L'État doit donc prendre en charge correctement ses trois fonctions, sa fonction d'allocation des ressources en orientant correctement sa politique économique et notamment ses prestations sociales, mais l'État doit aussi intervenir au niveau de sa deuxième fonction, qui est donc sa fonction de stabilisation des marchés politiques et jeu des politiques contracycliques, puisqu'il doit infléchir une tendance en déséquilibre, donc amortir les fluctuations économiques. Et enfin, l'État, on a vu, doit également corriger des déséquilibres sociaux sous forme d'inégalités. Donc, il doit reverser des prestations à des catégories plus exposées, ceci pour compenser les inégalités qui sont relevées.
Alors, dans cette configuration, on est amené, inévitablement, à s'interroger sur la façon dont l'État va gérer ses prestations, l'évolution de ses prestations. Dans une approche keynésienne, on va dire que l'État interviendra de façon conjoncturelle et que ensuite, quand les corrections seront apportées grâce au plan de relance, le marché se substituera à l'État. Mais qu'en est-il dans une approche classique ? que les interventions de l'Etat sont justifiées comme dans une approche keynésienne ? Comment appréhender cette protection sociale dans une logique classique orientée, axée vers les politiques de l'offre ?
Eh bien les économistes classiques qui font confiance au marché ne sont pas pour autant hostiles à certaines fonctions de l'État et ils comprennent que l'État intervienne pour corriger des inégalités. Ils justifient aussi l'implication de l'État par des interventions sous sous forme de distribution, d'allocation de ressources, donc de prestations sociales. Mais ils mettent en garde sur les risques de déséquilibre de tels financements. Il faut donc être conscient que la mise en application d'une politique sociale élargie, non seulement à un coût, on l'a vu, vu l'évolution des prestations versées, mais en plus nécessite des précautions pour ne pas exposer l'économie à des déséquilibres chroniques. chronique On peut donc affirmer que l des d sociales n pas neutre pour l Pour financer un programme de d publiques et de protection sociale l'État dispose de plusieurs moyens.
Nous l'avons vu, nous l'avons répété plusieurs fois. L'État peut le faire par le biais fiscal, l'impôt. L'État peut le faire par l'emprunt. L'État peut le faire par la création de monnaie. Mais ces moyens ne sont pas neutres et l'État ne peut pas exposer son économie à des risques d'insolvabilité. La difficulté qui demeure également dans cette approche, c'est le problème de l'anticipation des agents et tout particulièrement l'anticipation des contribuables. Prenons le cas de l'évolution de la CSG.
Aujourd'hui encore, en France, on hésite pour financer une mesure sociale complémentaire entre l'usage d'une taxe sur la valeur ajoutée, augmenter le taux de TVA ou prélever un point supplémentaire, voire deux points supplémentaires de cotisation sociale généralisée Si on se pose la question de cet arbitrage, c'est donc que ce n'est pas neutre Donc faut-il financer en prélevant sur tout le monde, c'est le cas de la TVA ou faut-il financer en polarisant l'intervention sur une partie des agents par exemple sur le capital avec un taux de CSG accru La question se pose à la fois en termes économiques et politiques.
Dans une logique sociale d'interventionnisme de gauche, on privilégiera l'action sur le capital. Dans une politique d'offre de logique libérale, on retiendra plutôt une couverture globale par augmentation de la TVA. Mais qu'en est-il en définitive ? Eh bien le résultat, quel que soit l'arbitrage, va en fait dépendre de la façon dont le contribuable, quels qu'ils soient, tous, si c'est la TVA, quelques-uns, si c'est la CSG sur le capital, vont réagir. Et là, on sait pertinemment que l'effet peut être redoutable.
On peut avoir un effet d'éviction, c'est-à-dire que finalement, en prélevant davantage, on va chasser l'initiative privée, on va donc comprimer la croissance, parce que les agents feront de la précaution plutôt que de la dépense. mais on peut avoir des comportements d de type ph de th de Ricardo Barrault de th d o le contribuable quel qu soit se dise que finalement, toute prestation supplémentaire donne lieu, quel que soit son mode de financement, à une pression fiscale majorée demain.
