Cours 04 - La pensée économique au Moyen-Âge

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 1 : Introduction et les prémices de l'économie politique
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J'en arrive à présent au chapitre troisième, « On sacré à la Renaissance ». Alors, vous l'avez compris petit à petit, nous nous approchons bien entendu de notre histoire de l'analyse économique parce que les idées vont commencer à percer et vous allez le comprendre. Mais fidèle toujours à façon de vous exposer les choses, vous savez, la pensée n'est pas complètement autonome par rapport au fait et de la même façon, les faits sans être chevillés aux pensées n'en sont pas totalement indépendants non plus.

Donc voilà pourquoi j'aurai l'habitude, je prendrai l'habitude de planter le décor si vous voulez de la période, à chaque fois. Alors, dans ce chapitre troisième et en section première, je voudrais en plantant ce décor, vous dire que oui, la société bascule complètement car c'est un nouvel ordre social qui émerge. Pourquoi j'assaine cette vérité ? C'est qu'il y a trois mutations d'importance qui opèrent. Il y a une mutation spirituelle, il y a une mutation politique, il y a une mutation économique.

Ce seront donc mes trois paragraphs. Tout d'abord la mutation spirituelle. Cette mutation spirituelle, je la vois double. D'abord, une mutation qui est venue est très profonde dans les arts. En pays de Flandre et dans l'Italie du Nord, il y a là une montée en puissance de la peinture et notamment d'ailleurs ces heures, cette période que l'on découvre la peinture à l'huile, mais c'est aussi à cette période que l'on commence à maîtriser la troisième dimension. Donc il y a une montée en puissance de la peinture et qui trouvera de quelque manière une sorte d'apothéose avec des Michelanges, Titiens, Durère, Holbein, j'en passe.

Mais l'influence de la Renaissance ne s'est pas ni manifesté qu'au travers de la peinture, elle s'est manifesté également au travers de l'architecture avec Alberti, avec Brunelleschi, avec Goujon, avec D'Ossilo et elle s'est manifesté dans la sculpture, surtout de Natello, avec Guiberty, avec Breuer, avec Bloulant. Elle s'est manifesté dans la philosophie et vous le savez vous-même avec un Fissin, un Bruno, un Bacon. Elle s'est manifesté dans la poésie avec du bélet, avec Marot, avec Shakespeare, avec Ronçard, avec Rablet.

Et puis elle s'est manifesté aussi sur le plan scientifique parce que nous avons un Galilé à l'époque. Le Galilé c'est 1564-1642. C'est aussi un Copernic avec donc en 1473-1543 et puis un Léonard de Vinci qui comme vous savez peut-être n'a pas été qu'un peintre mais qui a été aussi un mathématicien de renom et un astronome également. 1452-1519. Donc convergence et édoulicion dans bon nombre de secteurs scientifiques, c'est la renaissance. Et pour moi à dire le vrai, j'aime bien écrire la renaissance avec un tiré parce que c'est la renaissance.

En effet, le monde, le nôtre, le monde européen occidental est tombé en sommeil, je le répète depuis environ mille ans, même s'il y a eu des périodes de résurgence. Mais le traîne n'était pas bon. Il a été au mieux plat. Donc cette renaissance qui en plus vous le voyez très bien dans les arts est un retour à l'antique. Combien de peintures ou de sculptures représentent des scènes de l'antiquité, la plupart, ou bien des scènes chrétiennes de l'époque du Christ ?

La deuxième mutation sur le plan spirituel à côté de ces sciences qui finalement vont donner naissance à l'humanisme, bien sûr. La deuxième mutation spirituelle, c'est une mutation religieuse. Extrêmement profonde, c'est la réforme. C'est la réforme protestante. Cette réforme protestante, vous savez, le catholicisme a connu d'abord un chisme que l'on a appelé le chisme de grec en ... c'est-à-dire la scission entre le catholicisme d'Occident et le catholicisme d'Orient devenu l'orthodoxie. Et puis il y a eu l'histoire que l'on a appelé le grand chisme de 1378 à 1477, où l'empereur français avait décidé, le roi de France avait décidé qu'il y avait un pape en France, ce sont le célères des pape en avignon.

