Cours 17 - Les causes de l'inflation, suite

PROBLEMES ECONOMIQUES CONTEMPORAINS · Semaine 8 : Inflation en l'absence de croissance, le risque stagflationniste (II)
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Nous avons donc mis l'accent dans le chapitre précédent sur deux grands déséquilibres majeurs, l'inflation et le chômage, et nous avons conclu ce chapitre par un mal nouveau qui est un piège économique redoutable, la déflation, et nous avons montré que cette déflation est d'autant plus redoutable que nos économies sont endettées. Il faut donc comprendre désormais pourquoi les économies contemporaines sont surendettées, pour la majeure partie d'entre elles, et comment cette situation financière risque de compromettre l'avenir de certaines de ces économies et l'orientation aussi de leurs politiques économiques.

Donc dans un chapitre 5, nous allons étudier l'endettement des économies. L'endettement des économies n'est pas un phénomène nouveau. Bon, déjà Colbert, en insistant sur l'évolution des économies et du commerce, et donc de la richesse nationale, considérait qu'il fallait s'endetter pour pouvoir prospérer, que c'était une source de richesse. que le remboursement de toute façon était différé et que ce n'était pas donc l'objectif prioritaire. Mais progressivement, nos économies ont nécessité plus de moyens financiers et elles ont traversé des déséquilibres majeurs qui ont compromis leur croissance.

Nous avons vu notamment que la mondialisation contemporaine expose nos économies à de grands voire de graves déséquilibres. Parmi ces déséquilibres majeurs, on trouve l'endettement. Alors comment l'expliquer ? L'endettement se justifie par l'évolution des dépenses publiques. Or, les dépenses publiques n'ont cessé de croître depuis le XIXe siècle. Donc, si on ne peut pas les financer par les moyens courants, inévitablement, on devient de plus en plus dépendant et on doit recourir à l'endettement. Donc ces dépenses publiques s'expliquent par le développement de l'État, principalement de 1945 à 1970, et c'est donc une consécration des thèses keynésiennes où l'intervention de l'État se justifie pour stimuler l'activité, pour accompagner les agents et soutenir la demande, donc pour garantir la croissance.

Nous verrons par la suite comment Keynes justifiait précisément cet accompagnement. Le problème, c'est que finalement, ces dépenses publiques ont cru de façon déraisonnée à partir de 1945. En effet, en 1872, les dépenses publiques représentaient en moyenne 11% du PIB national. Donc, elles étaient relativement faibles. Dès 1920, elles sont trois fois supérieures, 32%. On n'a pas encore la crise de 1929, on n'a pas encore le New Deal, on n'a pas encore les interventions budgétaires et elles ont déjà triplé dans leur croissance. elle s'élève à 41% du PIB en 1945.

Donc ces dépenses publiques prennent une part importante de l'économie, justifiées après les conflits mondiaux, il y a les problèmes de restructuration, de reconstruction, d'aide généralisée, de sécurité sociale élargie, mais leur financement commence à poser problème. En 1985, leur hausse continue et donc provoque finalement une limite à franchir, puisque en 1945, elles sont à 45% du PIB et aujourd'hui, elles s'établissent à 54% du PIB. Donc, les dépenses publiques n'ont jamais cessé de croître depuis le XIXe siècle.

Inévitablement, il faut les financer. Alors, on n'est pas obligé de recourir à l'endettement. Si on dispose des moyens suffisants pour le faire, on ne s'endette pas. Nous au cours de ce chapitre les moyens de financement mais r tout de suite Comment l trouve l n de telles d Premi r en tant qu nous allons dire eh bien, l'État dispose d'un outil fiscal, les impôts. Donc, il suffit d'augmenter les impôts et il finance ses dépenses publiques. mais s'il augmente les impôts, il réduit le pouvoir d'achat disponible des agents.

Il y a donc certaines limites à ne pas franchir. Aujourd'hui, par exemple, avec des dépenses publiques en France qui représentent 54% du PIB, le taux de prélèvement obligatoire, donc les impôts prélevés sur les ménages français, représente 44,5% du PIB. Donc ça veut dire que ce taux de prélèvement obligatoire, il est énorme, comparé aux autres nations européennes. Donc la France a atteint une limite fiscale et elle doit trouver d'autres sources de financement. Ces autres moyens de financement sont la création monétaire.

