Cours 10 - Jean-Baptiste Say

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 2 : L'école classique et le socialisme/marxisme
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Nous voici arrivé en lisière du titre troisième de ce cours qui sera capital. Pourquoi ? Parce que je m'en suis exprimé dans l'introduction, le libéralisme a été en économie politique fondateur. Il n'a pas été parfait, puisque nous verrons un titre tout aussi conséquent, postérieur, qui sera dédié à la contestation du libéralisme. Mais ce que je veux dire, c'est que l'économie politique a eu pour fonds bâtissmo le libéralisme. D'ailleurs, on peut le comprendre. Car avant les grands libéraux, il n'y eut pas d'économistes de renom.

Je ne parle pas des physiocrates, bien évidemment. Mais si vous voulez, de grands économistes, il n'y eut pas. Ce qui veut dire quoi ? Ce veut dire que la plupart de nos libéraux ont eu pour mettre des non-économistes. Et en fait, la plupart ont été à l'école de philosophes. Or, la philosophie est manifestement imprégnée de libéralisme dès le 17e siècle, mais beaucoup plus fortement au 18e siècle, avec l'air des lumières et bien entendu l'encycopédie. Nous en dirons un mot plus tard.

Le libéralisme est fondateur en ce qu'il est d'abord une doctrine, qui va nous amener un corpus de pensée extrêmement solide. Je le répète, petit table, mais solide. Il va véhiculer un système, un système qui aura un message essentiel et qui sera que la poursuite de l'intérêt individuel d'un côté et le respect des règles de la concurrence de l'autre forment les clés du bien-être économique et social. Et puis enfin, le libéralisme va nous amener une caisse à outils.

Il va en effet être une théorie forgeant des concepts et élaborant des lois. Au cours de ce titre, j'examinerai au vu de chapitres successifs les grandes thématiques vues par examiner, par les classiques en essayant d'être le plus exhaustif possible. Et nous y verrons la théorie de la valeur, nous y verrons la théorie de la répartition, nous y verrons la théorie de la volet, nous y verrons la théorie de l'échange international, la théorie de la croissance, la théorie de l'équilibre, la théorie des finances publiques enfin.

Vous voyez que le menu est copieux. Mais, pour rester fidèle à ma façon de vous présenter les choses, je voudrais vous dire que dans un chapitre premier, il va nous falloir planter le décor. Et examiner ensemble la toile de fond historique sur laquelle va se tramer le libéralisme. En chapitre premier, j'aimerais évoquer avec vous l'époque, si on est, je vous l'ai intitulé, l'époque. Cette époque est repérable d'un point de vue intellectuel, d'un point de vue technique, d'un point de vue social et nous amènera une double réflexion, une réflexion sur l'émergence du capitalisme et une réflexion sur les grands auteurs libéraux.

Il y aura donc cinq sections qui charpentront ce premier chapitre. Et tout d'abord première section, quel était le bain intellectuel de l'époque ? Je viens de le dire, le bain intellectuel, c'est le siècle des Lumières. Et donc souffle un vent hautement libéral, dans la pensée philosophique, dans la pensée politique. Ce petit lignorais convient Voltaire à contribuer par des écrits assez griffants, à la déstabilisation de l'ordre en place. Mais aussi, faut-il rappeler l'œuvre, immense des encyclopédistes, avec pour secrétaire général un certain d'hydro, mais aussi des auteurs aussi célèbres que d'Alembert.

Et puis pourquoi pas, citons-le, François Canet. François Canet a en effet commis quatre articles dans l'encyclopédie. Mais, je reviens sur ce bain intellectuel pour vous dire que les penseurs du XVIIIe siècle vont faire la part belle au naturalisme. Bien sûr, ils ont été influencés par les idées antérieures, celles de la pensée déductiviste d'un Descartes, ou encore celles de l'empiriste d'Avidium, qui avait fréquenté Adam Smith. Mais donc, ces penseurs du XVIIIe siècle vont être imprégnés par le naturalisme.