Donc, dans ce cas, comportement prudentiel, je freine mes dépenses, donc je ralentis l'économie puisque j'impacte négativement la croissance. Donc, si la protection sociale aujourd'hui s'impose, si la protection sociale aujourd'hui est louable, elle a des limites évidentes. Ces limites tiennent naturellement à la capacité des agents économiques à la soutenir, à la financer. Et l'évolution de nos dépenses nous oblige à nous responsabiliser puisque la nature des régimes de couverture montre que les garanties aujourd'hui proposées couvrent de plus en plus de risques et avec des coûts de plus en plus élevés.
On a donc une assurance sociale, une assistance et une protection universelle. Mais on n'a pas une multitude possible de modes de financement. Donc, la couverture sociale est un problème majeur, essentiel, mais est un problème aujourd'hui d'équilibre au niveau des financements, au niveau des couvertures. et un déséquilibre financier croissant expose inévitablement les économies à de redoutables déséquilibres financiers, politiques, économiques. Il est donc indispensable de contrôler l'évolution des prestations sociales. Un exemple majeur pourra être illustré au chapitre 10 sur le financement des retraites.
Il faudra bien comprendre effectivement que si la prestation sociale vieillesse s'impose et doit être élargie à tous, comment la financer dans une société où la démographie dresse un bilan redoutable avec le vieillissement de la population, de plus en plus de retraités, de moins en moins d'actifs, comment je finance cette protection sociale vieillesse. Donc, par du bon sens, on voit immédiatement que les conditions de financement de tous ces avantages deviennent délicates. En conclusion, on va donc pouvoir montrer que finalement les bénéficiaires de prestations sociales sont nombreux sont divers et que ces b peuvent comprendre combien le co aujourd de la protection sociale pose des difficult compte tenu des risques qui sont couverts On a vu que les risques sont multiples, qui sont de plus présentés sous une forme universelle, quel que soit le niveau d'activité de l'agent, que l'agent économique travaille ou ne travaille pas, il en est bénéficiaire.
C'est un droit social acquis, mais le financement doit aussi être renforcé puisque les difficultés sinon apparaissent. L'agent économique est conscient d'une telle évolution. Les mutuelles dans le cas de l'assurance maladie sont aussi appelées à un effort de plus en plus fort pour dégager la responsabilité partielle des institutions de sécurité sociale on peut donc comprendre que si les mutuelles participent à l'avenir de plus en plus au financement de la protection sociale elles exigeront bien sûr des contreparties plus fortes c'est-à-dire des cotisations sociales plus coûteuses et ça quel que soit le statut de l'agent Il n'y a donc pas de miracle économique.
Pour pouvoir faire des dépenses beaucoup plus importantes, il faut disposer de recettes consolidées. Il faut donc pouvoir compter sur des cotisations sociales plus fortes ou élargies. La protection sociale est donc certes synonyme de progrès, mais aussi confirme une exigence de plus en plus soutenue vis-à-vis des financiers, c'est-à-dire vis-à-vis des cotisants. Et ceci est une difficulté dans une économie contrainte par un défaut de croissance. Donc une difficulté qu'il faut bien percevoir pour nos économies occidentales contemporaines. autant la protection sociale s'est imposée de manière très heureuse après 1945 avec un financement quasi automatique sur les 30 glorieuses, autant aujourd'hui sa progression, son évolution impose une prise de conscience renforcée quant à son financement.
Sinon, on hypothèque son avenir et on remet en cause la progression qu'elle a heureusement permis aujourd'hui d'atteindre. Toutes les économies développées sont confrontées par les mêmes difficultés, particulièrement les économies dont la démographie pose problème, c'est-à-dire les économies vieillissantes. Sous-titrage Société Radio-Canada