L'orientation des politiques économiques Nous voici donc plus éclairés désormais pour l'orientation des politiques économiques. Philips vient de réhabiliter en quelque sorte à la fois les néoclassiques et les keynésiens. est-ce que désormais l'ajustement des politiques économiques peut se faire de manière automatique en fonction de la nature de la mondialisation des économies ? Ce serait beaucoup trop simple car en réalité d'autres déséquilibres vont heurter l'application des politiques économiques et vont rendre surtout difficile la stabilité de la courbe de Philips.
Il y aura donc des mises en cause qui devront être faites. Alors nous allons les étudier dans un point 4, section 4 de ce chapitre, les mises en cause de la courbe de Philips. Donc Philips pensait qu'il y avait nécessairement un arbitrage entre l'inflation et le chômage. Dans les années 70, on a constaté une nette évolution des relations entre ces deux déséquilibres, le déséquilibre des prix et le déséquilibre sur le marché de l'emploi On en a même fait un amalgame parce qu'on a observé qu'il pouvait exister cette fois, simultanément, à la fois de l'inflation et du chômage.
On a parlé alors de stagflation. Est-ce la fin de l'arbitrage de Philips si désormais, dans les années 70 avec les chocs pétroliers, on a simultanément et du chômage et de l'inflation et ne pour plus l'un ou l'autre ? Donc on a une conjoncture désormais qui présente des caractéristiques dans les années 70 d'un chômage élevé et d'une montée des prix. alors on ne va pas pour autant annuler la courbe de Philips on va en fait mettre en cause le caractère permanent du dilemme inflation chômage et on va parler finalement d'un déplacement de la courbe alors il faut être attentif à ce niveau là ce n'est pas un déplacement le long d'une courbe mais c'est la courbe de Philips qui se décale elle se déboite si vous voulez donc ça veut dire que avant 70 on a une courbe qui entretient un dilemme entre l'inflation et le chômage et qui est proche des axes et puis depuis les années 70 au contraire, une courbe qui devient instable, qui se décale, qui s'éloigne de l'origine, donc qui entretient une spirale inflationniste et de chômage à la fois.
Première caractéristique, nous avons donc des situations conjoncturelles d'instabilité. le chômage qui coexiste avec l'inflation est un caractère déstabilisant de l'activité qui aurait tendance à confirmer l'inefficacité des politiques économiques. Donc c'est frustrant et ça va obliger à revoir le choix de la politique économique. Donc ça c'est la première caractéristique, l'instabilité due au déplacement de la courbe. Deuxième caractéristique, c'est une certaine dichotomie. On a donc finalement, dans l'analyse initiale de Philips, uniquement des grandeurs réelles. Il prend un salaire nominal et il prend un niveau d'emploi. il n'intègre pas le niveau général des prix.
Donc, finalement, il est dans un mode de raisonnement keynésien avec des prix fixes, c'est-à-dire tel que le niveau général des prix est stable. Or, en réalité, cette stabilité n'existerait pas. donc ce n'est pas un refoulement des thèses de Philips mais une correction à la fois pour la mise en cause du caractère permanent du dilemme puisqu'on peut avoir simultanément et l'inflation et le chômage et également par la mise en cause de la dichotomie qu'il a conservée en refoulant la notion de salaire réel pour lui préférer la notion inadaptée de salaire nominal.
Donc les critiques vont apparaître à ce niveau. Il s'agira d'une contestation principalement monétariste qui va vigoureusement rejeter la r de la relation de Philips en protestant sur la non prise en consid du salaire r Mais il y aura une critique encore plus soutenue qui sera faite par Lucas, qui reprochera à Philips d'ignorer le problème des anticipations rationnelles. En effet, qu'est-ce qu'une anticipation ? Une anticipation, c'est lorsqu'un agent économique envisage, fait des hypothèses sur son futur. Donc, il imagine, par exemple, que les prix vont augmenter.
Mais l'anticipation, elle devient rationnelle, non pas parce qu'il a, cet agent, anticipé exactement, donc prévu exactement l'augmentation de prix, on ne lui prétend pas cette capacité, ce pouvoir. L'anticipation est rationnelle si notre agent, dans le contexte des données dont il dispose, a prévu le mieux possible l'augmentation des prix. Donc avec les éléments dont il disposait, peut-être qu'il n'aura pas l'augmentation exacte d'anticipation, mais il aura une augmentation qui s'approche, donc une bonne anticipation. Et Lucas nous dit, il est d'une évidence que dans nos économies contemporaines mondialisées qui dépendent les unes des autres, les agents ne sont plus victimes de l'illusion monétaire.