Eh bien là, nous arrivons de nouveau avec un chisme dans l'église catholique avec une branche protestante naissante. Le protestantisme sera bouleversant dans la mesure où il est en lui-même un refus de la soumission. Alors vous voyez déjà si on transpose ceci en politique, ce que l'écho que ceci peut avoir. C'est Martin Luther qui a été le premier et donc qui a vécu dans le sud de l'Allemagne 1483 à 1546 et qui comme vous le savez, s'était élevé contre les écrits bibliques qu'il trouvait beaucoup trop chargés d'inexactitudes et greffés par des textes qui arrangaient plus ou moins au fil des siècles.

Et donc il demandait un retour au texte d'origine. Et puis d'autre part, parce que Luther sur le plan pratique, s'était révolté contre le système des indulgences, c'est-à-dire que l'église vendait des indulgences aux âmes faibles pour leur promettre un après mort meilleur. C'était en effet tout maintenant honteux sur le plan financier. Martin Luther qui vous le savez, était un moine lui-même, donc il a rejambé contre son propre ordre, ce qui lui vaudra d'ailleurs après l'énoncé de ses textes, ce qui lui vaudra l'excommunication papale.

L'autre auteur est Jean Calvain, l'autre d'importance, mais je n'appellerais pas Eucalype, je n'appellerais pas Busser, je n'appellerais pas Stingley, on fallait lui bien des auteurs importants à cette époque. Mais j'insisterais sur l'autre qui était Jean Calvain, 1509-1564 et pourquoi le Feige ? D'abord parce que Jean Calvain représentait le protestantisme français et qu'il n'a pas été très heureux, notamment pendant sa période strassbourgeoise, il a été appelé à Genève et à Genève il a constitué une ville totalement protestante exactement comme Stingley l'avait fait à Dürich, c'est-à-dire en Suisse allemande.

Mais par-delà l'anecdote, je voudrais vous faire comprendre que Calvain va révolutionner la pensée économique en disant le prêt à intérêt n'a absolument rien de sale, il est même tout à fait à autoriser. C'est donc deux mille ans d'histoire qui sont remises en question, 500 ans avant Aristote, 1500 ans après du fait de l'église catholique et notamment des écrits de saint Augustin mais surtout de saint Thomas. Calvain va nous dire mais dans le fond, une personne qui prête à autrui s'empêche de jouir de son propre argent, elle est pénalisée, elle renonce à la consommation comme on dit en termes modernes, à sa propre consommation pour permettre à un autre de consommer, à se transférer des parnes.

C'est proprement tal truiste, c'est penser aux autres avant de penser à soi, et bien cette privation doit être récompensée et la récompense c'est l'intérêt. En quoi ceci est immoral, dira Calvain, pas du tout. Et donc Calvain revient sur la prohibition du prêt à intérêt. Ce qui vous explique que bon nombre de peuples influencé par le protestantisme et notamment peuples anglais un peu plus tard mais aussi le peuple néerlandais et le peuple allemand vont être assez vite décomplexés vis-à-vis du phénomène argent.

Et donc là il y a un facteur de décollage économique mais qui s'est produit. Et un sociologue très célèbre Max Weber au début du 20e siècle a commis un petit ouvrage qui s'intitule... Et la thèse centrale de l'ouvrage est de dire oui le capitalisme a dû et est largement redevable au protestantisme tant à son éclosion, à son lancement. Je partage personnellement assez fortement cette thèse même si je me méfie des thèses monocosales. Mais indubitablement le protestantisme va permettre l'essor des sociétés nordiques.

Je n'ai pas le temps ici d'entrer sur un certain nombre de principes protestants parce que là aussi ça ne montre pas d'intérêt mais qui sont des principes qui viennent si vous voulez chambouler les principes catholiques d'avant. Je vous en donne un ou deux au passage. Solidéo gloria, adieu sol la gloire. Alors que dans l'église catholique et dans l'église orthodoxe vous avez une vénération des saints, on embrasse des icônes, on prie la Vierge Marie pour qu'elle intervienne, on prie des saints également pour qu'ils attirent les faveurs de Dieu sur nous.