Et si vous voulez bien ramasser les choses et ramasser les idées, nous allons dire que ce naturalisme s'articule autour de quatre propositions desquelles j'extrairai trois chorégles. Quels sont ces quatre propositions et les voici ? D'abord, il y a un ordre social qui préside à l'organisation matérielle. Deuxièmement, en observant les phénomènes, on peut révéler cet ordre. Mais je rappelle en philosophie les phénomènes, ne sont que les facettes émergées. Des choses, les nous-mêmes sont les parties immergées et de loin plus importantes.

Et rappelez-vous le début de ce cours, où je vous avais signalé que les grands initiés avaient accès aux nous-mêmes, mais pas évidemment l'homme de la rue. La troisième proposition est de dire que connaître cet ordre conduit à énoncer des lois. Et ces lois, une fois énoncées, doivent déboucher sur des situations satisfaisantes. On y voit déjà poindre l'optimisme, classique, l'optimisme libéral. Et la quatrième proposition est de dire que toutes les gestations qui prétendent être positives, se doivent incorporer ces lois.

Des cours de ces quatre propositions, trois chorégles. Le premier chorégles est de dire pourquoi s'opposer aux lois naturelles, puisque par définition elles sont naturelles. Et toujours aujourd'hui, convenons ensemble qu'il existe des phénomènes naturels, que hélas, nous ne savons pas dominer. Et quelquefois même pas prévoir. L'actualité nous le rappelle, souvent tristement, par le biais d'une irruption voltanique, d'un tsunami, de l'avancée des déserts ou de la fonte des glaces. Mais tout ça, ce sont des phénomènes naturels qu'aujourd'hui, on ne sait pas domestiquer.

On dépit des avancées scientifiques. La deuxième, le deuxième chorégles est de dire que si la société, si elle est seule dans si la société évolue librement, alors elle tendra irrémédiablement vers un équilibre. Et cet équilibre enfontera l'harmonie sociale. Enfin, et c'est là le troisième chorégles, l'un d'importance, les lois ne sont effectives que si et seulement si la liberté est affichée et garantie, on est bien au cœur du libéralisme. En fait, cette connaissance philosophique du moment et ces idées politiques ambiantes relativement déstabilisantes vis-à-vis de la monarchie absolue, eh bien l'ensemble de ces phénomènes va influencer indéliablement les auteurs classiques.

Et voyez-vous Adam Smith, comme le disait Karl Marx, le fondateur de l'économie politique moderne. Adam Smith, eu pour trois maîtres formateurs, trois philosophes, Grosius, Pufendorf, Hutchinson et par hasard les trois étaient libéraux, les trois étaient protestants. Ce, cette pensée naturaliste va déboucher sur la sacralisation des notions d'individualité et de rationalité. Et en sorte que l'ordre naturel et la liberté apparaîtront comme les piliers fondateurs de toutes sociétés humaines se voulant de progrès. L'approche politique ne peut pas être sauve d'une telle démarche.

En effet, en France, il y allait avoir bien évidemment la séparation des pouvoirs qui était un coup de hache, donné sur la monarchie absolue. Il y a eu un peu plus tard la contestation parlementaire et puis encore un peu plus tard, bien évidemment, la prise de pouvoir par la bourgeoisie au terme des séquelles de la révolution française. Et donc, il y a là un basculement millénaire de l'ordre politique, ou plus exactement le basculement d'un ordre millénaire sur le plan politique.

Alors, à cet ancien régime vont se succéder des régimes politiques très différents, mais là n'est pas l'objet de mon cours. Mais la convention en France, puis le directoire, puis le consulat, puis le premier empire, puis la restauration, avec sa restauration sous la forme de l'ancien régime, et puis un peu plus tard Louis-Philippard, et puis le second empire. De sorte que l'on se demande si la France n'a pas été une sorte de laboratoire politique mondial, d'expérimentation politique mondiale.

