Bonjour à tous et bienvenue à ce cours sur l'équilibre macroéconomique néoclassique. Nous sommes toujours dans le chapitre 1, l'école néoclassique. Nous abordons la section 9, le modèle macroéconomique néoclassique. Les travaux des économistes que nous avons décrits jusqu'à présent relèvent principalement de l'analyse microéconomique. Leur point de départ est le comportement individuel d'agents rationnels, les consommateurs et les producteurs qui procèdent à des échanges sur des marchés en concurrence pure et parfaite. Il est possible de présenter cette analyse sous un angle macroéconomique Une telle étude permet de mettre en évidence un certain nombre de grands agrégats économiques et de mieux cerner les points de rupture avec la théorie keynésienne que nous étudierons juste après Ce modèle sert souvent de référence implicite à beaucoup de raisonnements, notamment en matière de politique économique Ce modèle se représente sous la forme de nombreuses équations que nous ne développerons pas par souci de simplicité Cette section s'articule en trois parties En grand 1, nous allons étudier les hypothèses du modèle macroéconomique néoclassique En grand 2, nous décrirons sa structure En grand 3, nous étudierons la portée de ce modèle, notamment en termes de politique économique Grand 1, les hypothèses du modèle macroéconomique néoclassique Ce modèle a d'abord des bases classiques, car il reprend les trois piliers de l'analyse classique.
L'autorégulation des marchés sans l'intervention de l'État, qui est développée notamment dans la parabole de la main invisible d'Adam Smith. La neutralité de la monnaie, réaffirmée à travers la théorie quantitative de la monnaie. Et enfin, troisième pilier, l'idée que l'offre fait la demande, idée que l'on retrouve notamment dans la loi des débouchés de Jean-Baptiste C. Ce modèle reprend également les fondements de l'analyse néoclassique, et plus particulièrement les enseignements de l'équilibre général valracien, à savoir le comportement d'optimisation des agents microéconomiques sur des marchés en concurrence pure et parfaite ainsi que la parfaite flexibilité des prix et des services qui permet à ces marchés de s'équilibrer.
Cette analyse se situe néanmoins dans le court terme. Les entreprises peuvent seulement ajuster leur capacité de production en modulant leurs embauches sans jouer sur le stock de capital. 2. La structure du modèle La modélisation se fait en résumant l'économie à quatre principaux marchés. Le marché du travail, le marché des biens et services, le marché du capital de prêt et enfin le marché de la monnaie Étudions ce qui se passe sur chacun de ces marchés Le premier marché étudié, le marché du travail Sur ce marché, les travailleurs offrent leur travail et les entreprises demandent du travail Attention en économie, l'offre de travail provient des travailleurs alors que la demande de travail émane des entreprises contrairement à ce que l'on dit dans le langage courant Les néoclassiques pensent que la variable clé qui influence l'offre et la demande de travail sur le marché du travail, c'est le taux de salaire réel.
Qu'est-ce que le taux de salaire réel ? Tout d'abord, étudions ce qu'est le salaire réel. Ce salaire peut se d comme le salaire nominal corrig par l Le salaire nominal repr le salaire effectivement vers aux travailleurs par l C'est ce que vous allez avoir sur votre fiche de paye par exemple. Cependant, un travailleur n'est pas uniquement sensible au salaire qu'il perçoit, mais également à ce qu'il peut acheter avec. et donc au prix des biens et services.
Le salaire réel est donc une mesure du pouvoir d'achat du travailleur. Si l'on appelle W le salaire nominal, P le niveau général des prix, et bien le salaire réel s'exprime comme le rapport entre W sur P. A partir du salaire réel, on peut définir le taux de salaire réel qui est en fait le salaire réel en taux horaire Comment ce taux de salaire réel influence-t-il l'offre et la demande de travail ? Voici le raisonnement des néoclassiques qui repose sur de nombreuses hypothèses Côté offre de travail, plus la rémunération horaire des travailleurs est grande, plus l'heure de travail supplémentaire procure satisfaction et utilité.
