Cours 09 - Ricardo

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 2 : L'école classique et le socialisme/marxisme
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Bonjour. Dans ce titre deuxième de notre cours consacré à l'aube du libéralisme, nous avons consacré un chapitre premier assez conséquent aux thèses physiocratiques, essentiellement françaises, je vous le rappelle. Les physiocrates n'ont pas été les seuls à critiquer les courants de pensée mercantilistes. Il y eu d'autres courants de pensée que je vais citer nommément et qui ressortissent plus à la pensée libérale de sorte que j'ai appelé ce chapitre deux « les pensées préclassiques ». Vous l'en dire par là ?

Des penseurs qui étaient très proches en effet de ce que les libéraux diront un peu plus tard, mais ils se sont situés dans le temps avant. C'est-à-dire pour être très précis, ils étaient pour certains en décédant même aux physiocrates et pour un des quatre, il était concomitant, si j'ose dire, il a vécu de façon concomitante aux physiocrates. Je vais m'expliquer dans un instant. Donc en tout cas, ces courants de pensée préclassiques vinrent, contredire ou portaient la contradiction aux courants de pensée mercantilistes.

Il y eu deux grands courants de pensée, un animé par des Britanniques, l'autre animé par les Français. Donc deux sections brèves, de toute façon ce chapitre sera bref. D'abord en section première, quels furent les contributions britanniques ? Deux auteurs ont animé le courant de pensée britannique, même si le nom de l'un des deux apparaît comme étant français. En fait, c'était en effet un anglais qui a vécu partiellement en France. Donc le premier c'est William Petty, 1623, 1687, donc vous voyez au 17e siècle, la physiocratie n'est pas encore apparue.

Et l'autre c'est Richard Cantillon, 1680, 1755 et Richard Cantillon donc meurt trois ans avant l'apparition du tableau économique de François Canet, le chef de fil des physiocrates. Donc vous voyez le courant de pensée britannique est en précédent ou courant de pensée physiocratique. En quoi a consisté ce courant de pensée britannique ? Eh bien il a travaillé essentiellement deux thèmes. Le thème de la valeur que nous avons déjà évoqué de façon récurrente et que nous reverrons de façon plus approfondie encore avec les libéraux et les socialistes.

Et aussi la théorie de la répartition parce que dès lors que vous avez de la valeur, il y a donc de la richesse, le problème est de savoir que fait tant de cette richesse et de dire comment on la répartit. Donc tout d'abord en paragraphe premier la théorie de la valeur. La théorie de la valeur soyons clairs, la valeur chez Pétit, la valeur chez Cantillon. La théorie de la valeur se trouve exposée donc chez William Petit dans deux ouvrages qu'il a commis, l'un 1676 qui s'appelait arrhythmétique politique, l'autre en 1681 dans son anatomie politique.

Ce qu'il faut en retenir c'est ceci. D'une part, William Petit a l'avantage, la qualité d'essayer pour la première fois de quantifier les flux économiques. Ce que fera un petit peu plus tard et nous l'avons vu ensemble, un certain François Canet dans la physiocratie. Bien sûr c'était de façon rudimentaire et souvent erronée, mais à la limite peu importe au regard de l'histoire c'est la germination de l'idée nouvelle de quantification de qui nous retiendra. Donc selon William Petit quelle est l'origine de la valeur ou quelle est la source de la richesse ?

On a vu la réponse des mercantinistes, l'accumulation métallique, on a vu la réponse ou quelle sera la réponse des physiocrates, c'est-à-dire la terre et uniquement la terre, et bien nous aurons avec les prêts classiques le mariage si j'ose dire du travail et de la terre. Et Petit décrire le travail et le père de la richesse et la terre en est la mère. Les choses sont donc très claires, on a là une pensée qui est un peu hybride entre les physiocrates qui ne sont pas encore apparues et ce que diront les libéraux postérieurement.

Mais je signale d'ores et déjà que dans la pensée de William Petit le travail conservait la primauté par rapport à la terre. Du côté de Richard Cantillon dans son essai sur la nature du commerce général, en général publié en 1755, donc l'année de son décès, ce banquier donc irlandais installé à Paris affine la théorie de la valeur et dit qu'il y a une valeur normale d'une marchandise et que cette valeur normale est liée à son coût de production.

Pour lui, comme pour les prêts libéraux, comme pour les libéraux plus tard, ce n'est donc plus l'or, mais le travail et la terre qui vont être à l'origine des richesses. Pour les libéraux, ce ne sera que le travail. Je le cite, le prix ou la valeur intrinsèque d'une chose est la mesure de la quantité de terre et du travail qui entre dans sa production, uégare à la bonté ou produit de la terre et à la qualité du travail.

