Bonjour à tous, nous abordons maintenant le chapitre 2, l'école classique. Section 1, aspects généraux. Nous allons commencer cette section 1 par le paragraphe 1, le contexte économique. L'école classique est représentée par les économistes du 18e et du 19e siècle. Elle apparaît dans le contexte de la première révolution industrielle qui s'étend de la fin du XVIIIe siècle et sur tout le XIXe siècle Elle touche l'Angleterre dès 1760 puis s'étend à partir de 1830 aux autres pays comme la France, la Suède puis plus tardivement l'Allemagne et les Etats-Unis La période de la révolution industrielle est marquée par de profondes transformations liées au passage d'une économie agricole et artisanale vers une économie commerciale et industrielle.
Les importantes innovations, comme notamment la découverte de la machine à vapeur, permettent le développement de secteurs clés dans l'énergie, les moyens de transport, le textile, la métallurgie. La production industrielle s'accroît considérablement et est à l'origine d'une forte croissance. Avec la révolution industrielle apparaît un capitalisme industriel soutenu par une diminution du rôle de l'État qui favorise l'initiative individuelle. On assiste à une concentration des entreprises qui cherchent à accroître leur taille et à investir dans des machines, au détriment d'une main-d'œuvre salariée souvent peu qualifiée dont les conditions de vie se détériorent.
Le nombre d'ouvriers dans l'industrie s'accroît, le travail des femmes et des enfants se développe. En grand 2, nous allons maintenant développer l'école classique et les principaux économistes classiques. L'école classique regroupe l'ensemble des économistes adhérents à la doctrine libérale et qui analyse le fonctionnement du système économique sur la période 1776-1876 environ Ce terme de classique a été donné à l'origine par Karl Marx C'est lui en effet qui va qualifier à postériori de classique tous ces auteurs dont il admire la rigueur scientifique.
De nombreux économistes deviennent éminemment célèbres. Tout d'abord on a Adam Smith, 1723-1790. philosophe et économiste écossais il est considéré comme le père fondateur de l'école classique avec son ouvrage essentiel recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations qu'il qu'il publie en 1776. En deuxième auteur, nous avons David Ricardo, 1772-1823. britannique il devient l classique le plus influent et le plus reconnu avec ses deux majeures et c sur l du bas prix du bl sur les profits qu publie en 1815 et ses principes de l'économie politique et de l'impôt qu'il publiera en 1817.
Le troisième économiste classique important c'est Jean-Baptiste Say. 1767-1832 C'est le principal économiste français et il est rendu célèbre par sa fameuse loi qui porte son nom la loi des débouchés ou loi de Sey qu'il énonce dans le traité d'économie politique qu'il publie en 1803 Quatrième économiste classique important c'est Thomas Robert Malthus 1766-1834. Économiste anglais, il se rend célèbre par ses théories démographiques qu'il publie dans son essai sur le principe de population en 1795. Cinquième économiste classique important, eh bien on a John Stuart Mill, 1806-1873.
Économiste anglais influent, il est souvent considéré comme l'un des derniers grands auteurs classiques avec notamment ses principes d'économie politique qu'il publie en 1848 Adam Smith, Jean-Baptiste Say, John Stuart Mill sont souvent considérés comme des classiques optimistes parce qu'ils ont foi en l'industrie naissante et dans le progrès technique Au contraire, David Ricardo et Thomas Malthus sont souvent qualifiés de classiques pessimistes en raison de leur vision souvent noire de l'économie. Grand 3, nous allons maintenant nous intéresser aux principales thématiques des classiques.
Fondateurs du libéralisme, ces auteurs ont en commun de développer des thématiques communes et d'y répondre en utilisant une démarche scientifique On peut résumer ces thématiques par cinq grandes questions Première question, quelle est la source de la valeur des biens ? Deuxième question, comment se répartissent les richesses ? Troisième question, comment accroître les richesses de l'économie ? Quatrième question, quel rôle joue la monnaie dans l'activité économique ? Enfin, cinquième question, quel rôle pour l'État ? Essayons à présent de donner les principales réponses communes que donnent les économistes classiques à ces questions.
Question 1. Quelle est la source de la valeur des biens ? Cette question est fondamentale pour les économistes classiques. Elle les conduit à élaborer ce que l'on appelle une théorie de la valeur qui constituera l'assise de toutes leurs autres théories. Qu'est-ce que la théorie de la valeur ? C'est la partie de la science économique qui étudie comment se déterminent les rapports d'échanges entre les différents biens et services. Globalement les classiques s donner deux r cette question Sur le court terme ils pensent tous que pour appr la valeur des biens il faut comprendre comment se fixe le prix des biens, par le jeu de l'offre et de la demande.
