seconde sur les idées mercantilistes. Ce mercantilisme, je vous l'exposerez en deux baragraphe. D'abord, sa typologie et sa géographie, ensuite nous verrons les écrivains et les idées. D'abord, typologie et géographie. Le mercantilisme se décline de cinq manières différentes. Il y a eu tout d'abord le mercantilisme bullionniste, c'est-à-dire bullionne en anglais, c'est un ingo. Donc, c'est un mercantilisme, si vous voulez, un peu à l'aarpagon, c'est-à-dire que l'on entasse des richesses pour les entasser. Parce que le principe de base des mercantilistes est d'affirmer haut et clair que la seule source de richesses dans l'économie, c'est l'accumulation métallique.
C'est la source de richesses. Vous voyez évidemment sur le plan politique ce que cela veut dire, puisque on ne constitue pas d'armée sans financement. La finance est l'unaire de la guerre. Les adages n'existent pas pour rien. Donc mercantilisme bullionniste appliqué par l'Espagne et par le Portugal, c'est-à-dire que les rois devenaient plus en plus riches, mais finalement il n'y avait pas en termes modernes d'investissement de ces sommes. Voilà pourquoi ces économies furent régressives, progressivement. Deuxièmement le mercantilisme commercialiste.
C'est un mercantilisme à l'anglaise, c'est-à-dire extrêmement conquérant et particulièrement protecteur et notamment la loi de Cromwell qui s'appelle le Cromwell Act qui date donc de 1651. Vous savez, Cromwell avait institué une République autoritaire dans une parenthèse royaliste bien sûr et avait pour conseiller entre guillemets un certain Thomas Hopps, l'auteur du Léviathan. Donc l'acte de Cromwell, ou le loi de Cromwell plus exactement, est une loi hyper-protectionniste. Mais mercantilistes seront des protectionnistes bien sûr. Et donc l'idée des anglais c'était d'envahir le monde, donc de pousser les exportations en s'en protégeant au maximum, c'est-à-dire grâce à des barrières douanières.
Moralité, en termes économiques, vous dégagez des surplus aux frontières, ce qui à l'époque se traduisait par des afflux métalliques dans le royaume britannique. La troisième forme, c'est la forme française. C'est le mercantilisme dits industrialistes, le mercantilisme colbertiste. Colbert qui fut donc un des conseillers les plus écoutés du roi soleil, Colbert avait pensé que l'accumulation de la richesse pouvait provenir de la création industrielle. C'est l'époque en effet de la création de l'institution des grandes manufactures, la manufacture des goblins, la manufacture de sèvres, etc.
Mais pourquoi le mercantilisme colbertiste dits industrialistes a loupé ? Tout simplement parce que n'a pas connu le succès qu'il aurait dû rencontrer, c'est parce que Colbert était probablement en avance sur son temps et il avait voulu, à tort, greffer sur une texture profondément agrère des industries naissantes. Ça n'a pas marché. La quatrième sorte de mercantilisme, c'est le mercantilisme fiducière. C'est-à-dire que plus on accumule de billets, plus on est riche, en fait, si vous voulez, c'était de traduire en termes de billets ce que l'on faisait en termes de monnaie, en termes d'or, si vous voulez.
Donc oui, mais jusqu'à un certain moment, c'est-à-dire qu'il arrive un moment où les gens demandent pour telle ou telle raison conversion des billets qu'ils détiennent en or. Mais à ce moment-là, faut-il que les institutions financières et surtout, bien entendu, l'institution centrale a la capacité de rendre cet or. Et si ce n'est pas cette capacité, c'est la faillite. C'est bien ce qui s'est passé. Donc, sous Louis XIV venait de mourir, il est mort en 1615, et donc il y a eu ensuite une régence.
