Chapitre septième, l'équilibre. L'équilibre est une notion centrale en économie, bien sûr. Dans leur majorité, les économistes classiques pensaient que l'équilibre était immuable, ce qui ne veut pas dire instantané. Mais si tant que vous laissez le temps pour que les mécanismes de marché se mettent en mode, eh bien il arrive un moment où l'équilibre est inéluctable. Jean-Baptiste Cé sera le théoricien de l'équilibre pérenne par ce que l'on a appelé post-carièrement à lui la loi des débouchés. Je vais m'expliquer, ce sera donc l'objet de ma section première.
Par contre, il sera contesté de façon très vigoureuse par un certain Robert Malthus qui lui au contraire se présentera un peu comme l'apôtre du déséquilibre. Section première, la formulation de la loi des débouchés. Je voudrais commencer par un extrait d'un texte que vous aurez dans mes notes, mais que je trouve extrêmement important. Et que voici. Jean-Baptiste Cé écrit « Il est bon de remarquer qu'un produit créé offre dès cet instant un débouché à d'autres produits pour tout le montant de sa valeur ».
Et vous avez les écrits, enfin quelques lignes qui suivent. Mais je m'arrête sur cette phrase parce que je la trouve essentielle. Elle résume sa pensée. Comment on la quelques instants ? Il est bon de remarquer qu'un produit créé offre. Vous voyez bien que le positionnement analytique part de l'offre et non de la demande. C'est extrêmement classique. Dès cet instant, il n'y a pas de décalage dans le temps. Un débouché à d'autres produits, c'est-à-dire que l'offre suscite sa propre demande, pour tout le montant de sa valeur.
Si la valeur de l'offre et la valeur de la demande sont équivalentes, c'est qu'il est équilibre. Donc on a compris les choses. Vous trouverez à mes côtés, là encore, une formule qui résume la pensée de Jean-Baptiste Cé. C'est évidemment pas lui qui la commise, mais elle est connue comme cela dans la théorie économique. Je ne vous demande pas de la connaître par cœur, mais si vous avez quelques notions mathématiques, pourquoi ne pas la retenir ? Vous voyez en effet que si la somme des offres en valeur, c'est-à-dire des quantités produites au i par les prix respectifs et i, et ceci sur tous les marchés, i allant de 1 à n-1, je dirais pourquoi, n-1 est égal si donc cette offre en valeur est égal à la demande en valeur sur tous les autres marchés, c'est-à-dire des quantités demandées physiques, le nombre d'objets, fois pays, donc pays-d'i, c'est la valeur, c'est-à-dire les premiers en unité monétaire, et là encore sur tous les marchés, i allant de 1 à n-1.
Si l'offre en valeur est égal à la demande en valeur, c'est que le marché est à l'équilibre, et parfois de conséquences, vous comprenez la double implication qui se trouve à mes côtés, où vous voyez que on a ceci veut dire qu'il n'y a pas d'excédent en valeur sur ces marchés, je le répète, la valeur de l'offre est égal à la valeur de la demande, donc l'excédent de la valeur de l'offre sur la valeur de la demande est nul.
Ce que l'on écrira, pays, e-i, e-i étant les excédents payés dans les prix, et là encore sur tous les marchés, donc de i allant de 1 à n-1, et bien ces excédents sont nuls, c'est une autre façon de dire que l'équilibre est évidemment réalisé, mais, mais, puisque les prix ne peuvent pas être négatifs, pour qu'un produit pays, e-i, soit nul, il faut t'élevé suffit qu'un des facteurs le soit, pays ne peut pas l'être, c'est un prix, donc c'est e-i.
En vrai conséquence, vous voyez que lorsque l'on a une la somme des offres en valeur qui est égal à la somme des demandes en valeur, ceci veut dire qu'il n'y a aucun excédent de quelle nature qu'il soit en termes physiques sur les marchés, donc la demande est égal à l'offre sur tous les marchés. Je précise tout de suite avant de voir les conséquences de cette loi dédébouchée que je vous ai présenté sur le plan mathématique, et qu'on appelle la loi de s'est dans la théorie économique actuelle.