C'est donc par confrontation entre les acheteurs et les vendeurs que les prix se fixent sur le court terme. Sur le long terme, cependant, le prix des biens tend à se rapprocher d'un niveau tendanciel. Ce niveau tendanciel, c'est ce qu'Adam Smith appelle le prix naturel. et c'est ce que Stuart Mill appelle le prix nécessaire. En fait, les prix de marché, d'après les économistes classiques, gravitent autour des prix naturels. L'objet de la théorie de la valeur consiste à expliquer comment se fixe ce niveau tendanciel lui-même.
Très rapidement, les classiques sont confrontés au paradoxe de l'eau et du diamant. L'eau est très utile, mais n'est pas chère du tout. En revanche, le diamant est très cher, alors qu'il n'est pas utile du tout. Face à ce paradoxe, les économistes classiques font une grave erreur. Ils en déduisent que l'utilité des biens n'a pas d'implication sur leur valeur. Ou très bien. Ils distinguent alors deux types de valeurs. La valeur d'usage et la valeur d'échange. La valeur d'usage, c'est la valeur liée à l'utilité que procure un bien La valeur d'échange, c'est la valeur qui permet à un objet d'être échangé contre un autre Pour eux, la valeur ne dépend pas tellement de la valeur d'usage mais seulement de la valeur d'échange Ils essaient donc de comprendre l'origine de la valeur d'échange Comme le point commun de tous les biens est d'avoir été produit par du travail, beaucoup de classiques pensent que cette valeur repose principalement sur la quantité de travail qui a permis de fabriquer ce bien.
La valeur du diamant est élevée car il faut une quantité de travail importante pour fabriquer ce bien. En revanche, la valeur de l'eau est faible car elle est aisément disponible On débouche sur une théorie de la valeur dite objective La valeur d'un bien est pour les classiques déterminée à partir de la quantité de travail utilisé pour fabriquer ce bien Les classiques développent donc l'idée que le travail est source de richesse et pas seulement le travail des agriculteurs qui constituaient la seule classe productive de la société chez les physiocrates.
Je vous le rappelle, ici, le travail de tous les membres de la société est source de richesse. Les classiques élargissent donc la vision des physiocrates. Cependant, leur analyse met complètement de côté l'utilité d'un bien. Et il faudra attendre l'école du milieu classique pour résoudre ce problème. Question 2 Comment se r les richesses Cette question conduit les auteurs classiques une th de la r des richesses Adam Smith considère que les richesses se répartissent en trois classes aux intérêts antagonistes.
Les propriétaires terriens, qui touchent une rente, les travailleurs, qui perçoivent un salaire, Et enfin, les entrepreneurs ou la classe des capitalistes, qui sont principalement rémunérés par un profit. Ces classes ne sont donc pas les mêmes classes que nous avions vues chez les physiocrates. En effet, les classiques ne mettent pas l'agriculture sur un quai d'estal. Ils sont beaucoup plus intéressés par la relation au sein de l'industrie entre les capitalistes et les travailleurs. Comme nous le verrons ultérieurement, cette division de la société en classes sera reprise par à peu près l'ensemble des auteurs classiques, mais ils auront des théories de la répartition plus ou moins élaborées.
Question 3. Comment accroître les richesses de l'économie ? Cette question débouche sur une théorie de la croissance. Face à l'importante croissance que connaît l'Angleterre, les économistes classiques se demandent si cette croissance peut être durable. Les analyses diffèrent d'un auteur à l'autre, mais ils arrivent malgré tout à la même conclusion. Sur le long terme, toutes les économies se dirigent vers un état stationnaire. Idée qui sera d'ailleurs reprise bien des années plus tard, en 1972, avec le célèbre Club de Rome et son néanmoins encore plus célèbre Hite à la croissance.
Question 4. Quel rôle joue la monnaie dans l'activité économique ? Pour les classiques, la richesse est réelle, comme le pensaient d'ailleurs les physiocrates, mais contrairement aux idées mercantilistes. La monnaie ne peut donc constituer la finalité de l'activité économique. Elle doit juste rester un moyen d'échange et permettre de faciliter ces échanges. Les économistes classiques développeront l'idée que la monnaie est neutre Elle n'a pas d'influence sur la sphère réelle, c'est-à-dire sur le niveau de la production Question 5 Quel doit être le rôle de l'État ?
Les classiques prônent une intervention très limitée de l'État dans la sphère économique parce qu'il doit interférer le moins possible avec la vie économique. Il prône le libéralisme et nous verrons les développements réalisés par chaque auteur sur ce thème. Malgré un certain nombre de convergences dans leurs réponses, Les économistes classiques ne forment cependant pas un courant homogène. Ils proposent des théories bien différentes qui peuvent se répondre, se compléter, mais aussi s'opposer. C'est ce que je vous propose d'aborder dans les sections suivantes en étudiant les principales contributions des auteurs classiques.
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