Nous avons donc un cours sur les problèmes économiques contemporains. Ces problèmes économiques, comme vous le savez puisque vous vivez cette économie, sont importants, sont nombreux. Donc ce cours ne va pas les passer tous en revue mais nous allons sélectionner les problèmes majeurs qui méritent une réflexion économique. Vous êtes des juristes, il faut donc apprendre un certain vocabulaire et surtout une analyse économique, une forme de pensée économique que l'on va progressivement adapter au fur et à mesure des cours.
Nous allons dans un premier temps définir le contexte de ces problèmes économiques contemporains et ce contexte vient de façon toute naturelle, c'est la mondialisation. C'est un trait effectivement dominant des problèmes actuels du contexte contemporain. Nous avons donc en chapitre 1 l'étude de la mondialisation. Alors cette mondialisation, pourquoi aujourd'hui pose-t-elle problème ? Est-ce qu'elle est limitée à des difficultés simplement passagères ou est-ce un phénomène structurel permanent qui nécessite des adaptations ? Nous allons tenter d'y répondre et nous allons surtout devoir nous interroger sur l'origine de cette mondialisation.
Donc, dans une introduction, nous dirons dans un premier temps qu'il y a trois temps forts pour justifier, expliquer la mondialisation, c'est-à-dire la libéralisation des économies aujourd'hui. Trois temps forts qui se définissent par une libéralisation des échanges, un mouvement d'internalisation des règles juridiques, deuxième temps fort, et aujourd'hui, troisième temps fort, un retour, une tentation aux politiques protectionnistes. D'où grand problème contemporain, est-ce que cette tendance vers les politiques protectionnistes pose le problème du reflux de la mondialisation ?
Est-ce que c'est un reflux ? Est-ce que c'est une crise passagère ? Comment l'analyser ? C'est ce que nous allons donc tenter de faire. Alors, toujours dans cette introduction, pour bien situer dans son contexte la mondialisation, nous allons revenir sur l'approche historique de la mondialisation. Elle n'est pas nouvelle, cette mondialisation. Elle doit être comprise, analysée. Les historiens nous indiquent que cette mondialisation, elle s'est faite en deux étapes. Il y a donc deux grandes mondialisations. Celle qui finit en 1914, après juste le décollage économique des années 1870, dont première mondialisation que nous situerons dans la période 1875-1914, et nous la caractériserons, et deuxième mondialisation, la mondialisation contemporaine, c'est-à-dire celle qui se détermine après 1970 et qui connaît aujourd'hui des mutations dominantes. mutation de nos comportements, mutation de nos modes de pensée, mutation de nos économies.
Donc c'est un élément extrêmement important. Nous observerons dans l'analyse que nous allons étudier que la première mondialisation, qui se situe entre 1875 et 1914, la mondialisation du XIXe siècle, a été la plus poussée. Ça a été une internationalisation des économies sans contraintes, sans réglementation. Nous aurons donc à justifier ce mouvement. Alors, la mondialisation contemporaine, en revanche, est une mondialisation avec de nouvelles règles. Une mondialisation dans une perspective donc essentielle pour les juristes. Il y a des mouvements de marchandises, des mouvements de population, des mouvements donc migratoires notamment, mais qui interpellent, qui posent des problèmes, qui ne seront pas sans règles.
Il faut définir un cadre adapté. Nous avons donc, dès le départ, des mondialisations qui présentent des caractéristiques différentes. Une mondialisation extrême au XIXe siècle, une mondialisation plus temp avec des mutations au XXe si c la mondialisation contemporaine Nous aurons donc la d et nous interroger sur son Nous aurons donc dans ce chapitre trois temps d'analyse. Le premier temps, la mondialisation de la fin du XIXe siècle. C'est important de la comprendre pour justifier l'évolution de la mondialisation contemporaine.
Deuxième temps d'analyse, nous étudierons l'entre-deux-guerres et les Trente Glorieuses, qui vont effectivement apporter un élément nouveau à cette mondialisation. Et troisième temps d'analyse, nous serons alors capables de déterminer, de définir les caractéristiques de la mondialisation contemporaine. Nous avons donc un schéma progressif en trois temps d'analyse. La mondialisation du XIXe siècle, premier temps. L'entre-deux-guerres et les trente glorieuses avec le schéma de croissance continue la règle d'or de croissance, deuxième temps d'analyse. Et enfin, la mondialisation contemporaine avec ses mutations, son évolution, troisième temps d'analyse.
Dans un premier temps, une première grande section, la mondialisation de la fin du XIXe. Il est important, avant d'étudier la mondialisation contemporaine, de s'interroger sur ce mouvement nouveau au XIXe qui est la mondialisation due à l'essor des technologies. C'est extrêmement important parce qu'aujourd'hui on peut comprendre grâce aux origines de la mondialisation du XIXe siècle pourquoi la mondialisation contemporaine pose des difficultés à nos économies qui sont toujours en recherche de croissance. Elles n'ont pas aujourd'hui nos économies, cette capacité de croissance que l'on trouvait au XIXe dans le décollage économique.
