J'apitre 6e à présent et cinquième thème évoqué dans l'économie politique classique, la thématique de la croissance. La croissance de noms doivent y être associés. Adam Smith et Robert Malthus. Je verrai donc en deux sections. Tout d'abord les notions d'accumulation et d'essor chez Adam Smith et ensuite de population et de demande efficace chez Robert Malthus. Tout d'abord, accumulation et essor chez Adam Smith. Il y a là plusieurs temps. Le premier temps, c'est le temps des préalables. Quels sont les préalables requis pour que croissance s'il y ait ?
On se souvient que chez les physiocrates, grâce au tableau de François Kenet, il y avait une mécanique d'explication circulaire du développement économique, mais on ne voyait pas apparaître un phénomène explosif, c'est-à-dire la croissance. Avec Adam Smith, nous allons avoir une suggestion à base d'interprétations spiralelles et donc par voie de conséquences évolutives. Quels sont les facteurs indispensables de la croissance ? Adam Smith retient deux facteurs, ou deux catégories de facteurs. Les facteurs institutionnels, les facteurs économiques. Tout d'abord, les facteurs institutionnels.
Les facteurs institutionnels, et ils nous vous étonneront guère, s'appellent garanties et sécurité de la propriété privée. Ils s'appellent proclamations des libertés commerciales tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des territoires. Et ils s'appellent encore existences d'un travail productif, abondant. Voilà les facteurs institutionnels qui conditionnent la base de la croissance. Et même si Adam Smith insiste sur eux au départ, il les négligera par la suite dans ses démonstrations de façon probablement regrettable. À côté des facteurs institutionnels, il est des facteurs économiques.
Les facteurs économiques du développement accompagnent la croissance puisque, et voilà la telle centrale, c'est l'accumulation capitalistique qui enclenche la dynamique économique. Donc gardons ça bien en esprit, et d'où l'intitulé de ma section, accumulation et essor. Il n'y a pas d'essor sans accumulation préalable de capital. Là encore, il faudra voir les mécanismes et comment ils jouent à base de petits graphiques. Mais moi ce que j'aimerais retenir pour vous, c'est sur le plan littéraire. Je vous ai donné d'ailleurs pas mal de textes explicatifs ou évocatifs, mais j'aimerais retenir pour vous deux ou trois idées centrales.
D'abord, comment s'enclenche le phénomène d'accumulation et de croissance ? Suivez le raisonnement. On pourrait imaginer qu'il y ait deux moteurs que je vais séparer, mais qui en vérité dans la pensée de Smith, sans boîte, travaillent en synergie. Le premier moteur le voici. On part de l'accumulation du capital et on dit, l'accumulation du capital suscite une division du travail indéniable. Cette division du travail, en poussant la productivité, étire les échelles de production. Et par voie de conséquence, les profits qui dépendent des quantités produites sont plus importants.
Et par voie de conséquence, grâce à ces profits plus importants, on va pouvoir investir plus, en d'autres termes, accumulés. Vous avez compris le premier moteur. Partant de l'accumulation, il arrive vers une accumulation, mais telle que l'accumulation finale est supérieure à l'accumulation de départ. Premier moteur. Ce bon moteur, on part toujours de l'accumulation du capital, qui je le répète, est le ressort de la croissance. Mais si il y a accumulation du capital, on peut distribuer plus de salaire.
Et la masse salariale, c'est tant qu'un rappelons-nous la théorie du fonds de salaire, où je vous avais exposé que la demande de travail des firmes est à proportion de leur accumulation de capital. Et bien, nous nous voici. Si l'accumulation de capital grossit, on embauche plus de personnes et par voie de conséquence, il y a une masse salariale plus importante. Qui dit, masse salariale plus importante dit demande plus musclée, et par voie de conséquence, il y a une grosse force de demande qui implique ainsi une division du travail plus poussée pour être satisfaite par l'offre.
Et par voie de conséquence, ceci encourage à accumuler du capital neuf. Vous voyez que là encore, partie du capital, on retombe sur le capital, mais l'accumulation finale, une fois encore, est supérieure à l'accumulation initiale. Et c'est deux moteurs que je viens de vous exposer, qui finalement l'infonctionnent à base d'offre l'autre à base de demande, mais dans la pensée smiféenne, fonctionnent ensemble. Mais c'est pour essayer de vous en dégrocier les traits essentiels. Voilà en gros le mécanique, la mécanique smiféenne, mais exposée sur le plan bien entendu littéraire.
Par contre, ce que je crois qu'il faut encore retenir, c'est que si l'accumulation est essentielle dans l'enclenchement et dans le déroulement de la dynamique économique d'ensemble, il existe, et vous l'avez compris, puisqu'il est évoqué dans les deux moteurs, un rôle central d'évolue à la division du travail. À Dam Smith, je vous l'avais baptisé comme étant le intre de l'économie politique classique. Et en effet, Dam Smith, c'était un jour rendu dans une fabrique d'épingles, et il y a là un texte très célèbre que je vous ai laissé dans mes notes, et il observe tout simplement, il consigne et rapporte ses observations.