Les protestants diront adieu sol la gloire. Donc le reste, faisons en fi, c'est fini. Donc on ne réverre pas Marie, on ne réverre pas les saints, on n'embrasse pas des images, ce qui fait que les temples sont totalement dépouillés sur le plan matériel et puis que sur le plan intellectuel il n'y a pas d'intermédiation entre le croyant et Dieu lui-même. Le seul intermédiaire admis c'est Jésus Christ, le fils du Père. Mais c'est tout. Ce qui vous explique aussi pourquoi il n'y a pas de hiérarchie pastoral dans l'église protestante et que là encore un pasteur n'a pas la possibilité vocation à remettre les péchés, il ne le peut pas.

Le pasteur est un homme instruit de la science théologique et il enseigne la science théologique. Voilà, c'est un homme de foi bien évidemment. Mais n'attendez pas lui de rémission des péchés, il ne le peut pas. Donc voilà un principe, vous voyez ce que c'était tout simplement, et bon, l'ordre est abri. Le protestantisme de ce côté là était plus que dangereux vu du côté de ce qui était détenteur du dit ordre. Le protestantisme est aussi à d'autres principes qui sont se l'affiner sur la Gratia.

Seule la foi, seule la Gratia. C'est-à-dire que la Gratia est un don de Dieu chez le protestant et ce don est donné par la foi. Mais au final, on est sauvé par la Gratia de Dieu tout simplement. Et cette Gratia encore une fois est donnée par Dieu. Et là encore, suivez-moi bien dans mon exposé pour un catholique. Avoir le salut, c'est le mérité. Donc il faut que les œuvres soient à la hauteur de son salut. Pour un protestant, le salut est un don de Dieu.

Alors ça ne veut pas dire d'avoir une conduite immorale, mais ça veut dire tout simplement que en remerciement de ce don, alors on œuvre correctement sur terre. Mais vous voyez que c'est renversé là encore la logique de pensée. Le salut par les œuvres n'existe pas chez les protestants. Alors tout ça s'achamboulait la pensée chrétienne qui elle était là depuis 15e siècle. Vous pensez bien que ceci n'a pas été neutre. J'ajoute toujours dans cette pensée, dans ce mouvement spirituel religieux que en Angleterre, il y a eu l'émergence de l'anglicanisme.

C'est l'époque d'Henri VIII mais c'est le XVIe siècle. C'est-à-dire que comme Henri VIII n'arrivait pas à faire reconnaître ses barrières successives par le pape, finalement il a fait une scission et c'est la scission anglicane qui vous explique que toujours aujourd'hui, la reine d'Angleterre est la chef de l'église. Donc le temporel est sûr au-dessus du spirituel, mais ça vient d'Henri VIII tout simplement. Mais l'anglicanisme est de penser protestante même si le rythme est en effet plus catolisant.

Cette affaire entre guillemets religieuses prendra des proportions que vous savez. C'est-à-dire que très vite les protestants vont croître en nombre. Songeait que dans la France du XVIIe siècle, il y avait environ un français sur cinq qui était protestant. C'était énorme. Alors, il y a eu, comme vous savez, par la suite, on a essayé d'étouffer d'abord et puis ensuite de massacrer cette révolte parce que l'ordre établi se trouvait déstabilisé. C'est la fameuse nuit de la Saint-Barthélemie que tous les protestants gardent en mémoire.

Donc d'août 1572, je n'entre pas dans les détails, je vous les expose d'ailleurs par écrit à titre anégnothique, mais où Catherine de Medici s'en est fait ordonne finalement, alors que son fils était déjà Charles IX sur le trône, mais elle ordonne donc le massacre de la Saint-Barthélemie. Ce massacre s'étendra bien au-delà de Paris et pendant des mois qui ont suivi, il y a eu une véritable persécution des protestants sur le territoire français. De la même façon que pour être juste, il y eu une persécution des catholiques en terre anglaise.

