même en France, vous le savez. Deuxième idée, outre ce caractère fonctionnel des recettes et des dépenses publiques dans la formation de l'équilibre, c'est qu'en matière financière et monétaire, kénés préconise l'argent à bon marché. C'est ce qu'on a appelé le Tchimoné Pallécy. C'est-à-dire de faire en sorte que le coût de l'argent ou que les autorités publiques fassent en sorte que le coût de l'argent soit le plus bas possible afin de favoriser l'investissement.
C'est très simple à comprendre. Votre investissement a un certain degré de rentabilité que vous pouvez calculer. Eh bien, à ce degré de rentabilité, plus le coût du capital est faible, plus vous êtes induits à investir et réciproquement. Donc, un taux d'intérêt bas est une excellente chose pour l'économie. Enfin, 3e, dont les relations monétaires et financières internationales, je voudrais signaler que kénés sur le plan réel, c'est-à-dire sur celui des marchandises, avait une faveur marquée pour le protectionnisme et que sur le plan monétaire, il fut, il a proposé aux accords de Bretton Woods, un plan qui s'appelait plan Keynes, mais puisque sa majesté l'avait délégué à ses accords de juillet 1944, mais ce plan a ce plan fut préféré le plan White venant d'un américain, mais si j'ose dire, la loi du vainqueur s'applique partout.