Cours 03 - La pensée économique sous l'Antiquité grecque

ECONOMIE POLITIQUE · Semaine 1 : Introduction et les prémices de l'économie politique
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Nous voici maintenant aux abords du chapitre deuxième que je voudrais comme je voulais annoncer consacrer intégralement au Moyen-Âge. Mais bien évidemment, là encore puisque la pensée économique a été à peu près inexistante, je serai relativement bref. Tout de même. Tout de même. Nous voici une période qui est grosse au modo caractérisée par Milan. L'Empire romain s'achève à la fin du 5e siècle et la Renaissance arrive vers le 14e, surtout le 15e et encore de façon plus évidente au 16e siècle.

Donc nous avons là une tranche d'histoire de Milan. J'aimerais la découper en vous disant grosso modo que c'est-il passé de 500 à 1000 et que c'est-il passé de 1000 à 1500. Bien entendu, on en en retenant que les traits les plus marquants. La période de 500 à 1000 n'a pas été une période brillante pour l'Europe, notamment l'Europe de l'Ouest, dans laquelle nous vivons. En effet, d'une part, nous n'eument pas de dirigeants très brillants. C'est l'époque des rois fénéants, mais c'est aussi une époque, ça ne veut pas dire que nous n'avons pas eu parfois des dirigeants d'envergure, je pense à Charlemagne, bien sûr.

Mais, retenons que l'empire de Charlemagne a été divisé en trois par ses petits-fils aux traités de Verdun, c'est-à-dire grosso modo, 50 ans après. Qu'est-ce que 50 ans dans l'histoire ? Rien du tout. Donc si vous voulez, la tendance de 500 à 1000 est une tendance au déclin, ce qui ne veut pas dire encore une fois qu'on n'a pas connu pendant ces 500 ans des périodes plus glorieuses. Mais deuxièmement, cette période est aussi marquée par des vagues d'invasion successive.

Elles ont commencé avec les bardards qui ont eu raison de l'empire romain, puisque c'est un bardard au doigt aque premier qui s'est autoproclamé empereur en 476. Mais plus tard, nous eûmes d'autres invasions, et des invasions notamment des invasions arabes, des invasions magières, c'est-à-dire ongroises actuelles, et des invasions un peu plus tard vers le 9e siècle Normande. Donc il y a eu un phénomène de contraction de notre espace et de notre puissance. Et puis, c'est à cette période aussi que le Pape a essayé et réussi à avoir un ascendant sur le pouvoir temporel.

Cette période, sans entrer dans le détail, est aussi la période de l'Islam. Et des idées qui seront véhiculées postérieurement par des auteurs aussi importants que Avicen et Averroès. Cet islam qui était parti du Moyen-Orient et puis qui a ésemé donc vers la Perse, l'Egypte, la Syrie, et plus tard vers l'Afrique du Nord, l'Inde et l'Espagne, puisque c'est là que l'invasion s'est arrêtée. La deuxième partie de ce millénaire va donc de 1500 pour parler, bref. Et là, je examinerais de sous-periode une période d'ascendance et une période de repli.

La période d'ascendance vient du fait des croisades. La première est commandée en 1094 et je crois ces branles trois ans plus tard et on en connaissait l'objet, la libération des vieux sains. Mais en tant qu'économiste, je voudrais simplement vous faire observer que ces croisades au fur et à mesure qu'elles se sont déroulées, on rouvraient la route commerciale de l'ouest vers l'est qui avait été coupée par l'effondrement de l'Empire romain d'Occident au 5e siècle alors que l'Empire romain d'Orient avait encore un millénaire à vivre.

Donc je retiendrai des croisades cette ouverture, si vous voulez, économique de nouveau, cette ouverture vers l'international. Tandis qu'à l'intérieur, c'est l'époque aussi des villes franges et puis c'est l'époque de frémissement économique. Et il y a eu aussi un certain nombre de dirigeants qui ont, je pense, affiné le poguste par exemple au 13e siècle, qui ont impulsé des mouvements des sorts. La deuxième partie de ces 500 ans, donc globalement, mettons les 14e et 15e siècle, a été beaucoup plus malheureuse.

Elle était beaucoup plus malheureuse parce que c'est l'époque de la guerre de Centaure, qui pour nous autres français s'est traduite par une succession de défaite et qui finalement, après les défaites de Crécy, la défaite de Poitiers, la défaite d'Azincourt, débouchera enfin sur une victoire grâce à Jeanne d'Arc. Et la remise, entre guillemets, sur le trône de Charles VII. Mais cette époque donc d'usure de la France, c'est aussi une époque qui a été décimante par la Peste Noire, qui est intervenue au milieu du 14e siècle et a en croire les historiens.

