Bonjour à tous et bienvenue à ce cours sur Alfred Marshall et les concepts de demandes et d'offres. Nous sommes toujours dans le chapitre 1, l'école néoclassique, et nous abordons à présent la section 3, partie 1, Alfred Marshall et les concepts de demandes et d'offres. Alfred Marshall est la figure centrale de l'école néoclassique à qui il a donné ses principaux outils d'analyse. C'est pourquoi cette section est particulièrement importante. Nous allons d'abord présenter les principales étapes de sa vie, puis nous décrireons ses nombreux apports à la théorie néoclassique à travers les concepts de demandes et d'offres.
Grandin sa vie. Alfred Marshall, 1842-1924, est un économiste britannique. Alors que ses parents auraient souhaité le voir intégrer le clergé en bliquant, il préfère se tourner vers des études de mathématiques et devient professeur de mathématiques à Oxford. Il se passionne pour l'économie après avoir lu Adam Smith et John Stuart Mill ainsi que les découvertes des premiers marginalistes, Stanley J. Evans, Leon Valras et Karl Manger. Il devient professeur d'économie politique à Cambridge où il occupe de 1885 à 1908 la chair d'économie politique.
Son influence sur la science économique est considérable entre 1880 et 1930, notamment grâce à son livre « Principe d'économie politique » qu'il publie en 1890 et qui devient le manuel de référence en Grande-Bretagne. Il y développe ses principales théories qui deviendront la base du courant néoclassique en prenant soin de séparer les démonstrations mathématiques de ses conclusions afin qu'il demeure lisible par un grand nombre de lecteurs. C'est dans ce manuel qu'il énonce sa fameuse loi qui lui conférera le statut de père de la notion de la loi, de l'offre et de la demande.
Même, comme on le verra plus tard, si Leon Valras, que nous étudierons dans la section suivante, l'avait énoncé quelques années plus tôt. Alfred Marshall devient le professeur du jeune John Menarchet, mais quand ce dernier lui parle de son désir de devenir économiste, Marshall lui explique qu'il a déjà à peu près tout dit et qu'il n'y aura pas énormément de choses à découvrir. Et c'est justement Keynes, après la crise de 19 qui remettra en question l'ensemble des conclusions de Marshall et des néoclassiques.
Les méthodes d'analyse de Marshall demeurent encore aujourd'hui beaucoup utilisées, particulièrement dans les présentations vulgarisées de la micro-économie ainsi que dans un domaine de l'économie un peu particulier qui s'appelle l'économie industrielle. Nous allons à présent étudier le concept de demande chez Marshall. Rendez la demande. Nous allons étudier successivement la notion de demande individuelle puis la notion de demande collective qui s'en déduit. Petitin, la demande individuelle. Alfred Marshall reprend les études des marginalistes sur l'utilité. Si un bien est utile et procure de la satisfaction, on va le demander.
Marshall considère qu'il est alors possible d'établir une théorie de la demande de bien à partir de la théorie de l'utilité surtout du principe de l'utilité marginal décroissante que l'on vient d'étudier. On a vu que plus un bien est consommé en quantité implortante, plus le supplément d'utilité procuré par la dernière unité consommée se réduit. Et bien du coup moins un individu va consentir à payer un prix élevé pour ce bien. En conséquence, plus un individu demande une quantité importante d'un bien, plus le prix de ce bien doit être faible.
Et puis réciproquement, et bien plus le prix d'un bien est faible, plus le consommateur demande une quantité importante de ce bien. La quantité précise demandé dépend du revenu de l'individu qui a une contrainte budgétaire. Plus un individu a un revenu élevé, plus il peut acheter de ce bien. L'ensemble de ces éléments définit la notion de demande individuelle de l'individu pour un bien. Aujourd'hui, une analyse moderne de ces éléments résume le comportement d'un consommateur au programme mathématique suivant.
Pour simplifier, on considère une économie avec deux biens, que l'on appelle X1 et X2, qui ont respectivement comme prix P1 et P2. L'individu est représenté par une fonction d'utilité, U de X1 et X2, qui représente la satisfaction que les biens X1 et X2 procurent à l'individu et qui vérifient plusieurs propriétés, comme notamment l'utilité marginelle décroissante pour chacun des biens. Et bien, on va dire maintenant que le consommateur cherche à maximiser l'utilité procurée par la consommation des biens X1 et X2 sous la contrainte du revenu qu'il perçoit.
