Cours 22 - Démographie et migrations (3-4)

PROBLEMES ECONOMIQUES CONTEMPORAINS · Semaine 9 : Démographie et migrations
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Il nous reste donc à étudier désormais les contraintes des politiques conjoncturelles. C'est donc l'objet de la section 3 de ce chapitre, point 3, les contraintes politiques conjoncturelles. Dans ce chapitre, nous avons étudié l'impact des dépenses publiques sur la croissance par le biais de la politique budgétaire, le rôle de la monnaie au niveau de l'activité par l'intermédiaire de la politique monétaire. Nous avons donc deux instruments de politique économique pour les pouvoirs publics. Nous en déduisons que les ajustements en politique économique peuvent donc s'opérer par les quantités, par exemple le budget, les dépenses publiques, ou par les prix, le taux d'intérêt, la fiscalité.

Quelles sont dans ce cas les conditions d'ajustement et les contraintes d'efficacité ? Premier point, l'ajustement vers l'équilibre. Les économistes en ce domaine ont pour référence un modèle économique, un modèle extrêmement schématique, théorique, qui combine les deux instruments majeurs d'action, c'est-à-dire le budget et la monnaie. Ceci en fonction de deux variables, le revenu et le taux d'intérêt. Ce modèle est le modèle de X mis en évidence pour étudier l'efficacité de la politique budgétaire ou de la politique monétaire.

C'est ce qu'on appelle le modèle ISLM. Il ne s'agit pas d'entrer dans les détails de ce modèle, qui n'ont d'ailleurs pas un intérêt important pour l'emploi des politiques économiques. Il s'agit simplement d'y faire référence pour comprendre l'impact d'une politique économique. Que signifie le modèle IS-LM ? I pour investissement, S pour épargne. C'est donc la droite IS qui m'indique comment la politique budgétaire agit au niveau de l'investissement par le biais de la consommation, puisque nous savons que la production, donc l'offre, se répartit en plusieurs composantes, la consommation, l'investissement, les dépenses publiques et la contrainte extérieure, c'est-à-dire le solde, exportation, moins importation.

J'ai donc ici ma droite IS qui représente l'investissement et l'épargne, qui me dit donc comment une politique économique adaptée peut agir par le budget au niveau par exemple de l'épargne, c'est-à-dire le solde du revenu après consommation. LM signifie liquidité monétaire J'aurai donc ainsi une droite LM qui va me renseigner sur l'effet d'une politique monétaire dans l'économie puisque cette droite LM représente l'action de la politique monétaire Donc ce qui est important c'est de comprendre que par ce type de modèle très schématique on peut envisager une politique monétaire de relance et regarder son impact au niveau de la droite IS ou une politique monétaire de relance et observer ses réactions d'impact sur LM, sur la droite LM.

Sans entrer dans les détails, c'est par le déplacement de ces droites IS-LM que nous en déduirons donc de l'efficacité des politiques de relance envisagées. En contexte keynésien de chômage et de système à prix fixe puisqu'on sait qu'il y a la rigidité des prix chez Keynes les ajustements se feront par les quantités donc par une action au niveau des dépenses publiques ou une action sur la quantité de monnaie en circulation Il résulte donc dans un tel contexte deux types de politiques conjoncturelles possibles, une politique budgétaire pour agir au niveau des dépenses et tenter de relancer l'investissement, ou une politique monétaire pour ajuster l'offre de monnaie en mettant en circulation plus de monnaie, donc en agissant au niveau du taux d'intérêt.

Quelles sont les contraintes d'efficacité ? Ce sera le second point de cette troisième section, donc le point 3.2, l'efficacité des politiques conjoncturelles. Bien entendu, par rapport à ce modèle IS-LM, les contraintes d'efficacité vont agir au niveau de l'allure des droites IS et LM, c'est-à-dire de leur élasticité au taux d'intérêt. N pas en effet que nos deux variables principales pour appr l d politique conjoncturelle sont le revenu d part le taux d d part Un enseignement important, les politiques monétaires, nous l'avons vu à la section 2, sont d'autant plus efficaces que la demande de monnaie est inélastique au taux d'intérêt.

C'est-à-dire, toute hausse de la masse monétaire profite alors à la croissance puisque les agents dépensent plus. Je mets en place une politique monétaire expansionniste, la monnaie se répand dans l'économie, la monnaie n'est plus un bien rare, donc le taux d'intérêt baisse. Les agents perçoivent cette politique comme une politique satisfaisante, favorable. Ils considèrent que les conditions d'investissement sont profitables aux entreprises puisque les taux d'intérêt sont bas. donc que les entreprises vont investir, embaucher, produire, eux-mêmes sont enclins à dépenser parce qu'ils retrouvent de la confiance.

Par le concept toujours de la demande effective, l'anticipation des entreprises est satisfaisante, est bonne, donc la confiance des agents va aussi dans le même sens. La politique monétaire sera donc d'autant plus efficace que les agents ne sont pas freinés par l'évolution du taux d'intérêt. Ils observent la quantité de monnaie en circulation et ils ne réagissent pas à l'évolution du taux d'intérêt. C'est la quantité de monnaie en circulation qui stimule les entreprises et leur permet donc de programmer une demande effective satisfaisante.

