Cours 17bis - Alfred Marshall et l'équilibre partiel

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 3 : L'analyse néoclassique (1)
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Bonjour à tous et bienvenue à ce cours sur Alfred Marshall et l'équilibre partiel. Nous sommes toujours dans le chapitre 1, l'école néoclassique. Nous abordons la section 3, partie 2, Alfred Marshall et l'équilibre partiel. Nous avons vu dans la partie précédente comment à partir d'une analyse du consommateur et de l'entreprise, Marshall arrivait à la conclusion suivante. Plus le prix d'un bien est faible, plus les consommateurs en demandent, mais moins les entreprises en offrent. Marshall s'intéresse alors à confronter les demandes des consommateurs et les offres des entreprises en regardant ce qui se passe sur le marché d'un seul bien à la fois.

Par exemple, le marché de l'orange. C'est ce qu'on appelle une analyse en équilibre partiel. Nous allons dans un grand 1 définir la notion d'équilibre partiel mise en évidence par Marshall, puis nous verrons dans un grand 2 le rôle du temps dans l'analyse. Enfin, pour finir dans un grand 3, nous ferons le point sur la portée de l'œuvre d'Alfred Marshall. Grandin donc l'équilibre partiel. D'où vient la valeur des biens ? Nous avons vu que les classiques la faisaient principalement reposer sur le coût de production.

Au contraire, les marginalistes ont montré qu'elle provient de l'utilité marginale. Marshall réussit à faire la synthèse entre ces deux idées. Pour cela, il regarde ce qui se passe sur le marché d'un seul bien sans considérer les autres marchés. L'étude d'un équilibre économique restreint à un seul marché se définit comme une analyse en équilibre partiel. Marshall est bien sûr conscient que les marchés sont souvent interdépendants et peuvent s'influencer les uns les autres. Ainsi, le marché de l'orange dépend fortement du marché des Clémentines ou des Pamplemousses.

Pour contrer ce problème, Marshall utilise le terme latin queteris paribus, ce qui signifie toute chose égale par ailleurs. Il décide alors d'étudier un marché queteris paribus, c'est à dire en négligeant l'influence des autres marchés. Sur ce marché, supposé être en concurrence pure et parfaites, Marshall confronte l'offre collective de biens et la demande collective de ce bien. Comme on l'a vu dans la section précédente, la demande collective pour un bien est une fonction décroissante du prix du marché et puis au contraire l'offre collective d'un bien est une fonction croissante du prix de marché.

Les fonctions d'offre et de demande collective varient alors en sens inverse Elles se croisent en un point particulier o les quantit demand sont aux quantit offertes de biens pour un prix particulier Ce prix c le prix d du march qui d le niveau des C'est donc lui qui fixe la valeur du bien considéré. Une citation très célèbre de Marshall traduit cette situation. Le prix et la quantité échangée d'un bien sont simultanément déterminés par deux forces qui jouent symétriquement comme les deux lames d'une paire de ciseaux coupent ensemble une feuille de papier.

Fin de citation. On va prendre maintenant un exemple graphique. Si l'on fait une représentation graphique où l'on porte en abscisse les quantités produites et en ordonnée le prix unitaire du bien, On peut représenter une fonction d'offre collective croissante avec le prix, c'est la droite haut, et une fonction de demande collective décroissante avec le prix, c'est la droite D. Ces deux droites se coupent en un point grand I qui représente le point d'équilibre sur le marché du bien considéré.

Sur le graphique, ce point a pour coordonnée la quantité X étoile et le prix P étoile. Le prix P étoile est donc le prix qui équilibre le marché du bien considéré et qui explique la valeur de ce bien. A ce prix d'équilibre, la quantité X étoile est échangée. En raison des différentes hypothèses émises par Marshall dans son étude, concurrence pure et parfaite, utilité marginale décroissante, productivité marginale décroissante, cet équilibre présente trois caractéristiques. Première caractéristique, l'existence La forme des fonctions d'offre et de demande établies par Marshall sont telles qu'elles se rencontrent forcément en un point Il y a donc toujours un point d'équilibre Deuxièmement, l'unicité Cet équilibre est unique Pour un prix donné, une seule quantité de biens est échangée Enfin, troisièmement, la stabilité.

Le marché a tendance à atteindre ce point d'équilibre, quelles que soient les forces en présence, même s'il doit résister d'un processus de tâtonnement qui peut prendre un petit peu de temps. Le marché peut donc osciller un certain temps autour de son prix d'équilibre avant de l'atteindre. Pour Marshall, c'est la parfaite flexibilité des prix à la hausse comme à la baisse, ainsi que le bon fonctionnement des marchés supposés concurrentiels qui vont garantir l'atteinte de cet équilibre. Du coup, toute fixation arbitraire par l'état d'un prix plafond ou d'un prix plancher ne ferait qu'entraver le processus d'équilibre. 2 Le r du temps Marshall complexifie son analyse en introduisant le temps Il distingue trois p la p de march la courte p et la longue p Selon la p consid la fonction d n pas tout fait la même forme.