Donc voilà pour l'origine de la valeur. Maintenant en paragraphe deuxième, la théorie de la distribution. Cette théorie de la répartition, nous laverons d'abord chez Pétit, ensuite chez Cantillon. D'abord chez Pétit. Chez Pétit, il y a de façon très claire la distinction entre le salaire qui rémunère le travail, l'intérêt qui rémunère bien entendu le capital et la rente qui rémunère la terre. Que nous dit-il à propos de chacune de ses composantes du revenu national ? D'abord s'agissant du salaire, pour lui le salaire équivaut au minimum de subsistance.

Cela ne l'empêchera pas de considérer qu'en courte période, il se peut que la valeur de marché soit supérieure à cette valeur tendentielle, c'est-à-dire à ce minimum de subsistance. Mais j'y reviendrai parce que ce sera une rétournelle des libéraux postérieurement et même d'ailleurs reprises par certains socialistes, il est de fait qu'à l'époque en effet les ouvriers, voire les ouvriers paysans, étaient rémunérés au minimum de subsistance, c'est-à-dire juste de quoi pour vivre et survivre, c'est-à-dire assurer sa posterité.

Donc il y a en matière de travail comme pour les choses dualité de prix entre le prix naturel qui est un prix de longue période et le prix de marché qui est un prix instantané, un prix de courte période dû à l'intersection d'une offre et d'une demande de travail à un instant du temps. Deuxièmement, ce qui concerne l'intérêt, l'intérêt est la rétribution du capital et cet intérêt est justifié. Cet intérêt est justifié et William Petty décrire l'intérêt est la rémunération pour s'abstenir de l'emploi de son propre argent pendant une période de temps convenu, quel que soit le besoin que nous puissions avoir dans l'intervalle.

On retrouve là une conception prélibérale mais aussi finalement post-calviniste de la rémunération du capital. Oui, l'intérêt est justifié parce qu'il est le prix de la rémunération, il rémunère si vous voulez une privation, celle de prêter son argent à autrui. Quant à la rente, même si elle est évaluée de façon erronée, chez Petty, eh bien on la trouve définie comme un surplus de valeur qui échoit au propriétaire terria. William Petty la considérant comme une sorte de différence entre ce que rapporte une terre en moyenne et ce que rapporte la terre la plus infectante, eh bien sera un dignité curseur des libéraux qui reprendront à leur compte cette idée.

L'approche par contre de la circulation des richesses chez Richard Cantillon est plus complexe mais aussi plus floue. Je ne voudrais pas entrer dans le détail mais signaler qu'il différencie lui aussi les travailleurs rémunérés à la longue par un salaire égal au minimum de subsistance, qu'il observera que les propriétaires fonciers seront rétribués par une rente difficilement évaluable à priori donc on reste bien dans le flou et aussi des entrepreneurs qui perçoivent selon Richard Cantillon des revenus proportionnels à la vigueur de la concurrence.

Par-delà cette thèse de la répartition comme je le répète plutôt floue Richard Cantillon sera aussi un précurseur de thèses libérales classiques dans la mesure où il reprendra la dualité prinaturelle, prix de marché dans la mesure où il nous laissera une théorie cyclique de la balance des comptes extérieurs dans la mesure où il aura une conception assez tantitativiste de la monnaie autant de thèses qui seront reprises et approfondies par les auteurs classiques postérieurs. J'ajoute enfin que Richard Cantillon soulignera la prééminence qu'il faut concéder aux entrepreneurs et qu'il faut leur octroyer des gages dans la mesure où ils prennent des risques et là nous avons une vision qui annonce celle d'un Jean-Baptiste Cé qui sera un ardent défenseur de l'entrepreneuriat.

Crois-qu'il en soit chez ces deux auteurs Epétit et Cantillon, en dépit des erreurs, il y a des innovations et simplement ces innovations sont adossées d'une façon générale à des lois naturelles. En cela en effet nos deux auteurs sont bien des prix classiques. En section seconde j'aimerais vous dire à présent un mot du courant de pensée français. Il sera animé lui aussi par deux auteurs, l'un qui vivra avant les physiocrates ainsi qu'annoncer Pierre le pesant de Bois-Gui-le-Bert 1646-1714 donc mort une année avant le roi soleil et qui nous laissera deux ouvrages le détail de la France en 1697 et le factum de la France dix ans plus tard.

Et l'autre auteur duquel j'aimerais vous dire aussi un mot était un abe, l'abe étienne Bonneau de Condiliac 1714-1780 lui vous le voyez fut un contemporain des physiocrates. C'était un disciple de l'Op et surtout un fervent libéral. Alors un mot si vous le voulez bien en paragraphe premier des réflexions de Bois-Gui-le-Bert, un mot en paragraph seconde de celle de Condiliac. Paragraphe premier les réflexions de Bois-Gui-le-Bert. Vous savez Bois-Gui-Bert était magistrat et un magistrat qui était frappé par la misère du peuple et de quelle manière il va trancher d'avec les idées libérales ambiantes pour plusieurs raisons, il sera disons original.