L'élasticité de la demande de monnaie au taux d'intérêt, en revanche, paralyse la politique monétaire. Plus les agents deviennent sensibles aux taux d'intérêt et moins la politique monétaire peut jouer. Donc il y a une forme de blocage. Nous en déduisons alors que la priorité doit être donnée à l'utilisation, la mise en place d'une politique budgétaire. Un cas particulier néanmoins existe C'est ce qu'on appelle le cas extrême de la trappe à la liquidité Il est vérifié lorsque la demande de monnaie est totalement, parfaitement élastique au taux d'intérêt Dans ce cas, la politique monétaire échoue totalement et seule la politique budgétaire devient efficace, mais son efficacité est renforcée puisqu'elle est totalement efficace.

Donc la politique budgétaire peut alors agir pleinement sur le revenu d'équilibre. Donc, lorsqu'on a un cas extrême de trappe à la liquidité, c'est-à-dire quand la demande de monnaie est parfaitement élastique au taux d'intérêt, alors les agents sont bloqués. Donc il faut mettre en place une politique budgétaire qui permette d'agir directement sur leurs revenus et dans ce cas ils consomment. L'impact de l'action budgétaire sur l'activité est alors maximal. Comment interpréter cet impact ? Par l'outil qui est lié, c'est-à-dire le multiplicateur des dépenses.

Ce sera l'objet du troisième point de cette section, le multiplicateur des dépenses publiques. Par définition, de quoi s'agit-il ? La notion de multiplicateur permet de rendre compte des effets des mesures budgétaires sur l'activité économique. On met en place une mesure et on essaie d'observer quel en est son impact sur l'équilibre de court terme ou sur le sentier de croissance de moyen terme. Les multiplicateurs donnent ainsi une information, une orientation aux autorités publiques pour mener des politiques contracycliques.

Le multiplicateur peut être budgétaire ou fiscal. Nous avons un multiplicateur budgétaire lorsque, en cas de baisse des dépenses publiques, on a un impact, la relance de l'activité économique. Je baisse les dépenses publiques. Dans ce cas, je dois rechercher un effet sur la croissance. Comment, par le biais du multiplicateur, observer les conséquences en termes de croissance ? Si les dépenses publiques sont freinées, j'attends bien entendu un frein de la croissance, donc un ralentissement de l'activité. Par le biais du multiplicateur nous allons voir que l est frein plus fortement que le ralentissement lui des d Le multiplicateur fiscal de m lorsqu a une baisse des imp engag pour relancer l et l on regarde l'impact sur l'économie.

Je réduis les impôts et j'attends en retour une reprise de l'activité. Donc un effet multiplicateur traduit l'incidence d'une mesure budgétaire ou fiscale sur l'activité. Propriétés des multiplicateurs. Nous venons de voir qu'il existe deux types de multiplicateurs. Le multiplicateur budgétaire, le multiplicateur fiscal. Le multiplicateur budgétaire est toujours supérieur en efficacité, en valeur absolue, au multiplicateur fiscal qui peut être associé. Ceci signifie donc que son impact sur l'activité est plus soutenu. Donc si je dois relancer l'activité économique, il est préférable d'agir par le budget plutôt que par l'impôt, c'est-à-dire la fiscalité.

Pourquoi ? Parce que le multiplicateur budgétaire relance plus vite ou plus fortement l'activité, toute chose égale par ailleurs. Alors on parle de valeur absolue simplement parce que les effets s'exercent de sens opposé. Si je veux relancer l'activité économique, stimuler donc la croissance, je dois dépenser plus au niveau public. Je dois soutenir le revenu des agents, donc réaliser plus de dépenses publiques. Si je veux relancer l'activité, je peux sinon agir au niveau fiscal, comment ? En diminuant les impôts.

Donc le multiplicateur budgétaire à la hausse ou le multiplicateur fiscal à la baisse. C'est pour ça qu'on parle en valeur absolue, parce qu'il y en a un qui exerce une pression positive et l'autre qui exerce une pression négative. Il est donc souhaitable, quand on veut relancer plus rapidement, plus fortement, de faire appel en priorité aux multiplicateurs budgétaires. La différence d'efficacité entre les politiques budgétaires et fiscales est particulièrement déterminante dans trois pays, les États-Unis, la France et l'Italie.

à quoi tient cette efficacité, aux habitudes, aux comportements ou dans anticipation des agents. La relance budgétaire par les dépenses publiques supplémentaires, donc par un déficit public, est ainsi plus efficace qu'une relance induite par une diminution des impôts. Mais attention, ces modes de relance, aussi efficaces soient-ils, souffrent néanmoins de certaines contraintes. Il existe donc des limites. Ce sera l'objet du dernier point de cette section, les limites des politiques conjoncturelles. L'impact des politiques d'intervention publique sur la croissance dépend très fortement du comportement des agents, de leur sensibilité au prix, de leur sensibilité ou élasticité, dit-on, au taux d'intérêt, et de leurs anticipations.