Les agents anticipent efficacement, rationnellement dirait un économiste, c'est-à-dire le mieux possible à partir des moyens dont ils disposent. Or, Philips ne tient pas compte de cette capacité, il l'ignore. Donc finalement, il faudra adapter la courbe de Philips, la conserver et l'améliorer en lui intégrant des anticipations rationnelles, ce qui permettra également de renouer avec la notion de salaire réel puisqu'on intégrera les évolutions de prix. Donc finalement nous voici dans un schéma d'analyse qui va être intéressant puisque la courbe de Philips s'approche de la réalité et va donc permettre de définir des politiques économiques de mieux en mieux ajustées.
On tiendra compte de son décalage à cette courbe de Philips, donc de son déplacement à l'opposé de l'origine, donc de la capacité d'avoir simultanément et de l'inflation et du chômage. On tiendra compte également des anticipations rationnelles des agents. Donc on n'admettra plus qu'ils puissent être victimes d'illusions monétaires. Ils anticipent correctement. Donc quand ils perçoivent un risque inflationniste, ils se protègent. Voici une évolution extrêmement intéressante pour nos politiques économiques. Désormais, on va donc pouvoir adapter la politique économique à la situation réelle, ce qui est donc important.
Et Friedman considère justement qu'en longue période, cette adaptation est indispensable car finalement les agents ont cette capacité d'anticipation. On peut donc définir des politiques économiques qui s'adaptent et si les taux de chômage restent persistants, il ne faudra plus alors mettre en cause le comportement des individus qui ne sont pas victimes d'illusions monétaires, mais la mauvaise orientation de la politique économique. Donc un nouveau débat va s'ouvrir si le chômage persiste, c'est que le choix de la politique économique n'est pas adapté.
Ce qui va donc nous obliger finalement à confronter dans une cinquième section les thèses keynésiennes et monétaristes en termes de régulation et de choix de politique économique. Donc point 5, cinquième section, le débat keynésien monétariste. Ce débat est important pour définir correctement la politique économique des économies occidentales confrontées soit au problème de déflation, soit au problème d'inflation, soit au problème de chômage, soit simultanément aux trois risques. Selon les monétaristes, les politiques économiques de relance ont une large part de responsabilité dans le cumul des déséquilibres contemporains.
Pourquoi a constat des taux de ch plus que le taux de ch naturel li au niveau du plein emploi de l Pour Friedman, si des taux de chômage élevés demeurent, c'est que les politiques de relance, ce qu'on appelle les politiques de « fight turning », celles qui s'adaptent au comportement des agents et qui sont d'inspiration keynésienne, n'ont pas été adaptées correctement. Donc pour Friedman, si le taux de chômage est supérieur au taux de chômage naturel, la politique de relance qui a été mise en évidence, donc en application par les gouvernements, elle n'a pas été adaptée.
Par exemple, il nous dit, si pour lutter contre le chômage et la récession économique, Un gouvernement met en place une politique d'accroissement de la masse monétaire pour accompagner la relance, pour la financer. Friedman nous dit inévitablement que cette croissance de la masse monétaire implique une baisse du taux d'intérêt. Pourquoi ? Parce que plus de monnaie en circulation annule la rareté de la monnaie. La monnaie devient abondante, donc sa valeur baisse. Or, quelle est la valeur de la monnaie ?
Le taux d'intérêt. Donc, pour accompagner une récession dans une logique de relance, on peut proposer un accompagnement monétaire, ce qui revient à réduire le taux d'intérêt. Si on diminue le taux d'intérêt, alors cela veut dire qu'on soutient le niveau du revenu, parce que le crédit devient bon marché. Donc s'il y a plus de revenus dans l'économie, on soutient l'investissement et on stimule la consommation parce que les gens ont plus de pouvoir d'achat. Donc la demande de travail des entreprises devrait augmenter et dans la même logique, le niveau des salaires devrait progresser.
Pourquoi le chômage persisterait ? Eh bien, Friedman nous dit, théoriquement, nous devrions avoir une relance de l'économie. Mais en réalité, la politique économique mise en place réagit comme si les agents, finalement, percevaient une relance réelle de l'économie. Or, ils sont en attente de cette relance. Donc, ils ne peuvent pas l'anticiper tant qu'elle n'existe pas. Donc, quand on nous dit que la masse monétaire augmente et les taux d'intérêt baissent, ce qui donne plus finalement de pouvoir d'achat aux emprunteurs parce qu'ils ont un coût d'emprunt, par exemple, inférieur, faut-il encore que les agents aient confiance ?
Donc, lorsque les taux d'intérêt baissent, je n'ai pas obligatoirement de relance de mon pouvoir d'achat de manière automatique parce que si les taux d'intérêt baissent, je peux aussi considérer qu'il y a un risque de ralentissement de l'activité et à ce moment-là faire de l'épargne de précaution. puisque par définition l'épargne de précaution n'est pas orientée par le rendement de la monnaie donc même si le taux d'intérêt baisse, le rendement de la monnaie est faible mais ce n'est pas ce qui m'intéresse, ce qui m'intéresse c'est d'avoir de l'argent de côté en cas d'aggravation de la situation économique.