Une heure de travail supplémentaire devient alors beaucoup plus attractive par rapport à une heure de loisir. Et les salariés sont prêts à travailler davantage. C'est pourquoi l'offre de travail des travailleurs est une fonction croissante du taux de salaire réel Regardons ce qui se passe du côté de la demande de travail des entreprises Pour les néoclassiques, les entreprises paient leurs salariés en fonction de leur contribution à la production Les néoclassiques supposent ici qu'un patron d'entreprise peut évaluer précisément ce que lui rapporte chaque travailleur, qui d'ailleurs dans la perspective néoclassique, tous les travailleurs sont identiques.
Une entreprise cherche la rentabilité, elle embauche tant que le salarié supplémentaire lui rapporte plus qu'elle ne lui coûte. Il faut donc que le supplément de production lié à l'embauche d'un travailleur soit au moins égal à ce que cela coûte à l'entreprise, c'est-à-dire son salaire. Dans le jargon des économistes, on dit que le le salaire est égal à la productivité marginale du travail. Or, au fur et à mesure que l'entreprise embauche des travailleurs, le supplément de production s'amoindrit.
Les néoclassiques font ici l'hypothèse d'une production à rendement décroissant. En conséquence, plus le taux de salaire réel est important, Plus il y a de chances qu'ils deviennent supérieurs à la productivité marginale des travailleurs, et moins l'entreprise embauche. C'est pourquoi la demande des entreprises est une fonction décroissante du taux de salaire réel. Si le marché du travail est en concurrence pure et parfaite, les néoclassiques démontrent que la parfaite flexibilité du taux de salaire réel permet l'équilibre entre l'offre et la demande sur le marché du travail.
Il est alors possible de déterminer simultanément le niveau d'emploi et le taux de salaire réel d'équilibre Pour les néoclassiques, cet équilibre est un équilibre de plein emploi Cela signifie qu'au taux de salaire réel d'équilibre il n'y a pas de chômage possible Enfin, plus exactement, il n'y a pas de chômage involontaire possible. Tous les individus qui acceptent de travailler au taux de salaire d'équilibre trouvent un emploi. Les n n cependant pas totalement la possibilit de ch Ils reconnaissent l de ch volontaire et de ch frictionnel Le chômage volontaire provient des salariés qui n'acceptent pas de travailler au taux de salaire d'équilibre qu'ils trouvent trop faible.
Quant au chômage frictionnel, il résulte de déséquilibres temporaires liés au délai d'adaptation entre l'offre et la demande de travail. Il provient par exemple de l'insuffisante mobilité du travail. Ce déséquilibre finit cependant pour les négoclassiques par se résorber. Le deuxième marché étudié est le marché des biens et services. A partir du nombre de travailleurs embauchés sur le marché du travail, il est possible de déterminer le volume de production. Les entreprises utilisent en effet du capital et du travail pour produire un bien.
Mais à court terme, le capital est fixe. Il est donc possible de déduire uniquement à partir du nombre de travailleurs employés le niveau de production des entreprises C'est là que la loi de Jean-Baptiste C. intervient En raison de la loi de Jean-Baptiste C. l'offre fait la demande sans possibilité de crise de surproduction Les néoclassiques appliquent ce principe Grâce à la parfaite flexibilité du niveau général des prix, la demande s'adapte à l'offre Le marché des biens et services est alors à l'équilibre Le troisième marché est le marché du capital de prêt Ce marché permet la rencontre d'une part entre les épargnants qui cherchent à placer leurs économies avec d'autre part les emprunteurs qui ont besoin de fonds Ainsi, ce marché permet la rencontre des agents aux capacités de financement comme les ménages avec les agents aux besoins de financement comme notamment les entreprises.
On représente souvent ce marché sous la forme d'un marché des titres où il y aurait une offre de titres qui correspond à une demande de fonds prétables et une demande de titres ou offre de fonds prétables. La demande et l'offre de titres dépendent du taux d'intérêt réel. Mais qu'est-ce que le taux d'intérêt réel ? Le taux d'intérêt, c'est la rémunération du capital prêté exprimé en pourcentage du montant prêté. Il est versé par l'emprunteur au prêteur. On distingue alors le taux d'intérêt nominal et le taux d'intérêt réel.
