En section deuxième, j'aimerais maintenant focaliser mon attention un peu plus précisément sur les travaux de François Kenney. François Kenney est l'auteur d'un ouvrage qui s'appelle Tableau économique. Cet ouvrage date de 1758. C'est la date fondatrice de l'école physiocratique. Cette école, si vous voulez se paire un peu dans les sables du temps au début des années 80 du XVIIIe siècle, est entendue que, en raison de la proximité de la noblesse, eh bien je l'ai dit tout à l'heure, la plupart d'entre eux seront persécutés par la révolution.
Mais les idées physiocratiques sont en repli des avant la révolution, je le répète dans les années 80. Toujours est-il qu'en 1758, et pour vous donner l'importance de l'événement, c'est le roi Louis XV lui-même qui, dans les jardins du château de Versailles, va venir tirer le premier exemplaire du Tableau économique de François Kenney. Ce tableau économique, je vais vous demander de regarder le fonctionnement et la spécificité dans mes notes. Ce que je voudrais vous en faire retenir, c'est pardonner l'expression mais la substantifique.
C'est dire quoi ? C'est dire que François Kenney a été l'inventeur de l'analyse en termes de circuit. Pourquoi ? Je l'ai dit tout à l'heure, François Kenney était un médecin. Il savait en tant que médecin qu'il y avait des flux en gain à l'intérieur de notre corps, lesquels véhiculaient de temps en temps d'ici l'oxygène, là le gaz carbonique. Et il se disait pourquoi est-ce que je ne transposerai pas ce constat médical sur le plan sociétal ?
Et en disant dans le corps non plus humain mais dans le corps social, je vais examiner comment les richesses vont circuler. C'est ça l'objet du Tableau économique. Ce n'est pas autre chose. Donc le fait de faire véhiculer des richesses amène tout de suite deux observations. C'est les opérations qui sont effectuées et les acteurs de ces opérations. Les opérations pour François Kenney, c'est tout simple, sont au nombre de deux. C'est la production d'un côté, la dépense de l'autre.
Et tant entendu qu'il n'y a aucune place dans la pensée de François Kenney pour la théorisation. Alors François Kenney de façon souvent érenait, nous explique que telle catégorie d'individus consacre à tel type de dépense, tel somme. C'est ce que l'on appelle en économie moderne un coefficient budgétaire. C'est-à-dire par exemple si je consacre le tiers de mes revenus à l'alimentation, j'aurais donc un coefficient budgétaire de 33% pour l'alimentation. Et puis François Kenney de s'intéresser aux agents, aux opérateurs et non plus aux opérations.
Et François Kenney de distinguer trois types d'opérateurs. Tout d'abord ceux qui le chéri, c'est-à-dire les fermiers. Pourquoi ? Parce que les fermiers par leur labeur produisent, font naître le produit net. Ensuite deuxième catégorie d'intervenant les propriétaires fonciers, c'est-à-dire les prêteurs de terre, les landlords comme on le verra un peu plus loin dans la révolution industrielle. Et puis enfin il y a les classes terriles que très subtilement François Kenney va diviser ou subdiviser en deux. D'un côté il y aura la classe industrieuse sous-entendée les artisans.
Et d'autre part la classe soudoyée où voit que l'épithète est violente et qui ira rouvroupera essentiellement les marchands. Et cette classe sera exclue de l'analyse du tableau économique. Donc vous voyez que comme dans un tableau vous avez deux entrées qui sont les opérations et puis vous avez les opérations et puis vous avez dans le côté les opérateurs. Et donc on peut bâtir à partir de cela une analyse circulante. Celle-ci a été menée sans prendre des termes grandiloquents de façon statique et de façon dynamique par François Kenney et c'est ce que je vous invite à regarder par vous même parce que je voudrais conclure sur son apport.
En effet il est vrai que François Kenney a été le premier à analyser l'économie en termes de circuit. Je l'ai dit il y a quelques instants. En fait il est celui qui a ébauché en son temps les prémices d'une comptabilité nationale. Il a voulu même si ce fut de gaingoix il a voulu quantifier l'activité économique. Ça c'est un point extrêmement important dans son apport. Deuxièmement François Kenney souligne les interdépendances économiques c'est à dire que par le biais des opérations qui les exécutent les opérateurs ont des relations économiques et donc nous des interdépendances.