Et nous montre de la façon la plus juste, que s'il n'y avait pas de division du travail, eh bien un ouvrier fabriquerait guère, qu'une épingle, voire pas plus d'une dizaine par jour. Mais dans la fabrique qu'il observe, dans laquelle il se trouve, eh bien il montre que chaque ouvrier fabrique environ 5 000 épingles par jour. On voit donc la porte cruciale de la division du travail dans le processus productif, et donc bien évidemment dans la croissance.
Ce qui veut dire que cette division du travail, et c'est encore une autre observation, appelle une plus grande dextérité des travailleurs, réalise des économies de temps substantielles, et provoque sans arrêt un besoin d'invention neuve. Pour clore, cette exposée Smith et I, je vous dirais que Adam Smith voit et confère ce que nous avions déjà subodoré, lorsque nous avions parlé des profits, Adam Smith voit l'état stationnaire comme étant le point terminal de l'histoire. C'est-à-dire que puisque les profits s'éliment jusqu'à disparaître, eh bien la pompe à investissement neuf se trouve arrêtée, et parfois de conséquence, le processus de croissance aussi.
Donc à la longue, les opportunités d'investissement se rétrécissant, eh bien il y a compression des profits, élimination des profits et stoppage de l'évolution. Bien sûr, il était conscient qu'à son époque, les choses n'allaient pas dans ce sens, mais là encore, il dira que par exemple la conquête de nouvelles colonies, donc l'extension des marchés, il dira également que l'immiction du progrès technique, la révolution industrielle, sont de nature à repousser l'échéance fatidique, mais que cette échéance est fatidique, et parfois de conséquence, c'est une question de temps, mais l'avènement de l'état stationnaire est inéluctable.
Le second auteur est donc la seconde section de ce chapitre. Le second auteur, c'est Robert Malthus, et cette section seconde, lui, est dédiée. Je l'ai intitulé « Population est demande efficace ». Pourquoi ? Parce que Malthus reprend tous les présupposés smithéens, mais par donné l'expression, ajoute deux grains de sel, mais deux grains de sel très importants, qui constitue le sature de cette section. En effet, il dit smith à raison dans l'appréciation de l'accumulation du capital, smith à raison de souligner l'importance des ressources naturelles, smith à raison de voir l'importance du secteur secondaire, et puis aussi la vitalité du commerce de manière générale.
Mais cependant, deux points vont l'endissocier. D'une part, le rôle de la population, ce sera mon paragraphe premier, d'autre part, le rôle de la demande efficace, ce sera mon paragraphe second. Il y a donc deux freins, un frein démographique, un frein économique, parlant et de l'un et de l'autre. Tout d'abord, le frein de la démographie. Le frein de la démographie, vous le connaissez vous-même, c'est la fameuse loi de population maltusienne. En fait, cette loi de population est exposée avec une rigueur scientifique totale par Maltus dans ses écrits, on s'en souvient en 1798, et c'est sur le principe de population.
Il nous montre qu'il existe un déséquilibre population subsistance qui conduit inexorablement l'humanité à sa propre perte. Je voudrais, parce que c'est important, citer Robert Maltus, et vous allez voir, sa rigueur scientifique n'est pas prise en défaut. Voici ce que note notre écrivain. Supposons donc mes postulats acceptés. Je dis que le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment plus grand que le pouvoir calatère de produire la subsistance de l'homme. Si elle n'est pas freinée, la population s'accroît en progression géométrique.
Les subsistances ne s'accroissent qu'en progression arithmétique. Une connaissance élémentaire des nombres montrera l'immensité du premier pouvoir de multiplication comparé au second. Les effets de ces deux pouvoirs inégaux doivent être maintenus en équilibre par le moyen de cette loi de notre nature qui fait de la nourriture une nécessité vitale pour l'homme. Ceci implique que, de la difficulté de se nourrir, résulte un frein puissant agissant constamment sur la population. Vous voyez même que le terme de frein est employé par Malthus lui-même.
Donc, en conclure de ce frein, il y a au moins trois implications que je voudrais vous signifier. La première implication est une implication morale. Malthus est pasteur et demande parce qu'il n'y a pas de rapport sexuel avant le mariage et que l'abstinence soit la plus forte possible durant le mariage. Est-ce que l'on appelle moral restraint, la restriction morale ? Donc on voit l'importance évidemment de sa profession qui rejaille sur ses réflexions. D'ailleurs, Malthus, pour la petite histoire, je crois n'eut que 3 enfants, ce qui à l'époque était en effet relativement peu.