Souvenez-vous bien de cet élément qui est déterminant pour comprendre justement les difficultés de la mondialisation contemporaine. Alors, ne nous égarons pas, reprenons le schéma historique, la mondialisation du XIXe siècle. Première interrogation, où s'est située cette mondialisation ? Deuxième interrogation, pourquoi ? Cette mondialisation s'est réalisée en Europe entre 1875 et 1914. Cette mondialisation s'est effectuée à l'initiative des économies britanniques et françaises. Puis ensuite, l'Allemagne et la Russie vont également y contribuer. Pourquoi cette mondialisation ? du fait de l'essor économique occidental, notamment de la révolution agricole et industrielle britannique.
Donc déjà, nous arrivons à situer le cadre de cette mondialisation du XIXe siècle, mais nous aurons également à préciser que cette mondialisation qui a été déterminante pour l'Europe en particulier, va connaître un transfert redoutable après le premier conflit mondial, donc après la première guerre mondiale, elle va basculer en faveur des États-Unis. Donc, alors qu'elle est initiée et soutenue et développée en Europe, la mondialisation du XIXe siècle connaît un basculement décisif pour nos économies contemporaines, dès la fin du premier conflit mondial, ceci en faveur des États-Unis.
Et c'est déterminant à la fois pour les échanges, pour la croissance et pour la monnaie. Donc des éléments extrêmement décisifs pour les décisions économiques et politiques. Dans cette mondialisation du XIXe siècle, nous allons repérer trois temps forts Des temps d'analyse décisifs pour caractériser les fondements de la libre circulation Notamment des marchandises, des populations et des capitaux Le premier temps fort sera l'essor économique occidental. Nous allons l'expliquer. Le deuxième temps fort reviendra à définir et analyser le libre-échange, qui est le fondement même de la mondialisation.
Et enfin, le troisième temps fort que nous aurons à étudier concernera le système monétaire international, l'étalon or. donc avec ces trois temps nous arrivons tout de suite à percevoir que s'il y a eu mondialisation et essor de nos économies c'est tout d'abord parce qu'il y a eu une révolution technologique un d de nos une croissance d Ensuite ce d a oblig et conduit de lui un libre à une nouvelle organisation du commerce, ce qui a nécessité, troisième élément, une monnaie internationale, donc une monnaie nouvelle, un système d'État noir.
Donc un cheminement progressif mais absolument logique. C'est ce qui est important pour nous de comprendre. Dans notre première section qui concerne la mondialisation de la fin du XIXe, 19e, entre 1875 et 1914, nous avons un premier élément d'analyse, un 1 si vous voulez, si on a donc identifié la section 1, premier point de la section 1, l'essor économique occidental. Cet essor est bien sûr le fondement majeur de l'internationalisation des économies de la fin du XIXe siècle sous l'impulsion déterminante de l'Europe.
Pour expliquer cet essor économique occidental, nous devons nous replonger dans l'histoire de l'économie britannique. et comprendre qu'il y a eu un mouvement déterminant, le mouvement des enclosures au Royaume-Uni, qui a été une révolution agricole au XVIIIe siècle. Alors, en quoi consiste ce mouvement des enclosures ? C'est un remembrement rapide et simple et autoritaire des terres cultivables, Ceci associé à un développement, à un essor incisif des progrès technologiques. On a eu des progrès techniques déterminants dans l'industrie, dans les transports, la machine à vapeur par exemple, qui ont immédiatement libéralisé une population agricole devenue alors disponible puisqu'on avait remembré les terres agricoles.
On se trouvait donc avec une population nombreuse, une main-d'œuvre disponible que l'on pouvait, de facto, attribuer à l'industrie qui était en plein décollage, qui connaissait son essor. On a eu donc une urbanisation très rapide de la main-d'œuvre paysanne, une main-d'œuvre qui n'était pas formée, une main-d'œuvre nombreuse, donc il n'y avait plus de rareté de la main-d'œuvre, donc un coût réduit de cette main-d'œuvre. Les salaires pouvaient être bas, on pouvait employer cette main-d'œuvre dans les usines, dans les manufactures, et contribuer ainsi très rapidement aux besoins de nos industries qui étaient en phase de décollage.
