Cours 35 - Le monétarisme

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 8 : Le renouveau de la théorie libérale
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Bonjour à tous et bienvenue à ce cours sur le monétarisme. Nous sommes toujours dans le chapitre 1, le renouveau de la théorie libérale. Nous abordons en section 2 le monétarisme. Face à la crise des années 70, aux échecs des politiques de régulation chénédienne a relancé l'économie. Le monétarisme se développe. Comme son nom l'indique, cette école de pensée met l'accent sur les questions monétaires. L'idée centrale est qu'il faut avant tout réguler la masse monétaire et l'initée de l'inflation.

Cette asse remet ainsi au goût du jour les idées anciennes de Jean Baudin, de David Dioume, de Jean-Baptiste C, étant à réhabiliter la théorie quantitative de la monnaie de Irving Fischer. Le chef de fil de l'école monétariste Milton Friedman, 1912-2006. Économiste américain, il obtient le prix Nobel en 1976. Il acquiert une importante notoriété auprès du grand public avec deux de ses ouvrages Capitalisme et Liberté en 1962 et La Liberté du choix en 1980 qui est issu d'une série d'émissions télévisées.

Tenant du libéralisme, Milton Friedman effectue une grande partie de sa carrière à l'université de Chicago où il devient avec cette asse monétariste une des figures emblématique de ce que l'on appelle l'école de Chicago qu'il contribue à développer. Nous allons étudier dans cette section les thèmes majeurs de son analyse. Ça remise en cause de la politique budgétaire chénésienne en grand-teint. Sa vision de l'inflation et de la politique monétaire en grandeur, son interprétation du chômage en grand-teint. Grand-teint donc une remise en question de la politique budgétaire chénésienne.

Friedman a souvent été considéré comme l'anti-cense. Il ne croit pas en l'efficacité d'une politique conjoncturelle chénésienne pour renoncer la croissance d'un pays et résorber le chômage. Comme on l'a vu précédemment, partie 2 chapitre 3, section 4, avec sa théorie du revenu permanent, il remet totalement en question la stabilité de la fonction de consommation chénésienne. La consommation courante ne dépend pas du revenu courant, seule la consommation permanente et fonction du revenu permanent en d'autres termes. La seule relation que l'on peut trouver est une relation de long terme entre nos habitudes de consommation et notre revenu moyen de long terme.

Toute politique de relance créant donc un supplément de revenu exceptionnel qui va forcément être répargée. Elle n'a donc pour Friedman aucun effet bénéfique sur l'économie du pays. Elle peut juste créer de l'inflation et engendrer des déséquilibres qui peuvent par la même déstabiliser l'économie. Si la fonction de consommation n'est pas une fonction stable du revenu, les monétaristes affirment la supériorité de l'approche par la quantité de monnaie à l'approche chénésienne fondée sur la liaison entre revenu et consommation.

Grande inflation et politique monétaire Friedman cherche d'abord à lutter contre l'inflation, qui est pour lui le mal absolue. L'inflation se définit comme la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable dépris. Quelle est la cause de cette inflation ? Pour les monétaristes. C'est un phénomène monétaire et nous réels. Idée que Friedman exprime à travers cette célèbre phrase l'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire fin de citation. La cause principale est selon ces termes une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production fin de citation.

Le responsable de cette inflation c'est l'état et les autorités monétaires. L'état a en effet tendance à vouloir augmenter la masse monétaire pour combler un déficit budgétaire afin de lutter contre le sous-emploi ou chercher à relancer l'économie en favorisant l'investissement. Pour Friedman, la lutte contre l'inflation doit être la priorité car elle engendre des déséquilibres majeurs qui peuvent se répercuter sur l'ensemble des marchés de l'économie. L'inflation perturbe en effet les anticipations des agents économiques et elle nuit à la compétitivité extérieure.

Dans cet esprit, Friedman compare en 1968 l'inflation à l'alcoolisme. Je le cite, l'inflation est comme l'alcoolisme. Lorsqu'un homme se livre à une beuvrie, le soir même cela lui fait du bien. Ce n'est que le lendemain qu'il se sent mal, fin de citation. En d'autres termes, l'inflation peut avoir des effets favorables à court terme. Cependant, ces effets deviennent extrêmement défavorables sur le long terme. Pour comprendre ce raisonnement, détaillons ce qui se passe à court terme et à long terme.

