Cours 19 - Que faire face à l'inflation

PROBLEMES ECONOMIQUES CONTEMPORAINS · Semaine 8 : Inflation en l'absence de croissance, le risque stagflationniste (II)
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... Section 3, donc point 3 du chapitre, dépenses publiques et politiques économiques. Nous savons donc maintenant justifier, économiquement et financièrement, l'intervention publique. Nous avons vu que cette intervention doit être responsable, donc qu'il ne s'agit pas uniquement pour l'État d'intervenir pour financer la croissance il faut aussi s'interroger sur ses capacités réelles de remboursement de financement de son déficit ou de remboursement de ses emprunts Or, indépendamment de cette part de responsabilité, on observe aussi des risques dans l'intervention publique. Ces risques sont présentés par le problème de l'effet d'éviction. lorsque l'État accroît ses dépenses publiques, il peut évincer l'investissement privé sur un marché. Ceci, non pas de manière automatique, mais principalement quand l'offre de monnaie est constante. Alors pourquoi ? Donc, que signifie cet effet d'éviction et pourquoi un tel risque ? Donc déjà, un premier point, un premier constat à bien comprendre, c'est que ce risque n'est pas automatique. Il existe lorsque les investissements publics sont mis en concurrence, en quelque sorte avec les investissements privés, faute de financement suffisant. Si l'offre de monnaie est constante, les entreprises privées ne vont donc pas trouver de financement supplémentaire lorsque l'État se sera accaparé une partie de la monnaie disponible. Donc en effet les entreprises privées vont souffrir dans ce cas de l'intervention publique et vont donc soit annuler leurs investissements et donc moins produire soit différer leurs investissements et donc différer aussi leurs embauches supplémentaires. Donc, on est confronté ici à une limite. C'est qu'on voit bien que l'intervention publique par le biais du multiplicateur de Keynes a des effets positifs. en apparence automatique, mais ses effets peuvent avoir des limites. L'intervention budgétaire stimule la demande des biens et services, mais elle augmente en même temps la nécessité de moyens financiers qui privent dès lors les entreprises de capacité d'investissement. Il faut donc limiter l'évolution des dépenses publiques ou de l'intervention publique lorsque les moyens financiers disponibles sont eux-mêmes assez limités. Donc l'effet d'éviction peut être redoutable et il faut épargner nos investisseurs, ne pas les décourager pour ne pas les désinciter à produire et à embaucher. Alors bien entendu, cet effet d'éviction est un risque, n'est pas automatique, mais il va surtout dépendre de la conjoncture économique. Plus l de fonds pr c de monnaie disponible est importante et moins l d sera donc susceptible de se concr c'est-à-dire qu'il n'y aura pas un manque de moyens financiers pour financer l'investissement. On peut donc affirmer que si la conjoncture est bonne ou relativement bonne, l'offre de monnaie n'est pas rare et donc l'effet d'éviction a de faibles risques d'intervenir. Mais attention, si l'État intervient, c'est généralement pour aider l'économie à être relancée, donc souvent dans une conjoncture mauvaise. On sera donc ici confronté à une limite pour éviter justement d'évincer les entreprises privées. On peut donc encore considérer que l'ampleur des nouveaux emprunts d'État pour financer ces dépenses va être plus ou moins un facteur décisif. Plus les projets publics seront financièrement coûteux et plus le risque d'éviction du privé par le public a des chances de se manifester. on peut encore affirmer que tout finalement va dépendre pour ce risque d'éviction de la réaction des taux d'intérêt à une hausse de la demande des capitaux donc finalement si la demande des capitaux par l'état des moyens financiers par l'État peut trouver une solution rapide sans provoquer de hausse de taux d'intérêt, alors l'effet d'éviction sera réduit. Mais si le financement de ces capitaux pour l'État s'accompagne d'une hausse des taux d'intérêt, alors les taux d'intérêt élevés vont chasser. L'investissement privé est donc exercé un réel effet d'éviction. Donc, finalement, on peut considérer que le risque d'éviction n'est pas négligeable. Ajoutons encore que si l'État se finance par des emprunts d'État, En lançant des emprunts d'État, donc en puisant dans l'épargne des ménages, en fonction de l'élasticité de l'épargne au taux d'intérêt, alors l'effet d'éviction peut également exercer une pression défavorable aux entreprises. Si les agents économiques ont plus confiance de prêter à l'État plutôt qu'aux entreprises, on aura dans ce cas effectivement un effet d'éviction qui s'élèvera contre les entreprises qui trouveront difficilement du crédit disponible. Alors on parle dans ce cas d'élasticité, c'est-à-dire l'élasticité de l'épargne au taux d'intérêt, c'est regarder la variation relative de l'épargne par rapport à la variation relative du taux d'intérêt. Donc quand les taux d'intérêt augmentent, l'épargne est stimulée, l'épargne est favorisée parce que le rendement est plus élevé. Mais si l'État accapare cette épargne et pour l'accaparer élève les taux d'intérêt, alors l'État joue contre les entreprises privées et provoque donc bien un effet d'éviction. Donc nous retiendrons que l'effet d'éviction n'est pas automatique, dépend de la conjoncture, dépend des comportements des agents et d des signaux envoy par l Donc un effet qui peut finalement au total aboutir une d de l priv qui était un effet non recherché, pour