Et durant la régence de Philippe d'Orléans, un écossais qui avait pris la direction de nos finances et qui s'appelait John Lars, elle a doublevé, avait institué ce mercantilisme fiducière qui s'est terminé en Banque-Route Royal, tout simplement. Et puis enfin, le dernier, le dernier forme de mercantilisme, c'est les mercantilismes caméralistes. Caméra, c'est le lieu où se tenait le traiseur public en Allemagne. En fait, ce mercantilisme est un mercantilisme tardif. Il est intervenu au 18e siècle et il n'a pas eu une importance, une résonance aussi forte que les mercantilismes britanniques, espagnols et français.
En paragraphe deuxième, j'aimerais examiner avec vous, d'abord les auteurs, ensuite les idées et conclure sur le mercantilisme. Les écrivains, ne voyez pas dans les écrivains des penseurs, il n'a eu encore de théories mercantilistes. Il y a eu simplement des pensées éparces et des conseils qui étaient prodigués par ces personnes qui réfléchissaient au prince. Donc pour moi de dire qu'il y a une doctrine mercantiliste est faux. Il y a une pensée mercantiliste qui était ce qu'elle a été, c'est-à-dire harcélère évagissante.
Ces auteurs au 16e siècle furent essentiellement des auteurs espagnols et français. Baudin de Malestroix en France, Bothero Ortiz Mariana en Espagne. Au 17e siècle, le mercantilisme fut français et anglais, du côté français de mon chrétien, d'avenant, de la fémace, Sully et Colbert. Et puis du côté de l'Angleterre, le citon, Munn, Child, Temple et Jean Passe. Enfin au 18e siècle, j'ai dit des auteurs allemands, von Sonfeldst, von Justi et puis aussi des français à l'instar de Lass, la banque haute de Lass et aussi de Vauban.
Quelles sont les idées véhiculées par les mercantilistes ? Il y a trois grandes idées. Première idée, c'est que les mercantilistes sont des populationnistes. Jean Baudin disait « Il n'est de richesse que d'homme ». Jean Baudin était un avocat français. Donc, ils sont populationnistes. Ça a une importance avec le temps quand on verra le malthousianisme ensemble. Mais n'oublions pas qu'à l'époque, entre le moment de la naissance et le moment de l'entrée sur le marché du travail, il y avait un espace temps de l'heure de cinq ans dans les populations agricoles ou disons prêts ouvrières.
Donc on ne pouvait pas analyser le marché des naissances sans penser au marché du travail. Aujourd'hui, il y a un quart de siècle qui sépare les deux. À cette époque, c'était extrêmement connexe. Donc, nos auteurs disent d'une part pourquoi ne pas taxer le célibat. D'autre part, deux thèses ont vu le jour. La première était de dire « Il faut payer les gens d'une façon correcte pour, on dirait en termes modernes, soutenir la demande intérieure ». D'autre, avec la même force, disait « Il faut au contraire payer les gens de façon pas trop élevée pour permettre une compétitivité aux frontières ».
Les deux thèses sont évidemment recevables. Donc on retiendra de ce premier point, oui les mercantilistes sont des populationnistes. Deuxième point, c'est que les mercantilistes véhiculent tous l'idée qu'il faut s'enrichir, puisque je le répète, l'accumulation métallique est le pivot de la richesse nationale. Alors, comment faire ? Eh bien il faut équilibrer et surtout suréquilibrer les comptes extérieurs. Voilà pourquoi nos mercantilistes sont des protectionnistes et le sont tous. Ce qui veut dire, donc c'est la deuxième idée, ils sont des protectionnistes, mais pour qu'il y ait une protection, il faut qu'il y ait un état fort.
Donc en même temps, je dirais que les mercantilistes sont des étatistes. Et ce n'est pas pour rien que John Hartkyns le rendra hommage dans un appendice de la théorie générale au XXe siècle. Enfin, la dernière idée est une idée véhiculée sur le plan monétaire. Et sur le plan monétaire, je voudrais vous dire deux choses. Premièrement, nos mercantilistes sont des crisots édonnistes. C'est H-R-I-D-R-E-S-O, édonniste, de l'édonnisme, plaisir. C'est le plaisir de l'or tout simplement en grec. Et je ne commande pas, puisque l'or est l'unique source de richesse, eh bien il faut l'accumuler.