Et puis, deuxième conséquence, deuxième implication, c'est une implication politique. Car à l'époque, il y avait un grand débat sur le fait de savoir si l'on devait aider les pauvres ou de la façon dont on devait les aider. Et là, Malthus dira, il faut les aider le moins possible. Le moins possible, dans ce débat. On peut trouver l'argumentation peut-être quelque peu inhumaine, mais remettons les choses dans leur contexte. Malthus est Pasteur, où est-ce que la misère s'agglutine-t-elle ?
Elle s'agglutine au porte de la paroisse. Il n'y a pas d'organisme de protection sociale dans le 19e siècle naissant. Par voie de conséquence, en tant que Pasteur, si j'ose dire, il touchait du doigt la misère. Il la voyait. Il savait de quoi il parlait. Et il est évident pour lui, à partir du moment où on donne des moyens supplémentaires aux pauvres, ceci leur permet de se reproduire et, inévitablement, d'étendre la pauvreté, puisqu'il y a un plus de pauvres.
Donc voilà l'exposé Malthusia, il ne faut pas voir une noirceur analytique, du tout, mais au contraire le reflet d'une situation catastrophique, mais qui était le reflet des conditions sociales de l'époque. Alors cette loi sur les pauvres, qui avait une origine lointaine, elle avait été édictée par l'arène Elisabeth Ier, donc en 1601. Et cette loi sera abrojée précisément, en 1834, par une loi qui portera son nom, New for Law, Nouvelle loi sur les pauvres. C'est en 1834 l'année de décès de Malthus.
A-t-il connu cette loi ou non ? Je ne suis pas en mesure de vous répondre, mais toujours est-il que un nouveau texte, donc sur les indigents, sera promulgué, au terme duquel l'assistance à domicile n'existera plus, parce que, considérée comme beaucoup trop onéreuse, et donc on lui substituera l'enfermement systématique des indigents dans des ateliers idouanes. Au-delà de ces réflexions morales et politiques, des réflexions économiques. Malthus en effet suggère quelques moyens pour retarder cette catastrophe planétaire. Et bien entendu, rappelle ces recommandations morales, mais aussi dira qu'il faut stimuler la production, pour encourager, et puis également encourager des techniques nouvelles, accélérer les importations de blé, pour qu'il y ait une suffisance alimentaire, sachant bien que ces importations seront limitées dans le temps, puisque les exportateurs, un jour ou l'autre, auront besoin de ces propres grains pour nourrir leur population.
Donc, Malthus suggère et le sait des préconisations temporaires, mais qu'il sait l'âce naître que temporaire. Frein de la démographie, frein de l'économie, et c'est mon deuxième paragraphe. Je crois avoir insisté souvent en vous disant que les économistes classiques abordaient l'économique par l'offre. Il n'a pas de même de Malthus, qui sera pratiquement le seul économiste classique à aborder les choses par la demande. Et cette demande efficace, efficient demand, deviendra bien plus tard reconnaitre un grand succès sous la plume d'un certain John Menard Keynes, et ça s'appellera la demande effective, dans la théorie générale de l'emploi de l'intérêt et de la monnaie de 1936.
L'idée de Malthus, c'est qu'il y a trois conditions qui doivent être réunies si l'on veut que la demande soit suffisamment soutenue. La première, tientant ce que la propriété foncière doit être équitablement répartie. On lui a posé la question, pensez-vous que dans l'Angleterre dans laquelle vous vivez, la propriété foncière est justement répartie, ce qui n'était pas le cas, mais il a répondu positivement pour la raison que vous savez, c'est que Malthus était le défenseur des propriétaires fonciers.
La deuxième condition est qu'il faut développer à tout rin les commerces internes et externes. Et puis enfin, créer le plus possible d'emplois improductifs. Pourquoi ? Parce que si vous avez un déséquilibre entre l'offre et la demande, tel que la demande se trouve insuffisante, si vous créez des emplois improductifs par définition, vous avez donc une offre nulle, mais comme ces personnes sont employées, elles sont rémunérées. Et donc ceci pousse la demande sans bouger l'offre. Et les emplois improductifs sont de nature à rééquilibrer le déficit de la demande par rapport à l'offre.
En sorte qu'en pareille circonstance, les recommandations Malthusiennes sont les suivantes, créer des emplois improductifs, encourager les exportations, que l'on sait être un élément de la demande en économie moderne, un élément de la demande certes externe, mais élément de la demande, puisque ce que l'on exporte, c'est ce que les autres pays nous demandent. Et puis mettre aussi en œuvre de vaste chantier public. Il y a là des préceptes kénéziens évidents, mais John Menard Keynes sera honnête et dans Anapadis à la théorie générale, pardon, rendra hommage, un vibrant hommage à Malthus.