On a donc une main d'œuvre agricole au service de l'industrie. C'est un contexte très favorable pour la production des biens britanniques qui sont exposés aux concurrences sur les marchés internationaux. On va donc pouvoir produire à prix réduit. Donc ce mouvement des enclosures va être déterminant pour participer au décollage industriel. Ce décollage que l'on appelle encore le take-off en littérature britannique, c'est le décollage du secteur secondaire, c'est-à-dire de l'industrie. Je vous rappelle qu'on a trois secteurs, le secteur primaire qui produit les biens agricoles, donc l'agriculture, le secteur secondaire qui produit les biens manufacturés, c'est-à-dire l'industrie, et le secteur tertiaire qui réalise des services, par exemple toute la main-d'œuvre fonctionnaire.
Or, le décollage industriel qui concerne donc le secteur secondaire va bénéficier au début du XIXe siècle d'un atout considérable au Royaume-Uni, une main-d'œuvre abondante, bon marché. L'industrie est en phase de décollage avec les progrès technologiques qu'elle découvre et elle dispose en plus d'une main-d'œuvre intéressante, d'une main-d'œuvre qui va s'adapter, d'une main-d'œuvre abondante dont on peut utiliser les services. les économistes vont alors s'intéresser aux effets possibles de cette fusion entre la disponibilité de main-d'œuvre d'une part et la production industrielle d'autre part.
Alors on est tout de suite dans un contexte de libéralisme économique, une main d'œuvre au service de l'industrie, sans contrainte C donc le patronat qui dispose librement de cette main d On est dans une philosophie du lib Les auteurs principaux qui vont donc s et analyser ce contexte nouveau pour expliquer le décollage économique sont les libéraux Adam Smith, la richesse des nations, David Ricardo, qui s'interrogera beaucoup sur la croissance, sur l'impôt et sur la répartition de l'argent entre le salaire et le profit.
Mais nous avons également des économistes comme Malthus, soucieux de l'évolution de la population et de cette abondance de main d'oeuvre et de cette misère sociale avec donc cette nécessité de mettre en avant le décollage industriel et encore des économistes tels que Marx s'inspirant beaucoup des thèses libérales d'Adam Smith mais dans une logique plus particulière, la logique de la répartition avec la théorie de la rente et la théorie du salaire-profit. Donc nous voici dans une économie nouvelle, une économie centrée sur une nation dominante, l'économie britannique, dans un secteur déterminant nouveau, l'industrie, sans intervention de l'État, dans un libéralisme économique, un libéralisme soutenu par l'évolution du commerce, par la production industrielle, par l'innovation, par le progrès technologique.
Ces auteurs libéraux, ces économistes libéraux ne sont pas insensibles aux limites de ce modèle. Nous aurons par exemple Adam Smith qui soulignera les limites du libéralisme, même s'il est très favorable aux thèses de la non-intervention de l'État. Mais ce libéralisme économique va également mettre en avant l'expansion financière de la city londonienne. C'est-à-dire que très vite, on va comprendre que cet essor économique, ce décollage industriel de la croissance britannique nécessite également des moyens financiers adaptés. On aura donc le développement de la City, c'est-à-dire le quartier des affaires londoniens, qui nécessite des protections.
Il y aura donc une loi bancaire, l'acte de PIL, qui dote donc l'Angleterre d'un système financier extrêmement performant qui lui permet la maîtrise totale financière du commerce mondial et des transferts des capitaux. La mondialisation est alors garantie. Donc cette mondialisation se caractérise par la domination d'une économie au cœur de l'Europe, l'économie britannique, mais qu'en est-il des autres économies ? Alors les historiens vont nous dire que ces autres économies ont connu également un certain essor. C'est le cas de la France.
La France suit très rapidement l'économie britannique, mais de manière plus progressive. On n'a pas ce take-off britannique, ce décollage soudain. On n'a pas non plus cette organisation à la fois financière et à la fois libérale dans les pensées des économistes. On aura progressivement une adaptation, mais c'est quand même la France qui suit de plus près l'économie britannique, avec l'émergence de structures industrielles et bancaires, mais ceci dans la seconde partie seulement du XIXe siècle. enfin nous aurons le suivi de ce mouvement par l'Allemagne et la Russie qui vont progressivement également s'adapter au décollage britannique et français mais seulement vers la fin du 19e siècle et un peu avant 1914 avec une nouvelle nation qui arrivera ce sera donc les États-Unis qui, avant 1914, comprennent l'urgence de cette émergence et de leur décollage.
Les États-Unis, comme le Japon, vont donc apporter des éléments nouveaux dans cette mondialisation. Même si c'est l'Europe qui en a été le déterminant majeur, il ne faut pas oublier que les États-Unis et le Japon vont caractériser cette mondialisation d'une façon nouvelle, mais attention, seulement après 1914. Nous aurons donc à essayer de comprendre comment cette mutation après 1914 va engendrer de nouveaux réflexes et comment progressivement l'Europe devra s'adapter à un phénomène nouveau. Ce sera donc un développement progressif, mais avec des ralentissements au profit d'une nouvelle économie dominante, les États-Unis.