Les dignes nantes va heureusement clore cette première parenthèse en 1598 et les protestants obtiendront le droit de pucle. Mais petit à petit, les choses vont changer et Richelieu assiegera la Rochelle et puis il y a eu les Dragonades sous l'Ouïcator, ce qui était un catholique fervent, il allait être à la messe tous les jours. Et puis finalement, comme vous le savez, en 1685 il y a la révocation l'évitnante. Ce ne fut pas peu pourquoi, parce que les protestants qui n'avaient pas été persécutés antérieurement, mais les protestants qui restaient entre guillemets se sont exilés, ils ont quitté le territoire en très large majorité.

Ils sont allés se réfugier au pays bas, en Angleterre, voire un peu plus tard, dans le nouveau monde des Amériques. Et là, la France a fait une énorme perte en termes d'élite et ceci ne peut pas être neutre au regard du développement. C'est un fait. Voilà pour la mutation spirituelle. Deuxièmement, la mutation politique, je serai plus bref vous demandant de vous référer à mes notes. Cette mutation politique, quand dire, elle est véhiculée par des personnes aussi riches intellectuellement qu'Hérace-Mont-Macavelle.

Et l'idée c'était de dire, remettons le roi à sa place, c'est-à-dire au sommet de la hiérarchie politique. Ceux qui n'étaient plus en raison de la délicatance progressive de ce qui s'était passé dans les siècles passés, c'est-à-dire de la monter, si vous voulez, des féodalités. Et cette mutation politique, c'est-à-dire de remettre le roi sur son trône, a eu pour faire conjoint le changement de dimension de l'économie. L'économie était une économie manoriale jusque-là, c'est-à-dire organisée autour du château.

Donc petit à petit, l'économie devient une économie nationale organisée autour du centre de constitue la capitale occupée, elle-même par le roi. Donc petit à petit, vous voyez, le fait national monte en puissance et donc l'économie change de dimension. Enfin, une mutation précisément économique. La mutation économique, elle ferait mis sur le plan des techniques, c'est l'époque où s'invente la mousse seule ou la montre. C'est l'époque où on fait des progrès dans l'agriculture et notamment où on commence à utiliser plus le cheval que le boeuf dans les travaux de trait.

C'est l'époque où il y a eu aussi une, pardonnez-moi, sur les techniques, j'ajouterai évidemment l'impression. C'est-à-dire l'imprimerie inventée par Gutembert, qui était un homme du XVe siècle, et grâce à l'invention de Gutembert, le terre a pu massivement diffuser ses idées sur le plan livresque. Donc, mutation économique par des progrès techniques. Mutation économique également par un commerce international qui se ramifie et se développe. En effet, il y a la découverte des nouveaux mondes. Il y a tout d'abord la découverte du Cap de Bonespérance par Bartolomé Audiaz, qui va quelques années plus tard permettre à Vasco de Gama de découvrir les Indes.

Et puis à peu près à la même époque, c'est l'époque de Christophe Collomb, donc six ans avant Vasco de Gama en direction des Antilles et du nouveau monde naissant. Et là, grâce à ces découvertes de ces routes maritimes, d'abord vous voyez que le monde prend une autre dimension, parce que nous découvrons des terres que nous ne connaissions pas antérieurement, donc la mondialisation change de physiognomie. Et ces découvertes progressives vont être les routes initiatrices du phénomène de colonisation future.

Troisièmement et dernièrement, grâce à l'exploitation de ces futures colonies, quand il ne s'est pas agi de piage, et je pense à ce qui s'est passé au Pérou ou au Mexique entre autres, il y a des galions chargées de métaux précieux revenant du nouveau monde et déversaient ces quantités de métaux sur les territoires qui souvent ne savaient pas très bien qu'en faire, qu'en faire l'Espagne. Donc si vous voulez une abondance de circulation monétaire à laquelle on n'était pas habitué.