Le taux d'intérêt nominal est le taux auquel un prêt est conclu. Le taux d'intérêt réel correspond à la charge réelle qui pèse sur l'emprunteur, en raison notamment de l'inflation. C'est ce dernier taux que les néoclassiques considèrent Que se passe-t-il alors sur le marché du capital ? En ce qui concerne la demande de titres des agents économiques Elle provient de leur comportement individuel Les agents doivent arbitrer entre consommer aujourd'hui et consommer demain Mais pour pouvoir consommer demain, ils doivent épargner Le taux d'intérêt réel apparaît alors comme le prix de la renonciation à une consommation immédiate Sous un certain nombre d'hypothèses, les néoclassiques montrent que plus le taux d'intérêt réel est élevé Plus les individus acceptent de prêter des fonds et d'épargner et plus il demande de titres.
On peut donc construire une fonction d'épargne croissante avec le taux d'intérêt réel. Au contraire, en ce qui concerne l'offre de titres des entreprises qui cherchent à investir, on peut montrer que cet investissement décroît avec le taux d'intérêt réel. On peut intuitivement comprendre que plus le co de l est moins il devient int d La part faite flexibilit du taux d r permet d ce march et de d le niveau d ainsi que le niveau d d Dans l'optique néoclassique, l'épargne qui permet l'investissement des entreprises et la production de demain joue un rôle essentiel.
La consommation n'est qu'un résidu, c'est ce qui reste aux individus une fois leur salaire touché et l'épargne déduite. Étudions à présent le dernier marché, le marché de la monnaie. Il est possible de définir un marché de la monnaie. Sur ce marché, l'offre de monnaie provient des autorités monétaires. La demande de monnaie émane quant à elle des agents qui ont besoin d'argent pour réaliser leur transaction. Il est facile de montrer que ce marché est toujours à l'équilibre.
En effet, on a ici une économie à quatre marchés. Les trois marchés que nous avons présentés jusqu'à présent étaient déjà à l'équilibre Si l'on applique la loi de Valras, le quatrième marché, c'est-à-dire le marché de la monnaie va lui aussi être à l'équilibre Grand 3, la portée de ce modèle Le modèle macroéconomique néoclassique souligne l'existence d'équilibre sur l'ensemble des marchés. équilibre du marché du travail grâce à la flexibilité du taux de salaire réel, équilibre du marché des biens et services grâce à la flexibilité du niveau général des prix, équilibre du marché du capital prêt grâce à la flexibilité du taux d'intérêt réel, enfin, équilibre du marché de la monnaie par la loi de Valras.
Les équilibres sur les marchés s'enchaînent schématiquement selon la logique suivante Pour les néoclassiques, on part toujours du marché du travail Sur ce marché, on arrive à déterminer le niveau d'emploi d'équilibre qui permet de déterminer le niveau de production d'équilibre qui en résulte Sur le marché des biens et services, grâce à la loi de C, toute la production s'écoule forcément. On en dévie donc le niveau de la demande qui équilibre l'offre de production. Sur le marché du capital prêt, il est possible de calculer l'épargne, l'investissement et la consommation d'équipe.
En fait, l'enjeu fondamental de ce modèle est de montrer que lorsque les marchés sont en concurrence pure et parfaite, les déséquilibres sont impossibles et l'économie tend naturellement vers le plein emploi. Quel rôle alors pour l'État ? Les marchés s'équilibrant naturellement, toute politique économique devient inutile. L'État ne doit surtout pas mettre en place de politiques monétaires expansives qui consisteraient dans un accroissement de la masse monétaire et n'auraient pour seul effet que de créer de l'inflation. Il en est de même de toutes politiques budgétaires et fiscales, hausse des dépenses publiques, accroissement des impôts, qui se révèlerait totalement inefficace.
Le rôle de l'État ne doit cependant pas être inexistant. Il doit s'assurer du bon fonctionnement des marchés, préserver leur flexibilité et favoriser le respect des règles de la concurrence pure et parfaite. Sur le marché de la monnaie, il doit ainsi veiller à un contrôle strict de la monnaie pour éviter l'inflation. Sur le marché du travail, si des déséquilibres apparaissent, ils sont dus pour les néoclassiques à des dysfonctionnements liés principalement à des rigidités artificielles du taux de salaire réel.
Comme par exemple l'installation d'un salaire minimum, des allocations chômage ou la présence de syndicats trop puissants. Il revient à l'État de rétablir la parfaite flexibilité du salaire réel afin d'atteindre le plein emploi.