Cela aussi va lui survivre et très fortement puisque pour la petite histoire va ciller les hantiefs économistes russes novelisés plus tard et réfugiés aux états-unis d'amérique avec à la sortie du deuxième conflit mondial inventer un tableau d'échange inter-industriel et dont le prix Nobel récompensera du moins en partie et lorsqu'on lui a posé la question de savoir où il avait pioché cette idée et qui évidemment en termes comptables était bien plus complexe que celle de François Kenney, Vasililéon Tief a répondu chez un français François Kenney et donc vous voyez que entre les deux c'était écoulé deux siècles.
Enfin j'ajouterais que François Kenney a très clairement mis en exergue le rôle du capital dans l'activité économique même si ce fut avec des insuffisances bien évidemment on les lui concèdera. Je n'aurais pas que des louanges à l'égard de François Kenney mais serait toujours dans un souci d'objectivité également critique. En effet dans le modèle constitué par François Kenney le problème des débouchés n'est pas évoqué. Or en économie produire si j'ose dire c'est bien vendre c'est mieux car produire pour produire vous conservez le produit sur les bras.
Donc il faut avoir un aspect de déboucher c'est à dire de demandes en regard de l'offre et François Kenney ne l'évoque pas. Deuxièmement dans son analyse la monnaie est totalement absente et pourtant il vit à une époque où la monnaie sans être fondamentale a une importance indubitablement. Il évacue le problème monétaire on dira dans son modèle la monnaie est neutre elle n'a pas d'action elle n'a pas d'emprise sur les relations économiques. J'ajoute encore et ce n'est pas eux que François Kenney dit annonce que l'industrie est érile.
Dans la France de son époque ce n'était pas totalement faux parce que la France restait un pays fondamentalement agréable. Il lutte habiter à la même époque en Grande-Bretagne s'était une heure grave que de défendre par aider. En effet et on le verra ensemble Adam Smith, fondateur de l'économie politique libérale et anglais de nationalité qui s'était rendu à Paris et qui avait discuté avec François Kenney reviendra en Grande-Bretagne tout un but imprégné des idées physiocratiques en matière de liberté mais mais et le main d'importance il ne ramènera pas l'idée suivant laquelle la terre la seule source de richesse et ça on le verra ça va changer avec les libéraux.
Enfin toujours en étant critique je vous dirais que considérer le capital est une chose mais en y est l'amortissement et la façon dont il est amorti est une erreur puisque le capital suce. Nous voici arrivés à la section troisième, la section troisième que je voulais dédié à Anne Robert Turgo. Anne Robert Turgo 1727 1781. Turgo est un ancien ecclésiastique c'était un AB qui était devenu contrôleur général des finances et qui fut remercié par Louis XVI en 1776 et de façon regrettable parce que très probablement poussé qu'il avait été par Marie-Antoinette.
Et Turgo nous a laissé un certain nombre d'écris et notamment des réflexions sur la formation et la distribution des richesses. On le voit bien la cause des richesses et la façon dont elle se répartisse. J'ajoute que Turgo sera donc un des ministres de finances je l'ai dit de Louis XVI annonçant derrière lui des hommes tout aussi importants que Nécaire, Calonne, l'homme unie de la Brienne et puis finalement de nouveau Nécaire puisque regretté il avait été mais c'était trop tard nous étions au 1788.
Donc pourquoi je appelais Turgo qui, à mes notes et pourquoi comme je vous l'ai dit il était un peu un physiocrate légèrement atypique parce que Turgo va approfondir les idées physiocratiques mais Turgo va également les élargir. D'abord il y a approfondissement de la pensée physiocratique sur plusieurs points. Sur le plan philosophique, ne voilà pas que Anne Robert Turgo reste un libéral convaincu mais que lorsqu'on lui dit à quoi est dû l'ordre naturel il répond aux forces des choses et non pas à la divine providence.
Donc de façon très curieuse c'est un nabé des froquets qui finalement va laiciser l'école physiocratique. Pour la petite histoire sachez que le nom de physiocrate a été donné donc à ses auteurs dans les années 1760 et on les appelait même la secte des physiocrates, c'est vous dire. Donc un répoussé le bouchon on les traitant de secte des économistes. Turgo a approfondi aussi la pensée physiocratique sur le plan économique et non plus seulement sur le plan philosophique et là distingra de façon très nette la valeur fondamentale et la valeur vénale.