Et si l'on appelle R sur revenu, et bien R va être égal à P1X1 plus P2I. On montre que la résolution de ce programme permet de trouver les fonctions de demande individuelle du consommateur en biens X1 et en biens X2. Alors, cette partie est un petit peu mathématique. Pour ceux qui auraient du mal, juste pour ce petit paragraphe que je viens d'écrire, et bien je vous rassure, il ne fera pas l'objet de questions à l'examen final.
Pour un revenu donné, plus le prix d'un bien est faible, plus le consommateur demande donc de ce bien. On obtient donc une fonction individuelle de biens décroissante du prix de ce bien. Prenons l'exemple suivant. On va étudier le marché de l'orange. Et puis on a Christophe, un consommateur de oranges. À quoi peut ressembler sa fonction de demande individuelle d'orange ? Et bien sur un graphique, on porte en abscisse les quantités d'oranges demandées qu'on va appeler X.
En ordonnée, on porte le prix unitaire du marché des oranges que l'on appelle P. La fonction de demande individuelle de Christophe est présentée par la droite D. Elle relie de façon décroissante prix et quantité d'oranges demandées. Et on voit sur le graphique que plus le prix de marché des oranges est faible, plus Christophe en demande une quantité importante et réciproque. Petit 2, la demande collective. On a fait jusqu'à présent une analyse avec un individu et un seul bien.
Christophe demande des oranges. Essayons maintenant de considérer le marché de ce bien, c'est-à-dire le marché des oranges. Christophe n'est pas le seul consommateur d'oranges. On est donc ici obligé de définir un nouveau concept, celui de demande collective. On parle également de demande de marché. La demande collective d'un bien, la quantité totale, demandée de ce bien pour un prix. On montre que la demande collective d'un bien est une fonction décroissante du prix de ce bien en d'autres termes.
Plus le prix d'un bien est élevé, moins les individus en demandent. Cela se démonte facilement car comme on va le voir dans le petit exemple que l'on va prendre, la demande collective d'un bien provient de l'agrégation des demandes individuelles. On va donc toujours se situer sur le marché des oranges. Mais maintenant sur ce marché, il y a deux personnes qui demandent des oranges. Il y a Christophe et Piliani-Cola. La droite D représente la demande individuelle d'oranges de Christophe, c'est la même que précédemment.
Mais maintenant, on a une droite en plus, la droite des primes qui représente la demande individuelle d'oranges de Nicolas. Il est possible de construire point par point la droite des secondes qui représente la demande collective d'oranges par Nicolas et Christophe. S'il regarde le graphique, on fixe d'abord le prix P1. Au prix P1, Christophe demande la quantité XC1 d'oranges. À ce prix, Nicolas demande la quantité XN1. On peut donc déterminer la quantité collective d'oranges demandés au prix P1 qui va donc être XC1 plus XN1.
On a donc un premier point pour la droite des secondes. On va faire la même chose avec le prix P2. Et au prix P2, il y a la demande collective des deux consommateurs, de Christophe et Nicolas, et de s'écrix, XV2 et XZ2. On a un deuxième point. À partir de ces deux points, on va pouvoir tracer la demande collective d'oranges. On vérifie que cette demande collective d'oranges décroît avec le prix de marché des oranges, en d'autres termes, plus le prix des oranges est élevé, moins Christophe et Nicolas en consomment.
On va maintenant en grand 3 s'intéresser aux aspects offres. Ardent admirateur d'un dans le suisse qui croyait dans l'industrie, Marshall développe une théorie de l'entreprise qui s'inspire beaucoup de celle du consommateur. Il reprend l'analyse du calcul à la marge utilisé pour le consommateur et l'appliquent au producteur. Petitin, production et profit d'une entreprise. L'entreprise peut être schématisée comme un processus qui transforme des facteurs de production. Alors en général, ces facteurs de production, ça va être le travail et le capital.
Ces facteurs de production se transforment en un produit qu'on appelle l'output. Ce produit, c'est un bien de production ou un bien de consommation ou des services. Si on appelle que la production, grandelle le travail, grand cas le capital. On peut alors schématiser la production d'une entreprise par grandu et égal à q entre parenthèses de L et de K. Marshall fait l'hypothèse du loi des rendements décroissants des facteurs de production. Plus on utilise un facteur de production, plus la production augmente, mais un rythme de moins en moins élevé.