La réussite d'une politique est bien sûr contrainte par le comportement des agents. Deux effets sont répertoriés pour témoigner de ce résultat. On les connaît sous l'appellation de l'effet d'éviction et du principe de l'équivalence ricardienne. Premier cas, le point 3, 4, 1, l'effet d'éviction. Nous l'avons déjà étudié plusieurs fois, rencontré plusieurs fois au sein des développements des chapitres précédents. nous nous souvenons qu'un accroissement des dépenses publiques peut évincer, risque d'évincer, l'investissement privé sur un marché où l'offre de monnaie demeure stable.

Dans ce cas, si les dépenses publiques augmentent, par le biais de la demande effective, j'ai un accroissement escompté de la demande des ménages, donc un accroissement de la demande de monnaie, or toute chose égale par ailleurs, c'est-à-dire à offre de monnaie constante, Si la demande de monnaie s'accroît, la monnaie devient progressivement un bien plus rare, il est donc logé que le prix de l'argent, le prix de la monnaie, c'est-à-dire le taux d'intérêt, augmente. j'aurai dans ce cas des conditions d'investissement qui deviennent beaucoup moins alléchantes.

Le taux d'intérêt à la hausse réduit l'investissement. C'est l'effet d'éviction. Donc contrairement à l'effet d'entraînement qui était recherché par l'accroissement des dépenses publiques, j in fine finalement une r de l une d de l priv Donc je n pas ce moment l multiplicateur budg attendu puisqu'il est contrarié par une édiction due à la hausse trop forte des taux d'intérêt. Donc la politique mise en place est victime de son succès. Alors qu'elle engage un mouvement de relance en accompagnant à la hausse la demande, elle provoque, toute chose égale par ailleurs, une pression sur les taux d'intérêt qui est défavorable à l'investissement.

Deuxième effet, ce sera le point 3, 4, 2, l'équivalence ricardienne. Pour financer un programme de relance budgétaire, nous savons désormais que l'État dispose de trois moyens Il peut augmenter son déficit public, il peut élever les impôts, il peut aussi créer de la monnaie Selon deux économistes, Ricardo et Barrault, le choix entre l'impôt et le déficit public affecte simplement la structure intertemporelle des impôts. En effet, si aujourd'hui un gouvernement décide de relancer l'activité et pour le faire dépense davantage, donc élève son déficit public parce qu'il finance son programme de dépense par déficit, nous aurons, selon ces auteurs, un comportement des agents qui va percevoir l'augmentation du déficit actuel comme de futurs impôts demain.

Donc les agents considèrent que les dépenses publiques supplémentaires aujourd'hui financés sur déficit public, appellent finalement des impôts supplémentaires demain. Ce résultat est dû à leurs anticipations. Ils considéreront que la relance des dépenses publiques va leur provoquer des impôts futurs supplémentaires. ils assimilent donc un déficit public d'aujourd'hui à une hausse des impôts de demain. Ils en déduisent donc de façon raisonnable qu'ils doivent économiser dès maintenant, dès à présent, pour payer les impôts futurs de demain. Économiquement, en théorie, on va donc dire, il y a une pure équivalence entre le financement des dépenses par emprunt et le financement des dépenses par déficit public, donc par impôt futur.

C'est un frein à l'activité. Donc l'effet de croissance recherchée avorte. L'effet multiplicateur escompté par le budget supplémentaire financé par déficit public avorte, puisque les agents ne dépensent pas, ils économisent pour payer les impôts de demain. Ce principe a été mis en évidence très tôt par Ricardo et a été repris, appliqué aux politiques conjoncturelles par Barreau. Nous pouvons donc conclure ce chapitre en précisant que les comportements des agents sont décisifs pour l'application des politiques économiques. Le succès, les conditions d'efficacité de ces politiques, qu'elles soient budgétaires, fiscales, monétaires, politiques sur les revenus, politiques sur les prix, toutes dépendent du comportement des agents économiques, leur sensibilité au taux d'intérêt, leurs anticipations, leur confiance pour déterminer la notion de demande effective.

Dès lors, la notion de seuil apparaît importante puisque pour éviter des déséquilibres trop importants, Il faut fixer ces déséquilibres dans des limites acceptables, relativement favorables, ne décourageant pas, n'inquiétant pas les agents économiques. Il faut tenter de rassurer l'agent économique. Les politiques publiques conjoncturelles sont donc extrêmement contraignantes pour obtenir une action, elles doivent être non seulement contracycliques, donc agir toujours dans le sens opposé du trend. Quand j'ai une récession, il faut relancer par des dépenses publiques supplémentaires ou par des impôts à la baisse, mais elles doivent aussi, le plus souvent, être capables de prendre les agents par surprise, donc de les surprendre.

Ceci pour éviter qu'ils interprètent la politique, qu'ils l'anticipent et que finalement ils mettent en œuvre des comportements de précaution comme ne pas dépenser pour pouvoir payer demain des impôts qui inévitablement augmenteront. Donc un enseignement majeur pour nos politiciens, c'est que les politiques économiques sont extrêmement contraintes par les comportements des agents.