Petitain à court terme. Les autorités cherchent à relancer l'économie en mettant en œuvre une politique monétaire expensive. L'augmentation de la masse monétaire engendre une augmentation des prix. C'est la théorie quantitative. Si les prix que l'on va représenter par la lettre P augmentent sur le marché du travail, cela va réduire le salaire réel qui s'exprime, je vous le rappelle, par le rapport de W divisé par P. C'est le rapport entre W le salaire nominal et P donc le niveau général des prix.

On reprend ici les bonnes habitudes néoclassiques. Le marché du travail est régulé par le taux de salaire réel. La baisse de ce salaire réel conduit les entreprises à pouvoir embaucher davantage ce qui réduit le chômage. Mais tout cela n'est possible que parce que les agents ont été trompés. Ils ne s'aperçoivent pas tout de suite de la baisse de leur salaire réel, de la baisse de leur pouvoir d'achat. On dit qu'ils font l'objet d'une illusion monétaire. Cela est possible car ils ont pour Friedman des anticipations adaptatives.

Qu'est-ce qu'une anticipation adaptative ? Le concept d'anticipation adaptative est un concept utilisé par Friedman. Il signifie que les individus effectuent leurs anticipations à partir des événements passés. Ils réalisent au fil du temps des corrections mais cela leur prend un certain délai. A court terme, les individus ne se rendent pas compte de la baisse de leur pouvoir d'achat. Ils ne s'en aperçoivent que sur le long terme. En d'autres termes, les effets bénéfiques de la politique monétaire proviennent des erreurs d'anticipation des agents économiques.

En trompant les agents, les autorités parviennent donc à augmenter artificiellement le niveau de l'activité et de l'emploi. La théorie monétariste aborde ici les principes de la dichotomie entre la sphère réelle et la sphère monétaire chère au classique et au néo-classique. La monnaie n'est donc plus neutre à court terme. Cet effet bénéfique ne dure cependant qu'un temps. Que se passe-t-il à long terme ? Petit 2. A long terme. Sur le long terme, les travailleurs finissent par s'apercevoir de la baisse de leur pouvoir d'achat.

Ils demandent des augmentations de rémunération. La hausse de leur salaire accroît leur taux de salaire réel, et cela va accroître W sur P, mais cela va par la même occasion créer du chômage. C'est pourquoi la politique monétaire expansive devient inefficace sur le long terme. Le chômage revient à son niveau initial, mais l'inflation a explosé. On retrouve sur le long terme la théorie quantitative et l'analyse en termes de dichotomie. Il n'y a pas d'arbitrage possible entre inflation et chômage, car ils appartiennent à deux sphères d'ijointes, la sphère réelle et la sphère monétaire.

Ces effets peuvent se retrouver graphiquement en reprenant une courbe que nous avons étudiée précédemment, c'est-à-dire la courbe de Philips. Petit 3. La courbe de Philips dans la vision monétariste. Pour rappel, la courbe de Philips établit une relation décroissante entre inflation et chômage. Nous l'avions étudiée dans la partie 2 chapitre 3, section 1. Si l'on porte en abscisse le chômage et on ordonnait l'inflation, la courbe présente une tendance décroissante. Les monétaristes réinterprètent cette courbe en supposant partir de une situation A représentée par le point A sur la courbe.

Pour réduire le chômage, les autorités peuvent être tentées de mettre en place une politique monétaire expensive qui réduit le chômage en augmentant l'inflation. On passe donc du point A au point B à court terme. Cependant, à long terme les individus s'aperçoivent de la baisse de leur pouvoir d'achat et demandent des augmentations de salaire. Le chômage augmente de nouveau. Il se retrouve à son niveau initial, mais l'inflation est plus importante qu'à l'origine. On s'est situé alors au point C.

L'analyse de Friedman donne ainsi une explication du déplacement vers la droite de la courbe de Phillips dans les années 70. Cette analyse a des conséquences directes sur la politique monétaire préconisée par les monétaristes. Que faut-il donc faire ? Petit 4. La politique monétaire préconisée. En période de faible croissance, comme on vient de le voir, il faut renoncer à toute politique monétaire de relance. En période de forte croissance, la monnaie peut cependant se révéler insuffisante pour réaliser les transactions.