Je voudrais simplement vous signifier que pourquoi une moins-un ? Parce qu'il y a un bien entre guillemets qui n'est pas mentionné par Jean-Baptiste C'est le bien-monnaie. Donc plus tard dans la théorie économique et je pense à Léon Valras, donc grosso modo, presque un siècle après, trois quarts de siècle après, ce bien sera intégré, et c'est ce que l'on a appelé postérieurement la loi de Valras. Bon, n'entrons pas et ne compliquons pas les choses. Vous avez compris ce que c'est que cette loi dédébouchée.
Cette loi dédébouchée s'exprime d'une autre manière. On dit les marchandises s'échangent contre des marchandises. On dit aussi tout offre crée sa propre demande. Vous voyez ce sont des expressions raccourcis de ce que je viens d'expliquer. Mais là où je veux en venir ce sont nos conséquences de la loi dédébouchée. Et là ensemble distinguons quatre conséquences. La première conséquence c'est que cette loi souten, l'automaticité des équilibres sur tous les marchés puisque, répétons-le, il n'y existe aucun excédent ni d'offres ni de demandes.
Une fois je le répète, le temps d'ajustement de l'offre à la demande est coulé. Deuxième conséquence, à partir du moment où il y a équilibre, il n'y a donc pas crise. Et notamment crise de surproduction. Toute crise de surproduction devient impossible. Or, à l'époque, souvenons-nous que Jean-Baptiste Serve était exilé aux États-Unis d'Amérique par Napoléon Bonaparte. Et aux États-Unis d'Amérique, puissance montante, s'il en était, il y avait une tendance naturelle à la surproduction parce que le marché américain était en termes de solvabilité trop faible.
Donc on a allégé ceci à Jean-Baptiste Serve et qui a répondu, car c'était un éternel optimiste, il a répondu, vous faites toujours attention sur les points noirs mais vous ne voyez pas là où ça fonctionne. Et son idée c'est de dire que oui, il y avait peut-être des secteurs où il y avait de la surproduction mais dans d'autres, il y avait une sous-production de sorte qu'en moyenne, il y avait bien un équilibre global sur l'ensemble des marchés.
Donc il amandera quelque peu sa loi en raison des critiques qui lui ont été adressées, en disant que certains facteurs psychologiques comme les variations relatives de la surabondance des produits, comme des variations de leur prix, comme l'ignorance de négociants, etc., sont de nature en effet à troubler la loi mais qu'au final, cette loi demeure. Et là aussi je vous ai laissé un assez long texte vous expliquant la paise de Jean-Baptiste Serve à mander. Troisième conséquence, donc automaticité des équilibres, absence de crise de surproduction.
Troisième conséquence, tout obstacle à la libre circulation des marchandises est à vanir. En termes clairs, vive le libre échange mais là encore le libre échange qui peut être aussi un échange à l'intérieur de la nation et pas forcément international mais quoi qu'il en soit, les barrières de quelque nature qu'elles soient, à réfères ou non, doivent être abolies et donc le protectionnisme, quel qu'en soit la viage, doit être banné. Et troisième conséquence et qui est peut-être la plus importante, c'est que vous voyez et je l'ai dit dans ma formulation mathématique, il n'y a pas de monnaie.
Or à l'époque de Jean-Baptiste Serve, le 19e siècle naissant, la monnaie existait bien évidemment. Donc il y a une critique qu'on peut lui adresser. Mais en fait, cette critique vient de l'appréciation qu'on les classique et spécialement Jean-Baptiste Serve du phénomène monétaire. Et là je vous renvoie à ce que l'on a dit dans la théorie l'émission monétaire et rappelez-vous cette citation de Jean-Baptiste Serve, finalement la monnaie n'est que le véhicule de l'échange. C'est à dire que les classiques n'ont donc leur conception monétaire qu'une vue transactionnelle, comme on l'a dit de la monnaie.
La monnaie sert aux échanges, elle lubrifie les échanges, elle les accélère, elle les sécurise mais c'est tout. Alors suivez-moi bien. Si l'on raisonne comme Jean-Baptiste Serve, on dit un produit A une fois qu'il est créé, est bien divendu et procure à son vendeur de l'argent. Mais cet argent est immédiatement employé à acheter le bien B qu'il convoit. Mais au final Jean-Baptiste Serve nous dira, vous voyez que la monnaie n'a été qu'un voile, c'est son terme, un voile de l'échange.