La Peste Noire aurait tué un français sur deux. On peut imaginer le résultat économique en termes de production. Voilà, brossée et vous m'en pardonnerait à très grand trait et très rapidement l'histoire de cette période. Alors pour nous autres, puisque je retiens tout d'abord et ce sera ma première section, je voudrais vous donner le contexte de cette période et m'attarder sur trois caractéristiques. Donc en section première, examinons le contexte. Ce contexte, c'est une société très dépendante et c'est une société dont les arts sont en ébullition.

S'agissant des arts, vous les verrez par vous-même. Je n'ai pas le temps de vous les développer, mais je voudrais quand même vous rappeler que c'est durant cette période que l'âge premier des arts, l'âge roman, l'âge gothique et l'âge flamboyant ont connu leur naissance et leur développement. C'est surtout la dépendance de cette société qui m'intéressera, qui me retiendra. Cette dépendance, je la vois triplée. D'abord, il y a une prépondérance de la religion qui est très nette. C'est une époque où d'abord l'Église est riche.

Elle est riche parce que elle est prospère, parce qu'elle possède un certain nombre de biens. Et puis surtout, c'est l'époque où notamment vers le XIIe, IIIe siècle, etc., c'est l'époque de la création des grandes pédales. C'est l'époque aussi où l'influence, pas que matérielle, mais aussi spirituelle, est très importante. Ici, dans les monastères, puisque c'était grâce au travail méticule des moines que se transmettait le Savoir et que les écrits anciens étaient traduits des langues mortes vers le latin et puis plus tard, bien entendu, vers les langues nationales, mais là il faudra attendre la Renaissance.

Et là, à l'échelle papale, car il y eut deux diatribes que l'on a appelés la querelle des investitures et la querelle du sacerdosse et de l'Empire. La querelle des incertes des investitures, c'était de dire qui nomme la hiérarchie ecclesiastique, le pape ou le roi. La réponse tourna en faveur du pape, c'est l'épisode de Canosa. Aller à Canosa, c'est de 1077, où en effet, l'empereur allemand Henri IV est venu dire au pape qu'il reconnaissait son ascendant sur lui et que le pape l'a laissé griloter pendant trois jours et trois nuits dans la neige.

La querelle du sacerdosse et de l'Empire intervient un siècle plus tard. Et le nœud de cette querelle était de savoir qui est au-dessus de l'autre. Là, il ne s'agissait pas de nommer la hiérarchie, mais qui l'emportait, le pouvoir spirituel ou le pouvoir temporel. La réponse fut le pouvoir spirituel, c'est-à-dire que l'ascendant papale a été là aussi marqué, cette fois un siècle exactement plus tard, en 1177, à Venise, avec toujours un empereur allemand, Barberus, qui était venu donc faire acte d'allégeance au pape.

Dans ce premier point, pour vous faire comprendre cet ascendant de la religion sur la société, c'est que la religion avait, sur le plan de l'organisation, divisé la société en art majeur et art mineur. Donc, c'est ce que l'on appelait à l'époque les artesses majeures ou les artesses minoresses. Au titre des arts majeurs, on trouvait la religion, la politique, l'administration. Et quant aux arts mineurs, ils étaient sains des eux-mêmes en deux catégories. Il y avait les artesses productivaées, c'est-à-dire les arts productifs, l'agriculture et l'artisanat, et les artesses écumiativaées, c'est-à-dire la finance d'une façon générale et le négosse.

Avec la reprise de cette idée aristothélicienne, c'est-à-dire de distanciation morale vis-à-vis de l'argent. De conséquence découle de cette pregneuse de la religion sur la société. D'abord, c'est une économie de dépense et une économie en même temps anti-crématistique. En d'autres termes, c'est une économie qui rejette l'argent. Elle rejette l'argent pour des raisons morales et religieuses. J'aurai l'occasion de vous l'expliquer dans un instant lorsque nous examinerons la pensée de saint Thomas. Et puis, l'autre conséquence, c'est que la pregneuse de la religion va initier l'idée de justice dans l'économie.

Et que là encore, saint Thomas d'Aquin, donc au 13ème siècle, s'interrogera sur qu'est-ce qu'un juste salaire, qu'est-ce qu'un juste prix, qu'est-ce qu'un juste profit. Donc la notion de justice. Voilà donc la première dépendance, une dépendance de la société vis-à-vis de la religion. Il y a une deuxième dépendance de cette société, c'est la dépendance vis-à-vis de la noblesse. La noblesse en effet, tient les rennes de la société. Cette noblesse a une attitude, qui est une attitude de dépense d'une façon générale et qui déconsidère les phénomènes d'argent parce que par définition ils ne sont pas nobles.