On avait exactement la même chose avec Litterre chez Ricardo. On mettait d'abord en culture les terres les plus vertiles et puis au fur et à mesure que la population augmentée, on mettait en culture les terres de moins en moins vertiles. Du coup, eh bien l'accroissement de production qui résultait de la mise en culture de terres supplémentaires était de plus en plus faible. Ici, on a exactement le même concept. On appelle productivité marginale d'un facteur. Le supplément de production obtenu à partir d'une unité supplémentaire de ce facteur.
Et ici, dans la fonction de production considérée, eh bien on va trouver qu'on a une productivité marginale du capital qui est décroissante et de même on a une productivité marginale du travail qui est décroissante. La décroissance de la productivité marginale des facteurs de production constitue le pendant au concept d'utilité marginale décroissante chez le consommateur. Maintenant que Marshall a défini ce qui était une fonction de production qui permet de comprendre un petit peu mieux comment une entreprise produit, Marshall donne une définition toute nouvelle du concept de profit.
Le profit pour Marshall, c'est la différence entre les recettes de l'entreprise et ses coûts. Alors qu'est ce que c'est que les recettes de l'entreprise ? L'entreprise vend sa production au prix paix. Alors attention, Marshall suppose que l'entreprise vend ses biens sur un marché où il y a une multitude d'offreurs et une multitude de vendeurs de sturt que aucune entreprise et aucun consommateur pris isolément ne peut déterminer le prix de vente du bien. Le prix de vente, c'est donc un prix qui s'impose à tout, c'est ce qu'on appelle le prix de marché.
Et donc c'est à ce prix que l'entreprise vend ses biens. On peut définir la recette totale d'une entreprise comme le prix de vente du bien, multiplié par le nombre de biens produits. Du coup ici la recette totale d'une entreprise, ça va s'accrire p x q. Par ailleurs on peut s'intéresser au coût d'une entreprise. On va définir le coût total qui est la somme du coût fixe et du coût variable. Alors qu'est ce que c'est que le coût fixe pour une entreprise ?
Eh bien les coût fixe ce sont des coûts qui sont indépendants du volume de la production. Ils sont constitués par exemple des frais de loyer ou des frais d'assurance. Et puis une entreprise subit également des coûts variables qui eux dépendent du volume de la production. Ça va par exemple être les matières premières ou les salaires. Par rapport à tout cela, comment peut-on définir le profit d'une entreprise ? Eh bien tout simplement le profit d'une entreprise c'est la différence entre ces recettes et ces coûts.
Et ici on va pouvoir écrire que le profit d'une entreprise, eh bien ça va pouvoir s'écrire p q moins c t. Petit d'eux, l'offre individuelle de l'entreprise. Il est possible de démontrer mathématiquement mais on ne le fera pas que pour maximiser son profit, l'entreprise produit jusqu'à ce que l'unité supplémentaire produite lui rapporte autant qu'elle ne lui coûte. Du coup plus le prix du marché est élevé, eh bien plus l'entreprise produit. On déduit de cela que l'offre individuelle du producteur est une fonction croissante du prix du marché unitaire.
Si l'on veut représenter cela graphiquement, eh bien on porte en abscisse les quantités produites, en ordonnée les prix. On peut représenter l'offre du producteur par une droite croissante entre prix unitaire et quantité produite. Si on considère une entreprise qui produit des oranges, de nouveau se situer sur le marché de l'orange, eh bien plus le prix de l'orange est élevé, plus l'entreprise intérêt à produire. Petit 3, l'offre collective. L'offre collective représente l'ensemble des offres de tous les producteurs pour un bien.
De la même façon qu'il est possible d'agréger chez le consommateur les demandes individuelles, Marshall considère qu'il est possible à partir des offres individuelles des producteurs d'en déduire une offre collective qui provient de l'agrégation des offres individuelles. Cette offre collective est une fonction croissante du prix de vente du bien. En d'autres termes, plus le prix d'un bien est élevé, plus les entreprises offrent de ce bien. Si on s'intéresse au marché de l'orange, plus le prix de l'orange est élevé, plus les entreprises produisent donc des oranges.
En conclusion, cette analyse en termes d'offres et de demandes met en évidence les intérêts antagonistes des consommateurs qui recherchent le prix le plus bas et des producteurs qui recherchent au contraire le prix le plus haut. Pour Marshall, le prix constitue, début de la citation, la clé de voûte du nage en parfait équilibre entre les pressions rivales qui s'exercent sur ses faces opposées. Les forces de la demande poussent d'un côté et celles de l'offre poussent de l'autre côté.
Fin de citation.