L'État crée de la monnaie et à ce moment-là il finance ses dépenses. Mais qu'en est-il dans une zone européenne où par exemple l'État français ne dispose plus du droit automatique de création de monnaie. Et si je crée trop d'euros au niveau européen, je déstabilise la valeur de l'euro. Donc je mets en cause l'évolution des économies européennes. J'ai donc là aussi une limite. Troisième mode de financement, alors quasi automatique, j'emprunte Mais en empruntant, je m'endette Et si je ne peux pas rembourser, je m'expose à des difficultés Donc la dette publique, aujourd'hui, pose une réelle difficulté Nous avons vu dans les chapitres précédents que pour orienter convenablement les politiques économiques, en Europe on avait fixé des fourchettes, les critères de convergence de Maastricht, pour ne pas exposer les économies à des risques, à des abus.

On a notamment donc défini un taux d'endettement plafond qui serait de 60% du PIB. Aujourd'hui, la dette française est de 98% du PIB. Donc des difficultés majeures que tout le monde peut comprendre, des dépenses qui doivent évoluer de plus en plus par la dépendance des nations, par les exigences sociales, par les problèmes des déséquilibres observés comme le financement du chômage et en même temps des moyens de financement qui se raréfient. Donc des compromis à rechercher qui vont s'imposer.

Il faudra donc trouver des modes de financement et savoir comment rééquilibrer ces dépenses publiques. Donc des interrogations qui vont s'imposer et qui vont nécessiter des ajustements importants. Ceci c'est donc dans une présentation des dépenses publiques pour comprendre le déséquilibre provoqué par l'endettement des économies contemporaines. Donc un problème économique contemporain majeur. Pour conclure cette introduction, il faut aussi percevoir que l'endettement public se justifie également par le manque de croissance. L'État ne dépense pas par plaisir abusivement, il dépense par nécessité.

Or, s'il n'y a pas de croissance, l'État doit donc intervenir, l'État doit accompagner, il doit se substituer à l'économie. On va donc dire que la politique de financement de l'économie par les dépenses publiques sera toujours dans une logique contracyclique. Ça c'est très important pour la suite de ce chapitre. En effet, si l'économie est en récession, donc suit un cycle économique descendant, donc si l'économie fonctionne mal, l'État a pour devoir, pour mission, de contrecarrer ce mouvement, d'aller contre ce cycle descendant.

Donc il injecte des fonds, il intervient. On a une politique contracyclique des dépenses publiques. L'État intervient parce que l'économie va mal. Inversement en phase d puisque la croissance est soutenue spontan d il est alors logique que l se retranche et laisse le march fonctionner Nous avons là encore l'illustration d'un effet contracyclique de la politique budgétaire. Si l'économie fonctionne bien elle-même et est dans une phase ascendante, alors l'État se retranche. Donc politique contracyclique. Nous aurons donc à expliquer pourquoi l'État va devoir progressivement intervenir de plus en plus et comment il pourra le faire alors qu'il est en défi.

Donc pour mener à bien cette étude nous aurons quatre sections, quatre points d'analyse. Dans une première section nous expliquerons les dépenses publiques et les interventions budgétaires, donc la politique budgétaire. Dans une deuxième section, on justifiera le financement des dépenses publiques et on insistera notamment sur la politique keynésienne des dépenses publiques. La troisième section portera sur les politiques économiques et les dépenses publiques, quelles sont les orientations des politiques publiques et leurs limites. Et enfin, dans une dernière section, nous regarderons le rôle de l'État dans cette politique budgétaire, donc un rôle qui devra être justifié pour finalement bien être compris.

Donc dans un premier temps, nous allons étudier les dépenses publiques et la politique budgétaire. Donc première analyse à mener pour comprendre et justifier le rôle de l'État. Nous avons vu en introduction que les dépenses publiques n'ont cessé de croître depuis le XIXe siècle. Il y a même un économiste allemand, Wagner, qui a considéré que c'était un signe de croissance, que le niveau de l'activité progressant, il y aurait donc nécessité d'augmentation des dépenses publiques, d'accompagnement, que c'était donc un indicateur de revenus et de bonne santé des économies.

Il a oublié que ces interventions avaient aussi leurs limites. Mais ceci n'est pas le point fondamental. Pour comprendre le problème de l'endettement, il faut tout d'abord justifier l'intervention de l'État. Nous prendrons référence, comme nous l'avons indiqué rapidement précédemment, aux écrits de Musgrave qui, en 1959, définit le rôle de l'État par trois allocations, trois fonctions Première fonction, l'allocation des ressources, ce qu'on appelle l'affectation des ressources Donc finalement c'est considérer que l'économie existe, qu'elle est imparfaite que les marchés ont des défaillances et qu'il faut donc que l'État mette en œuvre les moyens nécessaires qui vise à améliorer le bien-être des agents, ceci dans l'objectif d'obtenir la meilleure croissance possible.