Donc la noblesse, à ce comportement chevalresque, elle a cette mission de défendre le château, mais en période de paix, elle le fête et se repose. Et ne fait que cela tandis que la paysanerie se vient à ses besoins. Donc cette noblesse en dédaignant l'argent aura aussi une influence sur le cours des choses. Et puis la troisième dépendance de cette société, c'est une dépendance corporatiste. La société médiévale est une société fortement hiérarchisée. Alors comme vous le savez, cette hiérarchie est étoilérisée à la base par des apprentis et puis qui, à force d'apprendre devenue compagnon, qui eux-mêmes effectuaient un tour de France auprès des maîtres pour « heu » à faire leur connaissance, et enfin devant un jury accéder au titre de maître aujourd'hui, la soutenance d'une thèse est une réminiscence médiévale puisque c'est finalement une reconnaissance par des maîtres vis-à-vis d'un candidat maître et d'entrer dans le corps.

Cette hiérarchisation de la société avait deux avantages. Le premier avantage, c'est que s'y promouvaient l'idée de valeur qualité. En effet, au Moyen-Âge on prenait le temps. Et que chez le maître donc, il y avait la mère, en général sa femme, il y avait quelques compagnons, quelques apprentis, voire quelques personnes de la famille, une dizaine donc de personnes. Et cette dizaine de personnes pouvait parler et ne s'en empêcher pas à table de problèmes professionnels de la journée.

En d'autres termes, ce que je vais vous faire comprendre et souligner du loi, c'est que les relations sociales étaient aisées et n'y avait pas de barrière entre employeurs et employés. L'information circulait de façon libre et ouverte, franche. Et puis, deux conséquences, comme je vous l'ai dit, la première conséquence, c'est ses contacts et ses relations sociales et l'autre que j'ai déjà cité, c'est le règne de la valeur qualité. Dans une deuxième section, j'aimerais examiner les idées tomistes.

Donc les idées véhiculées par saint Thomas d'Aquin. Ces idées tomistes, saint Thomas d'Aquin 1225-1274. Saint Thomas nous laisse un ouvrage qui s'appelle Somme théologique. La Somme est une compilation phénoménale au sens philosophique du terme. La pensée tomiste est une pensée éminemment serve de la morale et de la morale chrétienne en particulier. Je voudrais en retenir d'abord une conception très fonctionnelle de la propriété et qui rappelle m'é dire sur la pensée des premiers chrétiens. C'est-à-dire que saint Thomas insiste sur le fait que la propriété est nullement interdite mais qu'en revanche, le propriétaire ne doit pas oublier que la propriété doit exercer une fonction sociale, une fonction à destination des autres.

La deuxième idée qui a animé saint Thomas dans sa réflexion économique, c'est la notion de justice, comme je l'ai annoncé, c'est-à-dire une conception équitable d'Aquin. Alors saint Thomas disait qu'il y a trois types de revenus, les profits, les prix, les salaires. D'abord le profit. Le profit pour saint Thomas est justifié à partir du moment où il remplit un certain nombre de fonctions. D'abord le vendeur doit en vivre et faire la charité grâce à ce profit. On voit bien l'immiction du religieux dans l'économie.

Le profit doit rendre service, il faut donc y avoir une finalité sociale. Le profit doit améliorer la qualité de la marchandise vendue. Et le profit, il somme tout, doit couvrir des risques. Donc on voit bien que sa conception du profit est les plus acceptables, même si elle est teintée, on l'observera de référents religieux. Quant au juste prix, à son tour, comment peut-on dire qu'un prix est juste ou injuste? Saint Thomas nous répondra, laissez l'estimation commune, vous le dire.

Ceux qui ont vieux français ou latins s'appellent la communice à estimation. C'est-à-dire que vous et moi on estimait que le prix était correct. À partir du moment où il était correct, il était juste pour les deux partis. Et enfin, un juste salaire. Un juste salaire, voulons dire par là que les travailleurs doivent vivre dessamment de leurs efforts. Donc juste profit, juste prix, juste salaire, on l'a qui est satisfaisant en termes moraux. Mais ce qui est plus inconvénient de cette pensée est que le terme juste n'est pas spécifiquement défini.