D'abord parce qu'il va condamner avec la plus extrême fermeté les airsments de la politique fiscale et il dira même que ces airsments sont la cause du repli économie. On peut l'avoir en terme de clin d'œil évidemment un écho avec ce qui peut se passer dans les temps actuels. Et donc pour pallier les mots que je viens de décrire et ma UX bien évidemment il faut selon de Bois-Gui-Bert s'en remettre beaucoup plus à la nature donc là encore faire confiance au jeu des lois naturelles et en contrepartie bien sûr restreindre autant que faire ce peu l'interventionnisme étatique.

Cela veut la valesse son pesant d'or au moment où régnait le roi soleil. Cette auteur nous laissera également une théorie de la répartition qui sera emprunte de rigueur et de mécanicité induvitablement mais là où il marquera encore son originalité c'est à deux autres points de vue d'abord parce que voici un auteur libéral affiché qui abordera l'économique du côté de la demande. Or nous l'avons vu et nous verrons encore plus tard un libéral aborde l'économique par l'offre.

Et notre Bois-Gui-Bert d'écrire on établit pour principe que consommation et revenus sont une seule et même chose et que la ruine de la consommation est la ruine du revenu. On voit bien l'éclairage par la demande puisque la consommation en est l'élément vivo. Et puis par ailleurs, de Bois-Gui-Bert fera un plaidoyer très fervent en faveur de la libération du commerce intérieur. Vous savez en France nous avions encore des taxes lorsque les marchandises transitaient d'une province à l'autre et finalement celui qui abolira ces taxes ce sera Thurgo c'est à dire comme on l'a vu ensemble le dernier grand physiocrate.

D'une façon générale aussi de Bois-Gui-Bert sera encore originale dans sa théorie de la répartition parce qu'il souliera son côté inégalitaire ce qui est plutôt en effet surprenant ou singulier disons chez un libéral. En paragraph second et dernier, quelle que soit idée s'il vous le voulez bien tirer des réflexions de l'abbé etienne Bono de Pondiliac. Je voudrais que vous en reteniez tout d'abord qu'il y a une tentative originale et première d'intégration de la psychologie à l'analyse économique.

En effet, de Pondiliac va essayer de faire une part belle à cette psychologie. En quoi ? Eh bien j'aimerais simplement vous donner une citation et la commenter. Je vous ai laissé dans mes notes un assez long texte et ce texte se termine d'une façon magistrale. Voici de la manière dont il se termine. Une chose n'a pas une valeur parce qu'elle coûte comme on le suppose mais elle coûte parce qu'elle a une valeur. L'éclairage subjectif est sans appel parce qu'en effet on pourrait penser que cette phrase voie une sorte de jeune mot, pas du tout.

Elle trace l'antagonisme qui va irriguer l'ensemble des doctrines économiques jusqu'à aujourd'hui. Soit en effet on a une conception subjective de la valeur, une sorte d'un de valeur que parce qu'on lui en donne mais ceci dépend de l'individu qui en donne et soit alors la valeur est objective et s'impose d'elle-même parce que c'est un coût de production et ce coût de production est objectif et il s'impose aux individus. Alors en épousant cette thèse, Kondiliak donc s'opposera d'abord aux physiocrates qui en faisant confiance aux lois naturelles épousaient plutôt une conception objective, il s'opposera à ce que vont prétendre la plupart des libéraux postérieurement mais annoncera ce que les néolibéraux défendront mais un siècle plus tard, c'est-à-dire dans les années 70 mais du 19e siècle.

Kondiliak aura également un apport singulier en matière d'appréciation des richesses car bien qu'Ami de François Kenet, il lui contestera l'idée selon laquelle seule la terre est source de richesses et l'agriculture est là pour la multiplier. Non, Kondiliak ne sera pas d'accord pour considérer les autres secteurs de l'économie nationale comme stériles, il s'opposera donc aux physiocrates. Et puis enfin concernant la distribution des richesses, il va distinguer diverses classes sociales, les apporteurs de capitaux, les détenteurs de terre, les preneurs de risques, c'est très important puisqu'on voit de nouveau apparaître l'entrepreneuriat et les salariés mais il ne donnera pas suffisamment de détails pour exposer les modes de rémunération des uns et des autres.

Je clos ce chapitre et en même temps ce titre en vous disant que avec le déclin de l'ancien régime et de la monarchie absolue ou disons avec ce déclin il correspond si vous voulez la montée en puissance de la monarchie britannique. En fait avec cette montée en puissance il y a l'avènement du libéralisme, le libéralisme qui allait inexorablement éclipser les pensées antérieures et qui va constituer le titre 3 de notre cours.