une petite amélioration de l'investissement public, c'est-à-dire finalement une incidence très relative sur la croissance, donc un risque à ne pas négliger. Donc la politique économique doit être vigilante par rapport à l'évolution de ses dépenses publiques pour chasser le plus possible ce risque d'effet d'éviction, qui certes n'est pas automatique, mais est bien présent. Un deuxième élément d'orientation de la politique économique doit être signalé. Ceci concerne finalement le mode de financement des dépenses publiques. Nous avons vu qu'il existe quatre grands modes de financement des dépenses publiques. Deux sont particulièrement intéressants. l'emprunt et l'impôt. Donc l'emprunt, lorsque l'État emprunte à l'étranger ou crée de la monnaie, ça revient finalement au même, et puis l'impôt. Lorsque l'État finance ses dépenses par l'impôt, les ménages savent immédiatement que les impôts ont donc augmenté Et que l'État trouve ce mode de financement nécessaire pour accompagner la relance. et bien deux auteurs, Ricardo puis dans les années 70 Barrault qui reprend les thèses de Ricardo vont finalement considérer que quel que soit l'usage de ce financement soit par la création de monnaie soit par l'impôt c'est purement équivalent. Donc finalement, les ménages vont considérer que tout accroissement des dépenses publiques, lorsque ça entraîne un déficit public, c'est comme si demain on augmentait les impôts. Donc je suis un ménage contribuable, premier mode de financement des dépenses publiques, l'État augmente mes impôts. Je comprends tout de suite que mon pouvoir d'achat réel, c'est-à-dire mon solde disponible après impôt, s'est réduit. Eh bien Ricardo comme Barrault nous disent, mais ce sera la même chose si l'État désormais ne touche pas à vos impôts mais se finance par déficit, quelle que soit l'origine du financement. Il crée un déficit public. Pourquoi finalement ceci revient à la même chose ? Parce que l'agent sait que le financement du déficit sera reporté à demain et que l'État, pour pouvoir financer ce déficit, soit augmentera les impôts de demain, soit augmentera les taux d'intérêt parce qu'il devra donc finalement rembourser, donc il va trouver des modes de financement qui lui permettent d'accaparer de l'épargne, c'est en augmentant les taux d'intérêt. Donc finalement, les agents considéreront qu'un déficit public, c'est de la fiscalité différée supplémentaire. L'équivalence ricardienne, qui est le théorème de Ricardo Barrault, va nous enseigner que, en définitive, quand l'État finance des dépenses publiques supplémentaires par du déficit, il reporte sur les agents publics une ann ou deux ann apr donc une pression fiscale ou des taux d plus qui en définitive réduisent le pouvoir d'achat des agents. Donc finalement, l'État crée des limites dans le financement de l'économie Donc l'État provoque des comportements d'anticipation pour les agents. Les agents deviennent méfiants quand ils voient l'évolution des dépenses publiques. Ils disent l'État nous donne, mais il prend finalement d'une main ce qu'il nous donne de l'autre main. Donc en définitive, il est préférable de ne pas augmenter nos dépenses, notre consommation, de ne pas non plus investir, de ne pas prendre de risques. Parce que si aujourd'hui l'État n'augmente pas les impôts grâce au déficit, en définitive, il diffère les augmentations d'une année ou deux et il nous réduira donc à moyen terme ou très court terme notre pouvoir d'achat futur. Nous retrouvons là, ici, de nouveau, les problèmes d'anticipation conjugués avec une logique keynésienne d'intervention publique. Donc à la fois un raisonnement classique et keynésien. Donc finalement, quelles considérations pouvons-nous avoir face à de telles dépenses ? c'est que seul un programme budgétaire prenant les agents par surprise pourrait être efficace. Puisque si on finance par le déficit, les agents anticipent des impôts futurs, donc ne consomment pas aujourd'hui. Si l'État prend les moyens disponibles, à ce moment-là, il prive les entreprises de financement et créent de l'effet d'éviction, donc les entreprises n'investissent plus. Donc si on veut une réelle stimulation de la croissance, il faudrait prendre les agents par surprise, phénomène de plus en plus complexe pour nos économies occidentales, parce que les agents sont de plus en plus conscients des réalités économiques et ont un raisonnement économique de plus en plus fin. Donc nos politiques publiques conjoncturelles sont très contraignantes. Pour agir, on va dire qu'elles doivent être contracycliques, aller toujours contre le sens du cycle. L'État intervient quand l'économie est en récession et l'État se retranche quand l'économie est en expansion. Nous pouvons désormais ajouter que pour être efficace, un programme budgétaire ne doit pas être compris des agents, il doit les prendre par surprise. Le jeu du multiplicateur keynésien n'est pas non plus sans limite puisqu'il agit sur les réactions des agents, donc il a ses propres limites et surtout il peut provoquer des phénomènes d'éviction. Il faut donc renouveler la politique budgétaire et pour cela savoir la définir, c'est-à-dire comprendre précisément comment un budget doit être déterminé en tenant compte des contraintes qu'il impose, tout en sachant précisément les adapter, puisque l'État n'a pas vocation à se substituer à l'initiative privée. Il doit le faire dans le but d'accompagner et non pas de contraindre cette initiative. Ce qui nous conduit bien entendu à étudier dans une quatrième section le rôle de l'État dans la politique budgétaire.