En tout état de cause, l'abondance de décris scientifiques, philosophiques, littéraires, politiques, et puis les avancées qui lieux dans le domaine de la science, de la médecine, de l'architecture, va faire que la France annoncera indubitablement la modernité. Et que vous voyez bien que l'ère des physiocrates qui n'est pas encore si lointaine, et complètement culbuté par les données du monde nouveau. Donner donc intellectuel, et c'était ma section première. En section deuxième, j'aimerais insister un peu plus sur la mutation technique.

Cette mutation technique en vérité a été triple. Vous savez, il s'agit de l'ère de la révolution industrielle. Mais cette ère de la révolution industrielle n'a pas été qu'une ère de révolution industrielle. En d'autres termes, le secteur primaire et le secteur tertiaire ont été également affectés. Certes, dans une façon beaucoup moins ample. Mais disons quand même au passage, et je vous ai donné dans mes notes bien des exemples, mais il y a eu le mouvement des enclosures dans l'agriculture.

Il y a eu l'utilisation massive du cheval qui se substitue à l'utilisation du bonheur. Et puis, il y a eu un peu de bœuf dans les travaux de trait. Il y a eu surtout l'introduction massive de l'acier dans les instruments aratoires. Et donc, productivité très nettement accrue. Et puis sur le plan des découvertes, c'est l'époque de la pomme de terre, c'est l'époque de l'amélioration de l'élevage du bouton, c'est l'époque de la bateuse d'agrin, c'est l'époque de la création de l'extension de l'emploi de la charrue, c'est la stabilisation de certains nombreux de races d'élevage comme la race de Hirschhorn, c'est l'invention de la moissonneuse, c'est l'extraction du sucre de bécra, vous voyez que les inventions sont à profusion.

Mais deux choses. Premièrement, ceci a conduit indéniablement à une montée de la productivité par homme et ou par hectare. Et puis, deuxièmement, si l'agriculture n'a pas été sauvée des progrès techniques, il est indubitable que c'est le secteur secondaire qui en a été le plus marqué. Ce secteur secondaire, c'est donc l'industrie et je crois que le nom de révolution industrielle n'est pas volé. Et ils vont me permettre pour une fois, parce que une fois n'est pas coutume, mais j'aimerais que vous en preniez le pou.

J'aimerais lire quelques lignes que je vous ai laissées dans mes notes, mais qui vont faire comprendre combien les inventions sont nombreuses et j'ai de loin pas la prétention d'avoir été exhaustif, mais qui vont vous montrer comment le monde change à une vitesse extraordinaire. Je crois que dans l'histoire des civilisations, jamais rupture n'a été aussi profonde. En voulez-vous des exemples, on voit-y. Premièrement dans le textile. C'est la machine à filer de Hargwitz qui voit le jour en 1765 et la navette volante de Kaye deux ans plus tard.

C'est le métier à tisser Dark White qui est inventé en 1769, qui sera amélioré par Miller en 1796 par Horrocks en 1803 et par Jacquard dont vous connaissez le nom, métier Jacquard en 1804. C'est le cylindre à impression qui est dû à Thomas Bell qui apparaît en 1783. Ce sont les nouveaux procédés de blanchiment des tissus qui sont conçus par Bertollet et puis le blanc. C'est la machine à égrener le coton de Whitney. C'est la machine à peigner le lain de Deux Girards.

C'est la carteuse à coton d'Allemagne et le mot de Hauw, de Heilmann. C'est la machine à coudre de Hauw. Vous voyez que toutes ces inventions révolutionnent au plein sens du terme la production textile. Et parce qu'ils ont utilisé les retombées de l'invention de la machine à vapeur de Watt, Roberts en 1822 et Kuschling en 1850 fiert accomplir aussi des progrès décisifs à l'industrie textile. C'est maintenant l'industrie mécanique. Cette industrie a été aussi marquée par un certain nombre de découvertes d'importance.