Pourquoi ? Parce que le résultat de l'opération c'est que vous avez bien troqué A contre B, je dis bien troqué. Donc il y a bien eu un échange de produit contre produit, même si la monnaie on a favorisé la transaction. Donc la monnaie n'est qu'un voile chez Jean-Baptiste Serve et le terme est toujours retenu dans la théorie moderne. On emploie de façon équivalente une autre formulation en disant la monnaie est neutre. Elle est neutre parce que si vous voulez, elle n'a pas d'impact sur les phénomènes réels.
Vous voyez qu'elle ne touche ni l'offre ni la demande, elle permet simplement l'ajustement des deux, c'est tout. Et du fait qu'elle n'a pas d'impact sur les phénomènes réels de l'activité économique, alors on la répute neutre. C'est ce que l'on appelle le postula de neutralité monétaire. Voilà la position de Jean-Baptiste Serve qui sera contestée par certains et notamment Robert Malthus. La réfutation de la loi des débouchés est donc l'intitulé de ma section seconde. Je cite Robert Malthus et vous allez comprendre tout de suite la vivacité de la réplique Malthusienne.
Voici ce qu'il écrit en 1820. De toutes les opinions avancées par les hommes capables et ingénieux que j'ai jamais rencontré, l'opinion de monsieur Cé qui énonce qu'un produit consommé ou détruit est un débouché fermé, me semble être la plus directement opposée à la théorie juste et celle qui est la plus uniformément contradite par l'expérience. Donc ces noms est trois fois non à la thèse de Jean-Baptiste Serve. Il y a un certain nombre d'arguments qui sont avancés par Robert Malthus pour expliquer que l'équilibre n'est pas pérenne mais qu'au contraire le déséquilibre est la situation la plus fréquente.
Je voudrais retenir au moins trois d'entre eux en vous disant que puisque Malthus regarde les choses du côté de la demande, il pense que cette demande est insuffisante par rapport à l'offre d'où un déséquilibre et un déséquilibre permanent. La première cause de ce processus déséquilibré tient dans l'amputation de la demande de consommation issu des non-salariés en raison de leur épargne. En termes clairs, les capitalistes ne dépensent pas tout. S'ils ne dépensent pas tout, il y a une épargne et dans la pensée classique les parles c'est une fuite puisque c'est une non-consommation.
Si c'est une non-consommation, c'est un affaiblissement de la demande et par voie conséquence c'est la première raison qui fait que Malthus pense que la demande est insuffisante. Il ajoute tout de suite que en bon classique qu'il était, il pensait que les profits s'élimeraient en long période et par voie conséquence les revenus non-salariés, c'est à dire ceux des titulaires des profits, viendraient à baisser. Par voie conséquence la demande également baisserait. C'est le deuxième argument, plus le troisième argument et le suivant c'est que parmi cette fois les salariés, eh bien ils observent comme d'autres classiques, je pense à Adam Smith entre autres, mais ils observent que finalement les salaires distribués ne sont pas à la hauteur de ce que les travailleurs ont travaillé puisque on les rémunère de façon plus basse, moindre que la valeur des biens qu'ils ont produit.
Encore une raison pour expliquer l'insuffisance de la demande efficace par rapport à l'offre. Je conclue en disant deux choses. D'abord, Malthus trouva un renfort dans ces thèses en la personne d'un certain cismondi dont nous reparlons, mais cismondé de cismondi qui était un économiste socialiste idéaliste aura une correspondance défendant les thèses de Malthus face à Jean-Baptiste Cé qui lui sera épaulé par David Ricardot. Donc ça c'est la première observation sur le plan historique, il y a eu un échange assez vif entre ces quatre auteurs, entre ces quatre auteurs pardon.
Et puis l'autre chose que je voulais signaler c'est que vous voyez bien qu'il existe une opposition irréductible entre la thèse de Jean-Baptiste Cé qui dit oui l'équilibre est automatique et pérenne et la thèse de Malthus qui dit les crises c'est à dire dont le symptôme est mesuré par les déséquilibres, les crises sont inéluctables. Cette opposition connaîtra un grand écho dans l'histoire de la pensée économique dans la mesure ou bien sûr les écrits de Marx au 19e siècle mais les écrits aussi de Keynes au 20e siècle nourriront ce débat dans le sens du déséquilibre permanent.
Et puis que dans la théorie moderne il existe aujourd'hui une opposition qui sépare les tenants du libéralisme qui croient fondamentalement à un équilibre à la langue donc de longs périodes et puis ce que l'on appelle aussi les théoriciens du déséquilibre qui porte bien l'ordon.