Donc finalement, dans l'analyse de Friedman, des monétaristes et des néoclassiques, il faut tenir compte de la réalité des agents économiques dans leurs anticipations. Les agents qui ne sont pas convaincus de la relance ne prendront pas le risque de dépenser plus, de consommer et d'investir. Ils vont revoir leurs anticipations lorsque ils ont une incertitude sur cette relance. Donc en définitive, on aura donc une économie qui aura tenté de relancer l'activité mais qui risque d'échouer avec en plus une augmentation, une aggravation des prix puisque au lieu de consommer et d'investir plus, les agents vont finalement réduire leurs dépenses et l'entreprise aura augmenté les salaires, mais elle ne vendra pas plus.
Donc on a finalement des risques d'emballement de l'économie qui méritent d'être étudiés plus en profondeur. Et donc le débat qui va s'imposer à nous, c'est que finalement la causalité entre l'inflation et le chômage va être une réelle opposition entre les keynésiens et les monétaristes. Pour les keyn n pas ce sont les quantit qui r plus vite que les prix C la th de la demande effective qui s dans l mondialis post Quel est le raisonnement de base de ces keynésiens ?
C'est que finalement, le chômage détermine l'inflation. Donc c'est le niveau de chômage tel qu'il est perçu qui va guider le comportement des agents. Alors que chez les monétaristes, l'inflation est un phénomène exclusivement monétaire et l'inflation détermine le chômage, s'il y a donc illusion monétaire. On aura donc ici un problème majeur pour les néoclassiques. On ne peut faire confiance aux politiques économiques à l'avance puisque tout va dépendre finalement du comportement, donc de l'anticipation des agents. Et si les politiques économiques n'arrivent pas à donner la confiance suffisante, alors il y aura un blocage dans le comportement des agents et la politique économique échouera, même si elle s'efforce d'accompagner la relance de l'activité.
Donc, en définitive, les keynésiens contemporains vont prendre en considération certains arguments monétaristes et comprendre qu'effectivement, si les politiques économiques échouent partiellement, c'est que certainement les réactions des agents ont leur importance. Donc les keynésiens contemporains vont être prudents et ils vont prendre en considération certains éléments de l'analyse monétariste, certains arguments. Ils vont tenir compte dans le choix de leur politique économique de la capacité de réaction des agents et ils vont donc souscrire finalement à une certaine adaptation.
Ils vont donc considérer qu'il faut tenir compte des anticipations mais aussi des capacités de réaction des agents et que des politiques automatiques de relance ne peuvent pas en définitive être proposées. puisque un consensus doit se faire entre les thèses monétaristes et les thèses keynésiennes. C'est notamment la proposition d'un keynésien contemporain, Modigliani, que finalement, chercher à maintenir durablement le taux de chômage au-dessous d'un certain seuil ne peut être qu'envisageable qu'au prix d'une inflation croissante. Donc le dilemme inflation-chômage peut être réhabilité en fonction de l'objectif de la politique économique.
Donc pour les keynésiens, le schéma était simple, mais trop simpliste. C'était le chômage détermine l'inflation. Pour les monétaristes, ce n'était pas le cas. et c'était surtout vaincre l'illusion monétaire qui était le problème fondamental. Pour les monétaristes, l'inflation restait aussi exagérément un phénomène exclusivement monétaire, c'est ce qu'on appelle la théorie quantitative de la monnaie. Pour les néo-kénésiens, donc les kénésiens contemporains, Un certain consensus doit se faire. Ce consensus va porter sur un taux de chômage particulier, le taux de chômage qui n'accélérera pas le niveau de l'inflation.
Nous retrouvons ainsi le fameux NERU, le Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment, c'est-à-dire la possibilité d'avoir une certaine forme de récession économique, donc du chômage, alors que l'économie est stable. Donc on a une forte progression dans l'analyse économique du déséquilibre structurel inflation-chômage, ce qui nous permet effectivement d'observer aujourd'hui que le chômage actuel a une part d'origine conjoncturelle, une insuffisance de croissance due à la stagnation de nos économies, mais également une origine structurelle avec les délais d'adaptation et d'anticipation des agents.
Miraculeusement, on arrive donc par l'intermédiaire de la courbe de Philips a fédéré une partie des raisonnements émonétaristes et keynésiens, donc par le biais du NERU, ce qui nous permet de mieux comprendre aujourd'hui à la fois l'origine du chômage actuel et surtout sa persistance. les délais de réaction sont plus lents et la récession en fait donc un blocage permanent.