La période de marché correspond à une période extrêmement brève où la production n'a pas le temps d'être modifiée. L'entreprise n'a pas de marge, de manœuvre, et sa principale motivation est d'écouler sa production. Dans ce cas, la fonction d'offre collective devient verticale, elle devient rigide face au prix. La demande collective, elle est toujours décroissante avec le prix. L'équilibre est donc déterminé par l'intersection de l'offre et de la demande. Mais ici, quel est l'élément déterminant qui va fixer le prix du bien ?

Eh bien, c'est la demande. En courte période, les producteurs peuvent adapter leur production en embauchant plus ou moins de travailleurs. On revient à la courbe d'offres qu'on avait précédemment décrite dans le grand 1. On a une fonction d'offres qui est croissante, car le rendement des facteurs est décroissant. La demande, elle, a toujours la même forme, c'est une fonction décroissante du prix. Et donc l'équilibre se situe à l'intersection de l'offre et de la demande collective, c'est ce qu'on avait étudié jusqu'à présent.

Et puis, on a la longue période. La longue période se caractérise par deux éléments tout à fait nouveaux. Tout d'abord, les entrepreneurs disposent du temps nécessaire pour faire évoluer leur appareil de production. À côté de ces ajustements en termes de capacité de production, ils peuvent également mettre en place des ajustements liés à la concurrence. En effet, à tout moment, de nouveaux entrepreneurs arrivent sur le marché, en tout cas tant que des possibilités de profit existent. Du coup, les entreprises les moins rentables disparaissent, celles dont les coûts de production sont les plus importants.

Cette concurrence accrue a pour conséquence une augmentation de l'offre, une baisse généraliser des cotes de production et donc une baisse du prix d'équilibre qui se réduit et qui réduit également le profit des entreprises. Au terme du processus, dans le très long terme, le profit des entreprises devient donc nul. Graphiquement, la fonction de demande est toujours décroissante avec le prix, elle ne change pas. En revanche, ce qui va changer c'est la fonction d'offre des entreprises qui va se modifier, qui va devenir décroissante et qui peut même devenir totalement horizontale En d termes sur la longue p le co de production aurait une influence cette fois pr sur la valeur d bien En résumé, Marshall montre que plus la période étudiée est courte, plus le prix d'un bien est déterminé par la demande et donc par l'utilité, ce que démontraient les marginalistes.

En revanche, plus elle est longue, plus le rôle de l'offre et du coût de production prédominent, ce que développaient au contraire les classiques. La théorie de Marshall apparaît alors comme une théorie globale et unificatrice entre les précédentes théories. Grand 3. La portée de l'œuvre de Marshall L'analyse de Marshall est très novatrice, ce qui explique qu'elle soit devenue une des références en microéconomie. Tout d'abord, elle fait de façon rigoureuse la synthèse entre les idées classiques et celles des marginalistes sur la valeur des biens.

La théorie de la valeur de Marshall est donc appelée souvent une théorie unificatrice, c'est ce que l'on vient de voir. Par ailleurs, elle montre comment fonctionne un marché en situation de concurrence pure et parfaite. Grâce à cette analyse, Marshall est considéré comme le père de la loi de l'offre et de la demande. Par ailleurs, l'analyse de Marshall prend en compte l'aspect temporel, car cette analyse introduit le temps, elle permet alors d'expliquer le comportement des entreprises. Et puis, cette analyse qui s'effectue, qui est érise par Ibus, présente l'avantage de pouvoir étudier en détail le fonctionnement de la marché dans diverses situations, et même de comparer ces situations.

On dit qu'on fait un raisonnement en statique comparatif, qui est un autre outil d'analyse extrêmement développée par Marshall, qui sera beaucoup étudiée par la suite. Voilà pour les avantages de l'œuvre de Marshall. Mais bien sûr, cette analyse présente quand même quelques faiblesses. La principale critique que l'on puisse lui faire, c'est que cette analyse est en équilibre partiel. Et donc, elle constitue une représentation extrêmement simplifiée de la réalité, puisque on fait une étude en isolant un marché avec une analyse Kethery-Paribus, et on ne s'intéresse absolument pas à ce qui se passe sur les autres marchés.

Ainsi, lorsque l'on essaie de comprendre ce qui se passe sur le marché du bien, on ne s'intéresse absolument pas à ce qui se passe sur les autres marchés, qui sont considérés comme non fluctuants et fixes, ce qui est une hypothèse extrêmement forte. Valras, que nous allons étudier dans la section suivante, remédie à cette faiblesse avec son analyse en équilibre général.