Permettez que je me plonge dans mes notes pour vous lire quelques lignes seulement vous avez l'intégralité du texte à votre disposition mais qui sont extraites des observations sur le mémoire de monsieur Saint-Péravie de 1768. Et voici ce que Turgo y consigne. On distingue de sorte de valeur la valeur fondamentale et la valeur vénale. La valeur fondamentale est ce que la chose coûte à celui qu'il avant c'est à dire les frais de matière première, intérêt des avances, salaire du travail et de l'industrie.
La valeur vénale est le prix dont l'acheteur convient avec le vendeur. C'est notre fameux prix de marché. La valeur fondamentale est assez fixe et change beaucoup moins que la valeur vénale. Donc là encore Turgo vit très exactement les choses. Ce n'est pas tout. Turgo a approfondi en disant que pourquoi ne pas appliquer la dualité des prix au prix du travail ? On a vu ensemble qu'il y avait un prix fondamental et un prix de marché. Pourquoi on dirait-il autrement sur le marché du travail ?
Et pourquoi il n'y aurait pas aussi un prix fondamental du travail et un prix de marché ? C'est à dire un salaire fondamental et un salaire de marché. Et bien c'est ce qu'il va faire. C'est ce qu'il va faire en disant le salaire fondamental, c'est ce qui permet à la longue aux travailleurs de vivre et de survivre. Et bien ce n'est pas très difficile. On va l'appeler le salaire de subsistance. Et puis d'autre part il y a le salaire de marché qui fait qu'au moment où je pars, il y a tant de demandeurs et tant d'offreurs de travail.
Les offreurs, c'est nous, les demandeurs, ce sont les entreprises. Et l'intersection de cette offre et ses demandes est le prix du travail. Turgo a profondi encore les idées physiocratiques et là il s'en distingue quelque peu en disant oui je suis un ingratien mais les secteurs non agrères sont aussi productifs. C'est à dire que la stérilité du secteur secondaire est dénoncée par Turgo. C'est là une originalité qui n'est pas des démointres. Enfin toujours dans le mémoire que j'ai cité tout à l'heure, Turgo développera une idée qui fera Flores sous la pluie des libéraux plus tard qui est la loi des rendements non proportionnels, connue sous le nom de loi des rendements décroissants.
C'est à dire que par exemple sur une surface de terre de nez plus on accentue l'apport en travail plus la production est forte mais dans de moindres proportions. Donc les rendements continuent de croire mais de façon décroissante. Si vous voulez en termes physiques et en termes mathématiques la dérivé première est positive, la dérivé seconde est négative. Mais laissons les mathématiques là où elles sont. J'ai dit que Turgo avait approfondi les idées physiocratiques et me suis expliqué mais il a aussi dépassé la physiocratie.
En ce que d'une part il considère comme le capital comme étant un facteur de production à part entière qu'il le voit à l'origine du processus productif. Et que pour lui indubitablement l'épargne se trouve toujours égal à l'investissement mais en amont de ce dernier. C'est l'épargne qui finance l'investissement mais dans le temps elle le précède. Ce sont des idées là encore que les libéraux reprendront plus tard. Et puis d'autre part le dépassement de l'école physiocratique chez Turgo se lit où se trouve dans l'analyse ou l'approche du taux d'intérêt.
En effet le taux d'intérêt qui est le prix du capital se trouve hiérarchisé chez Turgo. Et il nous dit alors ça vaut ce que cela vaut sur le plan historique mais l'idée est riche dans la mesure où en effet en théorie économique on parle souvent du taux d'intérêt n'ayant le fait qu'il en existe une myriade. Donc ici nous avons le fait chez Turgo que l'intérêt est plus fort lorsque le capital employé laisse sous forme de prêt à intérêt.
Il est moins lorsque le capital est employé dans des investissements de secteurs économiques il est encore moins dans les acquisitions de terrain. Donc on voit bien qu'il y a une hiérarchisation. Je clos là le chapitre consacré à la physiocratie et qui est de loin le plus important dans ce titre deuxième de mon cours. Mais en vous disant que la pensée physiocratique est une pensée systématique. C'est la première fois que nous avons affaire à une doctrine je l'ai dit, une discipline économique se sont et une discipline économique systématisée.
J'ai parlé tout à l'heure de la secte des physiocrates mais qui portera le nom d'économiste postérieurement. Et là voyez-vous au-delà de l'anecdote il y a un fait réel. L'économie politique est née.