L'objectif ultime étant la référence parécienne par l'économiste Pareto, donc d'optimalité, c'est-à-dire obtenir la meilleure situation possible, telle que je ne puisse plus améliorer le sort d'un individu sans détériorer celle d'au moins un autre. Donc l'État corrige les inégalités et intervient pour harmoniser la croissance, pour la soutenir, pour redistribuer équitablement les ressources. Donc c'est finalement une fonction d'affectation des ressources dans un objectif de bien-être social. Musgrave nous dit l'État ne va pas se limiter à cette intervention il va devoir aussi stabiliser l'activité et donc mener une action budgétaire deuxième fonction de l'État c'est une fonction de régulation macroéconomique Pourquoi faut-il réguler ?

Parce que les mouvements de récession et d'expansion de l'économie sont générateurs de déséquilibre. nous retrouvons donc ce que nous avons étudié. Le risque qu'une économie s'emballe et connaisse de l'inflation, ou au contraire, le risque qu'une économie régresse et tombe dans la déflation, ou encore qu se ralentisse et sombre dans un ch structurel Donc en d face au ralentissement de la demande par la th de la demande effective donc l'accroissement du chômage parce que si j'ai baisse de la demande j'aurais baisse de la production baisse de l'embauche donc hausse du chômage et bien pour faire face à ce risque l'état doit Comment ?

Keynes nous livre la solution en injectant des fonds dans l'économie, en subventionnant ou encore en réduisant les impôts ou encore en se substituant à l'initiative privée. Donc une action budgétaire d'accompagnement, une action budgétaire de soutien pour alimenter l'économie et éviter la récession ou au contraire pour freiner un emballement de l'économie et lui éviter les pressions inflationnistes. Cette stabilisation ne se limite pas à l'outil de politique budgétaire L'État dispose également de la politique monétaire L'action sur les taux d'intérêt Alors avant 2002, avant la création de l'euro chaque banque centrale européenne disposait de la liberté d'action sur ses propres taux d'intérêt.

Désormais, c'est au niveau collectif européen que la BCE en prend donc l'usage et la décision. Donc, lorsque l'économie est en récession, il serait logique de baisser les taux d'intérêt pour soutenir, accompagner l'investissement, c'est-à-dire qu'une politique de baisse des taux d'intérêt stimule la conjoncture et inversement, lorsque l'économie subit des pressions inflationnistes et s'emballe, il est nécessaire de la freiner, soit par une action au niveau des taux d'intérêt, soit par une dépréciation monétaire en agissant sur le change.

Donc finalement, nous obtenons par cette seconde fonction de stabilisation une justification déterminante au rôle de l'État et à la nécessité de lui octroyer des moyens financiers utiles. utile. Musgrave ajoute une troisième fonction d'intervention de l'État, il s'agit de la fonction de redistribution. Redistribuer pour éviter les inégalités, donc redistribuer pour stabiliser et et en même temps garantir à tous un certain bien-être. Cette redistribution peut s'établir dans un contexte à caractère économique comme dans un contexte à caractère social.

La redistribution dans une atmosphère économique reviendra à subventionner les entreprises, donc les soutenir, par exemple des politiques de grand investissement, comme on l'a dans l'objectif du budget de 2018, des politiques de subvention aux équipements, ou encore des aides ciblées aux grandes entreprises nationales comme la SNCF, action qui a été menée en 2018 par l'économie française en réduisant d'office, par exemple, une partie de la dette de la SNCF. Mais cette redistribution peut aussi s'établir dans un contexte à caractère social, par le biais d'allocations budgétaires, par le biais de couvertures d'assurance sociale, comme en France, dans le cas de l'assurance maladie, de l'accident travail, mais également par des prestations retraites. qui se caractérise alors par des transferts de revenus entre classes sociales, donc entre les plus aisés et les moins aisés.

Donc l'État dispose de politiques et d'outils de politique, le budget et la monnaie. il doit pour les mettre en œuvre avoir des moyens et dans ce cas, s'il ne dispose pas des recettes suffisantes pour autofinancer ses dépenses il devient nécessaire qu'il emprunte et son endettement n'est pas de façon automatique un mauvais symptôme Le problème qui se pose, en revanche, c'est lorsqu'il ne peut plus rembourser dans les temps et dans les délais nécessaires. À ce moment-là, l'action stabilisante qu'il recherche se heurte à une difficulté majeure qui peut se retourner contre l'économie et au contraire la déstabiliser en la rendant plus dépendante encore de l'extérieur.