Friedman développe alors l'idée qu'il faut mettre en place une politique monétaire codifiée qui doit suivre un code, une règle bien précise. Cette règle, c'est la suivante. Toute augmentation de la masse monétaire doit se faire de façon proportionnelle aux taux de croissance du PIB. Au contraire, il faut abandonner toute politique discrétionnaire qui se ferait à la discrétion du gouvernement, selon son bon vouloir, gouvernement qui pourrait chercher à vouloir tromper les individus pour relancer l'économie. Une telle politique ne fonctionne pas sur le long terme pour les monétaristes.

Grand 3. Le chômage. Nous avons beaucoup parlé d'inflation mais beaucoup moins de chômage. Pour Friedman, la priorité est la lutte contre l'inflation mais quelle analyse fait-il du chômage ? Pour lui, il existe un taux de chômage naturel qui se définit comme le taux de chômage d'équilibre qui aurait tendance à s'établir sur le long terme. Ce taux dépend des structures du marché du travail et provient en particulier de ses rigidités qui perturbent l'ajustement concurrentiel des salaires. Ces rigidités peuvent ainsi provenir du salaire minimum en vigueur, de l'action des syndicats ou du niveau des allocations chômages distribuées.

Elles dépendent donc de facteurs structurels. Cette idée d'un chômage structurel se retrouve dans la notion de Nihro, Non Accelerating Inflation Rate of Un Employment, qui apparaîtra quelques années plus tard. C'est le taux de chômage qui est compatible avec un taux d'inflation stable et qui constitue actuellement un indicateur du chômage structurel. Ce taux est cependant difficile à estimer précisément. L'OCDE considère ainsi pour la France en 2017 un iRoo aux alentours de 9,2%. Quelles sont les conséquences en termes de politique économique de cet analyse ?

Une des principales conséquences, c'est que la solution pour lutter contre le chômage réside dans des politiques économiques structurelles visant à flexibiliser le marché du travail. L'idée, c'est que les politiques conjoncturales ont peu d'actions sur le niveau de chômage et finalement ne risquent que de créer de l'inflation. Ces idées ont alors un impact considérable car elles seront à l'origine d'un certain nombre des réformes du marché du travail de ces dernières décennies. Grand 4. Conclusion En conclusion, on peut dire que cette analyse permet de mettre en exergue trois principaux points de controverses entre kénéziens et monétaristes. 1.

La divergence du cadre d'analyse Kenz priviligie le court terme car si l'on reprend ses propos à long terme, nous serons tous morts. Pour frile-main au contraire, il ne faut pas hypothéquer l'avenir. Il ne faut donc surtout pas mener de politique qui pourrait creuser le déficit ou créer de l'inflation sur le long terme. 2. Divergence C'est une divergence sur l'efficacité des politiques conjoncturales de court terme. Pour Kenz, de telles politiques peuvent relancer l'économie. Pour frile-main au contraire, la politique de relance est totalement inefficace et ne peut qu'aggraver les déficits.

Quant à la politique monétaire, son efficacité est de courte durée sur le chômage. A long terme, elle ne crée que de l'inflation. Seule une politique structurelle visant à flexibiliser le marché du travail pourrait réduire durablement le chômage pour frile-main. 3. Divergence C'est une divergence de priorité. Pour Kenz, il faut à tout prix éviter le chômage et donc l'inflation est un moindre mal. Au contraire, pour frile-main, il faut d'abord lutter contre l'inflation. 4. Monétariste Les théories monétaristes ont connu beaucoup de succès.

Frile-main influença la politique de nombreux gouvernements aux États-Unis, avec Regan, mais aussi au Royaume-Uni, avec Margaret Teach-Tatcher, ainsi que dans de nombreux autres pays. Ces théories eulent également des conséquences directes sur les politiques monétaires menées par les banques centrales. Elles ont contribué, notamment, aux replis généralisés de l'inflation dans les années 80. Si la règle d'une évolution stricte de la masse monétaire reposant sur le PIB a été abandonnée, la plupart des banques centrales gardent néanmoins dans leur statut l'importance de la lutte contre l'inflation.

Cette priorité de la lutte contre l'inflation demeure ainsi inscrite dans les statues de la banque centrale européenne. Elles contribuent, comme le voulait Frile-main, à mettre au premier plan la politique monétaire par rapport à une politique budgétaire. Malgré les critiques, dont le monétarisme a fait l'objet, notamment par les écoles que l'on va étudier à la suite, comme les nouveaux classiques ou les nouveaux canésiens, certains de ces principes demeurent encore d'actualité. Ainsi, Milton Friedman, son chac de fil, constitue l'un des économistes les plus influents de la fin du XXe siècle.