Enfin, et c'est la troisième idée thomiste sur laquelle j'aimerais insister, c'est que Saint Thomas a eu une conception extrêmement restrictive de l'argent. Et là, c'est peut-être son idée majeure et une idée qui, et là, ce n'aura pas été très positive au regard de l'économie de l'époque. Saint Thomas reprend les idées Aristotéliciennes. Il reprend les idées des premiers chrétiens et insiste. Et écrira Pekunia, Pekuniam non-Paris, l'argent n'engendre pas l'argent. Ce qui veut dire en termes modernes, l'argent ne peut pas faire de petit.

Soyons encore plus clairs, le prêt à intérêt est interdit. Mais voyez-vous, d'abord pourquoi le prêt intérêt serait interdit, et ensuite, qu'elle en a été les effets de cette interdiction. D'abord, pourquoi Saint Thomas interdit le prêt intérêt ? Parce que Saint Thomas nous dit tout simplement que pourquoi donne-t-on un intérêt ? On donne un intérêt parce qu'une personne se prive de quelque chose et pendant un temps, donnez. C'est l'objet de l'intérêt, c'est rétribué donc ce temps d'attente.

Le problème, vu du côté de Saint Thomas, est que le temps est une création de Dieu. Et comme c'est une création divine, on ne rémunère pas ce qui est divin. Donc rémunérer le temps, ce serait rémunérer Dieu, c'est impensable. Donc voilà la première réflexion. Le fondement de la réflexion thomiste, c'est que le prêt intérêt ne peut pas exister parce que l'intérêt rémunère le temps lequel appartient à Dieu et à Dieu seul. La répercussion de cette pensée a été désastreuse.

Pourquoi ? Parce qu'en économie, lorsque l'on ne peut pas faire une opération faute de moyen, et ceci nous arrive à tous, lorsque par exemple on achète une automobile ou on achète un appartement ou une maison, on n'en dispose pas la plupart du temps de la totalité des liquidités nécessaires, on en print. En d'autres termes, le crédit apparaît comme une termination, une facilitation si vous voulez, et un pont, comme le dira plus tard John Menard Keynes, entre aujourd'hui et demain.

Mais si vous coupez ce pont, vous encaîchez des projets d'éclairs. Et vous avez là derrière cet interdit une explication supplémentaire du caractère végétatif des économies de l'époque. Il n'était pas possible d'entreprendre des projets, puisque financièrement parlant, il n'était pas bouclable. Enfin, en dernière section, mais simplement pour votre Gouverne. Du temps de saint Thomas, il y a eu des critiques de la pensée thomiste. Je voudrais vous citer Nicolas Horem, qui fut un des conseillers les plus écoutés de Charles V.

Je voudrais vous citer Jean Buridant, dont vous connaissez l'image philosophique avec l'âme de Buridant, ou Saint-Honain de Florence, ou bien encore Gabriel Biel, ou bien Molina. Bref, d'une façon générale, ces auteurs ont essayé de séculariser la pensée. En d'autres termes, de disjoindre l'économie de la morale. Tout au sens tout en se penchant sur des idées fortes intéressantes, comme par exemple la condamnation du monopole. Parce que le monopole est contraire ou bien public, prétendront certains auteurs. Ou bien d'autres se penchant sur l'idée de l'utilité comme fondement de la valeur.

Enfin, nombre d'entre eux, je pense surtout à Nicolas Horem, ont critiqué les mutations monétaires en rafale qui se produisaient à l'époque. Parce qu'en fait, une mutation monétaire s'était de changer le grammage hors des pièces circulantes. D'ailleurs, si vous voulez que dans un écu je déclare qu'il n'y a plus dix grammes, mais neuf grammes d'or, j'ai d'évaluer dix pour cent. C'est tout. Donc, et ça, c'était souvent des politiques qui étaient pratiquées par les princes un peu selon leurs humeurs.

Et donc, ceci a été dénoncé par ces antiscolastiques que furent les auteurs précités. J'ajoute encore que ces auteurs ont une réflexion sur les échanges en manifestant une préférence sur la valeur utilité, mais nous y reviendrons plus tard dans ce cours. Et puis, ont aussi une réflexion sur la rémunération de la production, et notamment sur l'intérêt et le profit, qui étaient totalement justifiés. Donc, vous le voyez, durant cette période médiévale, il y a eu quelques frémissements de pensée, pas toujours très positifs, mais enfin il y a eu quelques frémissements, mais au total.

On voit bien que l'ensemble est extrêmement léger et qu'il serait prétentieux de parler de réflexion économique à cette époque. Cette réflexion économique surgit avec la Renaissance, et j'en arrive à mon chapitre troisième.