Ce sera donc le point 4 de ce chapitre, section 4, le rôle de l'État dans la politique budgétaire. Alors nous pouvons tout de suite nous poser une question, c'est que finalement, alors que les dépenses publiques ne cessent de croître, l'État voit sa part se réduire progressivement depuis une vingtaine d'années dans nos économies contemporaines sous l'effet tout simplement de contraintes qui sont donc des contraintes budgétaires, donc des contraintes financières. L'État a dû financer beaucoup de dépenses et l'État a dû mener une politique sociale très forte. Ceci dans toutes les économies occidentales, notamment sous l'effet du vieillissement démographique. Il a donc fallu accompagner socialement ce fléau démographique qui pose un réel problème, particulièrement dans le financement des retraites. mais également l'état doit faire face au ralentissement des progrès techniques donc il doit accompagner l pour stimuler la croissance puisque on n plus de take off comme lors de la mondialisation du XIXe si Alors certes le progr technique continue mais son rythme de croissance s ralenti Donc l'État doit en être conscient et il doit aussi percevoir ses limites d'intervention compte tenu des capacités de remboursement réduites dont il dispose aujourd'hui. Donc les économies occidentales contemporaines connaissent des contraintes d'équilibre financier qui sont donc redoutables pour les économies, puisque si on fait des projections aujourd'hui, on sait que la dette au sens de Maastricht, toute chose égale par ailleurs, c'est-à-dire dans un même contexte d'évolution, elle était en moyenne en 2006 de 65% en 2050 sans vieillissement de la population ce qui est un scénario donc inenvisageable elle serait de 115% et avec vieillissement démographique elle serait en 2050 de 215% Donc une asphyxie budg puisque la France approche d les 100 On a vu les cas extr comme la Gr avec des limites insupportables 230 Donc ici un rappel important, le rôle de l'État a une part de plus en plus réduite, mais avec des dépenses de plus en plus fortes. Donc l'État est confronté à un dilemme important. Il doit prendre conscience de sa capacité de remboursement. Il ne peut donc pas être libre d'évoluer comme il l'entend. Il y a donc des dépenses publiques qui doivent être freinées. On le sait en France notamment avec des projections de réduction par exemple de l'emploi dans le public, des réductions de postes. On le sait également avec les budgets hospitaliers, de réduction des dépenses hospitalières, donc des contraintes extrêmement fortes qui n'ont pas pour objectif de paralyser l'économie, mais qui ont pour fonction majeure de montrer à l'État que ces dépenses ne peuvent pas aller au-delà d'un certain seuil. Donc les d publiques aujourd du fait du surendettement qui est un fl de nos soci contemporaines sont marqu par trois majeurs L de l depuis 25 ans qui est donc une contrainte extr On a un triplement de ces dépenses qui s'est fait en termes de PIB. Donc une évolution qui est catastrophique. Deuxième point majeur, l'augmentation des effectifs de l'État, ce qui provoque des dépenses supplémentaires et oblige à réduire aujourd'hui l'emploi dans le secteur public. Et puis, troisième élément majeur, facteur majeur, c'est le vieillissement dans un système de pension, donc d'employeur, comme celui de l'État, qui va donc poser lourdement sur ses dépenses, puisque la France notamment n'a pas un système de retraite par capitalisation mais uniquement par répartition, donc un problème évident de financement qui se posera et dont nous aurons l'occasion notamment d'étudier lorsque nous aborderons tout le problème démographique. Donc à l'issue de ce chapitre, nous voyons que l'action de l'État, si elle est désirée, est en réalité limitée par de fortes contraintes, qui sont des contraintes principalement financières du fait de son surendettement.