C'est l'apparition des premiers tours mécanisés avec Mosley et Wilkinson 1798. C'est la découverte de la machine à fraiser de Whitney en 1818. C'est le marteau pilon de forge de Mordon en 1840. Vous voyez donc que bien des inventions et des innovations apparaissent dans ce secteur. Prociément dans la métallurgie. Là les inventions sont fabuleuses. Le procédé corte qui va remplacer le bois par la houille dans la fabrication du fer. Le procédé nason qui procure des économies d'énergie grâce à l'introduction de soufflerie d'herchons dans les eaux fourneaux.

L'acier, la fonte, le travail du fer en général, des blagues de nouvelles pistes. Rêles, bateaux, onze abascules, machines outils et tant d'autres enjeux à l'instar du paratonnerre de Franklin, on s'en tient. Enfin dans le secteur chimique, il y a l'utilisation plus abondante des dérivés du charbon. Il y a l'apparition de l'éclairage au gaz du Hammerdorke 1803. Et puis d'autres procédés un petit peu plus tardifs, mais tout à fait contemporains d'autres époques, apparaissent comme la liquéfaction des gaz, la production industrielle de Chleur à l'usine de Javel en 1779, la production de la Soudre par Leblanc 1790.

L'invention du vaccin contre l'avariol, Géner, 1796, le processus de l'électrolyse de l'élu, David 1809, la création de la pile par Volta en 1800. Et puis plus tard, mais une invention qui aura des répercussions destructrices que l'on sait, la nitro glycérine par Sobriro en 1847. C'est pour vous dire qu'elle fureta tout simplement à fousson. Certains historiens y ont consacré plusieurs volumes. J'y ai consacré une page, c'est vous dire si cet apport descriptif est modeste. Le secteur tertiaire de son côté a été aussi ébranlé à cette époque.

Il l'a été à l'intérieur, il l'a été à l'extérieur. À l'intérieur, c'est la construction de route. Parfois à péage, vous voyez que nos antécédences sont lointains. C'est le creusement de canaux. C'est la construction de digues. Tout cela a contribué à l'essor, la montée en puissance des foyers commerciaux. Bien sûr, ces progrès ont été doublés si j'ose dire grâce à l'invention des machines à mortier et plus tard de l'armement du béton. À l'extérieur, le désenclavement de l'Occident est pas tant.

Je vous laissez dans mes notes des chiffres en moyenne des sénales, mais je crois que ce qu'il faut que vous reteniez, c'est qu'en gros, en l'espace d'un siècle, la Grande-Bretagne va multiplier par dix activités extérieures. Ça, c'est l'aspect tertiaire transport. Mais il y a aussi l'aspect tertiaire commerce. Et dans ce commerce, il y a le procédé macadam qui va permettre le développement des transports. L'élisapal de sauvage, il y aura l'anocomotivavaper. Il y aura les Mongolfières 1783, le Nautilus, qui avait été proposé à Napoléon Bonaparte en 1801.

Les premiers sausses en parachute d'âle de cette époque. Et les moteurs électriques inspirés des travaux de phare à bai vont former une des inventions les plus prometteuses. Et puis, enfin, toujours dans le domaine tertiaire, la communication. Elle n'est pas une petite triste car la photographie voit sa naissance en 1826 avec MIPS, le télégraphe avec MORSE en 1837, et puis bien entendu la montée en puissance de l'industrie papetière de nature à propulser les savoirs. Ce qui fait qu'au total de cette évolution technique, je retiendrai le fait qu'elle couple d'inventions, qui a mis en branle et a changé, a fait changer la phase du monde.

Une invention, c'est l'éclosion ou la germination d'une idée nouvelle. Une innovation, c'est l'application de l'invention à un processus productif. Et voyez-vous autant, le génie latin et notamment français, est plutôt un génie inventif, autant le génie anglo-saxon est plutôt un génie innovative. Et ceci va vous expliquer la montée en puissance de la Grande-Bretagne. Viens plus tard des États-Unis d'Amérique.