Donc le désir d'or est fort, ils sont des crisots édonnistes. Mais ils sont aussi des pré-quantitativistes. Le quantitativisme, c'est une théorie monétaire que je vous exposerai quand nous verrons les libéraux. Mais donc l'idée principale est de dire plus il y a de monnaies en circulation, plus les prix de l'économie en question risquent d'être élevés, avec les conséquences que l'on a. Ceci aura évidemment sur les frontières. Et voici venir la diatribes entre deux hommes célèbres, deux Français au XVIe siècle, donc de Malestrois et Jean-Baudin.
De Malestrois disait, pour qu'il y ait inflation dans le royaume de France, il suffit d'observer et il avait raison qu'il fallait donner plus d'argent pour obtenir le même bien. C'est en effet le symptôme de l'inflation. Mais il ajoutait, n'oublions pas que c'était un homme de cours, le sueur de Malestrois. Il ne voulait probablement pas déplaire à la cour et il ajoutait, mais j'observe moi que finalement dans le royaume de France il faut à peu près toujours donner la même quantité de métaux, enfin d'or, pour obtenir les biens.
Donc j'en conclue qu'il n'y a particulièrement pas d'inflation dans le royaume de France. Jean-Baudin, avocat, dira, c'est faux. Moi je constate par un certain nombre de relevés que je peux faire sur un certain nombre de biens, le velour, le vin, certaines graines, etc. qu'il faut plus d'argent pour obtenir les mêmes biens et parfois de conséquences qu'il y a inflation. Et d'imputer cette inflation à un excédent de circulation monétaire. Dans mes notes je vous donne les différentes thèses avancées par Jean-Baudin pour expliquer l'inflation et qui sont loin d'être sautes, même toujours aujourd'hui, comme par exemple l'idée d'une dix-et, une dix-et ça s'analyse par une carance d'offre donc le prix monte.
Ou bien en disant des monopoles et on démontre assez facilement que lorsqu'il y a un monopole le prix est plus élevé que dans un régime de concurrence. Bref, je veux maintenant dans un dernier temps conclure sur le mercantilisme. Et être le plus juste possible, c'est-à-dire le plus objectif possible, oui le mercantilisme a été positif à certains égards, non il n'a pas été à d'autres. Il a été positif à certains égards d'abord parce qu'il a assuré de lui-même une sorte de régression progressive de la main-mise religieuse sur l'activité économique.
Il a été avec le frein que ceci entraînait sur le plan moral. Il a été positif dans la mesure où il a reconnu à l'état une puissance effective et notamment dans le domaine industriel et commerciale, pensons au colbertisme. Il a été aussi positif dans la mesure où les mercantilistes préconisaient de favoriser la technique et le progrès technique d'une façon générale, c'était des gens positifs. Par contre il a été négatif dans la mesure où dans le domaine agricole, force est de constater que la condition des travailleurs est restée des plus déplorables, donc il y a un échec.
D'autre part sur le plan monétaire, ils avaient beau se révolter contre l'instabilité, mais l'instabilité monétaire a perduré, elle a demeuré, ils n'ont pas réussi à la contraindre. Et puis enfin sur le plan je dirais politico-militaire, un protectionnisme exacerbé peut être dangereux parce que vous ne pouvez pas sans cesse entrer chez les autres en leur interdisant d'entrer chez vous. Il arrive un jour ou l'autre que des tensions émergent, en d'autres termes une hyper-protection est un facteur de guerre.
Le mercantilisme en tout cas, même s'il n'a pas été une doctrine, annonce indubitablement un nouvel âge de l'économie et ce nouvel âge de l'économie, nous allons l'étudier ensemble avec le titre deuxième de ce cours intitulé l'aube du libéralisme.